les armes de la critique

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Les syndicalistes compradores

Classé dans : politique — 29 mai, 2013 @ 10:43

Je ne veux pas parler du militant de base ou local qui se dévoue corps et âme à la défense et à la protection de ses mandants, tel Martin à Arcelor-Mittal. Je veux parler des huiles syndicales censées jouer le rapport des forces en faveur des salariés dans les « négociations sociales ». Je ne veux pas parler des syndicalistes dont l’obédience même est un attribut de soumission aux intérêts du capital comme la CFE-CGC ou la CFTC. Il ne s’agit pas non plus des petits syndicats non institutionnalisés comme SUD ou l’UNSA. Je ne m’occupe que des « syndicats représentatifs » censés être radicaux ou réformistes de « progrès ». En d’autres termes, je vise la CFDT et la CGT.
A tout saigneur tout honneur ; voyons le cas de Mme Notat, ex secrétaire confédérale de la CFDT, syndicat qui a accompagné l’avancée rapide de la France socialiste vers le libéralisme, le libre-échange mondialisé, la transformation des entreprises publiques en centres de profit gérés comme une boîte privée. Quittant ses fonctions de « tsarine » à la CFDT elle a enfin réalisé son rêve : devenir patronne dans le privé. Elle a monté, avec l’appui de grosses entreprises qui n’avaient pas vu d’un mauvais œil son règne à la confédération, une boîte d’audit et de conseil en Responsabilité Sociale des Entreprises, VIGEO. Cette géniale et progressiste maison montre la particularité d’auditer surtout les entreprises qui l’ont financée et qui continuent de le faire. Et encore un conflit manifeste d’intérêt, ce qui n’a l’air d’ennuyer personne. Le rôle éminent des conseils en RSE, grands propagandistes de l’autodiscipline des entreprises, inspiratrices de « chartes de bonne conduite », de « codes de « déontologie » vient d’être illustré par la catastrophe de Dacca où 4 000 ouvriers et victimes (surtout ouvrières) du textile turbinaient pour 30 euros par mois dans un bâtiment surélevé de 3 étages sans autorisation (du reste, pourquoi ne pas l’avoir demandée puisque dans ce pays il suffit de graisser des pattes pour avoir ce que l’on veut ?). La veille, les ouvriers avaient vu des fissures importantes dans les murs de l’usine occupant un immeuble qui n’avait pas été construit pour supporter autant de monde et de machines et encore moins des groupes électrogènes mis sur sont toit. Ils furent priés de retourner au boulot. L’immeuble s’est écroulé causant 1127 victimes. Dans les gravats on trouvait moult emblèmes publicitaires de firmes occidentales (dont des françaises peut être conseillée par Vigéo) qui sous-traitent leur production au Bangla-Dèche via une cascade de sous-traitants impossibles à contrôler car on n’arrive plus à savoir quel est le donneur d’ordre réel. Cette catastrophe n’est que la dernière d’une longue série, quoiqu’étant à ce jour la plus meurtrière. Le Bangla-Desh est devenu le 2ème exportateur de textiles après la Chine qui a perdu des marchés parce que ses salaires augmentaient de trop vis-à-vis d’autres pays comme le Vietnam. Gageons que les bons élèves de Vigéo trouveront rapidement des pays où les salaires et les conditions de travail seront encore plus bas qu’au Bangladesh.
M. François Chérèque, lui, a été nommé après son départ du consortium français de trahison (CFDT) des mandants, Inspecteur Général des Affaires Sociales par le gouvernement de Flanby 1er. N’aurait-il pas poussé un peu trop en faveur de l’Accord nationale Interprofessionnel, transformé en loi et qui torpille le droit social de notre pays ? Serait-ce une promotion pour services rendus ? Autre cas intéressant, celui de M. Bruno Léchevin, le bien-nommé. Ce gazier a été secrétaire de la fédération de l’énergie (CFDT) à EDF/GDF. Il a beaucoup facilité la transformation d’EDF et de GDF, ainsi séparés, chacun en SA, sous la houlette de Tsarkozy. Avant, il avait aidé la direction des 2 EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) à passer au « management » moderne, notamment en faisant aller de la DPRS (direction du personnel et des relations sociales) à une DRH « normale » assise sur l’individualisation des salaires et des récompenses ; il a poussé à la fusion entre la fédération de l’énergie, du secteur public, et celle de la chimie, du secteur privé, ce qui veut dire noyer l’esprit de service public dans la logique de gestion du privé. Il a été ensuite nommé cadre à la Commission de Régulation de l’Energie (CRE). Ensuite encore il est devenu un des responsables-médiateurs de ladite CRE où il s’occupe du tarif social et des réclamations des « clients ». Et aujourd’hui il est président de l’ADEME, une des agences bidon du pouvoir. Maintenant, il laisse dire qu’il est diplômé de Sciences-Po alors qu’il n’a qu’un diplôme de sociologie délivré par cette école dans le cadre du laboratoire de sociologie créé par feu Sainsaulieu. Car EDF/GDF avait passé un accord avec ce labo pour former en promotion sociale des syndicalistes méritants afin qu’ils deviennent cadres à l’arrêt de leur militance. Léchevin en a bénéficié, ce qui lui a permis de faire oublier qu’il avait commencé à EDF comme ouvrier. Et maintenant, donc, son diplôme de promotion sociale Sainsaulieu, souvent accordé quels que fussent les succès dans les études car notre grand sociologue spécialiste de « l’identité au travail » avait besoin d’un bon taux de reçu pour continuer de faire fonctionner la pompe de subvention de son labo par EDF, est devenu un titre de L’Ecole des Sciences Politiques, fourrier de l’ENA. Bravo l’artiste. Et nous avons l’inévitable le Duigou, grand chef de l’approche économique à la CGT. Ce syndicaliste méritant a été nommé conservateur (c’est le mot) des hypothèques, sinécure très bien payée, après sans doute moult services rendus au pouvoir.
On sait que le Conseil Economique et Social (plus environnement ajouté sous Tsarkozy) est un repaire de syndicalistes et de « personnalités » reconnues (par qui ? Par les gouvernements) récompensés pour leur travail (lisez pour leur adhésion aux vues du pouvoir ou pour leur obédience partisane ; mon ancienne chef à EDF/GDF, qui ne parlait pas très bien notre langue disait « adhérence ». Finalement elle avait raison en pratique et, du reste, elle est devenue grand chef d’ERDF, ex-direction de la distribution). On sait aussi que le pouvoir peut nommer des « conseillers d’Etat » (ou autres) « au tour extérieur », c’est-à-dire sans avoir fait l’ENA. Evidemment, cette propension du pouvoir à récompenser ceux qui le servent n’et pas nouvelle. Aucun pouvoir n’accepte facilement d’être critiqué ou d’avoir des adversaires sérieux ; il lui faut donc soit éliminer les postulants dangereux, soit les circonvenir. Ce faisant, le pouvoir fait d’une pierre 3 coups : il achète un peu de paix sociale car les promus se calment sensiblement et car ces derniers tiennent un double discours ; radical vis-à-vis de leurs mandants, politiquement correct dans les instances où ils siègent. Il fait passer des décisions partisanes pour neutres car « à dire d’expert ». Il peut se targuer d’avoir ouvert des négociations ou concertations sociales ouvertes et pluralistes. Remarquez que les syndicats en usent de même en nommant leurs féaux dans tous les organismes paritaires ou dans les instances ou agences gouvernementales. Par exemple, dans une élection aux prud’hommes, la CGT m’avait mis largement en position non éligible. Une succession de maladies et de décès m’a fait accéder au poste au grand dam des compradores. Il est vrai que les syndicats institutionnalisés, subventionnés par le pouvoir (l’ex-patron de FO avait un chauffeur et une voiture payés par la ville de Paris du temps de Chiracos) ou même le patronat, n’ont guère besoins d’adhérents et de cotisants. Cela explique sans doute leur mollesse.
Voilà dans quelle belle démocratie « sociale » nous vivons.

La Chine est arrivée à pied en Europe

Classé dans : politique — 25 mai, 2013 @ 10:43

Et ce n’est pas seulement une contrepèterie mais une référence à la longue marche. Et car depuis son admission à l’OMC la Chine multiplie les violations des règles commerciales. Ainsi a-t-elle massivement subventionné sa production de panneaux photovoltaïques avec des machines allemandes… L’Europe, atteinte de bruxellose, maladie spécifique des moutons européens, vient de se réveiller après avoir ouvert ses frontières sans droits de douane à toutes les productions de l’empire du milieu (au sens strict vu les mafias politico-oligarchiques qui y règnent). Il est vrai que, à l’origine, ce sont des multinationales qui ont délocalisé ou sous-traité ou acheté (Wal Mart) en Chine afin de profiter d’un coût du travail très bas et que, donc, l’Europe a importé des produits manufacturés par ses propres industriels. C’est une des merveilles du libre-échange généralisé et de la libre circulation des capitaux pour obtenir des profits capiteux. Les USA ont déjà infligé 30 % de taxes sur ces panneaux dans lesquels ils étaient eux aussi tombé. L’UE envisage 47 % au grand dam des industriels allemands qui produisent les machines les fabriquant et de tous les autres qui redoutent des mesures de rétorsion de la Chine alors que l’Allemagne exporte pour 65 milliards dans ce pays. L’UE va-t-elle attendre la marée des libre-échangistes qui tirent profit du commerce avec la Chine au détriment du reste de l’Europe ? Sans doute oui car les mêmes acteurs poussent à un accord commercial avec les USA, accord qui sacrifierait l’agriculture européenne au big business amerloque : poulet à l’eau de javel, bœufs et porcs aux hormones, maïs et soja OGM, carcasses d’animaux rincées avec un détergent, etc. au profit, parfaitement hypothétique vu la façon dont ce pays protège son industrie, de ventes de TGV. Au passage, « l’exception culturelle française » (par exemple les aides au cinéma) serait jetée par-dessus bord. On est libre-échangiste ou on ne l’est pas. Et si on l’est, c’est dans tous les domaines, y compris moraux, comme le pratique déjà DSK. Et l’on voit que dans les produits frelatés, les USA, pays aux normes sanitaires très faibles,
La Chine est réputée pour ses productions frelatées et empoisonnées (jouets, fauteuils, produits laitiers, etc.) qui ne respectent pas les normes de santé ou de sécurité et qui pourtant débarquent en Europe. Avec des combines ; par exemple si un pays rejette ses produits elle les exporte dans un autre plus tolérant, lequel, étant dans l’Europe, peut les expédier ailleurs sous son propre (si l’on peut dire) label. Ainsi des éléments produits en Chine sont assemblés quelque part en Europe et bénéficient dans la composition finale de l’étiquette made in Europa. La Chine s’est du reste emparée de la moitié du port du Pirée pour y faire transiter ses produits qui vont inonder le reste de l’Europe. C’est le but de récentes implantations industrielles d’assemblage d’éléments chinois en Europe sous les bravos de maires soucieux de toucher des taxes locales ou du gouvernement ravi des emplois créés en forme de cheval de Troie : emplois à Châteauroux, certes, mais ultérieurement perdus ailleurs.
La Chine, en sens inverse, est particulièrement fermée aux implantations étrangères. Elle exige que les firmes voulant s’y implanter livrent leurs technologies de façon à les imiter et produire chinois. C’est ainsi qu’elle produit maintenant des Airbus et des TGV (Siemens) qui vont supplanter les originaux européens sur les marchés internationaux pour cause de low cost. Certains n’ont pas encore compris ou, plutôt, préfère le profit à court terme et contre l’intérêt des autres et du pays, au long terme et au bien public. Prenons Danone qui monte une « joint venture » en Chine avec un industriel du lait (déjà dans le collimateur pour ses produits trafiqués) avec un partage 51 % pour l’associé et 49 pour ladite Danone. Il se trouve que cette boîte avait déjà été échaudée dans un montage analogue (ce qui prouve que la recherche du profit est plus forte que l’expérience !) : l’associé avait créé une nouvelle usine en solo et avait accusé Danone d’avoir volé ses procédés de fabrication. Evidemment la justice chinoise, aux mains du parti, et le PCC, dont l’investisseur chinois était membre éminent, avaient soutenu l’opération. On devrait le savoir : toute usine exportée en Chine est rapidement dépossédée et au lieu d’obtenir une place sur le marché chinois on a un concurrent, bientôt monopoliste et protégé par les Autorités, sur ledit marché. Il se trouve aussi que les banques chinoises, publiques et tenues par le parti, financent sans compter les nouvelles usines y compris de futurs canards boiteux qui laisseront (et ont déjà laissé) des ardoises énormes qui forment des actifs pourris dans leur bilan. Ainsi l’industrie chinoise, comme la bulle immobilière, est-elle subventionnée massivement, les pertes étant mises sous le tapis. Ce n’est pas grave car c’est l’Etat qui les camoufle et ce sont les déposants chinois qui sont floués. Et les exportations chinoises sont en outre facilitées par le maintien d’un taux de change volontairement sous-évalué. Comme la protection sociale en Chine est très faible (d’où aussi des faibles coûts du travail), les Chinois sont forcés de placer leurs économies dans les banques du parti qui peut ainsi faire de la cavalerie. Ce sont les occidentaux qui ont les 1ers investis en Chine, ce qui y a donné l’accumulation primitive du capital (avec le rançonnement de l’agriculture sacrifiée sur l’autel de l’industrie). Les dirigeants chinois ont alors vite compris l’intérêt de fabriquer pour exporter, ce qui a rencontré la demande occidentale de produits à bas prix pour augmenter les profits, d’un côté, et, de l’autre, développer le crédit et remonter le pouvoir d’achat des travailleurs paupérisés par la stagnation ou la baisse des salaires ou la précarisation du travail. Tout le monde est donc content dans le meilleur des mondes libéral. Jusqu’à ce que la corde pète en Occident.
La Chine colonise économiquement l’Afrique en s’alliant avec des dirigeants corrompus et plus ou moins dictatoriaux comme dans le cas de la Françafrique de Foccart et suivants. La Chine exploite ainsi gaz, pétrole, minéraux, bois plus ou moins précieux (plus ou moins par trafic illégal et en contribuant à la déforestation du globe) ; en échange elle finance et construit des infrastructures utiles, évidemment, au transfert des produits chez elle. Ce faisant, elle utilise sa propre main d’œuvre importée de chez elle, parquée dans des hangars et ne consommant que des produits chinois au grand dam des locaux non employés et des commerces non utilisés. Elle y exporte évidemment sa camelote ce qui tue les industries locales ou les empêche de naître. Et maintenant elle achète des terres aux gouvernements compradores, lesquels en expulsent sans ménagement et sans indemnité consistante les populations indigènes. Car la Chine manque de terres arables, ce qui s’aggrave compte tenu de l’urbanisation galopante, des constructions de routes et de TGV, des expropriations pour construire des usines, du déboisement (le désert y progresse rapidement), de la sécheresse ou des inondations (dérèglement climatique), de la pollution des sols. On aura reconnu les mêmes méthodes que celles des Occidentaux après la décolonisation… On se rappelle cependant que la colonisation occidentale (y compris en Chine avec les villes ouvertes par la force à la faveur des guerres de l’opium menées par la G-B et la France) fut violente et assortie de massacres. La colonisation chinoise actuelle est soft et conforme aux règles dérégulées du commerce mondial.
On voit donc que le communisme totalitaire est tout à fait compatible avec le capitalisme libéral ; il est même plus efficace car les réactions de la population y sont vite réprimées par la police du parti unique, calmées par le syndicat unique, jugées par des tribunaux aux mains du pouvoir. C’est plus commode et c’est le rêve de biens d’industriels occidentaux. Mais là n’est pas l’essentiel. Celui-ci réside dans l’idéal libéral d’accumulation sans fin au service des puissants et dans les effets positifs pour tout pouvoir de l’individualisme et du célèbre « enrichissez-vous » de Guizot. La consommation individuelle, l’enrichissement dans les affaires, la demande d’être propriétaire détournent les ambitieux de la contestation et de la politique. L’individualisme atomise le corps social y compris dans un pays où la famille, les ancêtres, la communauté sont sacrées. Tous les enracinements et attachements sont éradiqués par l’individualisme libéral. Et c’est parfait pour une dictature qui ainsi voit fondre les opposants potentiels. C’est pourquoi totalitarisme et économie capitalo-libérale fonctionnent en harmonie. Le rêve du libéralisme, du reste, n’est-il-pas que chacun soit libre, responsable, égoïste, calculateur, renie ses attaches en devenant « citoyen du monde », refuse les frontières qui violent sa liberté de circuler, nie l’utilité du pouvoir politique qui fait obstacle à sa liberté de se servir des autres comme moyens. Il ne reste alors plus que le marché, le contrat entre individus : plus de nations, plus d’Etats, plus de communautés sauf celles qui divisent le corps social, plus d’idéologie ni de morale, seulement des problèmes de société : les gays, les « femen », les clandestins, les salles de shoot, la liberté du cannabis, etc. Et les droits individuels et théoriques de l’homme. Cela ne nuit pas au pouvoir puisque les luttes de classe, la justice, les inégalités, etc. sont passées à l’as.
Et il est vain de penser que le « doux commerce » finira par démocratiser la Chine, comme il est absurde de croire que la socialisation accrue sans cesse des « forces productives » fera tomber le capitalisme. Peut être mais alors on se retrouvera devant l’accumulation des valeurs d’échange (autre nom de la croissance), la consommation de gadgets, la mort de la planète, l’individualisme féroce de la lutte de tous contre tous. Car tout cela est l’aspect culturel et le mode de vie capitalistes comme phénomène social total allant bien au-delà de l’économie. Plus de capitalisme, oui peut être mais pour quelle conception de la vie en société, des rapports humains, du bien-vivre ? Lisez le dernier Michéa (Les mystères de la gauche), lequel m’inspire ici. On se demande cependant pourquoi les dirigeants occidentaux veulent tant commercer avec un pays qui viole les règles et détruit lentement leur propre pays. C’est qu’ils ne travaillent que pour le profit et que l’avenir leur est égal puisque quand leur pays implosera ils ne seront plus là pour assumer la facture. Que la fête (du capital) dure le plus longtemps possible est leur seul souci puisque c’est lui qui les engraisse.

Mossieu Lenglet, l’Anglais plutôt ou Pluto, chien fidèle du libéralisme

Classé dans : politique — 21 mai, 2013 @ 11:16

Lenglet officie sur la chaîne (au sens propre) 2, sur BFM et autres officines de propagation de la doctrine libérale. Par curiosité, je viens de lire un de ces bouquins, que je ne citerai pas pour éviter de lui faire de la pub, à propos de la crise de l’euro. Notre auteur n’analyse aucunement les causes lointaines et structurelles de la crise : accumulation du capital financier (d’où une masse énorme de capitaux à la recherche de placements rentables et sûrs), libre-échange généralisé et sans protections, (d’où des balances commerciales déséquilibrées), libre circulation des marchandises, des capitaux et … des hommes (d’où la mise en concurrence des pays pour attirer des investissements et pour être compétitifs). Cette mise en compétition économique des systèmes sociaux en faveur des multinationales et des financiers via les pays les moins-disant en tous domaines (social, fiscal, environnemental) a multiplié les profits capitalistes, appauvri les travailleurs, saboté les protections sociales. D’où à la fois la folie des capitaux flottants, la spéculation, la baisse du pouvoir d’achat compensée par le crédit sans limites pour rendre la demande solvable. La pyramide des crédits et des titres de créance (dont les « structurés » et les « titrisés »), assis sur des garanties fictives, a fini par faire 10 fois le PIB mondial lequel est d’environ 60 000 milliards de dollars). Ce sont ces déséquilibres proprement liés au système capitaliste et aggravés par la libre circulation de la fiance qui ont conduit au Krach.
Mais notre bonhomme ne s’intéresse guère qu’aux aspects monétaires et bancaires du sujet et aux idioties des dirigeants européens pour sauver l’euro depuis maintenant 4 ans sans succès. Tout, naturellement, n’est pas à jeter dans les propos de l’auteur qui pointe et analyse avec pertinence les âneries desdits dirigeants européens. Ceux-ci ne cherchent qu’à sauver le capital financier et les rentiers ; ils ne pensent qu’aux banques en les faisant renflouer par les contribuables. Lenglet nous montre les merveilles des solutions de l’UE et de la zone euro. Par exemple feu le FESF (fonds européen de stabilité financière), remplacé en 2013 par le MES (mécanisme européen de stabilité), est doté de 700 milliards pour prêter aux Etats en difficulté ou à leurs banques. Or ces milliards sont en fait soit apportés (peu), soit garantis par les Etats (210 milliards pour l’Allemagne, 140 pour la France) car ledit MES en fait emprunte sur les marchés internationaux et multiplie ses fonds d’intervention par un classique effet de levier des emprunts ou des crédits. Ce qui veut dire que si les pays débiteurs des emprunts consentis via le MES font défaut, ce sont les « créditeurs-garantisseurs » comme la France qui vont rembourser. Rappelons que la dette publique de la France est déjà de 1800 milliards d’euros. Cette solution de garantie par les Etats du Nord encore éloignés de la tourmente a été mise en place pour rassurer la finance internationale soucieuse de ne pas perdre ses fonds prêtés aux pays impécunieux.
Lenglet montre très bien que tout a été fait par l’UE et la zone euro pour garantir le paiement des dettes et sauver les banques. En effet celles-ci détiennent énormément de dettes publiques et si ces dernières se transformaient en emprunts russes elles devraient soit faire faillite et ruiner les déposants, soit être recapitalisées par les Etats, lesquels verraient ainsi leurs dettes augmenter encore plus comme cela a déclenché déjà en 2008 la montée des dettes publiques puis leur crise en 2010 par suite des problèmes de la Grèce. Problèmes du reste non résolus après une vingtaine de « sommets européens de la dernière chance » et toute une série de « mesurettes » inopérantes. Puis il y a eu l’Irlande (85 milliards et cela sans lui enlever son dumping fiscal avec un impôt sur les sociétés de 12,5 % des bénefs, soit la moitié du taux moyen européen), le Portugal, l’Espagne, Chypre. Et l’Italie et la France sont menacées désormais : l’Italie car elle paie du 6 % de taux d’intérêt sur une dette publique de 130 % du PIB (mais avec un déficit nul avant paiement des intérêts), la France à cause de son déficit structurel, de sa dette approchant les 100 % du PIB (avec en fait un taux d’intérêt quasiment négatif pour ses emprunts à court terme, ce qui risque de na pas durer), de ses engagements dans le MES et autres dispositifs qui feraient exploser sa dette en cas de défaut des pays assistés. Dans ce contexte précaire, Lenglet démontre que les Etats et les banques se tiennent par la barbichette. D’où l’invention bricolée de « l’union bancaire » dans laquelle les 200 plus grosses banques européennes sont censées garantir mutuellement les dépôts (actuellement la garantie est le plus souvent publique pour, par exemple, 100 000 euros en France). C’est une farce car déjà de grandes banques sont en quasi faillite : les caisses d’épargne espagnoles, récemment fusionnées en une seule entité, Bankia, sont percluses de créances immobilières pourries ; les banques régionales allemandes sont grevées par leurs actifs en obligations publiques grecques et autres produits toxiques vendus par Goldman Sachs ; la banque franco-belge Dexia est sub-claquante. Du reste les banques ont déjà dû abandonner 100 milliards de dette grecque en 2011 lors du 3 ème « sauvetage » de la Grèce afin qu’elle puisse rester dans la zone euro. Ce qui est une demande de la finance internationale afin de sécuriser ses créances. Lenglet montre ainsi que la position des Européens pour sauver l’euro sert en réalité à rassurer les marchés financiers par la garantie apportée par l’Europe du Nord aux dettes du Sud. Et si les compradores de l’UE ne le faisaient pas, alors les taux d’intérêt payés par l’Italie, la France et même l’Allemagne grimperaient en flèche comme pour la Grèce. L’Europe est donc sous l’épée de Damoclès de la finance internationale et les gouvernements européens, eux-mêmes libéraux à donf, ne se soucient que de ses diktats.
On a eu ainsi les 1 000 milliards, inventés par Tsarko, prêtés aux banques par la BCE à 1 % pour 3 ans. Laquelle BCE a reçu en garantie des obligations publiques pourries détenues par les banques ! L’astuce était de demander en retour auxdites banques de prêter aux Etats ce que la BCE a interdiction de faire. Et les banques prêtent alors aux Etats à entre 5 et 6 % de taux. Bel exemple de contournement de la règle au grand dam des Teutons. C’est en même temps la vieille pratique de la cavalerie qui est remise à l’honneur par des gouvernements censés faire respecter la loi qui l’interdit… Mieux encore ; il est envisagé par certains que le MES soit transformé en banque auquel cas il pourrait emprunter à la BCE pour pouvoir prêter aux Etats. Evidemment, l’Allemagne et les Pays-Bas et autres pays du Nord sont dressés contre cette innovation. Autre idée de sauvetage : la création « d’euros-bonds », c’est-à-dire d’obligations européennes mutualisées pour tout le monde. Ce qui veut dire qu’elles auraient un taux moyen d’intérêt, bien plus élevés qu’actuellement pour la France (1,4 %) et l’Allemagne (1,2), bien plus faibles pour l’Espagne ou l’Italie (6 à 70 % actuellement) ou la Grèce (20 %). Le Nord subventionnerait le Sud. Ce serait un pas vers « le fédéralisme » à l’instar de l’idée de Tsarko, recyclée par Flanby, de « gouvernement économique de l’Europe » dont le 1er jalon est « l’union bancaire » ! Las, les riches pays du Nord en ont marre de payer pour les « cigales » du Sud et craignent que la France ne suive ces derniers plutôt que de faire les « réformes structurelles » que Chamallow 1er a promis d’entreprendre afin d’avoir un délai de grâce de 2 ans pour enfin descendre en dessous de 3 % de déficit/PIB. D’où le TSGC de Merkozy ratifié par Pédalo 1er qui met les budgets européens sous tutelle de Bruxelles. Dans les bricolages, on a encore le rachat par la BCE d’obligations étatiques sur le marché de l’occasion, afin de faire baisser les taux d’intérêt sur les émissions en 1ère main. Là encore les Germains n’apprécient pas. Notons qu’en réalité les prêts teutons ou franzozes aux pays nécessiteux rapportent en fait aux prêteurs à 5 % de taux d’intérêt. L’Allemagne, comme la France, a surtout garanti les emprunts mais elle y gagne et n’a que peu versé. En outre, son statut économique lui permet d’emprunter elle-même à très faible taux, ce qui lui rapporte 21 milliards sur une dette publique de 2100.
Lenglet montre bien que c’est l’euro qui a aggravé la crise financière en Europe. L’euro a été lancé alors que des économistes réputés avaient établi que l’Europe ne formait pas une zone monétaire viable (très faible budget fédéral, faibles transferts financiers entre pays, peu de mobilité des personnes à cause de la diversité des langues et des cultures, etc.). On l’a fait quand même afin d’arrimer l’Allemagne à réunifier à l’Ouest et afin de noyer sa puissance dans ledit Ouest. Mais les Tudesques acceptèrent le deal à condition que l’euro et la BCE soient faits à leurs conditions (pas d’inflation, pas de prêts aux Etats, indépendance de la BCE). Et il s’est produit ce qui devait se produire compte tenu du libre-échange et de la libre circulation des capitaux. Au lieu d’homogénéiser l’Europe, ce qui était la prétention des thuriféraires de l’euro comme monnaie unique, les déséquilibres se sont accentués. Car on n’avait même pas tenu compte de la dynamique du capital : il va là où il y a le plus d’occasions de profit, c’est-à-dire dans les zones déjà développées au détriment des périphéries. On avait ignoré les différentiels d’inflation entre pays, ce qui faisait que, compte tenu d’un taux d’intérêt moyen et fort bas pour la zone euro, les pays inflationnistes pouvaient emprunter à des taux négatifs ; d’où la spéculation immobilière, le déficit des balances commerciales car tout le monde empruntait (particuliers, banques, industriels) pour avoir son logement, investir parfois et surtout acheter Allemand. Et aux yeux de Bruxelles, ces pays étaient bien gérés car la dette publique y était faible et le budget positif malgré d’énormes déficits commerciaux. La crise ayant ruiné les banques (et les particuliers) de ces pays, ils durent emprunter pour les sauver ; d’où l’expansion des dettes publiques puis la crise de celles-ci faute de croissance. En outre l’Allemagne y gagne car les riches des pays faillis fuient massivement et placent leurs éconocroques en Suisse et en Teutonie
Le problème est qu’avec l’euro les pays n’ont plus d’autonomie ni monétaire (ils ne peuvent dévaluer pour redevenir compétitifs), ni budgétaire (coincés par la dette et les exigences de Bruxelles contre les déficits). Leur seul moyen, alors, est de faire de la désinflation compétitive (baisse des salaires, des prix, de la protection sociale, des services publics) pour re-exporter. Sauf que tout le monde ne peut exporter en même temps dans l’UE, les déficits commerciaux des uns étant les excédents des autres, ce qui est compensé par des importations de capitaux, donc de la dette. La situation, y compris celle des Fritz, est précaire car la récession généralisée sape les marchés de tout le monde. Mais l’Allemagne peut encore exporter, grâce à la qualité et à la nature de ses produits (biens d’équipement), dans les PVD. Et l’Allemagne a compris dès 2003 sous Schröder qu’elle pouvait exporter dans l’UE et la zone euro en faisant de la désinflation compétitive. Tant pis pour les 8 millions de travailleurs pauvres (à temps partiel, à 400 euros par mois, à 1 ou 2 euros de l’heure). L’industrie et la finance allemandes sont provisoirement sauvées par le maintien de l’euro, pas le peuple allemand. Car elles vont être imitées par tous les autres dans le cadre d’un sauve-qui-peut généralisé et d’une concurrence de compétitivité mortelle pour tout le monde. L’Allemagne a profité de l’euro en poussant à l’élargissement de l’UE à l’Est. Les buts ? : délocaliser ou sous-traiter dans ces pays low cost la production d’éléments de la « chaîne de valeur » chez eux, avec des machines modernes (triple gain : sur le coût du travail, sur la productivité et sur le taux de change, c’est-à-dire euros forts contre roupies de sansonnet hors zone euro) et garder l’assemblage et l’étiquetage « made in Germany » chez elle. La Teutonie milite alors pour la continuation de l’euro fort car c’est elle qui engrange le pognon. C’est dramatique pour les autres européens parce que la Chine, le Japon et les USA, etc. jouent à la dévaluation de leur devise.
Lenglet pense que l’euro est probablement foutu à cause des divisions entre pays, de la concurrence sauvage entre eux, du poids de la dette impossible à rembourser et du service de la dette (les intérêts) qui peuvent grimper en flèche si les marchés froncent les sourcils à cause de l’absence de réformes structurelles et aussi à cause des conséquences négatives des politiques afférentes d’austérité. Ces politiques structurelles ont montré leur inefficacité et pourtant l’UE persévère pour les appliquer. C’est que l’UE, Allemagne en tête, fait la politique économique souhaitée par les rentiers de mai 68, génération actuellement au pouvoir et qui a tout libéralisé pour sa liberté et sa sécurité contre les nouvelles générations de jeunes. En effet, les rentiers sont par nature hostiles à l’inflation et à l’insécurité des emprunts. Lenglet, en bon libéral, va même jusqu’à énoncer que les retraites sont des rentes payées par les jeunes aux vieux et que, finalement, toutes les générations de vieux sont complices de l’absolutisme de la rente. Il met donc dans le même sac le travailleur, le petit épargnant (assurances-vie), tous les acteurs atomisés et les financiers, énormes structures en fait coalisées en vue du maintien des avantages de la phynance. Car pour Lenglet, les marchés c’est la réunion de la multitude des petits vieux et des grosses molécules de financiers : fonds de pension, d’investissement, banques, assureurs, multinationales. Bel amalgame et renouvellement du tous pourris, même les petits qui n’ont pas eu le choix ou la possibilité de déroger aux règles du capital mises en place depuis 30 ans par les politicards. En outre, faut-il rappeler à l’Anglais, que les vues libérales existaient bien avant mai 68 (par exemple, colloque Lippman en 1938 ou traité de Rome en 1957. On voit le but de la manip : culpabiliser tout le monde et forcer tout un chacun à accepter des sacrifices pour sauver l’euro (lire la finance mondiale).
Pour sauver l’euro, Lenglet propose de réduire les dettes publiques impossibles à servir ou rembourser par abandon de créances, moratoire du service de la dette (on paye rien pendant quelques années), ré-échelonnement de la dette (augmentation de sa « maturité », c’est-à-dire allongement de la durée des emprunts ; bref des jongleries financières ne touchant aucunement à la logique du capital mais toucherait les épargnants et les retraités (déjà ceux qui sont dans un fonds de pension capitalisé). En fait Lenglet redécouvre le « jubilé » en tant que remise des dettes tous les 50 ans. Le moratoire permettrait de se refaire une santé le laps de temps nécessaire pour retrouver de la « compétitivité » (baisse des coûts du travail, « flexibilité » du marché du travail). il ne s’agit donc pas d’austérité mais de baisse des coûts. Ce que préconise aussi l’UE. Lenglet vient de découvrir le fil à couper le beurre après la grosse commission de Bruxelles et après 50 ans de préconisations de l’économie libérale ! L’idée est de faire payer, non les Etats, c’est-à-dire les contribuables, mais les créanciers privés tous mis dans le même sac des abominables rentiers. M. Lenget ne veut pas d’une dévaluation de l’euro, des euros-bonds, de l’harmonisation sociale, fiscale, environnementale de l’Europe. C’est impossible vu la chacun pour soi actuel des pays membres de l’UE et cela sent le totalitarisme car alors la technocratie de Bruxelles s’occuperait de tout. Mais c’est déjà fait, M. Lenglet. C’est fait depuis longtemps au service du capital.

Pourquoi Guimauve le Concurrent va échouer dans les poubelles de l’histoire

Classé dans : politique — 7 mai, 2013 @ 11:25

On sait que Culbuto 1er a abandonné depuis longtemps l’analyse marxiste du capitalisme et, sans doute, qu’il ne l’a jamais connue vu la nature de ses diplômes et de ses engagements sous Tonton, l’ancien rad-soc devenu socialo pour accéder au pouvoir. Il devrait quand même savoir, ne serait-ce que par les on-dit, que le capitalisme a une logique très simple : accumuler sans cesse et profiter toujours. Le fait que depuis 30 ans tout a été « libéré » : libre circulation des marchandises, des capitaux et des « hommes », n’a fait qu’aggraver les prédations du capital et surtout les accélérer jusqu’à, même, le « high frequency trading » ou courtage boursier à très haute vitesse informatisée et webisée.
De plus Flanby a ses propres affects : il veut être reconnu par ses pairs de l’UE, de l’OCDE ; il ne veut pas passer pour un rigolo aux yeux du FMI, de la BM, de l’OMC ; il aime les louanges des « grands » de ce monde, d’Obama au bas mot. Il voudrait pour sa gloriole être le type qui arrive à concilier socialisme et libre-échange capitalisme ; trop tard car la place a été prise par Blair et Schröder. Voyez mes ailes, je suis oiseau, voyez ma peau, le petit chauve sourit. Chamallow 1er, comme tant d’autres socialos en peau de lapin, n’a pas compris que la « synthèse » des termes d’un oxymore (capitalisme vs socialisme) n’était pas possible. Il reste le grand homme des conciliations foireuses, des compromis vasouillards entre tendances et courants du parti, du maquignonnage entre éleveurs corréziens (comme disait l’autre autrefois : la Corrèze avant le Zambèze). C’est sa personnalité de base, son caractère, sa psychologie profonde que de reculer devant l’engagement, que de refuser de clarifier nettement les enjeux, que de ne pas savoir prendre un cap et s’y tenir. Or, comme a dit le philosophe : « il n’y a pas de vent favorable pour qui ne connait pas son port ».
Comme les socialos du PS, il n’a rien compris au film qui se joue depuis 1973 en Europe (entrée des Gibbies dans l’UE sous Pompidur). Les socialos ont accepté, accompagné, voire devancé parfois, la politique de grand marché à quoi les Rosbifs voulaient réduire l’Europe. Et cela avec la complicité des Teutons, chantres de l’ordo-libéralisme libéral et juridique. Le grand marché, on l’a et il a été gravé dans le marbre par le traité de Lisbonne (2007, ratifié par la France en 2008, simple décalque du TCE rejeté par les Français en 2005). Cette ouverture générale des frontières à la circulation de tout, pourvu que cela soit monnayable et source de profit, a donné la première mâchoire de l’étau qui emprisonne toute politique sociale, fiscale, économique, industrielle, environnementale, budgétaire des différents pays et empêche toute politique commune en ces matières. Il n’y avait pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre le but de ce type de construction hyper libérale : il s’agissait de mettre en concurrence les différents pays et leurs peuples afin de casser les modèles sociaux, augmenter les profits en baissant les salaires et en zigouillant toute protection du travail en vue de la flexibilité, de la précarité et de la pauvreté. Il s’agissait de se servir de l’Europe comme moyen de casser les résistances des peuples contre la perte de leurs maigres avantages et sécurités. Les dirigeants Rosbifs, inféodés aux banques, se fichaient de leur industrie et de leur agriculture car ils se focalisaient sur les avantages de la City en matière financière (notamment grâce à leur réseau de paradis fiscaux et à leur quais monopole des pétro puis des euros-dollars). Les politicards Tudesques comptaient bien valoriser leurs compétences industrielles. Les ectoplasmes français n’ont vu que la baisse des prix et la PAC.
Ainsi une logique libérale a-t-elle été installée, logique qui comporte la course perpétuelle vers le moins-disant en tous domaines au nom de la compétitivité. On pouvait, penser, en bon libéral, que les immenses ressources en prolos des pays du Sud, prolos payés avec un élastique, travaillant 15 heures par jour, entassés dans des baraquements insalubres, sans droit de grève, sans retraites ni protection sociale permettraient de reconstituer la plus-value absolue (extorsion de surtravail par rapport au coût socialement nécessaire de la force de travail, par exemple travailler 15 heures par jour alors que 5 suffiraient) et de renouer avec les profits. Parallèlement, le faible coût d’achat de produits low cost à vendre aux prolos occidentaux permettraient d’augmenter le pouvoir d’achat de ces derniers tout en les payant bien moins. Las, cette productivité extensive (par la seule augmentation du volume d’heures de travail tant en nombre de prolos qu’en volume d’heures travaillées par tête) est devenue obsolète. Le deal était : travail peu qualifié sans investissement en capital dans la pays du Sud contre haute technologie et qualité au Nord. Mais la course au profit étant dans les gènes du capital, on a trouvé mieux : on délocalise des technologies ou des usines très performantes en productivité extensive dans les pays low cost. Les capitalistes touchent alors 3 fois : sur les bas salaires et coûts du travail, sur la productivité horaire et sur les taux de change (on achète avec une monnaie forte des productions de pays à monnaie faible (et même volontairement tenue faible par le pouvoir). Grand vainqueur de la nouvelle stratégie, l’oligarchie capitaliste teutonne : elle fait produire les éléments de production dans les ex-pays de l’Europe centrale et orientale (PECOS) avec des machines tudesques délocalisées. On comprend pourquoi les dirigeants chleuhs ont tant poussé pour l’élargissement de l’UE vers l’Est, leur ex-Hinterland, leur ex-lebens raum. Et les politicards francaouis, socialos en tête, n’y ont vue que du feu. Au passage, on voit que la compétition de compétitivité est sans fin sauf lorsqu’il n’y aura plus de mains d’œuvre à exploiter (ce n’est pas demain la veille tant l’armée industrielle de réserve des pays pauvres est immense et augmente chaque jour avec l’expulsion des paysans de leurs terres achetées par l’étranger comme la Chine, le japon, l’Arabie saoudite, etc.) et lorsque les coûts du travail se seront équilibrés par baisse de ceux des pays développés et hausse de ceux des PVD et PMA. On voit aussi clairement que cette logique capitaliste mondialisée est actionnée en faveur des capitalistes et ruine les peuples. Les capitalistes s’en foutent (plein les poches) car ils sont clairement apatrides pour ce qui est de leur pognon. Les seuls gagnants de cette mise en compétition sont les dirigeants et puissants fridolins qui ont laminé leur peuple et qui ont fait les règles monétaires de la Zone euro.
Car la 2ème mâchoire de l’étau que ne voient pas les compradores socialistes se trouve dans la monnaie unique et la BCE et ses règles. D’un côté, la concurrence lamine les pays, de l’autre ceux-ci ont perdu toute autonomie monétaire (possibilité de dévaluer pour abaisser le coût des exportations et renchérir les importations) et maintenant budgétaire avec le TSGC (traité de stabilité, de gouvernance et de coordination concocté par Merkozy et entériné par la parlement socialo en France) qui reprend évidemment les critères du pacte de stabilité issu du traité de Maastricht en les durcissant et en mettant ex ante (avant passage au parlement français) le budget de la France sous contrôle de la grosse Commission de Bruxelles et de la cour de justice européenne ! Les dirigeants socialos ont eux-mêmes demandé aux dirigeants Fritz la mis en place de la monnaie unique. Mais ils l’ont laissé faire aux conditions teutonnes : BCE indépendante du politique, ne devant pas prêter aux Etats et ne s’occupant que de l’inflation (celle des prix et des salaires ; pas de l’immobilier ou de la bourse) ! L’euro a été érigé en monnaie unique sans la moindre harmonisation fiscale ou autre, sans budget fédéral consistant, sans transferts d’aides aux pays les moins avancés au sein de l’UE. C’est tout le contraire de ce qui se fait aux USA. C’est comme si la France n’avait pas d’aides vers ses régions pauvres ! Le résultat est l’endettement public à bas taux d’intérêt pendant 20 ans et l’érection (comme dirait le phanérogame et priapique DSK) de la Teutonie en lider maximo de l’Europe. Culbuto 1er aurait dû lire Hegel : l’avancée de l’histoire se fait contradictoirement par « négation de la négation », non par « synthèse » mais par dépassement des termes contraires. La synthèse molleto-hollandaise n’est pas un dépassement, un « aufheben » ; c’est un compromis conservateur. De quoi ? Du pouvoir du Gland méchant Mou.
Evidemment, les mâchoires de l’étau serrent de plus en plus fort car les pays en crise abaissent drastiquement leur coût du travail, envoient ailleurs des « travailleurs détachés » à la protection sociale fondée sur celle du « pays d’origine » et car les énormes machines financières (l’oligarchie financière : banques, assurances, gestionnaires de fonds spéculatifs ou de pension, agences de notation, cabinets de conseil en gestion, directeurs financiers des multinationales ; donc ce qu’on appelle improprement les marchés qui sont en fait des coalitions de grossiums et d’institutions) surveillent la dette publique. D’où les programmes d’austérité en Europe, dont même le FMI reconnait le caractère contre-productif et inefficace ! On voit très bien que l’austérité ruine les peuples, y compris les Germains soumis à la Diète depuis les réformes Schröder en 2003).
Alors pourquoi les dirigeants politiques, dont L’AmiMollet(e), persévèrent-ils à l’appliquer sans débander comme dirait l’ithyphallique DSK ? Car ils savent que leurs peuples vont dans le mur. Il y a le comportement imitateur et moutonnier de ces nouveaux panurge. Il y a surtout qu’ils servent les intérêts de l’oligarchie capitaliste et financière en tant que « fondés de pouvoir du capital », en tant que comptables immergés dans « les eaux glacées du calcul égoïste ». Peu importe que les peuples crèvent tant que les profits peuvent grandir dans la sphère internationale. Car, en ce qui concerne les socialos, il y a gène aux entournures vu que ce sont eux qui ont tout dérégulé en faveur du capital. Faire autre chose serait faire monter « la mauvaise conscience » et faire son examen de conscience, faire enfin le bilan des années Mitterrand dont le Dutchman fut un des épigones.

Les pets de lapin des socialos

Classé dans : politique — 5 mai, 2013 @ 10:36

Pépère avait promis : « le changement, c’est maintenant ». Il faut un microscope pour en apprécier la teneur. Déjà la réforme bancaire a accouché d’une souris puisqu’environ 1 % des opérations bancaires sera touché comme zeste d’interdiction de la confusion entre dépôts et affaires. La BPI avec ses 45 milliards de fonds propres pour assister les entreprises est du pipi de chat.
Il y a plus vicieux. La RES (reprise d’entreprises par les salariés), promise par Guimauve le Concurrent avant les élections pestilentielles de mai 2012, s’est réduite comme peau de chagrin (celui des salariés floués). Elle ne concernera que les boîtes de plus de 1 000 employés (donc rien pour les équivalents de Fralib ou de Molex et compagnie) et elle devient une simple injonction à trouver un repreneur avec passage au tribunal de Commerce (TDC) en cas d’efforts insuffisants, plus une grosse amende. Signalons au passage que les TDC, ces lieux de combinazione entre patrons et syndics de liquidation, ne sont pas concernés par une réforme qui aurait dû être des plus urgentes. C’est, par exemple, un TDC qui avait permis de vendre la branche PVC d’Arkema à un vautour américain, lequel a volé les fonds propres de la boîte et mis rapidement la clé sous le paillasson en laissant tous les employés sur le carreau, alors que leurs syndicats avaient émis les plus grandes réserves sur la reprise avant le jugement. Le TDC a bonne mine mais ce sont les salariés qui payent son impéritie et sans doute ses combines. Ce qui nous amène au refus du pouvoir de faire une loi d’amnistie en faveur des syndicalistes ou salariés ayant fait acte de révolte contre les agissements des patrons-voyous. Et parallèlement au fait que le président L’AmiMollet(e) n’a pas fait la réforme du statut pénal du chef de l’Etat promise par le candidat Edam Le Rouge.
La loi était censée permettre des « class actions » à la française pour protéger les consommateurs et les usagers. Eh bien, il faudra qu’ils passent par des associations estampillées par l’Etat qui seront seules habilitées à ester en justice. Je ne connais pas le contenu du projet que le benoît Hamon (commandement) va présenter ce matin en conseil des sinistres (la gauche, sinistra). Mais il semblerait que les « organes » (au sens de Soljenytsine) d’Etat soient exemptés. On ne pourra pas attaquer l’agence du médicament ou de la santé ou les labos pharmaceutiques, etc. En cas de nuisances environnementales ou médicales émanant d’un industriel, voire de catastrophe genre AZF, la loi prévue ne donne aucune garantie aux victimes. Il est vrai que, là, la notion de consommateur est insuffisante car le n’y a pas consommation, sauf bien involontaire, en la matière. Pas d’Erin Brocowich en France ! Quelle action de classe entre l’oligarchie au pouvoir et les dirigeants d’entreprises !
M. Peillon (nous de mots) n’a pas l’air d’avoir compris que la refonte de l’Education nationale doit d’abord passer par celle des maternelles et du primaire, lieux où se jouent très tôt l’inégalité sociale et la reproduction de l’aristocratie faussement méritocratique, que le fond des problèmes résidait dans l’organisation même des structures éducatives, du rôle des profs et du type de pédagogie employée. Là encore la démagogie risque de remplacer la pédagogie. On n’a guère vu les œuvres de l’(é)Taubira dans la justice et dans la pénitentiaire. Les peines-planchers sont toujours là, les alternatives à la taule patinent, la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature a été une farce, l’indépendance des parquets n’est toujours pas à l’ordre du jour, la loi de décentralisation de Labranchie (qui respire entre deux eaux sales) a été saucissonnée en 3 parties mais il semble que la « compétence générale » des communes a été réaffirmée (ce qui veut dire doublons, gaspillages, petits chefs locaux et corruption). La future loi sur l’urbanisme et le logement est un OVNI. Ce bilan n’est pas nul ; il est négatif et encore plus si on le rapporte aux promesses de campagne.
Mais comme disait l’autre : les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Par ailleurs, Guimauve-Chamallow est bien démuni car son clan a organisé l’impuissance de l’Etat dès 1983 et a vendu le pays à la phynance. Qui Ubu ne boira plus sauf le calice des mensonges jusqu’à l’hallali.

Fridolins et Francaouis

Classé dans : politique — 1 mai, 2013 @ 11:02

Les socialos franzoze sont en train de taper à bras raccourcix sur l’Allemagne et la Gross Angela. Ils feraient mieux de balayer devant leur porte car les succès doryphores sont en même temps la contrepartie de leurs abandons. Dès le années 1930, nos voisins disposaient d’une doctrine libérale, à savoir l’ordo-libéralisme ou gouvernement par les règles instituant un ordre socio-économique, qui, hélas, a fini par déboucher sur l’économie sociale de marché, c’est-à-dire la mise au second plan des questions sociales. Dès 1957, les sociaux-démocrates faisaient leur aggiornamento idéologique (Bad Godesberg) et devenaient eux-mêmes des libéraux en matière économique. Il faut se souvenir de ce que, à l’origine, la social-démocratie tudesque était marxiste (conformément au vœu de Marx qui avait vu dans la défaite française de 1870 le déplacement du centre de gravité du socialisme de la France vers l’Allemagne) ; mais les Teutons versèrent vite dans la collaboration avec le pouvoir politique (même dès Bismarck et Guillaume II) au point même de contribuer à l’assassinat de Rosa Luxembourg après la guerre de 14-18. La démocratie chrétienne et le SPD devinrent ensuite plus des alliés que des ennemis idéologiques. Mais ce qu’il faut saluer, c’est que les Teutons ont renouvelé très tôt leur pensée sociopolitique pendant que les libéraux français n’ont pas élaboré la moindre théorie et que leurs compères socialos en sont restés aux vieilles lunes du marxisme soviétisé. Pis, dès 1983, les socialos francaouis abandonnèrent sans le dire la lutte anticapitalisme pour se convertir au social-libéralisme. Ce en quoi ils n’innovèrent pas et se contentèrent d’imiter le courant dominant lancé par Thatcher, Reagan et Pinochet.
On n‘a donc pas eu de renouveau de la pensée socialiste malgré les efforts d’intellectuels tels Castoriadis, Lefort, etc. et même Rosanvallon. Les socialos francaouis se mirent à la lutte des places pour piquer le pouvoir à la droite sans élaborer le moindre début de théorie vraiment socialiste et se lancèrent dans la construction européenne en laissant le terrain être totalement occupé par le libéralisme le plus échevelé, largement sous la houlette du curé Delors et de son émule Lamy de l’OMC. Nos socialos en pet de lapin ont oublié que le mouvement ouvrier était resté longtemps socialiste révolutionnaire et qu’il se méfiait des politicards comme de la peste ; d’où une coupure française qui perdure entre le mouvement politique et le mouvement ouvrier. Il est vrai que les politicards français avaient fait très fort : massacre des canuts en 1830, de la rue Transnonain, des journées de juin en 1848, de la commune de Paris en 1871, fusillades des vignerons de l’Aude en 1907, tuerie d’ouvriers et de manifestantes à Fourmies en 1891, poursuites des syndicalistes à Draveil et Villeneuve-St-Georges en 1920, répression des mineurs en 1947/48, etc. Il n’y eut jamais de fusion en France entre les socio-démocrates ou socialistes et le mouvement syndical ; c’est l’inverse en Teutonie ou chez les Gibbies ou en Europe du Nord. Il en résulte que le peuple français a conservé une part de sa capacité de résistance au capital et de sa dignité libertaire. En Allemagne, le peuple accepte bien plus aisément les combines politicardes et les décisions pro capitalistes comme celles de Schröder en 2003. En France, cependant, le marxisme (venu très tard et mal adapté) s’est réfugie à la SFIC (scission du congrès de Tours en 1920 au sein de la SFIO) puis au PCF-CGT. D’où les difficultés persistantes de la gauche à se réunir sauf en 1936 et 1981.
Certes, on peut constater que la doctrine fridoline est tout à fait libérale et compatible avec le libéralisme réduit au marché cher aux Gibbies. C’est que ce sont des Saxons des deux côtés de la Manche. On peut n’être pas d’accord avec cette orientation mais elle a le mérite de la cohérence et de la ténacité pendant que les gouvernants franzoze se livrent aux délices de la « politique du chien crevé au fil de l’eau » ou de l’agitation de la girouette. Comme disait Edgar Faure, un des véhicules tout terrain les plus connus et émérites : ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent. Comme disait Queuille, le corrézien père spirituel de Chiracos et du Gland méchant Mou, actuel résident de l’Elysée, il n’y a pas de problème qu’une absence ne solution ne finisse par résoudre. Comme disait Tonton, il faut laisser du temps au temps. Ainsi la Gaule s’abandonnait à l’empirisme le plus plat pendant que les autres pays préparaient l’avenir et élaboraient une politique comme celle de la 3ème voie de Blair. Certes, ce n’est pas socialiste, loin de là, mais c’est une politique éloignée du wait and see. Quand on pense que la France serait un pays cartésien doué pour la théorie !
Et pourquoi donc l’Allemagne est-elle devenue si forte alors que la France s’amenuise et est en crise morale, culturelle, politique et… économique ? Rappelons d’abord que l’unité allemande est largement un résultat des exactions françaises sous Louis XIV et Napoléon : l’Allemagne a été pillée et massacrée et en a gardé la mémoire. C’est pourquoi Bismarck a vu que l’unité allemande se ferait contre la France sous la direction de la Prusse. Notre pays a été unifié bien avant et cela à grands coups de dragonnades, de guerres (par exemple contre les Albigeois, ce qui a permis de voler l’immense comté de Toulouse), de traîtrises (par exemple la violation des accords entre la Bretagne et la France qui ont conduit à l’annexions de la première), de centralisme, d’unification culturelle par la force (« il est interdit de cracher et de parler breton…), etc. Il en résulte que les Français ne sont pas vraiment une nation mais un amalgame de provinces hostiles à Paris et à ses soi-disant élites et qu’ils sont frondeurs et perpétuellement hostiles au pouvoir central. L’Etat a remplacé la nation alors qu’en Allemagne ce sont les proximités culturelles entre royaumes qui ont donné une quasi nation préexistant à l’Etat. En France, l’Etat a juxtaposé les éléments d’une hypothétique nation ; en Allemagne, l’Etat est venu de l’existence d’une culture et d’une langue communes, d’une pré-nation consistante. En France, les Lumières ont entretenu un esprit d’individualisme, de primat de la raison, d’universalité des principes au-delà des différences en tout genre. En Allemagne, dès la fin du 18ème siècle-début du 19ème, on eut un grand mouvement romantique, culturaliste, traditionnaliste, communautariste avant l’heure qui a privilégié les sentiments, le droit du sang, l’appartenance à la communauté nationale, voire un début de racisme contre les éléments extérieurs à celle-ci. Qu’on se rappelle que si la France a été colonialiste avec férocité sous prétexte de civilisation des peuples « arriérés », la Teutonie s’est illustrée par des massacres dans ses rares colonies africaines, au moins autant que le roi des belges au Congo, propriété quasiment personnelle de sa majesté. On se souvient de ce que les Fritz zigouillaient les soldats noirs de l’armée française en 1940, ont exterminé les Juifs, ont lancé la guerre totale contre les populations civiles et fuyant leur avancée, ont été les 1ers à utiliser les gaz à usage militaire en 14/18, etc. C’est que la vie d’un non-allemand ne valait pas grand-chose et que la notion de droits universels de l’homme était peu portée en Germanie. Las, ces différences dans l’horreur entre les deux pays sont plus de degré que de nature ou de principe. Mais il est clair que l’Allemagne perpétue son communautarisme en se servant aujourd’hui des PECOS comme de son vieil Hinterland. Proudhon disait : « là où est la Justice, là est ma patrie ». A ce compte, on n’est ni français ni allemand.
L’Allemand n’a pas besoin de s’en prendre à ses dirigeants ; il est, du reste, plus attaché à sa vie personnelle et son auto-construction via la « bildung » luthérienne (auto-formation par la lecture de la bible) qu’à la collectivité et à la politique. Si on le laisse en paix, il poursuit son bonhomme de chemin sans s’occuper du reste. Ce qui n’a pas que des avantages car cela a permis à Hitler de s’emparer du pouvoir sans rencontrer de grandes résistances. En revanche, cela permet bien plus facilement l’esprit de négociation, qui plus est décentralisée, entre partenaires sociaux. C’est pourquoi la France est le pays des révolutions (hélas trop politiques : 1789, 1830, 1848, 1870, 1968) alors que l’Allemagne est celui du consensus. En France on a des cons en sus comme gouvernants. L’Allemagne, par suite de son histoire, est un pays décentralisé, fédéralisé qui a la chance de n’avoir pas de grandes écoles et encore moins d’ENA (je crois que Clémenceau a dit que si l’on voulait que l’Allemagne perde la guerre il fallait lui donner une école polytechnique…). Il n’y a pas besoin d’un pays dirigé d’en haut par des technocrates et des politicards, ce qui installe un cercle vicieux : la réponse au dirigisme étant l’individualisme, celui-ci nourrissant l’étatisme pour plier le peuple à la volonté des dirigeants.
La France est caractérisée par la noblesse d’Etat qui a remplacé l’aristocratie, par le mépris des élites vis-à-vis du peuple, par le caractère particulièrement réactionnaire de celles-ci, d’où le grand retard des lois sociales par rapport au pays de Bismarck, d’où une politique répressive perpétuelle contre les ouvriers et les syndicats. Cela dit, l’Allemagne est aussi uns société de classe dans laquelle l’école trie les élèves très tôt dans des filières fermées. Heureusement, tout l’avenir des enfants n’est pas scellé d’entrée de jeu par la nature du diplôme. Donc, nos deux pays ne sont pas très différents. Cependant, je préfère la résistivité et l’esprit de liberté de la classe salariale française à la quasi soumission teutonne à l’ordre libéralo-capitaliste. Quant aux deux classes dirigeantes c’est bonnet blanc et blanc bonnet, l’Allemande ayant l’avantage de l’honnêteté : elle a choisi officiellement son camp depuis longtemps. Ce n’est pas une raison pour faire le même. Les Tudesques dirigeants défendent leur pays et jouent en Europe les passagers clandestins pour faire payer aux autres leur installation dans le système libéral. Les compradores gaulois sont à leur remorque et à la ramasse pour ramasser les miettes que le leur laissent les Teutons. Ne serait-il pas temps, non d’accuser l’Allemagne, mais de préparer la mise en place d’un autre régime, et cela dans tous les sens du terme. Les dirigeants doryphores ont la Diète, on devrait avoir un parlement.

Les nuls

Classé dans : politique — 28 avril, 2013 @ 11:16

Je veux parler des puissants qui nous dirigent et nous mènent dans le mur à la fois par intérêt personnel au « bordel ambiant » et par connerie pure et simple tant leur esprit est formaté et ignore tout de la réalité et de la situation du peuple. En supposant du reste qu’elle les intéresse.
Que voit-on à droite ? L’affichage des ambitions, les rivalités pour le pouvoir, le racolage des idées d’extrême droite, le renforcement des clivages de la société, le retour à l’idéologie réactionnaire faisant lever des gens non pour quelque chose ou pour défendre un acquis mais contre l’ouverture de droits nouveaux n’enlevant rien aux traditionnalistes de tout poil. On voit que le précédent président est de plus en plus cerné et concerné par des affaires qui montrent le degré inouï de corruption dans lequel le pays a vécu pendant les 10 ans récents de pouvoir de la droite. On verra peut être que Chiracos, qui avait plus de 15 casseroles au cul, était un petit saint en regard de Tsarkozy, à supposer que la justice aille son cours. Cette droite, réactionnaire sur les questions de société, et cela uniquement pour des raisons électoralistes, continue de développer une idéologie hyper libérale en économie. Sa solution est de détruire toutes les protections du travail pour « créer des emplois », mais des sous-emplois comme le firent les Teutons avec les lois Hartz et Schröder. Certes, on peut sans doute employer tout le monde en payant les gens avec un élastique et en pouvant les virer à satiété. Bien que la crise de 2008 ait balayé la théorie économique libérale, celle de « l’efficience des marchés », de l’inefficacité des pouvoirs publics, des bienfaits du libre-échange, etc. Le logiciel est reparti de plus belle parce que la droite n’a que celui-ci en tête et car elle défend des intérêts capitalistes. Comme en Teutonie, il faut déréglementer, flexibiliser, sucrer les dépenses « d’assistance sociale », tout privatiser, proscrire la dette et le déficit, continuer d’avoir une banque centrale ne finançant pas les Etats. Vous aurez reconnu le programme Merkozy et remarqué que le Gland Méchant Mou qui nous sert de président l’a adopté.
Que voit-on à « gôche » ? C’est du même tonneau, c’est la lutte des places, les reniements, les petites phrases, les peaux de banane, le hue et à dia généralisé entre factions bientôt factieuses, etc. On ne voit pas la moindre idée nouvelle apparaître, on louvoie, on fait du pédalo entre deux zoos. Ce n’est pas étonnant car le logiciel de gauche est formaté depuis 1936. Car les excellences socialistes sont passées, comme les autres, par Sciences-po et l’ENA, font carrière politique. Car tout l’appareil politicard, de gauche ou de droite, est devenu une corporation qui privilégie ses intérêts de classe et a oublié l’intérêt général ou le bien public. Car la mentalité libéralo-capitaliste a tout envahi ; il faut faire du pognon avant tout, quitte à être égoïste, individualiste, narcissique, rapace, malhonnête, etc. les socialos sont en outre prisonniers de leurs pratiques. En effet ce sont eux qui ont mis en place la broyeuse libérale en ouvrant le pays à tous les vents mauvais du libéralisme ? Dès 1983 avec le petit-chose Bérégovoy, le curé Delors, l’antiquaire Fabius, la phanérogame DSK, le techno Rocard, etc., ils ont libéralisé la finance et les mouvements de capitaux, signé tous les traités européens installant la « concurrence libre et non faussée, promu une Europe commerciale, accepté l’élargissement de l’UE sans approfondissement. Ils ont même demandé la mise en place de l’euro comme monnaie unique sans se rendre compte que la chose se faisait aux conditions et au bénéfice des Tudesques.
Certes, chez certains il y a eu un début de prise de conscience des dégâts de l’Europe libéralo-capitaliste avec le non au TCE en mars 2005. Trop peu et trop tard : la broyeuse automatique était en place. Les socialos ont été d’éminents contributeurs à l’organisation de l’impuissance de la politique qu’ils ont laissé être ficelée par les traités libéraux. Leur avantage ? Pouvoir dire, c’est pas nous, c’est l’UE, c’est pas moi, c’est Merkel ; pouvoir emprunter à tire-larigot à bas taux d’intérêt sur les marchés internationaux sans voir qu’alors ce seraient eux qui imposeraient leurs conceptions économiques et financières au pays. C’est le retour de « l’étrange défaite » décrite par Marc Bloch en 1940, défaite par lui imputée à la trahison du peuple par ses pseudo-élites. Oui, le PS a trahi notre peuple car il a préféré ses positions électorales, ses électeurs « bobos », ses liens avec la finance, ses réseaux de pouvoir au bien commun. Les socialos sont aujourd’hui comme l’âne de Buridan ; ils ne savent pas choisir entre deux voies : soit elle du libéralisme, mais, alors, il ne faut pas le faire en loucédé et il faut appliquer ses règles, soit rompre avec lui et devenir le Venezuela de l’UE. Mais voyez-vous « pépère » se mettre dans la peau d’un Chavez ? Vous shavez pas ? Moi si, le bonhomme n’est pas un after-shavez ; c’est un ramolllo qui joue de la vuvuzela.
L’AmiMollet me rappelle une blague : un petit lapin aveugle (pardon, non-voyant) rencontre un serpent qui lui propose un deal ; si tu me dis ce que je suis en me tâtant, je ne te mangerai pas. Le lapin touche et dit : tu es humide, glissant, froid, t’as pas de couilles, t’es un énarque…
Les élites banquières ne pensent qu’à s’en mettre plein les fouilles. Les PDG des multinationales, itou. Les hauts fonctionnaires n’ont plus le sens de l’Etat. Ils font carrière avec une politique de « revolving doors » entre les fonctions publiques et privées. Ils soignent leur carnet d’adresse en accordant des faveurs aux lobbys qui les recaseront en cas d’alternance ou après la période de pénitence avec bas salaire au service du gouvernement. Car ils ne servent pas l’intérêt général ; ils se servent de l’Etat pour faire carrière. C’est ainsi qu’on peut s’étonner du faible nombre de scandales dans les prises illégales d’intérêt des hauts fonctionnaires voire des « représentants » de la nation ; c’est qu’ils sont étouffés car les deux camps UMPS se protègent mutuellement, comme Cahuzac avait protégé Woerth et vice versa (on devrait dire vice vice). C’est ainsi que des grands fraudeurs du fisc (Wildenstein, Bettencourt, Seillière, Tapie, etc.) passent des accords secrets avec les dirigeants du Trésor. La collusion entre les intérêts privés, notamment pour les appels d’offre publics ou les attributions de concession de service public, et les représentants de l’Etat, politicards ou fonctionnaires, est devenue normale car la honte a disparu puisque la seule chose légitime est de faire du fric.
Le peuple voit ces turpitudes et n’a le choix qu’entre 3 solutions : se retirer et vivre sa vie chez lui et pour lui, se mobiliser dans des actions et associations locales par esprit de solidarité et se révolter. Comme avec la « boîte à outils » du camarade-président, le pays va s’enfoncer dans la récession, il devient possible et même probable qu’une révolte éclate. Elle peut être électorale au profit des partis extrémistes. Solution sans lendemain car encore politicarde. Elle peut être sociale : grève de la consommation, mise de son pognon dans une lessiveuse, grève générale de la production, sit-in de masse et non-violents, refus de payer des impôts illégitimes, moratoire forcé et de fait sur les dettes, etc. Avertissement aux politicards : si vous continuez comme cela, attention à la carmagnole car ça n’ira pas plus longtemps. La colère sourd (non-entend) contre vous les mal-entendants.

Qu’auraient pu faire les socialos vers un programme anticapitaliste ?

Classé dans : politique — 27 avril, 2013 @ 11:25

Déjà, lancer la banque du peuple (BDP) dont j’ai parlé dans un article précédent. Ni sur l’idée de rendre les cotisations sociales déductibles à l’exportation et payables en sens inverse. Ni sur les droits compensateurs, à l’entrée dans le pays, entre le PIB et le PIN (le PIB moins toutes les charges relatives aux nuisances et autres pollutions et dégâts industriels). Ensuite, et sans prétendre être exhaustif mais simplement pour donner quelques idées, voilà quelques mesures possibles. L’idée directrice est de créer des anarcho-structures d’action directe qui frapperont les capitalistes à la seule chose qui les intéressent, à savoir la caisse. Ces structures ne font que lancer un mouvement progressif et largement expérimental. Ce sont des contre-structures anticapitalistes car leur but est d’anticiper une société libertaire et socialiste fondées sur la justice et la solidarité. Elles visent à établir des moyens séparés et concurrents (qui aime tant la concurrence ?) des solutions libéralo-capitalistes, moyens dont le pouvoir d’attraction attirera de plus en plus de partisans et de « sociétaires ». A court et moyen terme, cet anarcho-structuralisme a pour but d’enlever au capital et au pouvoir leurs moyens de prédation. Il faut donc leur enlever leurs ressources et faire profiter des économies y afférentes tous les acteurs intéressés à un autre modèle de société, loin du socialisme autoritaire et du libéralisme totalitaire que nous avons connus ou connaissons aujourd’hui. Par les baisses des prédations et rentes du capital, du pouvoir et des curetons, on pourra baisser les salaires car le coût de la vie aura diminué. C’est ce qu’a dit Proudhon.
Les socialos en peau de lapin auraient dû tout de suite amener la finance à des pratiques interdisant la spéculation. On connaît les multiples autorisations qui lui ont été données par les gouvernants et politicards, surtout les socialos dès 1983. La solution est simple ; il suffit de les interdire. On ne peut tout reprendre, mais stigmatisons les opérations pour compte propre, le crédit revolving, la spéculation à découvert ou/et à nu et sur les produits agricoles ou les matières premières, le transfert de fric des dépôts vers les affaires, la spéculation sur les produits alimentaires et les matières premières, l’appel aux paradis fiscaux, l’interdiction faite à la banque de France de prêter à l’Etat, les stock-options, le droit de racheter ses propres actions en bourse, les LBO, etc.
Le pouvoir socialo aurait dû tout de suite faciliter et animer la solidification du tiers secteur social ; celui des coopératives de production et de consommation, des mutuelles d’assurance, des entreprises ou associations d’insertion et de services de proximité. Pour cela, il faut déjà aider financièrement celles qui existent déjà. Mais il faut relancer leur création, lancer une vaste confédération du tiers secteur et aider à le faire grandir comme concurrent du privé. Pour ce faire et par exemple, toute entreprise en quasi cessation d’activité ferait l’objet, non d’une Reprise d’Entreprise par les Salariés (RES, prônée par les socialos… avant les élections de 2012 et sans cesse retardée) mais d’une Récupération Collective d’Entreprise (RCE) par les salariés et la collectivité locale d’implantation ; le redémarrage de l’entreprise, transformée ainsi en coopérative au nom du droit nouveau des travailleurs de remplacer des patrons défaillants, sera forcée par la loi et financée par la BDP. La RCE a aussi pour but d’empêcher tout LBO ou tout rachat d’entreprise par des fonds-vautours : avant tout rachat, extérieur, les salariés seront privilégiés pour transformer l’entreprise en coopérative. En même temps toute usine déjà achetée par de tels rapaces et fermée après avoir volé ses brevets, sa technologie et ses machines sera socialisée sans indemnités et remise en route comme coopérative de production. On peut songer, par exemple, aux usines de Péchiney, achetées par Alcan, puis reprises par Rio Tinto et littéralement dépouillées pour supprimer un concurrent. Ou à ceux de Molex.
Il n’est pas question de supprimer les petits producteurs industriels ou agricoles ou les petits commerces. En revanche, La BDP financera, comme proposé ci-dessus, la mise en place de nouvelles coopératives (ou mutuelles) mutualisant des moyens communs : silos, caves, docks et moyens de stockage, flotte de transport ou d’affrètement (ou contrats institués avec le privé), assurances mutuelles, moyens communs de production (par exemple, moissonneuses-batteuses ou machines-outils coûteuses utilisables en temps partagé), centrales de vente (pas d’achat) fournissant les commerçants de détail, instituts de recherche et d’innovation, centres de formation des adultes et des apprentis, centres de services (à la gestion par exemple) et d’aides, ANAP, etc. Comme disait Proudhon : la petite culture est aussi sotte que la petite industrie ». On peut aider et laisser libre le producteur à condition de lui permettre de se fédérer et de mutualiser des moyens communs avec les autres. Dans cet esprit, les aides de la PAC, actuellement touchées à 80 % par 20% des agriculteurs (céréaliers, betteraviers, pinardiers, transformateurs comme Doux le producteur de poulets de merde et qui en achetait massivement au Brésil !, princes comme Albert II ou le prince de Galles !) sont sucrées aux « gros » et redistribuées aux « petits », notamment les éleveurs ou ceux qui font du naturel et du bio afin qu’ils détiennent leurs propres coopératives agricoles.
Le pouvoir aurait dû d’entrée de jeu faire procéder à la création d’une fédération des petits producteurs et commerçants (réunion « de la sociale des cités avec la Marianne des champs », Proudhon) animée et gérée par leurs représentants et ceux des consommateurs. On constituerait ainsi ce que Proudhon appelait « le syndicat général de la production et de la consommation », en fait une fédération de fédérations : fédération de l’agriculture, de l’industrie et de la consommation. La BDP offre des services et des financements à cette fédération au carré à condition que les principes des mutuelles et des coopératives (en tant que moyens communs) soient observés. Par exemple, une mutuelle de santé est à organiser en réseau de soins avec médecins payés à la capitation et pharmacies et labos et doit pratiquer l’égalité de traitement, quel que soit l’assuré, assurer l’universalité du service pour tout sociétaire, doit être gérée par une représentation élue desdits sociétaires. Rappelons-nous que Bruxelles a pondu une directive pour aligner les mutuelles sur les assurances-privées en méconnaissant totalement ces principes historiques. Idem pour les principes des coopératives (capital inaliénable, élection des dirigeants et du conseil de surveillance, bénéfices partagés entre le fonds de réserve pour investissement et les associés, vote égal : un homme, une voix, faible disparité des salaires).
Dans le renouveau du secteur coopératif, la France fait repartir des moyens de production délaissés à cause des coûts comparatifs. Le but, comme toujours, est de faciliter la création de concurrents fonctionnant sur une logique opposée à celle des capitalistes. Donnons un exemple, celui de la production de panneaux voltaïques aujourd’hui monopolisée par la Chine pour des raisons de concurrence faussée (bas coût de production, taux de change manipulé, aucune préoccupation environnementale ou de santé pour les travailleurs). Autre exemple : la France a abandonné ses mines de charbon ou de fer pour les mêmes raisons. Or, on peut, afin de diminuer et supprimer à terme le nucléaire, créer des coopératives d’extraction et de production d’électricité dans des centrales propres captant toute émission de Co2. Encore un exemple : les coopératives de production de « gazogènes » comme machines de production de carburant écologique pour les véhicules. Le gazogène, que l’on peut aujourd’hui miniaturiser ou pour lequel on peut fournir simplement les bouteilles d’alimentation des véhicules comme avec le GPL, fonctionne au bois que la France a en surabondance sans l’exploiter ; cela éviterait largement les importations de pétrole et résoudrait le problème du diesel. Gageons que les idées ne manquent pas et que si elles n’émergent pas, c’est parce que le pouvoir et les trusts n’y sont pas favorables. Il suffirait d’organiser une exposition perpétuelle des innovations pour les faire connaître puis réaliser.
On peut donc faciliter la création de coopératives ad hoc en France. Par exemple, de production de médicaments génériques pour concurrencer le racket des laboratoires pharmaceutiques. En fait, la différence de coûts provient de ce que seuls sont comptés les frais direct de production, jamais les frais provenant des externalités négatives (dont les coûts sociaux) dont la couverture est reportée sur le pays ou les consommateurs. Les dégâts sur l’environnement, les ennuis de santé causés par la chimie ou autre, les frais du chômage, etc., sont payés grassement par la collectivité, les contribuables, les clients des assurances. S’il on ajoutait aux coûts directs l’ensemble de ces charges, alors la Chine ne serait plus compétitive…
Le pouvoir aurait dû relancer tout de suite les services publics délivrant un bien commun indispensable à la bonne vie des individus et d’intérêt général pour la collectivité. On a déjà ceux encore possédés par l’Etat (SNCF, EDF, RATP, la Poste) ou par les collectivités locales (régies d’eau, d’électricité ou de gaz). Il est urgent de les fédérer et socialiser en dehors de l’Etat avec le même statut que celui décrit pour la BMFP. Ils appliqueront à nouveau les principes de service public. On réhabilitera par exemple celui de l’égalité de traitement, celui dit de mutabilité, à savoir faire profiter les usagers de tous les progrès des forces productives, celui de vente à prix coûtant, c’est-à-dire de couverture des coûts de production/transport, distribution et des réserves pour investissement ; il n’y a donc plus de bénéfices ou de profit, ce qui fera que les 3 milliards de bénéfices d’EDF en 2012 ne seront plus versés aux 85 % d’actions détenus par l’Etat mais consacrés à la baisse des tarifs, à la recherche dans les énergies nouvelles et aux investissements. Hélas, par suite de la lâcheté des gouvernants français et à cause de l’abandon de l’idée de justice par les socialos, des entreprises ont été privatisées mais continuent d’assurer un rôle d’EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial). Les boîtes nationales (par exemple GDF/Suez où l’Etat dispose encore de 34 % des actions ou France-Télécom) et les concessions locales de service public (compagnies des eaux, de pompes funèbres, de transport local) se feront imposer un cahier des charges drastique proscrivant notamment la distribution de bénéfices. On aura ainsi une baisse des prix bien supérieure à celle obtenue par « la concurrence libre et non faussée ». Par exemple, il sera alors possible de mutualiser la gestion administrative des abonnés car un même service peut gérer l’ensemble des abonnements sans problème. Les effectifs ainsi dégagés seront consacrés à la qualité du service.
Dans l’idée de taper dans la caisse capitaliste, on peut créer dans les municipalités un service de gestion du logement (ventes, achats) concurrent des agences privées et payé au forfait (et non par commission à taux dégressif en fonction de la valeur du bien). Ce service est évidemment fédéré par étages successifs pour la mise en réseau de l’offre et de la demande de logements sur tout le territoire. Les cartes de crédit à la consommation des grands distributeurs ou autres banquiers privés ou constructeurs automobiles, etc. sont interdites. La BDP ne distribue alors, comme les banques privées, que des cartes bancaires de paiement. Les multinationales sont imposées en France à partir de leurs comptes détaillés, pays par pays d’implantation de filiales ; en France elles versent pour leurs filiales la différence entre l’impôt déjà payé dans les pays exotiques où elles jouent aux prix de transfert et au racket sur l’usage des brevets et l’impôt français. La publicité sur les ondes publiques est interdite. Les dépenses de publicité du privé ne sont plus affectées au budget d’exploitation, ce qui diminue les bénéfices, déductibles, mais obligatoirement prélevées sur les bénéfices après impôt. En effet, prises sur le budget d’exploitation elles font monter les prix pour les utilisateurs. Les « négociations » entre les renards des centrales d’achat des hyper marchés et les poules- fournisseurs ont lieu en présence de représentants des consommateurs, des producteurs et des collectivités territoriales ; le but est d’éviter la pression à la baisse sur les prix (baisse du reste peu répercutée sur les clients) et les pratiques indues tels les marges-arrières et autres rackets exercés par la grande distribution.
Francois, celui d’assise socialiste, devrait recréer le Commissariat au plan (prévisions, scénarios, aide aux entreprises, planification indicative) afin de conduire, animer, faciliter la ré-industrialisation à long terme du pays permise par les idées vues ci-dessus. Ce nouveau commissariat aurait en plus de l’ancien la haute main sur toutes les statistiques du pays. Comment ? En le dotant d’un grand service fédéré et socialisé de statistiques, dont le conseil de surveillance serait constitué de représentants des acteurs de la société civile, donc indépendant de l’Etat et des puissances d’argent. Ce service peut regrouper tout ce qui existe déjà : INSEE, DARES, DEPP et autres services statistiques des différents ministères. Son indépendance et son pluralisme éviteraient que, par exemple, les statistiques du chômage soient trafiquées. Dans le même ordre d’idée, on pourrait fédérer sous une même houlette socialisée l’ensemble des services publics de recherche (CNRS, INSERM, INRA, etc.). Les enseignants du supérieur y travailleraient à mi-temps. Les axes de recherche seraient définis par le conseil de surveillance multipartite en vue de l’intérêt général et de la mutualisation des efforts et des moyens. L’organisme socialisé de recherche serait lui aussi un service du commissariat au plan, lequel serait le coordinateur d’Etat de services émanant de la société civile. Il aurait aussi pour fonction de procéder à tous les contrôles actuellement fort mal assurés par des agences étiques (de la santé, du médicament, des télécoms, de la sécurité alimentaire, des produits chimiques, etc.). Cela mettrait l’organisme en situation de pratique et surtout permettrait de croire les industriels, les laboratoires pharmaceutiques et autres lobbyistes sur leur bonne mine. Les services d’inspection (IGAS, Inspection du travail, inspection sanitaire, IGS, Inspection de l’Education nationale, Inspection des finances) devraient être regroupés et socialisés au lieu d’être « ventilés » et placés sous la coupe de l’Etat. Là encore, le pays éviterait bien des surcoûts liés aux oligopoles et aux rentes de situation.
Depuis 20 ans on assiste à un curieux « doublonnement » des fonctions publiques avec la profusion d’agences, comités, hauts conseils, commissions, etc. (« opérateurs externes ») truffés d’experts extérieurs payés à prix d’or. On en compte plus de 1300 pour 450 000 employés et 50 milliards de budget. Parallèlement, le nombre de hauts fonctionnaires n’a pas diminué, au contraire de celui des petits. C’est qu’un haut fonctionnaire a besoin pour sa gloire et son pouvoir d’être aidés par des collègues de rang presqu’égal. C’est là qu’interviennent l’ENA et les grands corps (X, Mines, Ponts et chaussées, Télécoms, Génie rural, Eaux et forêts) qui, dans un esprit corporatif, ne cherchent que leur puissance, en gonflant leur effectif de subordonnés, et cultivent le secret sans se soumettre à des contrôles. Car comme disait Proudhon les grandes écoles ne sont que « les séminaires de l’aristocratie », de « la noblesse d’Etat » (Bourdieu). C’est pourquoi nous avons 238 sous-préfets…
A quoi il faut ajouter l’explosion de la fonction publique territoriale car chaque fois qu’une compétence est transférée ou une instance créée (par exemple, les intercommunalités), les autres restent et ne maigrissent pas ; d’où la multiplication des doublons et l’opacité du système. Le millefeuille administratif devrait être simplifié et allégé de toute urgence. Je préconise les étages suivants : la commune à condition qu’elle ait plus de 50 000 habitants, si non la communauté de communes ; la région et le niveau national. Soit 3 étages au lieu des sept actuels, dont les cantons et leur multitude de conseillers généraux. Sur le niveau régional, on devrait renouer avec les régions ou provinces de tradition, en évitant par exemple le scandale de la Loire atlantique avec Nantes mise en Pays de Loire au lieu de Bretagne ! Ou le saucissonnage du Languedoc entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Ou l’intégration du pays basque ou de la Catalogne dans des machins administratifs sans unité. Mais pour nos socialos, La Paille Au Nez Buonaparte n’est pas mort ! Cela fera des postes en moins pour les mandataires locaux, cela éliminera bien de doublons administratifs (maintenus au nom de la « compétence générale » des collectivités locales). Un député énonce depuis longtemps que le millefeuille coute 30 milliards par an au pays. Un « think tank » libéral, l’IFRAP, annonce que l’on peut économiser 60 milliards par an en faisant la chasse aux doublons et aux gaspis. Il a raison. Pourquoi ce gaspillage généralisé des fonds publics ? A cause des multiples mandats, d’une part, et des mandats locaux par lesquels chaque potentat local essaie de se faire bien voir en multipliant les ronds points de circulation, les stades, les bibliothèques, etc. Le millefeuille remonte très haut avec l’inutile Conseil économique, social et de l’environnement où le pouvoir nomme ses copains ou envoie des fleurs à des alliés compradores. Ce « machin » serait utilement fusionné avec le sénat alors transformé en chambre « économico-sociale au lieu de représenter surtout les 36 000 communes dont la plupart sont rurales et ont moins de 1 000 habitants. Pareillement, il faudrait limiter drastiquement le nombre de ministères, où, par ailleurs, des énarques s’ennuient au placard par suite des alternances politiques car ils ne sont pas virés et où ils passent leur temps à préparer la revanche et leur avenir politique. Il faut bien voir que les « grands corps de l’Etat » ne travaillent plus pour l’intérêt général mais pour leur corporation. Ils en profitent pour s’opposer à toute réforme. La France a 577 « députains » et 347 sénateurs pour 65 millions d’habitants, à 22 000 euros pièce (somme des salaires et indemnités) plus 233 membres du conseil économique, social et environnemental : aux USA, on a 405 représentants et 100 sénateurs pour 315 millions d’habitants. Le gaspillage et la rente des politicards sont faramineux. Surtout si on y ajoute les hôtels (mairies, de région, de département), les flics pour protéger les huiles, les piscines, centre culturels, etc., les subventions aux copains des associations (voir procès Andrieux à Marseille, les disciples de Frèche à Montpellier, les Guérini itou, Kucheida et le Nord-Pas-de-Calais, les conflits d’intérêt à la Cahuzac, etc.). Qu’attend le Leaving Dutchmann pour mettre de l’ordre dans ce bousin ?
Les socialos avaient promis une profonde réforme fiscale, notamment en fusionnant l’IRPP et la CSG/RDS. Cela a disparu des écrans-radars au profit de rustines de ci de là, ce qui a aggravé la pression fiscale aussi sur le peuple, dont ses classes moyennes. Ils ont même augmenté la TVA de 0,4 points en son taux supérieur, alors qu’ils avaient critiqué Tsarko pour la même politique ! Que faire en tant que socialiste « réformiste » ? On se contenterait d’un seul impôt, à savoir celui sur la consommation à condition d’en moduler les taux en fonction du degré de richesse nécessité par les achats : 0 % pour les biens de bonne vie digne (nourriture de base, eau, électricité en dessous d’un seuil à déterminer, transports en commun …), 5 % pour les consommations de loisir (livres, cinéma, DVD…) et la construction de logements sociaux (et leur entretien.), 20 % sur les autos petites et moyennes ou sur la construction de pavillons individuels, 50 % sur la nourriture de luxe que s’offre la gauche-caviar, 100 % sur les grosses berlines, 150 % sur les autos de luxe et la construction de « villas » avec piscines et beaux jardins, 200 % sur les bijoux, les bateaux, les tableaux de maître, etc. Ceci n’est qu’un exemple car c’est au parlement de fixer la liste des choses à taxer et les taux différentiels. On voit l’idée. La fiscalité sur la consommation serait aussi écologique : élevée sur tout ce qui contribue à l’émission de gaz carbonique (ou méthane et autres, gaz à effet de serre), notamment le gasoil, le kérosène, etc. ; élevée aussi sur les consommations d’électricité ou d’eau au-delà d’un seuil de confort minimal. Elevée aussi sur les produits chimiques, notamment phytosanitaires ; sur tout ce qui comporte une « empreinte écologique » néfaste, comme les produits faisant des milliers de km pour arriver sur nos étals. Là encore, on comprend l’idée qui est de contribuer à sauver la planète. Dans le domaine social, toutes les cotisations personnelles sont regroupées, entrent dans une CSG augmentée et deviennent progressives. Le scandale des taxes locales (à Paris on en paie beaucoup moins que dans les banlieues même déshéritées ou dans les petites villes de province) est supprimé en calquant leur barème, non sur des valeurs locatives bidon mais sur le niveau des salaires du pays par type de population. Les taux sont fixés nationalement au lieu de dépendre des localités. Une péréquation réelle est installée de façon que les communes où vivent les populations pauvres reçoivent une compensation.
Le pays est victime depuis 40 ans d’une inflation de normes, via sa pléthorique bureaucratie associée à celle de Bruxelles. On compte plus de 400 000 normes en tout genre. Un bon nombre ont servi à occuper des bureaucrates marquant leur territoire au point qu’on peut appliquer à la France le mot de Proudhon : une « formation papyracée » que les géologues du futur auront du mal à décrypter. Un bon nombre de ces normes sert à protéger les industries et le gros commerce. Par exemple, la norme interdit le purin d’ortie comme moyen phytosanitaire afin de protéger les produits chimiques. Autre exemple, les semenciers qui veillent à conserver des plantes anciennes, ne peuvent pas vendre car leurs semences ne sont pas inscrites sur la liste officielle établie par les politicards et leurs sbires administratifs avec la collaboration des Monsanto et compagnie. On est dans la situation curieuse où malgré l’Himalaya de normes la santé publique n’est pas protégée, ce qui est sans doute gravement à l’origine des frais de SS. Cela dit sans oublier le surcoût des médocs (lobby pharmaceutique), l’inflation de consultations (paiement à l’acte des toubibs, à remplacer par la capitation), la rente des pharmaciens (numerus clausus), les manipulations des cliniques privées (piquer la clientèle rentable, peu compliquée dans des pratiques faciles), les conséquences de la malbouffe, etc. Le trou de la Sécu n’est pas dû aux malades, que l’on pourchasse comme fraudeurs présumés (la fraude sociale à l’ensemble des prestations est de 4 milliards, celle aux cotisations patronales de 40 !). Les frais des nuisances ou des rentes et prédations ne sont pas payés par les producteurs de produits dangereux et il faut même un parcours du combattant pour faire reconnaître une maladie professionnelle (à la fois comme existante et pour chaque cas en relevant) ou un effet médical désastreux. Limiter les normes, souvent inappliquées ou inutiles ou offrant une rente, fera faire de substantielles économies au pays ; faire payer les pollueurs et autres nuisibles allègera beaucoup le budget de la Sécu.

Le pays est victime depuis 40 ans d’une inflation de normes, via sa pléthorique bureaucratie associée à celle de Bruxelles. On compte plus de 400 000 normes en tout genre. Un bon nombre ont servi à occuper des bureaucrates marquant leur territoire au point qu’on peut appliquer à la France le mot de Proudhon : une « formation papyracée » que les géologues du futur auront du mal à décrypter. Un bon nombre de ces normes sert à protéger les industries et le gros commerce. Par exemple, la norme interdit le purin d’ortie comme moyen phytosanitaire afin de protéger les produits chimiques. Autre exemple, les semenciers qui veillent à conserver des plantes anciennes, ne peuvent pas vendre car leurs semences ne sont pas inscrites sur la liste officielle établie par les politicards et leurs sbires administratifs avec la collaboration des Monsanto et compagnie. On est dans la situation curieuse où malgré l’Himalaya de normes la santé publique n’est pas protégée, ce qui est sans doute gravement à l’origine des frais de SS. Cela dit sans oublier le surcoût des médocs (lobby pharmaceutique), l’inflation de consultations (paiement à l’acte des toubibs, à remplacer par la capitation), la rente des pharmaciens (numerus clausus), les manipulations des cliniques privées (piquer la clientèle rentable, peu compliquée dans des pratiques faciles), les conséquences de la malbouffe, etc. Le trou de la Sécu n’est pas dû aux malades, que l’on pourchasse comme fraudeurs présumés (la fraude sociale à l’ensemble des prestations est de 4 milliards, celle aux cotisations patronales de 40 !). Les frais des nuisances ou des rentes et prédations ne sont pas payés par les producteurs de produits dangereux et il faut même un parcours du combattant pour faire reconnaître une maladie professionnelle (à la fois comme existante et pour chaque cas en relevant) ou un effet médical désastreux. Limiter les normes, souvent inappliquées ou inutiles ou offrant une rente, fera faire de substantielles économies au pays ; faire payer les pollueurs et autres nuisibles allègera beaucoup le budget de la Sécu.
Les socialos n’ont pas entrepris des choses qui pourtant ne coûtent rien. Par exemple, le référendum d’initiative populaire, concocté par Tsarkozy (une des rares bonnes mesures avec la QCP), attend toujours la loi organique qui le mettrait en place. Pourtant Tsarko n’est plus au pouvoir depuis 12 mois. Le Fonds de Réserve des Retraites (créé sous Jospin) pourrait ne plus être investi en bourse (pertes déjà considérables) mais servir à la construction de logements (il en faudrait 500 000 par an, surtout en logement social). On attend toujours la constitution de la Justice en pouvoir indépendant au lieu de rester une « autorité judiciaire ». Les partenariats public/privé devraient être supprimés illico vu leur coût exorbitant. Le racket des hypothèques (le conservateur des hypothèques est payé jusqu’à 250 000 euros par an pour un boulot que les notaires pourraient faire) est à supprimer sans tarder car c’est en plus un impôt qui ne dit pas son nom. La redevance télé (autre impôt camouflé sous prétexte que c’est la contrepartie d’un service rendu comme la taxe sur les ordures ménagères) est aussi à liquider. Dites donc, vous les socialos en pet de lapin, n’êtes vous pas en situation de « donner et casser la loi », ce qui est l’apanage du pouvoir souverain d’après Jean Bodin (la République, 1576 !) ?
On pourrait supprimer l’armée, à tout le moins les gros moyens comme les sous-marins nucléaires, et éviter d’intervenir dans des pays étrangers comme le Mali. On pourrait transformer cette armée de métier (menace pour le peuple, rappelons-nous de Gaulle réfugié à Baden-Baden pour demander l’aide de Bigeard contre les révoltés de mai 68) en force de coopération et de formation pour l’aide au développement. On économiserait ainsi une bonne partie des 32 milliards annuels dépensés par nos forces armées. Rigolons un peu : on pourrait vendre contre du pétrole nos armes nucléaires à l’Iran qui ainsi ferait pièce à celles détenues en douce par Israël. On pourrait associer à notre droit de veto à l’ONU en tant que membre permanent les 10 membres non permanents…

Comment torpiller (un peu) le social-libéralisme franco-européen

Classé dans : politique — 24 avril, 2013 @ 10:39

Il ne s’agit ici que d’avancer vers un anarcho-structuralisme mettant en place des structures permettant de préfigurer une modèle de société solidaire et anticapitaliste. Même au sein de l’océan de libéralo-capitalisme qui nous entoure on peut échapper aux griffes du vampire capitaliste et à la médiocrité des socialos qui nous gouvernent depuis presqu’un an. Je ne vais donner quelques exemples de ce qu’il est possible de faire, notamment pour sortir de la logique, des règles et de l’action purement commerciales et concurrentielles de l’UE, de même que de ses contraintes monétaires et budgétaires avalisées par Guimauve le Concurrent sous forme « merkozyenne » de TSGC.
On peut déjà rendre les cotisations sociales des entreprises déductibles à l’exportation et payables par les importateurs. Cette mesure ne touche pas à la fiscalité que l’UE surveille jalousement. C’est du non prévu par elle, de l’invention. A l’importation, on joute la CSG/RDS au taux de 8 %. Cette mesure évite de donner de la compétitivité à toutes les boîtes qui n’exportent pas ou produisent à l’étranger comme les multinationales, de baisser les charges pour toutes les entreprises de proximité comme les restos, les salons de coiffure, etc. qui empochent la différence pour conserver leur marge. Parallèlement, tout travailleur « détaché » de l’étranger en France (au nom de la directive ex-Bolk(Frank)enstein est considéré comme exporté et taxé itou. Cette solution évite la TVA sociale qui profite à tous les capitalistes et taxe les consommateurs à leur profit. Dans le même esprit, on peut créer des droits compensateurs (pas des droits de douane interdits par l’UE) à payer par les importations. Lesquels et comment ? Il faut noter que le PIB ne tient pas compte des dégâts et des nuisances. Il faut donc évaluer cela, par exemple en tant que coût carbone en incluant dans celui-ci le contenu carboné des importations (notamment pour les longues distances de transport). L’ensemble des coûts (y compris ceux de réparation des dégâts) est à déduire du PIB pour avoir le PIN (produit intérieur net ; je sais que ça existe mais alors le PIN est dans la comptabilité nationale le PIB moins les amortissements des machines et installations). PIB moins PIN en numérateur sur PIB en dénominateur et exprimé en pourcentage donne un taux de droit compensateur à imposer aux importateurs.
On peut créer une monnaie parallèle à l’euro et à usage interne au pays. Cette monnaie est émise et gérée par une nouvelle banque, que j’appelle, en hommage à Proudhon, la Banque du Peuple, la BDP. Il s’agit d’une monnaie de crédit à l’usage des producteurs et vendeurs qui acceptent une mise en réseau mutualisé et coopératif. Elle est même le fer de lance de renforcement et de dynamisation d’un vaste réseau en progression constante regroupant coopératives, mutuelles, entreprises d’insertion, associations économiques, PME, PMI, TPE et même entreprises unipersonnelles. Les membres du réseau, qui adhérent librement et peuvent aussi se retirer, échangent leurs productions, leurs fournitures et leurs services entre eux. C’est-à-dire qu’ils prennent l’engagement de se fournir, de se vendre et acheter entre eux afin d’organiser leur production. Pour ce faire, ils disposent d’une monnaie commune, le proudhon, qui permet à la fois l’échange et le crédit. Toute organisation collective à but économique et acceptant les règles mutualistes et coopératives peut demander un crédit à la BDP pour investir, mener un projet de recherche ou disposer d’une avance en fonds de roulement. Pour cela faire, la monnaie parallèle du réseau circule sous forme de lettre de change. Prenons un exemple. Un groupe de personnes veut créer un laboratoire de production de médicaments génériques et a besoin de 1 000 000 proudhons (pour simplifier, 1 proudhon égale un euro). Après examen solide de la viabilité du projet, la BDP prête au groupe sous forme de 1 000 lettres de change de 1 000 proudhons. Ces lettres de change sont elles-mêmes divisibles (par 100 et 50, 10) pour servir de monnaie de paiement par fractions de son nominal (bons détachables de la lettre de change). Avec ce prêt, le nouvel ensemble coopératif s’adresse aux fournisseurs de machines et d’intrants ad hoc et les paye avec ses éléments de lettres de change. Ainsi à l’issue des processus d’échange et d’achats/ventes, les proudhons reviennent à la BDP qui peut ainsi renouveler ses crédits. La BDP ne fait pas payer d’intérêts et se contente de faire amortir ses frais de gestion sans exiger de bénéfices pour des actionnaires.
La BDP gère le volume de monnaie émise et en circulation en l’ajustant strictement aux besoins des échangistes. Elle apprécie les projets et les demandes de prêt et contrôle leur usage. Pour ce faire, elle dispose d’un conseil de direction élu par les membres du réseau et par ses propres syndicats internes et elle s’appuie sur un conseil de surveillance lui-même élu sur une liste de commissaires aux comptes établie par l’assemblée générale des coopérateurs. La BDP est constituée avec un capital de départ versé en euros par les membres du réseau comme droit d’entrée. Ce capital n’est pas élevé car il ne sert que de solde à la fin du processus d’échange : le coopérateur en fin de course peut faire échanger ses proudhons contre des euros Mais le volume de monnaie en proudhons ayant circulé tout au long de la chaîne des échanges est très supérieur au reste à payer en euros. Le proudhon est essentiellement garanti par les produits, les actifs, les stocks des échangistes exprimés en proudhons. Le capital sert aussi à payer, sur demande d’un échangiste, des fournisseurs extérieurs au réseau mais dont les productions lui sont nécessaires pour investir et produire. Les proudhons lancent la circulation et l’accélèrent ; ils ont ainsi une sorte d’effet de levier dans la facilitation des activités économiques.
Il va de soi que les rôles essentiels de la BDP sont de développer le réseau et d’aider à créer des entreprises sur le territoire national. Les concurrents étrangers et libéraux en sont éliminés d’office car ils n’ont pas la monnaie réservée aux membres du réseau. Ce réseau échappe au capitalisme car il fonctionne sur les bases traditionnelles de l’économie mutuelliste et coopérative. Il crée de la monnaie en vue de l’investissement productif, de la ré-industrialisation du pays, de l’impulsion de l’économie sans créer de la dette extérieure, sans concours de l’Etat (pas de surplus de dette étatique interne), sans s’endetter auprès des banques, sans demander des liquidités à la banque centrale et encore moins à la BCE.
Pour faire diminuer les prix et moraliser les industriels en tout domaine et les gros distributeurs, les « class actions » pour les consommateurs, les usagers de tout produit (par exemple de santé ou pesticides ou phtalates et autres bisphénols, etc.), les victimes de pollution ou d’accidents industriels. Contrairement au projet d’Hamon (commandement), les victimes peuvent se regrouper sans ester en justice via les seules associations habilitées par l’Etat (encore du copinage et de la corruption en vue). On peut aussi exclure les dépenses de publicité, en fait payées par les consommateurs ce qui augmente les prix, du compte d’exploitation et exiger qu’elles soient imputées aux bénéfices. Et ainsi de suite. Ce ne devraient pas être les idées qui manquent à des socialistes encore animés par la recherche de la justice, du bien-vivre, de la solidarité.

L’étrange capitulation

Classé dans : politique — 18 avril, 2013 @ 10:52

C’est le dernier bouquin du journaliste de Médiapart, Laurent Mauduit. Il nous révèle les trahisons, renoncements, reniements capitulations sans combat de Lamymolette 1er (« l’ami mollet(e) » plus le patron de l’OMC), Edam le Rouge vis-à vis des politiques d’austérité propulsées par la FMI, l’OCDE, l’UE, la Gross Angela. Ce qui frappe dans le bouquin c’est qu’en réalité il ne s’agit pas de renoncement mais de duplicité, de double discours camouflant les intentions réelles. Guimauve le Concurrent tenait un discours anti-finance lors des grands meetings socialos et un langage libéral devant des cénacles patronaux. En fait la politique réelle envisagée par Flanby 1er était dans la continuité totale avec celle de Tsarko alors qu’il avait fait croire le contraire au bon peuple de « gôche », notamment sur le traité dit de stabilité, de gouvernance et de coordination (TSGC) préparé par Merkozy.
Mauduit démontre cependant que le Gland méchant Mou a capitulé avant même de combattre car il était déjà envahi par les nécessités des écritures libérales. En fait, in petto ou envers des publics d’initiés, le Lying Dutchman avait bel et bien l’intention de se conformer aux principes européens et mondiaux du libéralisme. Bien que son essai ne casse pas 3 pattes à un canard, Mauduit a le mérite de faire le « procès verbal » des reniements de notre nouveau monarque républicain. Il y a eu la reculade face à Mittal à Florange après une dégustation de merguez avec les ouvriers… pendant la campagne et avec une promesse de ne pas les abandonner. On n’a pas vu la mise en place du rachat par les salariés de l’entreprise (la promesse du RES et de l’économie sociale en coopératives) en cas de mise en liquidation d’une boîte encore rentable (voir les Lipton, les Pétroplus et tant d’autres). La finance, soi-disant l’ennemi majeur du Gland méchant Mou, n’a pas été régulée et la réforme bancaire a accouché d’une souris. La TVA ne devait pas être augmentée et pourtant l’a été de 0,4 points pour aider à financer les 20 milliards de crédit d’impôt, sans aucune contrepartie (même pas d’investissement comme condition demandée par Montebourg), à toutes les entreprises, même les multinationales ou les maisons n’ayant rien à voir avec la concurrence internationale. La fameuse Banque Publique d’Investissement (BPI) n’a réuni que des institutions existant déjà (CDC, ISEO, FSI) pour un montant total de 43 milliards d’actifs, somme ridicule si l’on veut financer les PME et se réindustrialiser. On aurait pu affecter une part des assurances-vie à la BPI, mais non. Le gouvernement n’est pas revenu sur le fait qu’un tiers des livrets A, devant financer le logement, a été donné par Tsarko aux banques privées pour spéculer. Pour les retraites, Chamallow 1er s’est contenté de revenir à 60 ans pour les carrières longues ou les métiers pénibles et fait étudier par une énième grosse commission une nouvelle réforme car le déficit atteindrait 20 milliards dès 2020. Les idées majeures seraient d’augmenter encore la durée de cotisation, déjà portée à 41,5 annuités et de ne pas tenir compte de l’inflation pour revaloriser les retraites. Rappelons que jouer à la fois sur les durées de cotisation et l’âge légal de départ en retraite, c’est avoir une ceinture et des bretelles. En effet, par exemple 42 ans de cotisation signifie qu’une personne ne peut pas partir avant 66 ans si elle a commencé de travailler à 24 ans et si elle a une carrière linéaire et sans périodes de chômage. La moindre des choses serait que la protection sociale paie les cotisations pendant ces périodes.
La réforme des impôts par fusion entre CSG et IRPP, redevenus ainsi tous les deux progressifs, a été abandonnée en rase campagne au profit de bricolages : rabotage des niches fiscales, nouvelle tranche à 45 %, idiote taxe provisoire à 75 % sur les revenus personnels dépassant 1 million d’euros (annulée par le Conseil constitutionnel car le droit fiscal français ne connaît que les couples ; la mesure faisait qu’un couple gagnant 2 fois 600 000 euros par an ne payait rien tandis qu’un autre avec un seul revenu de 1 200 000 payait 75 % sur 200 000 ! Le Floating Dutchman le savait et a maintenu la chose sachant qu’elle serait cassée et malgré les avertissements qu’on lui avait prodigués. Cela, c’est de la manipulation électorale et démagogique. Faire, maintenant payer cet impôt sur les entreprises est une idiotie : celles-ci les déduiront avec leurs charges salariales de leur résultat d’exploitation ou les verseront dans une filiale à l’étranger ou iront même jusqu’à délocaliser leurs cadres dirigeants ! Cela ne rapportera donc rien au budget de l’Etat… Avec Tsarko en 2011/2012 puis Zayrault en 2012/2013, les prélèvements obligatoires sont montés à 46,3 % (en gros, 20 plus 20 milliards d’impôts et de taxes en 2ans avec 90 % des Français touchés et pas seulement les riches comme promis). Les « riches » retraités ont déjà été amputés de 0,3 % de leur pension. Et la Valls des impôts et taxes ou cotisations n’est pas finie car le déficit 2013 sera au mieux de 3,7 % au lieu des 3 % visés (et on annonce, si rien n’est fait 4,1 en 2014 car la croissance risque d’être presque nulle à 0,1 % en 2013 suivant les prévisions du pouvoir alors que d’autres annoncent en fait une légère récession, de moins 0,1). Il va falloir trouver 20 milliards de plus en 2014, soit d’économies (14 prévu hier), soit de recettes fiscales (6 aux dernières nouvelles). Mauduit rappelle que, avant les élections, le PS avait dit ne viser les 3 % de déficit que pour 2014 et non 2013 comme l’a décidé tout seul Fraise des bois 1er.
La révision générale des politiques publiques (RGPP de Tsarko) avec le non-remplacement d’un départ à la retraite sur 2 chez les fonctionnaires (déjà 80 000 postes en moins pour l’Education nationale sous Matamore 1er) a été remplacée par le Management de l’action publique (MAP-monde), ce qui est à peu près la même chose. Cependant, la promesse de 60 000 re-postes à l’EN en 5 ans semble bien partie même si ce sont les autres ministères (sauf la police, la défense et la justice) qui vont se saigner aux quatre veines. Les enseignants se sont mis à ruer dans les brancards contre les réformes Peillon, par exemple la semaine de 4,5 jours au lieu des 4 du temps de Rastignac 1er. En effet, ils ont déjà perdu les heures.sup (comme les autres salariés, les détaxes Tsarko ayant été supprimées) et le gouvernement socialo a refusé d’augmenter le point d’indice (et cela fait 4 ans que cela dure, la dernière augmentation ayant été de 0,5…). Ce pauvre (ne) Payons (pas) veut revaloriser le métier d’enseignant mais il ne peut pas lâcher un picaillon alors que les professeurs français font partie des moins payés d’Europe. Le Smic n’a reçu qu’un coup de pouce de 0,4 % en 2012 et pour janvier 2013 le pouvoir socialo s’est contenté de 1,35 % soit juste l’inflation. C’est fastueux alors que l’INSEE a annoncé que le pouvoir d’achat avait reculé en 2012 (à cause des prélèvements obligatoires, les salaires stagnant et les prix des dépenses contraintes étant à la hausse).
Il est donc clair que les socialos sont dans une politique d’austérité et non de rigueur comme ils le prétendent. Ils jouent la carte du Traité de Stabilité, de Gouvernance et de Coordination (TSGC), préparé par Merkozy et pour lequel le vivace Hollande avait dit qu’il fallait le compléter par un pacte de croissance, sinon ne pas le ratifier. Mais c’était une réponse de Normand car notre gribouille s’est contenté de 120 milliards pour l’Europe entière, 120 milliards en fait déjà engagés. Il n’a donc rien obtenu à part le maintien de la PAC pour notre agriculture productiviste et pour faire plaisir aux gros agriculteurs qui dirigent la FNSEA. En revanche, il a fait ratifier le traité par le parlement. De cela, curieusement Mauduit ne parle aucunement alors que le TSGC met directement le budget de la France sous contrôle préalable de Bruxelles et de la CJCE. Notre Francs-Sous le conquérant a même fait créer une instance francaoui (encore un conseil ou une autorité « indépendante » de plus, le Haut conseil des finances publiques alors que l’on a déjà la Cour des comptes et l’IGF !) pour examiner ex ante et ex post le budget dans sa conformité avec les diktats de la Gross Angela. Il attend frileusement que la grosse Commission de Bruxelles accepte que la France dépasse les 3 % de déficit en 2013. C’est pourquoi le plat Normand va faire un trou dans les allocations familiales qui ne seront plus universelles et porter la durée de cotisation de retraite à 44 ans et il faut s’attendre à toujours plus d’impôts et toujours moins de prestations dans la suite du quinquennat.
J’M le Mauduit car il pointe aussi que le président n’a même pas entreprise les réformes qui ne coûtent rien : indépendance de la justice, non-cumul des mandats (reporté si tout va bien à 2017), droit des immigrés (au lieu de la chasse aux Roms pratiquée tant sous Tsarko que sous Valls), épuration du ministère des finances où les énarques libéraux et tsarkozistes sont toujours là (comme Ramirez et consorts), interdiction des « portes tournantes » (allers et retours entre la fonction publique et, notamment, la banque privée, fin du conseil à l’administration par des cabinets privés en général de droit anglo-saxon et libéraux (KPMG et consorts), appel d’offres contenant des clauses de limitation de l’empreinte carbone afin de privilégier les entreprises de proximité et des clauses d’emploi obligatoire de travailleurs locaux (contre le détachement d’étrangers employés aux conditions du pays d’origine), réforme territoriale réelle diminuant le millefeuille français des collectivités en tout genre, suppression des partenariats privé/public, fiscalité verte, réquisitions des logements vacants, etc. Non, à la place on a le mariage pour tous.
M. Mauduit est très descriptif et n’analyse guère la logique libéralo-financière du capitalisme. Il ne voit pas que l’affaire Cahuzac (plus celles des Guérini, des Andrieux, des successeurs de Frèche, des Kucheida, pour ce qui a émergé et est connu), est en fait la conclusion logique de l’esprit du libéralisme : égoïsme et rapacité individualiste sont les deux mamelles de sa morale. La seule règle est « pas vu, pas pris comme l’a si bien montré aussi le sarkozysme. Dans un système social qui a érigé Mammon en souverain divin quoique terrestre, il n’est pas étonnant qu’il y ait des affaires. C’est même pour cela qu’il y a aussi des avocats d’affaires, lesquels viennent de plus en plus du monde politique car la loi les a autorisés à devenir avocats (par exemple, l’hipponyme Galouzeau de Villepin ou Copé ou le phanérogame DSK) sans en avoir les diplômes ! Ravachol disait qu’aller voter, c’était faire comme l’enfant auquel son père demandait d’aller cueillir des verges pour le fesser. Mais c’est en démocratie représentative et bourgeoise.

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