les armes de la critique

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La souffrance au travail

Classé dans : Non classé — 21 septembre, 2009 @ 11:21

 

Par suite des suicides de salariés de France-Télécom (Etat : 25 % du capital), annoncés au nombre de 23 (au 10 septembre 2009 pour l’année en cours) par les médias compradores alors qu’il y a eu 12 tentatives en plus, le PDG Lombard a parlé d’arrêter une mode au sortir de sa convocation chez François Fion, 1er sinistre de Zébulon 1er.

Comme d’habitude, avec beaucoup de retard et alors qu’il faut attendre chez les politicards l’apogée des problèmes pour les découvrir (en réalité, ils savent mais ils laissent pisser jusqu’à l’explosion avant de faire semblant de s’en emparer et de les traiter uniquement avec des attitudes compassionnelles), les excellences gouvernementales ont convoqué le patron… qu’elles ont nommé,  qu’elles n’ont en aucun cas surveillé ou modéré, qu’elles ont même dû pousser à faire du chiffre puisque c’est le leitmotiv de la politique actuelle. Car il est vrai qu’une bonne part des bénéfs part dans les caisses de l’Etat sous formes de dividendes et d’impôts sur les sociétés. Et le Lombard, patron de FT a bien la tête de l’emploi : costume grisâtre, rondouillard, rose comme un porcelet, regard fuyant de lapin pris dans les phares d’une auto, gestuelle d’esquive, visiblement peu touché personnellement par l‘inquiétude. Rassurez-vous ; ici je ne fais qu’appliquer les méthodes de la phrénologie et de la morphologie qui furent longtemps en exercice…  pour les criminels « nés ».

Cet ex-service public, où il ya encore 60 000 fonctionnaires vilipendés par la hiérarchie, est depuis sa transformation en SA l’objet (au sens strict, car les hommes n’y comptent pas) de réformes de structures en veux-tu-en-voilà, de pressions productivistes sur les salariés, de mutations d’office sans la moindre concertation ni la moindre prise en compte de la situation territoriale et familiale des salariés, de suppressions de postes à n’en plus finir, de délocalisations, notamment des services téléphoniques d’accueil des « clients », d’appel à la sous-traitance, de refus de prendre en compte les observations des médecins du travail, lesquels sont au bord de la dépression ou de la démission, etc.  Vous aurez reconnu là les méthodes du management moderne dans les boîtes privées, sauf que même chez elles le management y est plus humain et moins brutal.

Voilà bien de nombreuses années que les psycho-sociologues du travail  (notamment Danièle Linhart et Christophe Dejours en tant que pionniers depuis plus de 15 ans) alertent sur les conséquences de ce management new look sur les personnels. La suppression des collectifs de travail via l’individualisation des rapports aux salariés, le chantage à la performance via des stages de conditionnement des salariés (avec gourous, « psys », stages « hors limites » comme le saut à l’élastique, coachs, etc.), les réformes revolving, les pressions productivistes (souvent sous couvert de mérite, de compétition, d’esprit d’entreprise, de direction par objectifs sans donner les moyens correspondants), le management par le stress quand ce n’est pas par harcèlement moral, l’absence totale de reconnaissance (Norbert Alter dans son dernier livre), la chasse aux syndicalistes, etc. laissent le salarié seul face à une hiérarchie, elle-même poussée par le mode de gestion court-termiste et de rentabilité financière propulsé par les dirigeants pour faire grossir la valeur boursière pour l’actionnaire. Qui est de plus en plus un fonds de pension par capitalisation détenant suffisamment d’actions pour faire pression sur lesdits dirigeants. Isolé, le salarié est dépourvu de tout moyen de défense collective, ce qui le pousse à somatiser puis à « psychologiser » sa détresse, d’où la vague structurelle de suicides un peu partout : 1 par jour en France, on rappellera ceux de chez Renault ou d’EDF. Le problème est donc connu depuis longtemps. Il est organisationnel et structurel ; il est induit par la logique financière à court terme et les méthodes de gestion. Il vient de l’inverse de ce que l’on voit dans les coopératives de production, secteur dont le pouvoir et le Medef ne parlent jamais alors que son poids économique est loin d’être négligeable.

Et il n’y a pas qu’à FT ; c’est vrai aussi à EDF bien que l’Etat y ait encore 84,7 % des parts sociales… Alors le pouvoir va se contenter de faire les gros yeux à Lombard et de le prier de mettre la poussière sous le tapis : plus de DRH, plus de médecins du travail, continuation de la psychologisation des choses. C’est commode ; cela permet d’évacuer toute responsabilité des structures, du mode de gestion, des dirigeants organisant le cadre de travail des salariés.

Le mépris du droit

Classé dans : Non classé — 21 septembre, 2009 @ 11:10

Le plus stupéfiant dans le micro-régime actuel, c’est son usage intensif et incontrôlé des normes juridiques. On légifère à tout-va avec des textes précipités, mal étudiés, en fonction des circonstances politiciennes ou des attentes d’une population devenue sécuritaire sous l’emprise des médias et des politicards. La population a peur pour son avenir (la crise, la grippe A) et pour sa sécurité (les « banlieues » et les bandes, les dingues, les vols avec violence, les chiens dangereux). Certes le pouvoir avait promis la sécurité et pour ce faire avait multiplié les lois sécuritaires à l’infini depuis 2001 (loi Vaillant) et soumis la police à des exigences de résultats (comme à France-télécom),  à des contraintes de chiffres (quoique trafiqués). Las, les dernières statistiques soulignent l’échec de cette « politique du chiffre » sur laquelle Gnafron a été en partie élu.

Les textes juridiques sont si mal conçus que bien souvent les décrets d’application patinent et révèlent leur caractère inadapté. Le dernier exemple est le test ADN à propos du regroupement familial des migrants ; Ganelon-Besson le supprime tout seul comme un grand alors qu’il s’agit d’une loi votée par le parlement. Quelle gifle pour celui-ci ! On croyait que la Commission des lois (entre autres) avait maintenant le droit de plancher sur les projets gouvernementaux et de les amender avant passage au vote, ce qui avait justifié que la chambre des députés ait  son temps et son mode de débat et d’intervention soigneusement encadré et limité. Peut être, mais visiblement cela a ajouté à la confusion puisque désormais personne ne peut savoir d’où vient vraiment le texte : des commissions ou des services de la chancellerie ou des ministères ? Sarkocescu doit être ravi car alors, dans le bordel ambiant et les conflits entre chambres et gouvernement, il n’y a plus que lui en position d’arbitre et de décideur.

Un exemple de ce foutoir est le petit amendement ajouté par la commission des lois pour éliminer la sanction de dissolution des sectes ou autres personnes morales ayant commis des escroqueries, juste avant  le procès de l’église de scientologie, sans que la chose soit parvenue aux oreilles des juges et alors que la chancellerie avoue ne pas savoir d’où cela vient. Notez que le nouveau texte a en réalité une portée bien supérieure aux seules sectes puisque toute personne morale (une entreprise, une association, une église, etc.) conserve maintenant le droit « de persévérer dans son être » vicieux. Cela se situe dans le vaste mouvement de dépénalisation du monde des affaires entrepris sous Chiracos puis Tsarkowitch. D’après la loi Fauchon, les édiles municipaux (ou autres) ne peuvent plus être condamnés pour les accidents survenus chez eux alors qu’ils n’auraient pas été au courant des dangers de leurs installations (par exemple une avalanche dans un couloir où ils auraient donné des permis de construire ou dans des zones inondables). Par ailleurs, la responsabilité pénale des personnes physiques ayant décidé de choses ayant conduit à des accidents graves (explosions de gaz [2000 à Dijon, 2004 à Mulhouse] par suite du ralentissement du programme de remplacement des fontes cassantes à GDF, explosion de Toulouse dans une filiale de Total en septembre 2001) a été remplacée par celle de la personne morale qu’elles dirigent ! Ce qui instaure en plus, en violation de tout principe juridique consacré, une responsabilité pénale collective !

Le droit est instrumentalisé de plus en plus dans un double processus : aggravation des peines et multiplication des délits pour le peuple ; exonération des puissants et des affairistes et autres banquiers. C’est donc tout un programme bien en phase avec la poursuite des politiques libérales en économie et répressives en société, malgré le cinéma ostentatoire du Mitron contre les bonus et les paradis fiscaux.

les prédateurs

Classé dans : Non classé — 18 septembre, 2009 @ 11:12

a)      Première partie : l’âge d’or et l’arrivée des rapaces et autres charognards 

Pendant l’âge d’or des « 30 glorieuses » (1945-1975), existait un modèle socio-économique qui reposait sur un « compromis fordiste » (voir l’école française d’économie dite de la « régulation ». C’était un mixage de multiples acteurs. Il y avait des politiciens et des hauts fonctionnaires orientés par la recherche de l’intérêt public. Ces derniers veillaient encore à ce qu’il y ait des institutions et des structures collectives : Sécurité sociale, droit du travail, institutionnalisation (hélas pour le meilleur et pour le pire) des syndicats, réglementation de l’économie et planification indicative (règles de concurrence, de propriété publique ou privée, de sécurité, mais pas encore sur l’environnement) ; grands services publics fournissant à tous des services gratuits (hors impôts), fiscalité progressive sur les revenus et taxation des dividendes, des intérêts et des plus-values, construction de logements sociaux (hélas souvent des « barres »), etc.

Il y avait des syndicats bien implantés dans les grandes entreprises. Mais aussi des grandes organisations industrielles appuyées sur « une technostructure » (John Kenneth Galbraith) et dirigées par des manageurs qui comprenaient la complexité et le rôle social de leur entreprise et qui étaient payés en fonction de leur efficacité économique et non de leurs résultats financiers. Ces 3 acteurs (pouvoir politique et pouvoir administratif, pouvoir syndical, pouvoir managérial et grandes organisations plus ou moins tayloriennes) avaient dégagé des compromis, notamment en matière salariale et d’emploi. On ne licenciait que s’il y avait de gros problèmes et non de mauvais résultats financiers ; les salaires étaient indexés sur les progrès de productivité [et même sur la hausse des prix], les cotisations sociales assuraient collectivement la protection contre les risques ; sur la fin on avait institué la Formation professionnelle continue (FPC) et les Assedic ; il y avait de la promotion sociale dans les entreprises, etc. Ces acteurs y trouvaient chacun leur compte, de même que le salariat : les ingénieurs dirigeant la technostructure des grandes entreprises étaient récompensés par leur statut social et la reconnaissance de leur travail envers le bien commun ; les syndicalistes « avaient du grain à moudre » et justifiaient ainsi leur rôle ; le pouvoir politique jouissait d’une certaine paix sociale et de légitimité. Cependant tout n’était pas rose et on était encore très loin de vérifier la devise nationale : liberté, égalité, fraternité. La bureaucratie régnait ; les politiciens magouillaient, les syndicats devenaient des gestionnaires du pacte social et des professionnels éloignés de leur base.

Ce qu’il faut aussi bien voir, c’est que ce compromis n’arrangeait pas tout le monde et avait bien des opposants puisqu’il favorisait les grandes entreprises et le salariat. Les grandes maisons avaient les reins assez solides pour encaisser les surcoûts de la politique sociale (qu’elles compensaient par leur technologie et leur productivité), ce qui les privilégiait dans la concurrence avec les petites structures moins modernes, moins productives, moins technologiques (les PME, les PMI), l’agriculture encore artisanale). C’était aussi la mort du petit commerce cher à Poujade et  Royer, député-maire de Tours. Il n’empêche ; le compromis était solide parce qu’il reposait sur des institutions collectives et sur « un bloc historique » dont l’hégémonie était assise sur des valeurs partagées (le souci du bien commun et de la justice sociale) et sur une idéologie commune, à savoir l’économie keynésienne et le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), que la droite veut éradiquer. Les banquiers et les assureurs ne tenaient pas le haut du pavé ; les politiciens avaient encore pour rôle effectivement joué de défendre l’intérêt public en intervenant dans le jeu-socio-économique pour réguler les rapports sociaux.

Las, dès les années 80, ce modèle (qui existait même aux USA sous forme des suites du « New Deal » et de politique du démocrate Gerald Ford) a perdu sa vigueur. Pourquoi ? Il y a de multiples causes qui se sont combinées. Dans d’autres articles j’ai largement analysé les causes économiques et financières, de même que les politiques. Je voudrais ici insister tout particulièrement sur les facteurs politiques et culturels de cette dégénérescence ou sur des aspects sous-estimés de la dégradation qui ont conduit à la crise actuelle.

Une cause majeure réside dans la transformation de la démocratie en oligarchie représentative encore moins soucieuse du bien commun qu’autrefois. La politique a été professionnalisée par la mise en place de partis oligopolistiques détenant le monopole de la présentation des candidats et assis sur la multiplicité des mandats à la fois dans le temps et dans l’espace aux différents échelons territoriaux. Le processus a été facilité par un mode de scrutin inique : uninominal majoritaire à 2 tours en France, à un seul tour chez les Gibbies et aux USA ; cette 2ème forme est encore plus dégueulasse et c’est pourquoi Tsarko voudrait la mettre en place dès les régionales de 2010 ; en effet la liste (unie avec  le « nouveau centre », le MPF et CPNT) de la droite aura d’emblée une majorité relative et  fera une razzia sur les sièges…  Avec la télévision, la politique est devenue médiatisée ; l’image compte plus que le fond, la trombine avenante des politicards et les « petites phrases » ont remplacé l’analyse et le projet. Tout est devenu « communication » dans le sillage de « l’agit-prop » ou de la « propaganda staffel », le totalitarisme en moins et la subtilité de l’idéologie véhiculée en plus. La politique a fini par devenir un marché (oligopolistique) que les politiciens partisans et « partitaires » essaient de canaliser à leur profit. Leur intérêt personnel (prestige et, naturellement, retombées économiques personnelles liées à leur fonction et à leur position dans le jeu des relations d’influence) a pris le pas sur l’intérêt général, ce qui s’est facilement transposé dans la haute administration énarchique. Les énarques sont très souvent des politiciens et des pantouflards faisant des allers et retours entre la politique, l’administration et, depuis Balladur, le management des ex-entreprises publiques et des banques (« noyaux durs » par participations croisées). Ce qui entraîne la substitution de la logique privée à celle du service public. Seuls les petits fonctionnaires ou agents de services publics défendent encore le bien public, ce qui leur vaut la haine des thuriféraires du marché et des manageurs par le stress et la destruction revolving des collectifs de travail (d’où la vague de suicides de salariés à France télécom et ailleurs). Par ailleurs, la politique a dû s’appuyer de plus en plus sur l’expertise à cause de la complexité grandissante des sociétés. Les politiciens en ont profité pour subordonner les experts en les achetant par des places dans toutes les formes d’expertise faussement neutre (car nommée par les politicards et à composition très nettement orientée) : agences, hauts comités, commissions, hauts conseils, etc. L’oligarchie a toujours existé, mais là elle est devenue quasiment inamovible et alors ne cherche plus de compromis sociaux stables.

Ce qui n’a pas été vu dans ce processus, c’est sa conséquence. En effet, la détention du pouvoir politique (simple constat dans nos prétendues démocraties représentatives) permet de faire la loi et le règlement. La question est de savoir en faveur de qui ou quoi : l’intérêt public et le peuple ou la propriété et le capital ou la finance ? La réponse, depuis 30 ans, est claire : c’est pour le grand profit, dans tous les sens du terme, de la phynance mondialisée. Contre les discours, très intéressés, de ceux qui disent que l’Etat a disparu car le marché ouvert, concurrentiel, « libre et non faussé » l’a remplacé, car « il est trop grand pour les petites affaires (locales ou nationales) et trop petit pour les grandes (internationales), car ledit marché s’autorégule (bien mieux) de lui-même sans qu’il soit besoin d’interventions politiques, l’Etat est en fait bien plus puissant qu’il ne l’a été et aussi bien plus subreptice. En tant que faux nez légitimé par les élections, le corps des politicards se sert de la puissance souveraine pour avancer les pions de ses amis banquiers et autres financiers et, dans une moindre mesure, industriels. Et cela provient directement de la disparition de la démocratie représentative, aussi imparfaite qu’elle soit. Ce qui n’empêche pas le Nicktalope présidentiel de hurler en permanence que le pouvoir est chez les « députains-godillots » et non dans la rue. C’est la fausse démocratie qui permet au pouvoir politique d’abandonner le bien commun pour faciliter les prédations de la finance, des multinationales et des riches, qui permet de remplacer peu à peu les institutions collectives par des subventions (ou des règles) publiques que les organismes et les personnes privés (banquiers, manageurs, etc.) peuvent mettre dans leur poche. Dans ces conditions, comme aux USA où les dépenses publiques sont en réalité énormes, le vrai chiffre à considérer n’est pas le taux des prélèvements obligatoires sur le PIB (minoré aux USA car, par exemple, les assurances sociales privées n’y sont pas comptées  bien qu’elles soient subventionnées) mais celui des dépenses publiques : en France, le 1er est de 43,6 % en 2009 mais le 2ème est de 52, proche de celui des USA. Ce qui compte c’est que lesdites subventions ou dépenses publiques sont organisées en direction des dépenses privées des individus dans des organismes privés et fonctionnant sur la logique du profit privé (assurances, écoles, universités, services à la personne, etc.). C’est ce mécanisme qui fonde la prédation, c’est-à-dire le transfert d’argent public vers les affairistes rapaces. C’est ce modèle que veut importer Tsarkocescu en France, au moment même où il a fait faillite ! En Europe, surtout celle du Nord scandinave, les dépenses publiques vont encore essentiellement dans des institutions communes à logique sociale et non financière de pure recherche du profit privé.

Il en résulte que les politicards ont cédé aux sollicitations de la finance pour émettre des règles qui lui sont favorables et que les banquiers et eux marchent « la mano en la mano ». Mais on ne peut pas dire que la phynance détient le pouvoir politique réel, même si elle fait bien plus que l’influencer (elle y a ses pions à la fois chez les politiciens et dans l’administration ; elle recourt à l’influence énorme des lobbies qui financent largement, plus ou moins en douce, les campagnes électorales). En effet, les politicards doivent, nolens volens, en passer par les élections ce qui ne coïncide pas avec les intérêts purement économiques. C’est pourquoi on s’oriente peu à peu vers la disparition totale de la démocratie formelle car si la population se rebiffe, alors qu’il n’y a plus qu’à « dissoudre le peuple ». Cette disparition permettra d’accentuer le jeu du grand casino financier mondial créé par le fait que les politicards ont autorisé la libre circulation des capitaux, instauré les taux de change flexibles et supprimé le contrôle des changes ; alors l’argent peut se déplacer sans cesse pour nourrir n’importe quelle spéculation avide et juteuse, à la recherche du meilleur taux de rentabilité possible en jouant, par exemple, sur lesdits taux de change des monnaies, sur les taux d’intérêts, sur les raretés plus ou moins organisées pour spéculer. Cependant, de telles merveilles n’ont été possibles que par suite d’un intense travail idéologique. En effet, il fallait convaincre les peuples que ce nouveau système était le meilleur « dans le meilleur des mondes possibles », comme disait Pangloss. La chose a été facilitée par l’écroulement du bloc de l’Est en 1989 et en même temps, des justifications anticapitalistes. De plus, dans cette disparition dudit bloc, il se trouve que l’URSS, décédée en 1991, n’a plus pu financer les « pays amis » du socialisme collectiviste (Cuba, Corée du Nord, qui avaient l’air d’offrir un autre mode de développement que le capitaliste, mais c’était l’effet des subventions et du commerce extérieur de l’URSS), ce qui a éradiqué les bases secondaires de la propagande anticapitaliste.

b) 2ème partie du texte les prédateurs : l’idéologie carnassière du tout-marché et du libre-échange généralisé

Une autre cause majeure de la disparition du compromis fordiste et de la mise en coupe réglée des moyens de l’Etat par les prédateurs politiciens, financiers et managériaux mus par une logique privée d’enrichissement personnel et ayant abandonné les institutions collectives à logique sociale, les torpillant même pour récupérer leurs budgets publics pour des activités privées,  se trouve dans le fait que le néolibéralisme a gagné la bataille des idées. Et cela progressivement en gagnant tous les esprits, y compris ceux des politiciens socialistes en peau de lapin. Cela a commencé dès le lendemain de la 2ème guerre mondiale avec, notamment, « l’ordolibéralisme » teuton (l’Etat doit être fort pour imposer la démocratie sociale de marché, thèse non adoptée par les libéraux fanatiques et développée en 1938 lors de la conférence Walter Lippmann à Paris) et la Société du Mont-Pèlerin (1947, Hayek qui, lui, répudie l’Etat et dont la thèse l’a emporté sur celle des Tudesques, le sommet annuel de Davos et les réunions de « la Trilatérale » des penseurs et dirigeants libéraux). Cela a continué avec l’Ecole de Chicago dont le maître à ne pas penser fut Milton Friedman : monétarisme (la monnaie n’est qu’un voile, un simple étalon de mesure quantitative qui s’il y en a trop se dévalue automatiquement et qui si elle est manipulée par le gouvernement est corrigée à la baisse par les gens eux-mêmes, resucée de la théorie quantitative de la monnaie) ; politique de l’offre (retour du théorème de Say : les produits s’échangent contre des produits), ce qui veut dire que ce qui compte c’est l’offre des producteurs et que la demande s’ajuste automatiquement à elle, ce qui implique que tout ce qui rigidifie la demande [salaire minimum, syndicats, lois sociales, normes environnementales, indexation des salaires sur les prix, etc.) doit être supprimé.

Mais le nec plus ultra est la théorie économique (dite de l’équilibre général, à lire comme de tous les marchés) justifiant que le marché est autorégulateur et aboutit mécaniquement à la meilleure combinaison des facteurs de production et à la meilleure affectation possible des ressources financières ou autres. La chose est parfaitement fausse. Elle suppose, notamment, qu’il y a une myriade d’offreurs vis-à-vis d’une demande dispersée (concurrence parfaite et compétition), que toute l’information est disponible pour chacun des acteurs, lesquels sont supposés rationnels, et que tous les marchés sont ouverts et non faussés. Or, il a été prouvé qu’il y a des « asymétries d’information », que celle-ci n’est pas transparente, que les acteurs ne sont pas seulement rationnels, qu’ils n’agissent pas ou ne décident pas  en rivalité les uns avec les autres (la coopération est plus efficace que la compétition). Par ailleurs, la concurrence pure et parfaite n’existe pas. Il y a de plus en plus de monopoles (notamment par l’innovation) et d’oligopoles constitués de grandes firmes multinationales.

Il y a aussi de plus en plus de lois, de normes et de règles (et de subventions) décidées par les politicards pour favoriser les lobbies qui restreignent la concurrence. C’est ainsi qu’une des raisons de la crise provient de l’abrogation en 1999 du Glass Steagall Act, voté en 1933 après le krach  bancaire de 1929. Ce texte  interdisait à une banque commerciale et de dépôt d’être en même temps banque d’affaires et d’investissement et a été supprimé sous le président Clinton qui, décidemment, avait bien des choses dans le cigare. Ainsi, a pu se développer « une banque de l’ombre » purement spéculative, c’est-à-dire sans contrôle et sans réserves obligatoires, très liée aux paradis fiscaux et spécialisée dans le « hors bilan ». Soyons modestes en tant que Francaouis avant d’accuser les Ricains : les différents gouvernements n’ont rien fait pour que les banques de dépôt ne puisse pas créer de filiales d’affaires et développer le « hors bilan » afin d’échapper à la contrainte des réserves obligatoires pour garantir les dépôts et limiter le crédit. C’est là que l’on voit le caractère ridicule des pantalonnades du Gnafron présidentiel sur les bonus et les paradis fiscaux car ce serait supprimer le thermomètre pour arrêter la température : s’il y a de la spéculation prédatrice, c’est par ce que toutes les nouvelles règles édictées par les gouvernements ont créé le cadre institutionnel qui le permet et même le facilite. Les bonus ne sont qu’un symptôme et un moyen commode de se refaire une virginité politique en faisant porter le chapeau de la crise aux traders.

De plus, tout n’est pas transformable en marché (« libre et non faussé ») possible. Par exemple, dans le domaine de la santé, le « client » n’a aucun pouvoir ni aucune information face au médecin ou à la compagnie d’assurance. Il y a aussi des « monopoles naturels », par exemple les grands réseaux d’électricité alors que le pouvoir Tsarkozyen vient d’annoncer qu’il militait pleinement pour la libéralisation de ce secteur ! Il y a encore des « biens publics », dont la valeur de marché n’est pas calculable et pour lesquels le marché ne procure aucune prise en charge des générations futures car il fonctionne à l’instant T, dans l’existant, et non à partir de l’avenir : l’éducation, l’eau, l’air, la nature, etc.. Enfin le marché ne prend pas en compte les « externalités » positives (ni les négatives comme les nuisances et pollutions) comme la mise à disposition des acteurs d’infrastructures collectives payées par les impôts car sinon aucun opérateur privé ne les construirait faute de rentabilité et de restriction possible de l’accès (par exemple, un phare ou l’assèchement d’un marais, exemples canoniques dès le 17ième siècle).

Si un seul marché était faussé, il n’y aurait pas d’équilibre général possible. En effet, si un seul est corrompu les acteurs de tous les autres se transportent vers celui-ci parce qu’il est sûrement plus juteux, ce qui détruit la concurrence et « l’affectation optimale des ressources ». Or, il y en a au moins un.  C’est celui de la phynance qui n’obéit jamais à la prétendue loi de l’offre et de la demande (si les prix augmentent, la demande diminue). En effet quand, par exemple, les prix augmentent les spéculateurs achètent encore plus dans l’espoir que cela va continuer de monter, d’où les bulles spéculatives immobilières et financières (ou autres : l’or, le  pétrole) ; personne ne s’arrête car chacun estime qu’il, lui, cessera juste à temps avant le krach. De plus, le marché financier est celui qui se prête le mieux aux asymétries d’information, aux délits d’initiés, aux comportements irrationnels en moutons de Panurge, à la corruption, aux paniques bancaires, au « capitalisme de connivence » (Japon, Corée du Sud, Indonésie… et surtout depuis Bush II les USA) entre les politicards au pouvoir et les milieux d’affaires , à la « prophétie auto-réalisatrice » (un Soros quelconque lance une rumeur sur la faiblesse de la livre en 1992, fait baisser son cours pour spéculer à la baisse et alors ladite rumeur se réalise). Et pourtant l’idée de la primauté du marché sur toute autre considération l’a emporté depuis 30 ans…  Du reste, les banques et financiers viennent de trouver une autre spéculation : racheter les assurances vie de vieux ruinés par la crise pour, par exemple, 300 000 dollars au lieu des 2 millions de l’assurance, et on titrise aussi cet abominable « votum mortis » (latin, lui, non garanti…).

Cette théorie est donc manifestement fausse. Celle qui l’accompagne aussi. C’est celle qui prétend que le libre-échange améliore la situation de tout le monde parce que chaque pays ou chacun va se spécialiser dans la production où il est, même relativement vis-à-vis des autres, dans la meilleure position de compétitivité, ce qui fait que tout sera moins cher sur l’ensemble de la planète et que, moult years after (shave , car on peut prévoir, notamment sa candidature, en se rasant), les situations finiront par s’égaliser. C’est une resucée des « avantages comparatifs » de Ricardo. Cette thèse est contredite par la fantastique envolée des inégalités et par le non-décollage de l’Afrique. En effet, un pays qui n’a aucun avantage comparatif ne peut que périr à petit feu. En outre, cette théorie implique qu’il ya ait, ne serait-ce que momentanément, des peuples et des individus sacrifiés parce que moins compétitifs, conformément à la doctrine utilitariste de la maximisation « du bonheur du plus grand nombre ».

Tout-marché et libre-échange ont été véhiculés comme une nouvelle religion monothéiste et unique : un dogme, une foi,, un prophète (Hayek), des grands prêtres (universités, économistes, « think tanks », journaleux spécialisés à la Sylvestre Grominet ou au grand Gaillard d’avant, penseurs à nacelle et essayistes « In » comme Attila ou Minc(e)) ; des praticiens-relayeurs (politicards, énarques, manageurs, syndicalistes « réformistes »), des dispositifs d’endoctrinement (la publicité, le marketing, le merchandising, les journaleux médiatiques, les « nouveaux philosophes » plus ou moins repentis de leur passé maoïste ou trotskiste, etc.), des confesseurs-assureurs de bonne conscience (psychologues, sectes religieuses, médecins prescripteurs de prozac, gourous, coachs même en musculation du périnée), un peuple élu, celui des bons petits consommateurs accros aux  bas prix de la camelote chinoise produite dans des filiales « sweat shops » des multinationales. La religion dispose d’un catéchisme. C’est le « Consensus de Washington » et ses principes de « bonne gouvernance économique » imposés à tous les pays en crise par les organes internationaux : FMI, BM, BRI, OCDE, G8 (devenu 20 à cause du krach de 2008). La médecine est corsée : ouverture des frontières et baisse des droits de douane (libre-échange), libre circulation des capitaux et suppression du contrôle des changes, privatisation des entreprises et services publics, libération des prix, disparition des subventions, diminution des dépenses sociales, libéralisation des services, équilibre budgétaire [augmentations d’impôts et baisse de la protection sociale], respect des « droits de propriété », etc. Cette thérapie a pour inconvénient de mener ipso facto à la récession, ce qui aggrave la situation et rend le pays incapable de rembourser ses dettes. Or c’est l’objectif des DR Folamour du FMI. En fait pas si dingues que cela car le but est de rembourser avant tout les dettes privées, ce qui montre que les institutions financières internationales sont au service du secteur privé. Par ailleurs les « obligations pourries » (Junk Bonds, achetées pour 20 % de leur valeur faciale) font les délices des « Hedge Funds » (fonds de couverture, en fait fonds spéculatifs). Partout ou les chamanes du néolibéralisme des « ajustements structurels » sont passés les pays assujettis (souvent par leur dette liée à l’envolée des taux d’intérêt fixés par les USA avec Reagan afin de sauver le dollar, lequel est devenu alors très fort et ainsi a assassiné encore plus les débiteurs en dollars puisque le taux de change s’effondrait pour les monnaies desdits débiteurs), ce fut une dégradation économique totale, une Bérézina. Les pays qui prirent une voie autonome de développement via l’intervention étatique (Chine, Corée du Sud) et qui ainsi ne furent pas obligés d’en passer par les Fourches Caudines du FMI, comme par hasard s’envolèrent.

Les dégâts de cette « pensée unique » furent considérables.  A l’intérieur des pays comme les USA ou la France, elle a justifié, comme on l’a vu, l’emprise prédatrice du capital financier et industriel sur les ressources et les institutions collectives et sociales peu à peu diminuées, voire démantelées, au profit des dispositifs privés et individualisés par le désengagement de l’Etat en tant que gestionnaire ou garant de ces structures. Elle a permis la mise en place de la collusion prédatrice et conjointe des politicards et des financiers au nom de la liberté individuelle de choisir (donc plus de monopoles, par exemple de Sécurité sociale ou d’éducation). Et comme il s’agissait de « liberté », les bœufs américains ont plébiscité la disparition des impôts pour les riches et pour les revenus financiers sous prétexte que c’était à chacun de gérer ses propres affaires sans en passer par une offre instituée. Bien mieux, comme déjà dit, les subventions étatiques à titre individuel ont pu se déverser vers les caisses privées, d’où la prédation. Et la pilule qui les spoliait est passée sans problème grâce à la promesse de la sécurité du pays, des personnes et des biens. Ne rigolons pas. La France suit depuis longtemps le même chemin et Zébulon 1er, prince du discours et des méthodes sécuritaires sans effet, ne fait qu’accélérer les choses sans prendre les gants hypocrites et progressifs de ses prédécesseurs socialistes ou chiraquiens. Et on a fini par déboucher sur la crise mondiale tout à la fois financière, économique, sociale, idéologique et culturelle par rapport à laquelle les gouvernants se contentent de cautères sur une jambe de bois en ne faisant que sauver les privilèges des banquiers et de la phynance.

La théorie continue d’être prônée et appliquée dans les discours et les pratiques. Pourquoi quelque chose d’aussi faux et catastrophique continue-t-il de plus belle malgré les promesses de régulation (à la marge seulement) ? Pourquoi continue-t-on d’implanter dans l’administration les critères, la comptabilité et la logique de gestion du privé, ce qui a accompagné le processus de cheminement vers la crise ? Elémentaire, mon cher Watson : le fric n’est pas perdu pour tout le monde : les banques prêtent à des taux d’intérêt trop hauts (en France, elles prêtent à plus de 5 % alors qu’elles ne payent que 1 pour leurs emprunts à la banque centrale) et reçoivent de grosses commissions, les assureurs procurent des solutions individuelles et sélectionnent les risques pour toucher au max sans avoir beaucoup à payer, les producteurs vendent partout et font plus de marge grâce aux économies d’échelle, les distributeurs achètent en Chine tout en maintenant largement leurs marges vis-à-vis des clients qui sont loin de toucher la différence des prix, l’agriculture productiviste et subventionnée envahit les PVD et tue leur paysannerie et leurs cultures vivrières, les boîtes de dépollution vendent de quoi réparer les nuisances de leurs copines industrielles, les riches et les entreprises ne payent presque plus d’impôts, les politicards confortent leur position grâce à l’aide de leurs amis de la finance, les syndicats font de la figuration tout en étant institués et subventionnés, etc.  Ils finiront tous ensemble par recréer les conditions de l’explosion de la lutte des classes encore larvée mais dont le grondement vrombit. En attendant, dans le cadre du court-termisme de la rentabilité et du « max » de profit, ils continuent de danser sur le volcan, en se disant presque comme le régent : que la fête continue.

Allo, ici Cassandre

Classé dans : Non classé — 10 septembre, 2009 @ 10:44

Je sens que je vais encore raser les lecteurs avec ma sinistrose de la crise. Eh oui, je vais encore jouer les empêcheurs de tourner en rond sur le thème « la crise est finie » comme disait Sheila. On se réjouit dans les sphères du Nicktalope que le PIB ait progressé de 0,3 % au second trimestre 2009 sans préciser qu’il est loin d’être revenu au niveau antérieur. On annonce finement que le chômage augmente moins que prévu sans dire toutes les petites astuces qui expliquent la chose : radiations, temps partiel de chômage technique indemnisé. Attendons les statistiques du mois de septembre, quand les vacanciers seront revenus et surtout quand les jeunes débouleront après la fin de leurs études ou l’arrivée à l’âge du travail.  On se réjouit à la vue des bons résultats des banques, lesquelles mettent dans leur poche la différence de taux d’intérêt entre celui de la Banque de France à laquelle elles empruntent (1%)  et celui auquel elles prêtent (4/5 %). Elles ont par ailleurs repris leurs petites habitudes spéculatives.

Eh bien, ce n’est pas fini…  Les banques ont en réserve des créances douteuses ou des actifs toxiques bien camouflés et que le gouvernement cache aussi. Voyez cette petite anecdote. Recevant début janvier un relevé de compte titres, j’y constatais que le Crédit agricole m’imputait des pertes potentielles sur une Sicav qu’il m’avait fourguée. Or ce titre était garanti  et, donc, ne pouvait me faire supporter aucune perte, hors inflation. En toute hypothèse, c’était le Crédit agricole qui devait provisionner la perte. J’écrivis à l’AMF. Réponse plusieurs mois après : la perte potentielle s’avérerait pour moi si je vendais avant échéance. Merci, je le savais déjà. En revanche aucune allusion à ma plainte et à ma demande que le CA soit prié par l’AMF de provisionner la perte. Evidemment,  si on fait la somme des titres garantis et des remboursements ultérieurs aux pigeons la perte consolidée à provisionner doit être considérable. Il convient donc de garder de Conrad le silence prudent…  et mensonger, la mano en la mano entre le gouvernement et les banquiers.

Il est à craindre que si la crise des subprimes est effacé (après tout il n’y en avait que pour 1800 milliards de dollars, mais ayant pourri les Collaterized Debt Obligations [CDO] qui les englobaient dans un millefeuille de créances à sécurité variable par la vertu de la « titrisation »), d’autres « junk debts » n’apparaissent en plus massivement. Déjà, les pauvres entreprises ayant fait l’objet d’un Leverage  Buy Out,  LBO. sont exsangues. Cet achat par « effet de levier » consiste en ce qu’un fonds d’investissement  achète une boîte avec 20 % d’apport et 80 d’emprunt et ensuite lui fait payer ledit emprunt, capital et intérêts, ce qui amène à employer toutes les combines pour améliorer sa rentabilité : downsizing, reengineering, Kanban, empowerment, sous-traitance, délocalisations, etc.  Et maintenant les entreprises L(o)botisées ne peuvent plus, pour cause de mévente, honorer les remboursements des prêts bancaires souscrits pour …  les racheter par des fonds spéculatifs comme les redoutables Carlyle ou Blackstone ou le fonds du baron (de loup) Seillière. D’où (Doudou dis donc) de nouvelles et massives créances douteuses.

Les retraités par fonds de capitalisation l’ont aussi dans l’os. Les actifs qui permettaient de garantir le niveau des retraites ont fondu de 50 %. Les fonds de pension,  détenteurs de parts significatives des actions émises par les entreprises et siégeant à leur conseil d’administration, jouaient à la hausse boursière et poussaient les manageurs bien appâtés (via les stock-options, les parachutes dorés, les retraites-chapeau, les « hellow primes ») à faire de la rentabilité à court terme. Ca moussait tant que la bourse grimpait, justement à cause de cette pression. Car un fonds de pension, c’est bien plus coûteux en frais de gestion qu’un régime de répartition : il faut 15 % de rentabilité, ventilés ainsi : dividendes et plus-values pour payer les retraites (5 %), frais de gestion (5 %) et les différentes commissions bancaires ou d’organismes de placement (5 %). Et c’est bien moins sûr que la répartition : pour servir les retraites, il faut vendre des titres pour encaisser leurs plus-values ; catastrophe, ils ne valent plus que 50 % de leur valeur d’achat. Adieu veau vache, cochon, couvée et le pot aux roses. Du coup, ruinés, moult retraités US ou Gibbies doivent prendre des petits boulots, se serrer la ceinture et souvent ne peuvent plus honorer leurs propres dettes, notamment hypothécaires. Il en est de même pour  les chômeurs dont le nombre grandit sans cesse par suite de la double baisse de la demande : les gens se remettent à épargner par précaution et souvent n’ont plus de revenu. Leurs biens peuvent être saisis pour récupérer le montant de leur hypothèque, ce qui maintient la construction et l’achat de logement à un bas niveau. Ils ne peuvent plus, aussi, réemprunter en fonction de la hausse de valeur de leur bien, suivant la doctrine (enviée par le président Nicktalope) du « crédit revolving », le bien nommé au pays de M. Colt. Et, évidemment, le processus est sans fin : chômage et baisse des retraites entraînent baisse de la demande, faillites en série ce qui amène plus de chômage and so on, comme on dit en Anglo-Saxie, le modèle tant vanté et imité, avec 20 ans de retard et au moment où il s’écroule, par Zébulon 1er .  Et, ainsi, on a une accélération du flux de nouvelles créances douteuses. Et faillites des fonds spéculatifs lourdement endettés et forcés de vendre pour rembourser leurs actionnaires pressés de sauver leurs meubles.

Le coût actuel du sauvetage des banques  et des assurances (et un peu des particulier) : prêts, participations, rachats  ou quasi nationalisations, etc. est estimé à 9 000 milliards de dollars aux USA avec une bizarrerie : on ne sait pas, semble-t-il, où ils sont passés. Qu’en est-il pour le vaste monde « systémisé » par la phynance.  Mystère et boule de gomme. Ce n’est qu’un début, continuons le combat. C’est déjà pas mal sur un PIB mondial de 60 000 milliards de dollars (ou 60 trillions comme on dit chez les Rosbifs. Las, il ne s’agit sans doute que de rustines. En effet, le montant total des produits dérivés (assurances d’assurances d’assurances, etc. sur les spéculations en tout genre. Comme les Credit Default Swap [CDS], qui consistent à prendre un assureur (notamment AIG, au bord de la faillite et maintenue les naseaux au ras de la fosse à purin par le gouvernement US) pour le risque de perte liée, par exemple, à un achat à découvert (sans dépôt d’une garantie substantielle) et à terme (à échéance de l’engagement d’achat ou de vente du bien sur lequel il y a spéculation, par exemple du pétrole ; chez les Gibbies on dit « futures ») est évalué à entre 400 000 et 600 000 milliards de dollars… Ce montant astronomique est fort loin d’avoir été apuré et il y en a sûrement des quantités considérables dans le « hors bilan » des banques et des assurances, via, notamment des SICAV OU FCP OU OPCVM « garantis » chez les Francaouis grugés par leur banque ou leurs assurances-vie. Qui va payer ? Evidemment le contribuable, le salarié, le chômeur et la veuve de Carpentras, etc.  Car toute l’astuce de la phynance (qui U-bu boira) est d’avoir reporté tous les risques sur eux et toute celle des politicards est de la sauver pour que, « pendant le saccage les affaires continuent » (slogan de gros commerçant de nippes à Barbés en mai 68).

Il convient de souligner que c’est la dette publique qui a pris le relais de l’endettement privé. Déjà, les banques, accusées par Tsarkowitch de limiter le crédit, s’en défendent en disant que sont les emprunteurs qui ne courent plus les rues et pour cause d’incertitude sur l’avenir chez les braves gens. Et la France va porter son déficit budgétaire à 140 milliards d’euros en 2009, soit 7 % du PIB et sa dette à 80 % du PIB (je rappelle les critères de Maastricht : 3 % et 60 % ; déjà les Tudesques sont en train de grogner contre le laxisme tsarkozien). Déjà, la planche à billet tourne aux USA. Cela ne fait pas encore baisser le dollar car les Chinois continuent d’y acheter des emprunts d’Etat. Sauf que si ces derniers ne peuvent plus vendre à l’étranger faute de demande extérieure et s’ils n’arrivent pas à étendre leur marché intérieur, ils ne pourront plus continuer longtemps à le faire. Mais il ya aussi le Japon et l’Inde et les monarchies pétrolières qui soutiennent ainsi le dollar de peur de voir leurs avoirs dans ledit dollar fondre comme neige au soleil. Du reste, il y a encore énormément de capitaux flottants à la recherche de la sécurité et, si possible, de rentabilité. Ils achètent donc encore des bons du trésor ou des obligations étatiques. Las, Tsarko avec son emprunt va gâcher le métier car il sera forcé d’offrir au moins 4 % de taux d’intérêt, vu que la loi interdit désormais les privilèges fiscaux associés aux emprunts. De plus, Tsarko pourrait emprunter, comme les Yankees, à 1 % sur le marché international des capitaux. Il ne veut pas parce que emprunter à 4 ou 5 %, sans même parler des commissions bancaires pour placer l‘emprunt, est un moyen d’engraisser les riches Français (et non les fonds interantionaux), dépourvus de placement sûrs par ailleurs, qui prêteront ce que les prolos payeront en remboursements ultérieurs.

Mais il faudra bien que les braves gens essorent un jour ou l’autre la dette publique. Il y a deux moyens pour ce faire. D’abord augmenter les impôts, mais ce n’est pas le moment car alors la demande risquerait de s’effondrer. D’où les palinodies de Nicolae Sarkocescu sur le thème : je n’augmenterais pas les impôts (il s’était même engagé à les baisser de 4 points de PIB lors de sa campagne électorale, ce qu’il n’a fait que pour les riches avec la loi Tepa de juillet 2007 !) tout en cherchant les moyens de les augmenter sans que cela ne se voie de trop (forfait hospitalier à 20 euros au lieu de 16, déremboursements de médocs, taxe carbone pour compenser 8 milliards de taxe professionnelle ; 22 petits impôts nouveaux créés depuis 2007). Le problème du Mitron présidentiel est celui du « timing » à cause des élections de 2012. Il faut donc jouer la montre, par exemple en offrant un énorme emprunt grand public concocté par Juppé et Rocard.

Le 2ème moyen est la bonne vieille « diminution de monnaie » (chère aux rois de France qui rognaient les pièces pour diminuer leur poids en or), c’est-à-dire l’inflation. Pratique depuis que les salaires, grâce au curé Delors en 83, ne sont plus indexés sur l’inflation. Le problème est cependant que quand il y a inflation par excès de monnaie via la planche à billets (en effet il y a plus de monnaie pour une production inchangée donc tensions sur les prix via une demande excessive), les taux d’intérêt augmentent (le taux réel doit être supérieur au taux nominal compte tenu de celui d’inflation) sinon il n’y a plus de prêteurs. Par ailleurs, cela rouvre les portes de la spéculation : une obligation saisie par l’inflation diminue de valeur sur le marché obligataire. Par exemple, une obligation émise à 100 de valeur faciale nominale à 3 % de taux d’intérêt est vendu seulement 50 car elle ne rapporte plus assez ; celui qui la rachète a donc 3 % sur 50, ce qui correspond à 6 % sur 100. C’est ce qui explique que pour placer de nouveaux emprunts il faut rémunérer au moins à 6 % dans cet exemple. And so on.

Les gouvernements pourront-ils jouer longtemps ce petit jeu de carambouille consistant à rembourser les emprunts par de nouveaux prêts, le tout sur fond de monnaie glissante par inflation ? Rien n’est moins sûr. Les organismes prêteurs vont se fatiguer et préférer investir chez eux et pour leur demande intérieure. Les prêteurs privés vont préférer l’or ou leur lessiveuse ou les spéculations sur les matières premières et les produits alimentaires. Et, en fin de course, il y aura de fortes dévaluations (le dollar, la livre, le yen, le yuan chinois déjà fort sous-évalué, etc.) pour finir par l’augmentation des impôts et des cotisations sociales.

On sauvera peut être ainsi le système capitaliste et le primat de la phynance, auxquels, les excellences politicardes, les multinationales, les banques, les assureurs, etc. ne veulent rien changer tant ils en profitent avec rapacité. Ce qui va crever, c’est le peu qui reste de démocratie car, face à la révolte des peuples, les pouvoirs feront comme Pinochet, la Chine. Rappelons-nous l’arrivée au pouvoir de Mussolini et d’Hitler à la faveur de la crise de 1929 et du racket de l’Allemagne par les vainqueurs de 14/18 au nom du célèbre slogan : « l’Allemagne paiera ».

Taxe carbone ou hypocrisie politicarde ; des impôts et des hommes

Classé dans : Non classé — 5 septembre, 2009 @ 10:18

Les (pro)éminences politiciennes , impulsées par le Grenelle de l’environnement et par la volonté de prendre des parts de marché politique sur les Verts, instaurent une « taxe carbone » sur les émissions de dioxyde de carbone  à hauteur de 14 euros la tonne. Il est clair que, comme dans toute stratégie gouvernementale, ce n’est qu’un début. On annonce, du reste 100 euros en 2020. C’est la bonne vielle stratégie des petits pas et du salami. Cela ne manque pas de sel dans un pays où les taxes sur l’énergie sont déjà fantastiques pour le pékin moyen : TIPP à 65 % plus la TVA, taxes sur l’électricité à entre 30 et 40 %, gaz dont le prix, calé sur celui du pétrole, n’a diminué que de 11 % bien que le prix du baril soit descendu de 150 dollars à 70 après être passé par 50. On prétend aider les consommateurs isolés réduits au chauffage au fuel ou obligés d’utiliser leur voiture, ou les ménages à faible revenu. On compte aussi compenser partiellement la perte de ressources fiscales des collectivités locales liée à la suppression d’une grosse part de la taxe professionnelle car l’omniprésident l’a juré : pas d’augmentation de la pression fiscale, ce qui est déjà en retrait par rapport à son engagement (de campagne…) de baisser de 4 points le taux des prélèvements obligatoires. Cela ne l’a pas empêché de créer dans les 22 prélèvements nouveaux notamment en ce qui concerne la sécurité sociale.  Qu’en résulte-t-il, qu’en résultera-t-il ? Fastoche : comme les riches ont vu leurs impôts baisser (loi TEPA de l’été 2007, du reste on ne sait pas si la taxe carbone va faire partie ou non de l’assiette des impôts plafonnés à 50 % de leur revenu, y compris CSG, RDS,  taxe d’habitation), comme les entreprises sont de plus en plus exonérées comme les revenus financiers (dividendes, intérêts et plus-values), comme les prolos (pas tous, loin s’en faut) bénéficient d’heures sup détaxées et du RSA, il ne reste plus qu’un seul acteur à payer plein pot. Ce sont les classes moyennes (2 Smic pour un ménage de 4 personnes vous mettent ipso facto dans cette prétendue catégorie) sur lesquelles tout l’impôt direct repose et qui ne bénéficient d’aucun avantage (sauf la demi  part d’impôt par enfant) pour cause de dépassement des plafonds ouvrant droit à des revenus d’assistance.

Une première question est qui va payer ?  M. Lemaire, prétendu ministre de l’agriculture, annonce déjà que les paysans et les pêcheurs devraient  être exonérés. Ils le  sont déjà parce qu’ils ne payent pas leur gasoil au tarif normal. Et il y a tant de prébendiers à soigner pour des raisons électoralistes : les ambulanciers, les chauffeurs de taxi, les routiers, les entreprises qui poussent des cris d’orfraie alors qu’elles peuvent répercuter leurs charges supplémentaires sur leurs clients. Lesquels, en dernier ressort sont effectivement les payeurs de ladite taxe. Il y a en effet un grand constat : toute taxe sur les entreprises, les agriculteurs, etc. est, en définitive, répercutée sur les consommateurs. Le problème est que ces taxes handicapent l’économie nationale par rapport aux pays qui ne les ont pas.

Il y a une solution facile : installer une taxe sur les importations de tout ce qui ne paye pas une contribution écologique équivalente, y compris en provenance des pays de l’UE. Et ce n’est pas que dans ce domaine écologique : il faudrait taxer toutes les importations en provenance de pays  sans droit fiscal, social, syndical, environnemental digne de ce nom. C’est là qu’on rencontre les absurdités de l’Europe (dès l’acte unique de 1986 voulu par le curé Delors) réduite à un marché sans règles de protection uniformisées au nom de « la concurrence libre et non faussée » constitutionnalisée par le « traité constitutionnel européen (TCE) » pondu par Fiscard Destin.  Car les Fridolins ont délocalisé en Europe de l’Est, réduit à quia leur protection sociale (législation Hardt sous Schröder) et,  en plus, ont instauré une TVA sociale de 3 %, ce qui n’est qu’une dévaluation déguisée et surtout un report sur les autres pays de l’UE de ce qui reste de leur protection sociale. Les Irlandais font du dumping fiscal avec des impôts sur les bénéfices des entreprises réduits à 12 % (moyenne européenne 25). Les Rosbifs protègent leur finance, la 2ème du monde, qui leur procure 10 % de leur PNB, spéculent sur leur monnaie hors zone euro et depuis toujours font obstacle à des réglementations européennes (par exemple sur le temps de travail avec leur opt-out) harmonisatrices. Lesdits « tuniques rouges » ont infecté l’Europe avec leur prion de la vache folle, en y  vendant des farines animales qu’ils avaient interdites chez eux ! Les Peco ne cherchent qu’à bénéficier des subventions européennes et des investissements des banques européennes. La France défend mordicus une PAC désastreuse (productivisme, pollutions, subventions d’exportation contre les cultures vivrières du, Tiers Monde). L’Espagne pique l’épargne européenne pour construire des villages de vacances.  C’est ça l’Europe ? Un grand marché sans harmonisation des règles fiscales, environnementales, du droit du travail du droit social ?

La solution est simple : soit l’Europe institue des taxes (y compris internes) sur les différentiels de législation en tout genre, soit la France le fait toute seule. Les bonnes âmes diront alors que la France se retire de l’Europe. Tant mieux, il ne s’agit que de l’Europe institutionnelle, du reste hyper libérale ; mais elle resterait dans l’Europe marché ; il y aurait des rétorsions ? Connerie, car alors il suffirait à la France de ne plus rien acheter en Europe…  Car quand on réduit tout à un marché, il n’est plus possible ensuite de se passer de ce marché, tout le monde se tenant par la barbichette. C’est du reste ce que font les Gibbies depuis leur réception dans la CEEE en 1973. La France pourrait enfin se livrer à une vraie politique de coopération avec les pays du Tiers Monde en échange équitable de ces produits contre ceux desdits pays. Il va de soi qu’instaurer une taxe carbone tout seul ne ferait que nuire au pays…

La moindre intelligence politique et sociale (c‘est sûrement cette  2ème épithète qui manque) voudrait que, avant de créer de nouvelles taxes, on mette à plat la fiscalité existante. C’est sans doute trop demander à des politiciens éclairés par des médias à leur service. Et on oublie généralement tous les impôts déguisés. Par exemple, le droit d’achat d’une licence supplémentaire de téléphonie mobile (on parle de 238 millions alors que les 1ères ont été vendues 630, d’où les plaintes de SFR et compagnie pour distorsion de concurrence) est un pur racket étatique car aucun service n’est vendu. L’Etat ne fait que profiter de son monopole d’attribution de fréquences ou de droits d’émission dans les ondes. Racket qui est évidemment payé par le consommateur final. Autre exemple. Dans vos impôts locaux vous voyez figurer « des frais de gestion ». 109 euros pour la taxe foncière, soit 720 francs pour garder une idée des ordres de grandeur (75 environ pour la taxe d’habitation pourtant plus difficile à calculer ; comprenne qui pourra). Or, par exemple, l’émission d’une facture EDF ne coûte pas plus de 45 francs et en plus cette firme a le bon goût de ne pas vous la facturer puisque cela figure dans les prix de l’électricité. Où passe donc la différence ? Dans les poches de l’Etat qui impose aux communes son monopole de calcul et de prélèvement. Une gestion sur un ordinateur PC par la commune serait évidemment bien moins chère. Il s’agit donc d’un impôt déguisé dont le montant ne figure pas dans les prélèvements obligatoires puisqu’il s’agit de prétendus frais de gestion. Autre exemple : les frais d’hypothèque qui sont outranciers et qui servent notamment à nourrir grassement les conservateurs des hypothèques à l’instar des charges officielles sous l’Ancien régime (2èmes fonctionnaires les mieux payés après les trésoriers payeurs généraux). Ces petites manipulations expliquent pourquoi si le taux de prélèvement obligatoire (Etat, SS, impôts locaux) est d’environ 43,5 % du PIB en 2009, celui des dépenses (là il faut compter les emprunts) 52, à peu près comme celui des diverses recettes fiscales et sociales.

Rappelons que, en bon français, une taxe est la contrepartie d’un service rendu. C’est du reste pourquoi on jongle avec le vocabulaire car les taxes foncière, professionnelle et d’habitation sont regroupées sous la bonne appellation d’impôts locaux. Car ce n’est pas relié du tout à un service effectif. En effet, sans cela on ne pourrait s’expliquer que les endroits où elles sont les moins élevées c’est à Neuilly, à Paris et dans les communes riches et disposant de sièges sociaux ou d’installations commerciales et industrielles. Voir le pactole apporté par la présence d’une centrale nucléaire… la justice voudrait que dans le futur « Grand Paris », dont l’étude et la conduite des travaux est monopolisée par le pouvoir tsarkozyen, les recettes de Neuilly, de Levallois, de Paris, etc. soit fusionnées avec celles de Clichy-sous bois, de Montfermeil, de Sevran, etc. Gageons qu’il n’en sera rien, de même que les actuelles dotations étatiques de péréquation ne bougeront guère, suivant le bon principe libéral : les riches en auto, les pauvres à vélo.

Electricité de France, pardon compagnie française d’électricité SA

Classé dans : Non classé — 3 septembre, 2009 @ 10:03

Cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 1946 a été transformé en SA en 2005 sous la houlette de Tsarkozy, lequel a promis, comme pour Gaz de France, que l’Etat garderait la majorité du capital. Pour GDF, il y a déjà eu trahison puisque, après la fusion avec Suez, ledit Etat n’a plus que 34 % des parts sociales.  C’est comme pour France-télécom qui avait fait l’objet des mêmes engagements…  Le gouvernement a bien entendu promis que la SA respecterait ses missions de service public malgré l’arrivée d’un actionnariat privé (et salarial !) dans son capital. On notera que le PCF-CGT-CCAS, syndicat majoritaire,  s’est montré peu vigoureux lors des tractations qui ont conduit Edf au statut de SA, c’est-à-dire à la logique de droit privé. Maintenant on sait pourquoi : la CCAS (caisse centrale d’action sociale, ou comité d’entreprise, truffée de cégétistes plus ou moins encartés au PCF et plus gros organisme de vacances de France) avait la justice au cul et, surtout, il fallait recaser des masses de salariés de ladite CCAS dans l’entreprise-mère. Au passage, le PCF-CGT-CCAS a accepté de casser le système mutualiste d’EDF/ GDF en permettant une 1ère mondiale : la création de la 1ère mutuelle obligatoire pour vieux salariés en retraite.

Rappelons les principes qui régissent les missions de service public, soi-disant maintenues.

·         Continuité du service ; c’est pourquoi il y a environ trois ans EDF a coupé une bonne partie de l’Ile de France car il fallait honorer un contrat de fourniture aux Teutons, lesquels avaient eu une panne générale liée à l’arrachement d’une ligne à Très Haute Tension par un bateau dans le port de Hambourg. C’est ainsi que le droit commercial privé a pris le pas sur les obligations de service public ; étonnant, non, comme dirait M. Cyclopède ? On a retardé et diminué les investissements, pour ensuite pleurnicher qu’avec les tarifs actuels EDF ne pouvait plus réinvestir (tout en plaçant le pognon à l’étranger pour acheter des rossignols comme LIGHT en Argentine ou Montedison en Italie). Du coup, les réseaux mal entretenus (nécessaires à la continuité du service) ne supportent pas les tempêtes, alors on mobilise les agents pour réparer ex post, au lieu de prévenir. Mais les agents, payés avec un lance-pierres et taillables et corvéables à merci, leur pacte social ayant été cassé pour faire du profit, commencent à regimber sérieusement et les volontaires, comme lors de la tempête de fin 99, se raréfient. Et les grèves musclées reparaissent : les récentes grèves dans le nucléaire, au moment de la révision et de l’entretien des centrales ont ratiboisé momentanément le taux de disponibilité (dans les 80 % alors que à l’étranger certains pays font bien mieux), ce qui n’a coûté à EDF que la modeste somme de 500 millions. Voilà une conséquence du néolibéralisme qui anime les dirigeants d’EDF : les économies de bouts de chandelles qui finissent par être fort dispendieuses et qui sont faites au mépris de la sécurité.

·         Service du pays avant tout, sinon, en bon français, on ne peut plus s’appeler Electricité de France (le roi de France est au service de la France) mais Compagnie française d’électricité. C’est raté : avec la bénédiction des différents gouvernements (socialos avec le PDG (B)Rousse-Lee, le président karaté, puis avec Gadonneix, dit So What ou Sot Watt, mis en place sous Jospin le trotskard et maintenu par la droite, EDF s’est mis à acheter des boîtes à l’étranger. Le dernier exploit est le rachat à prix d’or de British Energy (15 à 20 milliards d’euros, on ne sait tant le flou règne) une maison dont 4 centrales nucléaires sur 10 seront déclassées en 2015 ! Du coup, avec tous ces achats (en Amérique latine comme Light en Argentine, en Italie avec Montedison, ou des trucs dans les PECO), EDF a réussi le tour de force d’augmenter son endettement (qui diminuait avant comme les tarifs) à hauteur de 28 milliards d’euros (25 plus les 3 milliards d’emprunt grand public récent). Du coup, les investissements en France ont stationné et maintenant l’entreprise crie misère et a demandé une augmentation des tarifs de 20 % sur 3 ans. Cela ne manque pas de sel quand on sait que cette boîte affiche 3,119 milliards d’euros de résultat pour le seul 1er trimestre 2009.

·         Toujours dans l’obligation du service du pays en premier, y compris en matière environnementale, EDF fait des pieds et des mains pour ralentir l’implantation du photovoltaïque (dont elle doit racheter les excédents de production comme pour les éoliennes et l’hydraulique à un tarif supérieur à ses coûts de production mais la chose est payée par une taxe écologique incluse dans lesdits tarifs). Il ya en effet une législation en forme d’usine à gaz (d’où vient-elle et sous quelles amicales pressions ? Devinez) qui fait de l’accès au réseau un véritable parcours du combattant qui prend en moyenne deux ans ! Il en est de même pour les énergies renouvelables.

·         Vendre au coût de revient sans faire des bénéfices. Resaluons les 3,1 milliards de résultat au 1er semestre 2009, lesquels partent vers l’actionnaire principal (à savoir l’Etat à 85 %) et l’impôt sur les sociétés, qui n’existait pas avant la SA. Evidemment, ces profits pourraient être provisionnés pour financer les investissements sans augmenter les tarifs. Par ailleurs, EDF vient d’obtenir une revalorisation de ses tarifs dits « régulés » (1,9 % en moyenne pour les clients domestiques, 5 % pour les industriels). Comme l’ont soigneusement caché les médias aux ordres, en réalité, les petits clients (3 KVA maximum de puissance souscrite) ont vu leur abonnement grimper en flèche ce qui les conduit à entre 5 et 10 % d’augmentation sur l’année. Observons qu’il ya là une justification : le fameux tarif binôme inventé par Massé et Boiteux ; la part abonnement sert à amortir les infrastructures (lignes d’alimentation, part de production, donc la mise à disposition d’une puissance), la partie tarif paye les consommations. Notons que les petits et anciens clients ont déjà amorti depuis longtemps les installations qui les alimentent. Donc, ils devraient être exemptés. Quant aux nouveaux petits clients, les surtaxer au moment de leur arrivée (souvent des jeunes en début de carrière, voire pis) fait montre d’une saine conception de la justice sociale dans un service encore public. C’est le nouveau principe de Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se rentabilise. Rappelons que les différentes taxes sur l’électricité (38 % à Paris ) font en plus de ce service aujourd’hui indispensable une nouvelle gabelle : taxes locale et départementale (entre 4 et 12 %), contribution pour les DOM-TOM et la Corse, contribution pour l’aide aux démunis, taxe de compensation pour le service des retraites du service public en ce qui concerne les avantages maintenus après transfert à la SS et aux complémentaires (dont le taux de remplacement de 75 % du salaire des 6 derniers mois, avantage le plus important des services spéciaux, non supprimé par le super réformateur Tsarkocescu), taxe pour favoriser les nouvelles énergies renouvelables, taxe sur l’hydraulique, reprise à un tarif outrancier des surplus des « auto-producteurs », redevance de concession (à Paris, Lyon, Marseille) et TVA… y compris sur les taxes ! Et de bonnes âmes voudraient que l’on y ajoute une « taxe carbone », comme en rajouter aussi sur la TIPP (en gros 75 % du prix du litre d’essence) pour la même raison !

·         Principe de tarification au cout marginal de développement (pas vraiment de service public mais installé depuis 40 ans à EDF) ; c’est ce principe qui justifierait, quoique l’entreprise n’en dise rien, car elle estime que c’est trop compliqué pour le Français moyen, une augmentation des tarifs. En réalité, EDF ne s’en sert plus depuis longtemps. Ce qui compte c’est le prix de l’électricité sur les marchés, suivant en cela les conséquences de la libéralisation voulue par l’UE, c’est-à-dire en fait par les gouvernements (qui après accusent la commission européenne). Or, en univers libéral de « concurrence libre et non faussée » le prix est fixé par le coût de production des dernières centrales mises en service pour faire face à la demande, c’est-à-dire le coût des centrales les plus chères car ce sont celles-ci que l’on fait fonctionner en dernier. C’est cette conception lumineuse qui a permis les spéculations et les manipulations d’ENRON : cette boîte organisait des pénuries, des fausses pannes de réseau et de centrale, pour justifier une augmentation des prix de production et de transport alors que les tarifs des distributeurs étaient plafonnés (d’où la faillite des distributeurs en Californie en 2001 et une panne mémorable). Et c’est à cela que spécule en fait EDF : empocher la différence entre le prix européen, calé sur les dispendieuses centrales tudesques, et son faible coût de production nucléaire.  Faible coût obtenu en portant la durée de vie des centrales à 40 ans au lieu de 30 (et EDF réclame maintenant 60) moyennant quelques adaptations bien moins coûteuses que la construction d’une centrale neuve (400 millions contre 2 à 3 milliards).

·         Principe de mutabilité, à savoir : tous les progrès de productivité et de qualité doivent être reversés aux usagers sous forme de meilleurs services et de baisse des prix. Or, il se trouve qu’une boîte (Voltalis) a inventé un boîtier qui permet d’effacer le client pendant les heures pleines de consommation, boîtier du reste commandé par le service du transport (filiale d’EDF quoique séparé). Eh bien via la Commission de régulation de l’électricité, où ne siègent que des compradores nommés par le pouvoir et largement inféodés à EDF (ce qui permet à EDF de dire, c’est pas moi, c’est la CRE), Voltalis a été sommée de payer à ladite EDF les consommations perdues ! Oh honte, car pendant les heures pleines, EDF est obligé de mettre en route ses centrales les plus coûteuses (ou d’acheter à l’étranger) et donc Voltalis lui permet de faire des économies… D’après ce principe de mutabilité, les tarifs devraient diminuer en fonction des progrès de productivité ; c’est ce qui se faisait avant le passage en SA. C’est du reste une conséquence de la tarification au coût de développement : les futurs investissements étant plus productifs, leur coût marginal d’exploitation diminue à long terme. Afin d’améliorer la qualité du service, EDF a liquidé ses centres de formation et vendu ses immeubles pour en devenir locataire (cela a du bon : à la fin de la concession, le concédant n’a plus que les yeux pour pleurer ; les Français, cependant l’ont dans l’os puisque les actifs qu’ils ont payé ont disparu pour acheter des firmes, en général mal portantes, à l’étranger) afin d’investir à l’étranger au lieu de servir le pays. Edf se réorganise presque tous les jours et diminue les effectifs notamment en poussant les vieux trop coûteux vers la sortie, ce qui stresse et déboussole ses agents (d’où quelques suicides) et fait perdre en productivité, en qualité et en capital humain et en expérience. Qu’à cela ne tienne ; désormais EDF, pour calmer les troubles sociaux qui s’ensuivent, fait appel à la maréchaussée et aux tribunaux pour faire la chasse aux syndicalistes. Et cela sans doute au nom du dialogue social et de la négociation. Et pour stimuler leur rendement et leur créativité, les dirigeants se sont sucrés en multipliant par 10 leur rémunération par rapport à celle que recevaient des Boiteux, Delouvrier ou Massé alors que les employés sont payés en roupies de sansonnet et qu’on leur accorde royalement 1 % d’augmentation générale.

·         Principe de sécurité pour les habitants. On est très loin ; les centrales nucléaires sont entretenues par des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants, joliment appelés « viande à rem » (ou les voltigeurs, les trapézistes, les moutons, etc. Les centrales sont prévues pour résister au choc d’un petit avion Cessna et non d’un avion de ligne, encore moins d’une attaque genre Trade World Center. Et cette cachotterie fait partie « du secret défense », ce qui a valu à un écologiste le dévoilant une mise en examen avant que la justice ne rétropédale : le procès aurait été croquignolet et le pouvoir a fini par se rendre compte de ce qu’il aurait offert une tribune aux écolos ! Cela me rappelle un sordide calcul de GDF : ne pouvant à la fois, soi-disant, payer la mise en sécurité des installations intérieures des usagers ( pour financer l’opération dite « qualigaz » car il faut en passer par les chauffagistes du privé vu qu’il est interdit à GDF d’intervenir sur les installations intérieures ; on se demande pourquoi sauf à protéger les intérêts des artisans en dépit de la sécurité des citoyens) et le remplacement des conduites en « fonte cassante », GDF a choisi de ralentir le programme d’élimination des fontes cassantes (extinction annoncée par un PDG de l’époque, Gutmann pour l’an 2000). Résultat : explosion de Dijon en 2000 et de Mulhouse en 2004, avec dans les 40 victimes en tout ! Car avec les SA, ce qui prime (dans les 2 sens du terme) c’est la rentabilité ; la sécurité n’est plus qu’une dépense improductive…

·         Egalité de traitement sur tout le territoire et en fonction de la nature des consommations, c’est-à-dire péréquation des tarifs ou unicité des tarifs sur le territoire. C’est du reste pourquoi, l’usager, pardon, le client, paye la taxe spéciale DOM-TOM et Corse et que le Breton ne paye pas plus cher qu’ailleurs. Le principe est en voie de disparition ; déjà des concurrents, genre Poweo, peuvent avoir des tarifs différentiels, lesquels ont la particularité d’être plus bas que ceux d’EDF (à laquelle, du reste, ils achètent leur énergie en très gros) dans les zones à forte densité de population et d’infrastructure, c’est-à-dire là où les coûts d’acheminement sont les moins élevés. Et c’est amusant : UE obligeant, EDF est forcée de vendre à ses concurrents pour qu’ils lui fassent concurrence ! Tant pis pour les zones rurales à faible densité, comme, du reste, pour le courrier de la Poste qui suit le même chemin rentabiliste ou les lignes secondaires de la SNCF. Et, un de ces quatre, EDF sera obligée d’observer la même logique : faire payer en fonction des coûts malgré le principe d’obligation de desserte au même tarif partout. Cela me rappelle une ancienne combine socialiste ; les supermarchés à succursale multiple ont fini, il ya quelques années, par obtenir d’être facturés non pas au niveau de chaque magasin mais pour leur consommation globale. En gros, pour fournir un magasin, on est dans la moyenne tension (demi-gros) ; pour alimenter l’ensemble de la chaîne de supermarchés, on est dans la très haute tension (très gros). Ce qui est une violation flagrante de la tarification au coût marginal des frais supportés puisque chaque magasin dispose d’un réseau d’alimentation spécifique et local, ce qui coûte très cher en lignes et en transformateurs, lequel n’est plus facturé puisque tout se passe comme si l’ensemble des magasins étaient concentré en un lieu unique fourni aux bornes d’une centrale de production dédiée sans frais de transport de l’énergie. C’est comme si les Français formaient une association nationale et réclamaient d’être facturés pour l’ensemble de leur consommation. C’est la même logique, sauf que, là, le pouvoir n’accéderait pas à cette demande légitime…  Pour mémoire, rappelons que Ballamou, alors prime minister,  avait eu l’idée géniale de transformer l’Etat en actionnaire d’EDF (alors que l’Etat, via la Nation, était déjà le propio) en lui refilant le réseau de transport… qui lui appartenait déjà. Le but de la manip était que le gouvernement impécunieux récupère des dividendes, comme dans une SA, donc de préfigurer la transformation ultérieure en SA ! C’est, du reste, la stratégie générale des gouvernements pour « réformer » : celle des glissements progressifs (sans plaisir) et peu visibles au bout desquels les Français se retrouvent en slip sans savoir comment et sans que les syndicats et autres forces d’opposition n’y aient vu autre chose que de la fumée… sans feu. Technique heureusement combinée avec celle du salami, du découpage des problèmes en petites rondelles, de façon que les braves gens ne voient pas qu’à la fin des opérations il n’y a plus de saucisson.

·         Droit des concessions. Rappelons que l’Etat (ou une collectivité locale) a le droit, après avoir construit ou fait construire une installation qui lui appartient, d’en concéder la gestion et l’exploitation à une boîte privée. C’est parfait si c’est bien une collectivité qui paye l’investissement ou la firme privée concessionnaire. Mais, depuis des décennies, ce principe tout simple est violé.  En effet, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a été en fait payée par les usagers de l’électricité et par personne d’autre ; ce qui veut dire qu’elle appartenait aux Français et qu’elle ne pouvait pas être vendue pour des roupies de sansonnet à SUEZ. Il en est de même pour les autoroutes financées par les péages et qui devaient devenir gratuites après amortissement des investissements. Ben non, on les a fourguées pour une bouchée de pain à Bouygues et Veolia. Et maintenant le pouvoir envisage de céder à d’autres concessionnaires le réseau de transport d’électricité (dit réseau d’alimentation générale, RAG parce que dans ce cas la concession dépend de L’Etat). Là encore, les Français seraient spoliés car ledit RAG a été payé ni par l’Etat, ni par le concessionnaire, mais par les usagers. Plus marrant encore, dans ce cas-là, EDF est (était) le bras armé de l’Etat et lui enlever la concession de RAG revient à ce que ledit Etat s’ampute lui-même de son bras armé électrique au profit du privé ! Gageons que bientôt les futures prisons construites et gérées par des concessionnaires privés comme aux USA et chez les Gibbies (commode, l’Etat ne paye plus rien et ne détient plus, de fil en aiguille, quelque service public que ce soit) seront finalement financées par les détenus eux-mêmes et leur famille qui payeront tout, y compris en travaillant pour des nèfles. Le principe de la concession est simple : à son terme, l’instrument de production appartient à la collectivité qui ne peut l’aliéner mais simplement en accorder la gestion à un autre concessionnaire moins-disant après appel d’offres. On n’apprend pas cela à l’ENA ?

 

Il ya d’autres principes, mais déjà les choses sont claires : le Nickatalope, à la suite des socialos, ment.

 

 

les boni des traders et le Nicktalope

Classé dans : Non classé — 30 août, 2009 @ 11:14

L’omnipotent, l’omniscient président vient de convoquer le 24 aout les banquiers pour leur passer un savon  à propos des boni (and Clyde) des traders. L’obscur voyant Nicktalope, soit ne sait pas que c’est un tout petit problème, un bouton d’acmé financière sur la face rougeaude des banquiers, auquel cas il est incompétent (comme le serait tout avocat d’affaires sans culture économique profonde), soit il continue de mener le bon peuple en bateau. Car celui-ci réclame des têtes pour punir les coupables de la crise et car la reprise des boni, alors qu’il s’enfonce dans la mouise, lui est insupportable. Alors il suffit de faire de la COM. et du compassionnel, d’afficher urbi et orbi des rustines pour lui faire accroire que le pouvoir fait quelque chose d’important. Cette 2ème interprétation est renforcée quand on sait que si M. Pro(u)t,  DG de la BNP, s’empresse d’obéir aux ordres du Prince côté cour, M. Pébereau, président de la même BNP, hyper libéral monté en graine grâce à Balladur, grand mamamouchi du libéralisme,  et à ses « noyaux durs », est le meilleur conseiller de Tsarkowitch en matière financière, côté (et coté) arrière-cuisine. Cela devient encore plus évident si l’on pense que les banquiers ne sont pas complètement nases car, autant que Tsarkocescu, ils savent qu’afficher à nouveau des boni, qu’ils auraient pu tenir secrets sans difficulté,  est un chiffon rouge sous le pif des bons Francaouis. Alors pourquoi le font-ils quand même ? Elémentaire, my dear Watson, c’est parce que cela donne l’occasion à Zébulon 1er de se remettre en selle et d’afficher ses muscles antilibéraux à peu de frais vu que les médias relayeront sa position faussement outragée.  Enfin, cette manipulation de l’opinion est encore plus accréditée par le fait que les aides sarkozyennes aux banques, notamment en apport de capital (5 milliards pour la miséreuse BNP de Pet-Hobereau de la finance) n’ont été assorties d’aucunes mesures pour mieux les contrôler, notamment via des administrateurs d’Etat à leur Conseil d’Administration. Du reste, on les laisse gentiment exploiter à leur profit (ben voyons) la différence de taux d’intérêt entre les prêts de la banque de France (1 %) et les taux aux particuliers et aux entreprises (4 à 5 %).

Or, il ne s’agit que de sparadrap sur la gangrène de la phynance, d’emplâtres sur une jambe d’or, de sangsues contre la grippe porcine. Si l’on veut mettre au pas les banquiers, les assureurs, les agences de notation, les cabinets-conseil en stratégie, les fonds de pension, les fonds spéculatifs, il y a de vraies mesures à prendre. Leur logique est simple : éradiquer l’idée des économistes théoriciens de l’équilibre général qui postule que les marchés s’autorégulent d’eux-mêmes et aboutissent à la meilleure allocation possible des ressources dans tous les domaines. Cette logique inspire depuis 30 ans tous les organismes internationaux (FMI, BM, BRI, OCDE, G 20, UE, OMC, etc.) au nom du « consensus de Washington » et de ses « ajustements structurels ». Cette pensée « unique » a conduit à la libre circulation des capitaux, au libre-échange généralisé, à la suppression des services publics et des inutiles fonctionnaires. Elle a favorisé la spéculation à base de « produits financiers innovants » et aussi dans tous les domaines (ressources agricoles, matières premières, assurances, et maintenant les terres, etc.). Au passage les travailleurs et les pays du monde entier ont été mis en concurrence, avec les dégâts que l’on sait, et la planète en coupe réglée quel que fût son état écologique. Or, cette idée est fausse.  D’habitude, quand les prix montent sur un marché de biens ou de services, la demande baisse ce qui réintroduit un équilibre  de plus bas niveau. C’est la thèse des avantages de la « concurrence libre et non faussée ».  Mais en matière financière il n’en est rien : les spéculateurs continuent d’acheter dans l’espoir d’une hausse ininterrompue des cours et même pour les faire monter, ce qui crée une bulle spéculative (immobilière, des actions en bourse). Ils savent qu’il y aura un krach, mais ils estiment qu’ils sont plus malins que les autres et qu’ils se retireront juste à temps (ce qu’a sans doute fait Goldman-Sachs, bien initiée…   et qui a sorti ses marrons du feu de la crise au bon moment). Et, comme les moutons de Panurge, tout le monde en procède de même…  Car « l’exubérance irrationnelle des marchés » est fondée sur une psychologie : individualisme, égoïsme, avidité, rapacité, celle-là même qu’a développé le néolibéralisme sur la base des âneries du libéralisme. M. Adam Smith ne voyait-il pas dans l’imitation des gens qui ont réussi le ressort de la sympathie envers eux ? Cette psyché est uniforme et propagée par les médias, les « think tanks », les universités, les organes internationaux. C’est pourquoi, dans le domaine des attitudes, de la rationalité, de la pensée économique le libéralisme est un totalitarisme qui s’ignore.

Les traders n’existeraient pas sans salles des marchés dans les banques ; ces salles ne seraient pas là si tout n’était pas devenu matière à spéculation, si les effets de levier et démultiplication du crédit n’avaient pas été surexploités, si l’on avait tenu solidement en mains les rênes de la phynance au lieu de les laisser dans les pattes du père UBU, etc. Donc pour empêcher les exactions de la phynance et ses conséquences de multiplication des petits pains (de TNT, car la phynance est chrétienne et renouvelle les miracles du Jésus ou saucisson de Lyon), il faudrait, par exemple afin d’éliminer le plus gros des nuisances financières :

* contrôler et taxer sévèrement les mouvements spéculatifs de capitaux, supprimer tous les paradis fiscaux, dont les plus redoutables sont camouflés en Grande-Bretagne et aux USA ou dans leurs « filiales » territoriales, obliger les capitaux à rester au moins 10 ans dans les pays où ils ont été investis,

* créer une monnaie internationale, partiellement fondée sur les matières 1ères, les productions agricoles, les encours industriels, sur des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) fondés sur un panel de monnaies nationales ou régionales ; cette monnaie de réserve, d’aide et de coopération est administrée par un FMI-BM-BRI fusionné et enfin cogéré à droits égaux par tous les pays, en éliminant totalement la prépondérance des USA et de l’UE, en enlevant au dollar, comme à l’euro, leur caractère de monnaie mondiale ; cette idée est vieille : elle remonte à Proudhon et surtout à Keynes (le bancor). Chaque pays y déposerait des réserves obligatoires proportionnelles au poids de son PIB,

* interdire les titrisations (CDO, ABS), interdire les achats et vents à terme et à découvert dans tous les domaines, interdire les marchés non organisés où ces choses se passent sans contrôle, encadrer sévèrement les CDS (sorte d’assurance pour les spéculations) et tous les produits dérivés ; obliger les banques à n’avoir qu’un seul bilan (au lieu de l’actuel hors bilan possible  dans lequel nichent toutes les spéculations hasardeuses et les défausses de risque reportés sur le travail et la petite épargne). Augmenter drastiquement (30 % au lieu de 8 à 10 %, dont 2 % en réserve obligatoire déposée à la banque centrale) les réserves des banques (taux d’actifs propres [fonds propres et avoirs] par rapport aux encours de crédit) afin de limiter l’effet de levier par l‘emprunt (comme dans les LBO) et le crédit illimité. Revenir à la séparation totale entre banques de dépôts et banques d’affaires, annulée par Bush II aux USA et détournée en France via les filiales spéculatives des banques de dépôt, lesquelles du reste ont dû payer les frasques des 1ères (Crédit agricole et Caisse nationale d’épargne, via les caisses régionales).  Interdiction des cartes de crédit revolving et limitation des taux d’intérêt des cartes restantes et des prêts bancaires à un taux d’usure légal limité à 8 % pour aujourd’hui. En France le taux d’usure légal est actuellement de 21 % ! et est imposé uniquement pour les prêts bancaires et non pour les boîtes de crédit revolving qui sont, devinez ?, généralement des filiales des banques, pas étonnant leurs dirigeants viennent de la haute fonction publique et vice versa  aux USA,

*ramener les banques centrales dans le giron public ; ré-autoriser celles-ci à prêter au gouvernement (avances de la banque de France interdites par Pompidur) à un niveau d’intérêt couvrant seulement l’inflation (annulé par Fiscard Destin) ; interdire aux Etats d’emprunter à l’étranger hormis pour les prêts du FMI-BM-BRI. Placement des emprunts nationaux, donc, auprès de l’épargne française. Enfin créer une banque nationale de dépôt, mutualisée et socialisée, concurrente des banques privées et gérée en mains communes par les acteurs concernés (banque du Peuple de Proudhon) ; cette banque, fédérale en quelque sorte,  notamment, reprend la banque postale, la caisse d’épargne, le crédit mutuel ou coopératif, la banque populaire, la caisse des dépôts et les fusionne dans un ensemble élargi et surtout changeant totalement de mode de gestion et d’objectifs,

* revoir la fiscalité des revenus financiers en ramenant  les dividendes et les plus-values (mobilières et immobilières) sur cessions de titres (ou d’immeubles) à l’IRPP, au taux normal atteint par le contribuable,

* interdire les rachats d’entreprises par LBO, les rachats de leurs propres titres par les entreprises, les fusions et absorptions d’entreprises par seulement échanges de leurs titres (échange à limiter à 30 %) sans nouvel apport d’argent frais, les pratiques du hors bilan ; légiférer sur les prix de transferts entre filiales (et avec la maison-mère) des multinationales.  Ramener la comptabilité aux choses réelles et aux amortissements comptables afférents en détruisant la nouvelle comptabilité internationale avec sa prise en compte de recettes futures, de « good will », d’éléments immatériels, de ressources espérées des brevets ou du logo ou de la marque… Interdire les stock-options… et les boni liés à la spéculation. Revenir aux salaires et supprimer toutes les formules d’intéressement et de plans d’épargne d’entreprise qui transforment les salariés en rentiers et surtout rendent les revenus aléatoires et individualisés, diminuent les ressources de la sécurité sociale, suppriment les augmentations générales, reportent les risques sur lesdits salariés en financiarisant les rémunérations,

* créer une agence de notation mondiale, rattachée au FMI-BM-BRI ; obliger les boîtes de conseil qui font en même temps l’audit et la certification des comptes des entreprises de choisir l’une ou l’autre activité afin d’éliminer les conflits d’intérêt,

* empêcher l’arrivée de nouvelles spéculations, notamment celles fondées sur les « droits à polluer » et autres taxes carbone, car elles incluent l’idée que, reposant sur des droits de propriété (en l’occurrence de parts de nature terrestre) dont les détenteurs-propriétaires doivent indemniser les autres pour leurs nuisances, la nature est privatisable et les dégâts calculables. Il n’en est rien car, par exemple, les droits des futurs habitants de la terre ne sont pas pris en compte, ni les droits d’habitants éloignés d’une source de pollution.  

* Eradiquer la course aux différentiels de législations (fiscale, environnementale, sociale, du travail, économique [subventions, interventions étatiques, droit des brevets, etc.]) pour baisser les coûts de production et toutes les charges (qui conduisent aux délocalisations de production et d’achat en faussant la concurrence au profit des pays les moins-disant) en créant une taxe compensatoire sur les importations, taxe reversée aux pays y compris les USA qui, mine de rien, sont des champions dans le dumping en tout genre (droit social anémique, pas de couverture sociale obligatoire, études payantes, subventions à l’industrie et à l’agriculture, syndicalisme poursuivi, droit environnemental étique, etc.) ou l’Allemagne championne des délocalisations dans les PECO et qui a créé une TVA « sociale » de 3 %  alors qu’elle a démoli son droit social sous Schröder, et en fonction de leurs efforts d’harmonisation avec les législations les plus avancées,

ETC. et cela dit uniquement dans le domaine financier car il ya bien d’autres choses à faire dans les domaines économiques et sociaux pour en finir avec le libéralisme économique et le capitalisme d’accumulation sans frein. On voit déjà que les oukases de Tsarkowitch remplacent le salami par sa peau de saucisson, la variable principale par sa énième dérivée. On voit bien que l’agitation de Zébulon 1er a le même effet que la brise marine sur la surface de l’eau. C’est qu’il reçoit une onde impure en provenance de la finance, laquelle se confond avec le pouvoir politique d’Etat. Car les préconisations ci-dessus ne sont jamais qu’un retour à la vraie régulation, laquelle a été détricotée pendant 30 ans par les politicards de tout poil au service du capital et du patronat. Avant d’enlever les boni des traders, il faut déjà faire disparaître tous les processus, structures et dispositifs de spéculation. C’est raté, Kasstwapovcon…  l’hyperlibéral camouflé en social, qui, derrière les discours lénifiants, poursuit inexorablement sa politique de destruction du ‘faux)modèle social francaoui.

du bon usage médiatico-politique de la canicule

Classé dans : Non classé — 20 août, 2009 @ 9:09

Parmi les nouvelles valeurs essentielles de notre société, il y a la météo et, en ce moment, la canicule. Il est très plaisant de voir les médias faire assaut d’information sur le sujet. Tout y passe, notamment les bons conseils des experts sur la façon de s’en protéger. Comme si les gens avaient atteint un si haut niveau de débilité qu’il faille en permanence les tenir par la menotte (y compris policière) au point que j’imagine que bientôt les « savants » et autres « sachants » (ensachant le savoir) nous indiqueront comment aller pisser. On se penche avec compassion sur nos vieux qui ont oublié qu’il fallait boire. Pourtant, ils sont entourés d’experts qui en prennent soin. A moins que la grande misère en installations et en personnel des mouroirs où le plus grand nombre stationne ne soit le vrai problème politique que des médias inféodés doivent s’employer à celer. Evidemment ce n’est pas le seul sujet fondamental traité par les médias en ce moment. Il y a les sempiternels incendies de forêt pour lesquels nous apprenons qu’il ne faut pas fumer ou allumer de feu en balade forestière. M. Smet, exilé fiscal  à Gaadst, est déçu ; il jaunit à l’idée que la Suisse ne passe plus sa belle chanson toni-truante. Il est rare que les journaleux nous disent que nombre d’incendies estivaux, notamment en Corse, sont liés à des spéculations immobilières pour rendre les terrains dévastés enfin constructibles. Ce sont des taiseux quand les gouvernants ou les édiles municipaux ou régionaux  pourraient être mis en cause.

Le traitement médiatique de la canicule consiste à reporter la responsabilité des effets de la surchauffe sur ces imbéciles de Français. Circulez ; au plan politique il n’y a rien à voir. Objection votre honneur : quand j’étais jeune, j’habitais à Albi ; les beaux étés y étaient alors fréquents et l’on se tapait souvent du38/40 à l’ombre pendant plus d’une semaine. Personne n’en parlait (il n’y avait pas de rivalité dans le sensationnel et le populiste entre les chaines puisqu’il n’y en avait qu’une, puis 2, mais d’Etat) ; les gens avaient l’habitude et surtout les vieilles maisons étaient « faites  pour », comme dirait Coluche (murs épais, ventilations naturelles, volets en bois, etc. ; voir aussi l’exemple du M’Zaab au Sahara). Or, on a ensuite construit des clapiers en béton, aux murs très minces, sans ventilation naturelle ; et … peu coûteux à construire. Comme quoi, on retrouve toujours partout notre vieille amie du capitalisme triomphant, à savoir la recherche du moindre coût et de la rentabilité maximale. Recherche facilitée, propulsée, autorisée par qui ? Les législateurs et les pouvoirs publics. Comme les murs en béton (ou en parpaings creux des « villas » modernes), le délirium politico-financier est devenu tremens. Le vrai problème est donc le mode même de construction des habitations. Il faut donc l’éviter pour que les dirigeants dorment en paix dans leurs palais publics climatisés ou anciens.

La grippe, ex-porcine, a été débaptisée pour faire oublier que le virus est né dans des élevages abominables où les hommes côtoient les porcs sans la moindre précaution. Oh la la, s’il fallait enfin réglementer vraiment et surtout surveiller les élevages bretons (ou étrangers car la concurrence est le meilleur moyen de faire baisser les prix), ces braves gens levant facilement les fourches et déversant pour une fois le lisier non dans les rivières mais devant les préfectures. Plutôt que de prévenir ex ante, on va donc guérir ex post; pendant la grippe, les affaires doivent continuer sans inquiéter les vacanciers sans affaires sur eux et les consommateurs de travers (industriels) de porc. Donc, comme la pandémie menace, il est plus simple d’affoler le bon peuple minute par minute et surtout de montrer comment les autorités se sont emparé du problème à bras le corps et le traitent magistralement. M. Chââtel préconise de fermer les écoles dès qu’il y aura trois élèves atteints. Pourquoi pas 4 ?  Y a-t-il eu une étude scientifique ? On nous la cacherait pour justifier ce nombre ? Et. on stocke les masques et l’on commande des vaccins qui risquent de n’être pas disponibles au plus haut de l’épidémie. Alors, on pense à une liste de priorités en tête de laquelle ne figurent pas les gouvernants (oubli ou cachoterie ?) ou les policiers. C’est affolant. Qu’est-ce que le pays va faire si le gouvernement est décapité, si la police n’intervient plus pendant 15 jours ? On fera comme en 40/44 chez les charcutiers ou autres BOF profiteurs de guerre : décochons, des cochons, des cochons nos traits, des truies, des truies, détruisons l’ennemi, pourceaux, pourceaux, pour sauver la patrie.

Des suicides en prison ou dans les entreprises ? La réponse politico-médiatique est toujours la responsabilité et la « fragilité » individuelles. L’organisation du travail, son intensité, la pression des petits chefs pour le rendement, l’individualisation des salaires et des rapports sociaux, la mise en compétition des travailleurs par l’évaluation individuelle et surtout comparative dans des « tableaux d’honneur » de la semaine, la destruction des collectifs de travail où les plus faibles trouvaient une aide, etc. ne comptent pas. Mais comme le problème existe cependant, on va faire appel à des psychologues qui fourniront sans doute du Prozac. Les prisons sont invivables ? On va former des matons à la psychologie. Tout devient redevable des « psys ». C’est bien commode pour évacuer les dimensions sociopolitiques des problèmes.

Et quel est le résultat à long terme de toute cette exposition médiatique de faux problèmes et de mauvaises solutions, de cette défausse du politique à grand renfort d’information journaleuse et d’experts autoproclamés ? C’est la déresponsabilisation de tout le monde. Pourquoi se fatiguer à se gérer soi-même, à se protéger, à s’outiller s’il suffit de regarder la télé pour savoir quoi faire ?

Le siècle progresse vers l’Etat de droit

Classé dans : Non classé — 16 août, 2009 @ 11:14

                                              « Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse » 

                                                                           (Stendhal, Souvenirs d’égotisme)

Depuis 2001, ce qui veut dire que la dégradation des choses  a commencé sous les socialistes en peau de lapin, le droit a en pris un sacré coup dans les badigoinces. Voyons-le  en reliant quelques  vieux principes généraux du droit, lentement accrédités  par la morale et  la culture au cours de l’histoire, aux récentes évolutions en la matière.

·         L’audience publique (principe du débat public, la justice se rendant au nom du Peuple) concerne de moins en moins de monde grâce à la mise en place du « plaider coupable » procédure dans laquelle le justiciable « négocie » sa peine avec le procureur à condition de s’avouer coupable en présence d’un avocat dont le rôle est limité au respect de ladite procédure. Rappelons que, aux USA, l’avocat garde un rôle essentiel, y compris en plaider coupable, et peut même mener une contre-enquête, ce qui lui est interdit en France. On copie le pire sans prendre le meilleur. Le « repenti » avouera d’autant plus facilement que 48 heures de garde à vue (le nombre des gardes à vue a doublé pour dépasser 600 000 en 2008) lui auront assoupli les méninges et l’échine  et que l’on aura trouvé contre lui des indics payés et anonymes ou des témoins « sous X ». Le « coupable » ne saura donc pas qui le fait accuser, ce qui augure d’un simulacre de procès sans accès équitable à la justice.

·         A l’audience, juges et procureurs ont normalement leur liberté de parole. C’est trop. Alors, la bonne Arachid Data (huile donnée comme révélation ethnique à la nation) a sermonné des procureurs en usant de façon trop libre pour la chancellerie. Autre principe violé, celui du débat contradictoire qui n’existe plus dans le plaider coupable et fort peu en comparution immédiate.

·         Le procès doit être équitable. La chose est de moins en moins assurée avec les « comparutions immédiates » (ex-flagrants délits) où les avocats, en général commis d’office, reçoivent le dossier une heure avant l’audience et dans lesquelles les contrevenants ont été très diminués par leur passage au dépôt (une honte pour la dignité humaine vu leurs installations) et plusieurs fouilles à corps. Il va de soi aussi que l’anonymat des témoins à charge détruit cette notion d’équité dans la conduite du procès. La réduction drastique du nombre de tribunaux contribue aussi à éloigner le justiciable des lieux de jugement, ce qui évidemment nuit aux plus défavorisés notamment dépourvus de moyens autonomes de transport.

·         Le procès doit tenir compte de la personnalité du prévenu et des circonstances atténuantes. C’est le vieux principe de l’individualisation des peines. Or, les peines-planchers deviennent automatiques en cas de récidive. C’est du reste pourquoi un proc. s’est fait remonter les bretelles par la chancellerie : il avait justifié à l’audience pourquoi il ne demandait pas la peine plancher. Car celle-ci n’est pas automatique si, et seulement si, la dérogation est justifiée. On reconnaît là l’hypocrisie des gouvernements. Le droit semble respecté mais tout est organisé pour qu’il n’en soit rien. En effet, il suffit que des consignes ministérielles soient transmises aux parquets pour minimiser le droit à la dérogation par justification. Et si un proc. ne veut pas comprendre qu’il n’a en fait aucune marge de liberté d’interprétation alors on le sanctionnera : engueulade, baisse  de sa prime, mutation, perte des droits à avancement. Rappelons au passage que le droit est affaire d’interprétation, si non un barème géré sur ordinateur suffirait pour déterminer la peine. La liberté d’interpréter les textes de loi lors de leur application aux cas particuliers est donc sapée à la base, ce qui introduira une perte de valeur de la jurisprudence. Or celle-ci est une des sources majeures du droit…

·         C’est à l’accusation de faire la preuve de la culpabilité du prévenu. La loi Hadopi (censurée par le conseil constitutionnel parce qu’elle confiait une sanction pénale sans jugement à une autorité administrative comme sous Vichy) a innové : désormais c’est à l’accusé de prouver que ce n’est pas lui qui a téléchargé des choses, que son ordinateur a été piraté à son insu (facile en WiFi) et qu’il a  en place un logiciel de protection.

·         C’était aux juges de mettre ou de maintenir les gens en détention. Que nenni ; désormais pour les individus dangereux, notamment auteurs de crimes sexuels, une simple décision administrative suffira pour les maintenir enfermés ad libitum notamment dans un hôpital psychiatrique ou une structure ad hoc. On sait qu’environ 30 % des détenus relèvent en fait de la psychiatrie. Rien à cirer : les hébergements en prison sont moins chers et cela permet de répondre aux exigences des victimes qui veulent une peine infamante et non une cause psychologique ou sociale des délits et crimes. Cette rétention administrative institue par ailleurs un déni de la présomption d’innocence et surtout revient à prévenir des intentions. Or la justice d’autrefois ne devait juger que des actes ; d’où l’anecdote de Me Moro-Gaffieri qui défendait, years ago, un individu surpris devant une joaillerie muni d’une pince-monseigneur et sans début d’effraction. L’avocat plaida ainsi : je porte sur moi tous les instruments du viol, puis-je pour autant être condamné ? Cette montée en puissance de la répression des simples intentions est aussi le fait de la police : si vous vous trouvez par hasard sur le lieu (ou l’itinéraire) d’une manifestation vous pouvez en être écarté de façon préventive (ou ensuite être condamné pour cette seule présence, même si on ne peut prouver des actes, lorsqu’il y a eu du vandalisme). Notons que si le principe de la punition des seuls actes a été adopté, c’est parce que les intentions ne sont pas démontrables même pour un psychanalyste… Les lois Perben avaient lancé la chose en interdisant les rassemblements de beurs dans les halls d’immeubles ou en punissant la mendicité avec un chien. Remarquons que ce qui est en jeu c’est non seulement l’intention des rassemblés ou, mais encore la présomption de ce que les beurs et autres jeunes noirs sont dangereux par nature. Ce qui invalide alors un principe légal : le refus de stigmatisation des gens pour leur « race »  ou ethnie, chose poursuivie  par exemple dans les pratiques policières ou de videurs de boîtes de nuit en ce qui concerne le « délit de faciès ». Quelle contradiction : d’un côté on interdit, de l’autre on favorise ces pratiques !

·         Autre innovation inquiétante : la punition des actes collectifs alors que la justice ne connaissait que le principe libéral de la responsabilité individuelle, dont, par ailleurs, le Nicktalope (obscurvoyant) et ses sbires nous rebattent les oreilles. La punition, autrefois, ne pouvait être collective… Or, en outre, M. Estrosi, dit le motodidacte, peu versé en droit, nous prépare une loi contre les bandes et le seul fait d’en être ou d’être présumé en faire partie, impliquerait tout un chacun dans un phénomène collectif.

·         La loi est égale pour tous et un jugement d’un jury populaire ne saurait être contesté sauf événements nouveaux ou erreur de procédure. Eh bien maintenant les « communautés » peuvent exiger un autre procès, ce à quoi le garde des sceaux obtempère, sous la houlette de Naboléon qui ne veut pas perdre les suffrages des communautés, lesquelles du reste n’ont pas à être reconnues en tant que telles puisque la démocratie française ne connaît que des individus sans distinction de sexe, de race, de religion, de situation sociale. Et que devient la laïcité, ou principe de neutralité vis-à-vis des religions ou conceptions du monde, si une communauté ethnico-religieuse est en position de dicter la procédure aux autorités judiciaires ? Au passage, par ailleurs, signalons que l’avocat général, accusé de n’avoir pas requis pour tous les accusés le maximum des peines encourues, a été traité « d’antisémite génétique » (son père avait été collabo sous Vichy) sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent… Il est vrai que chez Zébulon 1er la pédophilie et l’homosexualité sont génétiques.

·         La présomption d’innocence est foulée aux pieds par l’institution judiciaire elle-même. On voit les procs. paraître à la télévision pour un oui ou un non. Il faut bien qu’ils justifient les gardes à vue. Ainsi, en l’espace d’une semaine, trois affaires d’accidents ayant causé une mort involontaire, ont amené les présumés responsables en garde à vue, y compris les lampistes, et les procureurs dans les étranges lucarnes. Dont le substitut de Senlis qui a donné deux versions différentes du même accident à 2 jours d’intervalle. Dans l’affaire Dray, les informations révélées par les médias ne peuvent provenir que de sources judiciaires, pourtant tenues au secret de l’instruction. Du coup, Dray semble condamné au moins par l’opinion publique…  Ainsi, la présomption d’innocence est mise à mal suivant le vieux dicton : pas de fumée sans feu. Les procs. usent et abusent maintenant de la procédure dite « d’enquête préliminaire ». Dans celle-ci, le justiciable et ses avocats ne sont pas associés à l’instruction et n’en connaissent pas les pièces, sauf si le proc. a la grande bonté de les leur communiquer ! Le proc. peut procéder, dans le secret des informations recueillies, à toutes les enquêtes qu’il veut et qu’il confie à la police, qui dépend de lui… Cette procédure n’est contrôlée par aucune autre instance (remarquez que dans le cas de l’affaire d’Outreau ces contrôles n’ont servi à rien… tant la corporation s’auto-protège). Le proc. est seul à décider des suites de l’affaire : non lieu ou mise en examen. Quand on sait que le Nicktalope (notre prince obscurvoyant) veut supprimer le juge d’instruction et tout confier aux parquets (magistrats non-indépendants comme vient de le souligner la Cour européenne des droits de l’homme) on peut craindre le pire. Cela promet pour l’accès équitable à la justice. On notera que le pouvoir des magistrats dans le conseil supérieur de la magistrature a été rogné pour y introduire des représentants de la société civile nommés par le pouvoir ; ils n’y ont plus qu’un tiers des sièges. L’hypocrisie consiste à dire que cette réforme est faite au nom de l’ouverture et du pluralisme. On observera qu’il n’est pas encore question de rendre les parquets indépendants de la chancellerie, ce qui serait nécessité par la suppression des juges d’instruction. Or dans toutes les vraies démocraties la justice est considérée comme un 3ème pouvoir indépendant. En France, ce n’est qu’une « autorité judiciaire ».

·         La justice doit traiter tous les justiciables sur un pied d’égalité. Ce n’est plus de saison. Les peines pour les quidams ordinaires ont fantastiquement augmenté (peines planchers, multiplication des délits à coup de lois sécuritaires et de modifications incessantes du code pénal depuis 2001, aggravation des peines par la magistrature couchée reprise en main par le pouvoir et incitée à la sévérité sous peine de blocage des primes, de l’avancement et des mutations). Depuis 2002, le code pénal a été modifié 116 fois et toujours dans le sens le plus répressif pour les « sauvageons ». Ce qui nous conduira à 80 000 détenus à l’horizon 2012 (64 000 en 2009 pour 55 000 places). En revanche, le nombre des délits pénaux pour les patrons a été réduit d’un bon tiers (140 on été supprimés depuis 2002) et cela continue. Du reste les moyens de contrôles par l’inspection du travail, par l’inspection sanitaire ou vétérinaire ou par la répression des fraudes ont été subrepticement réduits. Par ailleurs, la responsabilité pénale des entreprises a remplacé celle de leur patron (voir les deux explosions de gaz pour GDF par suite d’une décision ralentissant le programme de remplacement des fontes cassantes ; voir l’affaire Elf-Total dans l’explosion de Toulouse le 21 septembre 2001). En outre, les édiles et autres élus ne sont plus responsables des accidents causés par leurs services (loi Fauchon de 2004) sauf s’ils étaient informés des dangers. Enfin, depuis longtemps Nicolae Sarkocescu veut faire modifier le délit d’abus de biens sociaux en le faisant partir de la date de sa réalisation (ce qui conduit rapidement à la prescription) et non du moment de sa découverte.

·         La justice doit être une. Or la France, et c’est ancien, est la championne du monde des cours spéciales : tribunaux de commerce, des armées, des prud’hommes, de la Sécurité sociale, Cour de justice de la république (où les parlementaires s’auto-jugent), cour d’assises spéciale antiterroriste. Pire est la séparation entre les tribunaux administratifs où les actes du pouvoir et des fonctionnaires sont jugés et les tribunaux civils. Cela n’existe qu’en France. Amusant est le clivage entre le Conseil constitutionnel qui ne juge que de la conformité des lois (après vote) à la Constitution (et non aux traités européens) et le Conseil d’Etat qui examine les projets de lois (avant vote au parlement) y compris du point de vue européen. Cela est évité facilement : un député compradore introduit un amendement en séance (joliment surnommé « cavalier législatif ») et alors celui-ci n’a pas pu être examiné ex ante par le conseil d’Etat. Il est donc particulièrement difficile à un justiciable de circuler dans ce labyrinthe judiciaire. L’amendement en séance a pu être suscité par un lobby ayant plus ou moins stipendié un parlementaire. Ou par le gouvernement qui ainsi fait passer des choses en catimini tout en en faisant porter le chapeau à un « députain »  (je paraphrase Boris Vian : un général, dés générés,  un maréchal, des maraîchers, un député, des députains) appartenant à sa majorité de godillots. Rappelons que, aux USA, la Cour suprême juge de tous les contentieux non saucissonnés entre Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat et Cour de cassation.

Je dois donner un exemple précis des effets de ce découpage juridique. La loi villepéniste sous Chiracos ayant institué le « Contrat nouvelle embauche » (dont période d’essai portée à deux ans), plusieurs tribunaux de prud’hommes ont rendu des jugements invalidant des licenciements à ce titre (sans indemnités et sans justification puisque à l’intérieur de la période d’essai). Je rappelle que cette mesure, acceptée par le Conseil d’Etat et non censurée par le compradore Conseil constitutionnel ou 8 membres sur 9 sont de droite, sans compter les membres de droit à savoir les anciens présidents de la république, était contraire aux traités internationaux signés par la France à l’OIT (convention 158 de l’Organisation internationale du travail, où la période d’essai doit être raisonnable et le licenciement motivé) et que la France a fini par être condamnée pour cela. La chancellerie a demandé aux parquets de faire appel. La cour d’appel a débouté ces appels. Alors le gouvernement a prétendu que ces contentieux relevaient non du droit civil mais du droit administratif et devaient remonter au Conseil d’Etat (lequel n’avait rien dit sur l’illégalité de la chose eu égard aux conventions internationales lors de son examen du projet de loi instituant le CNE). On demandait donc à l’instance où l’Etat est juge et partie, où les juges sont directement nommés par le gouvernement, y compris sans être juristes puisqu’il suffit d’être énarque et partisan du pouvoir, de juger de l’application d’une loi qu’il avait approuvée ! , d’où un conflit entre juridictions. Ce conflit a été résolu par la Cour de cassation (tribunal des conflits), habilitée à ce rôle, au profit de la cour d’appel. CQFD : le droit pour le pouvoir n’a qu’un caractère instrumental et ledit pouvoir essaie de jouer sur la multiplicité des voies de recours…

Je m’arrête là bien que le sujet soit loin d’être épuisé. La conclusion qui s’impose c’est que si la démocratie est tronquée, si le législateur est illégitime, alors les lois et les tribunaux feront du la Fontaine : selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir.

eureka: solution néolibérale pour le chômage et autres problèmes du pays

Classé dans : Non classé — 29 juillet, 2009 @ 10:23

    

                             Le pays est confronté, dixit notre bonne vieille droite réactionnaire et bonapartiste rejointe en cela par le socialisme en peau de lapin, aux problèmes des déficits des régimes de retraites et d’assurance-maladie. A quoi s’ajoutent les difficultés de logement et le chômage des jeunes et moins jeunes alors que les plus de 58 ans sont déclarés HS. Par ailleurs Tsarkocescu implique la France dans des conflits armés afin de complaire à l’Empire ricain.

Je cherchais depuis quelques temps des solutions qui respectent les options libérales prises par le pays en mai 2007 avec l’élection de Tsarkowitch 1er ; il fallait obéir aux nouvelles valeurs du pays : individualité, responsabilité, prise de risque, utilité, rentabilité, eudémonisme consommatoire, etc.  Et alors j’ai eu une vision. Mais, bon sang, mais c’est bien sûr, il y a une solution. Il suffit d’envoyer les plus de 58 ans (dont 38 % sont sans emploi) et de moins de 75 ans faire la guerre. Car l’âge de la retraite sera bientôt remonté à 67 par Naboléon le petit ; alors j’anticipe car gouverner c’est prévoir… de faire la guerre. Ainsi beaucoup de problèmes seront résolus d’un seul coup.

Il y aura moins de retraites à payer et pendant moins longtemps. En effet, les vioques seront sans doute davantage tués par l’ennemi car ils sont moins agiles et moins costauds que les jeunes. Ils seront sans doute moins attachés à la vie et peut être moins agiles d’esprit pour éviter les dangers. Je parle des anciens des deux sexes au nom de la parité. Du même coup l’assurance maladie sera très soulagée car ce sont les vieux qui coûtent le plus cher en dépenses médicales en tout genre. Il y aura aussi moins de maisons de retraites médicalisées ou non.

On reviendra à la conscription au lieu de l’armée de métier qui coûte très cher en salaires, retraites (possible après seulement 15 ans de service), cotisations sociales. Les vieux conscrits sont déjà munis d’un revenu : RMI, ASS, Assedic, retraites, allocation vieillesse. Et il n’y aura plus besoin de casernes puisque les vieux ont déjà un logement pour revenir en permission ou autres épisodes de vie.

On aura bien d’autres possibilités d’économies. Les vieux ne pourront pas porter les lourds équipements militaires. On emploiera moins de matériel sophistiqué et très coûteux pour combattre l’ennemi sans risquer des vies de vieux. En effet, un calcul d’utilité et de rentabilité montre rapidement que ces équipements coûtent bien plus chers que les vieilles vies économisées. Pour un jeune, le calcul actuariel sur 60 ans de vie perdue à indemniser montrerait le contraire. On fera des économies d’enterrement ou d’incinération car les bombes émiettent et carbonisent les cadavres. Et comme les vieux seront moins équipés et outillés, ils n’en tomberont que davantage au combat, ce qui accélèrera les économies susdites. En outre, sous les effets de la chaleur et de l’effort, ils peuvent faire un malaise vagal, comme notre père inné musclé, et donc mourir encore plus.

En même temps, les jeunes pourront occuper les emplois détenus jusqu’alors par les vieux, ce qui facilitera la résolution du problème du chômage et des allocations afférentes. Les entreprises verseront comme à l’accoutumée des salaires moins élevés que pour les vieux. Elles n’auront plus à ruser pour éliminer leurs anciens avec les risques juridiques afférents. Les logements devenus vacants pourront être récupérés pour loger les jeunes sans construire davantage. On videra les administrations de tous les énarques au placard par suite des alternances politiques (ce qui fait des strates superposées de hauts fonctionnaires oisifs et même néfastes  pour la démocratie: les battus passent leur temps à freiner le nouveau gouvernement), puisque ceux qui ont parié sur le mauvais cheval continuent d’être payés par la princesse. La disparition de la pléthore d’énarques a aussi pour effet de faire diminuer le nombre de fonctionnaires sous leurs ordres ; en effet être haut placé, même sans pouvoir réel, exige pour l’honneur et le rang d’avoir une petite troupe de sous-fifres à sa main. On se débarrassera aussi de tous ces cadres supérieurs des entreprises ; lesquels ne songent qu’à dégraisser et à faire suer le burnous au maximum de rentabilité.

Les jeunes pourront faire l’amour au lieu de la guerre. Cela vaudra au pays un surcroît de naissances, ce qui dopera l’économie et la croissance : layettes, écoles, consommations familiales en tout genre, etc. On sait que les vieux consomment moins et épargnent trop. Ce ne sera plus le cas avec le boom lancé par les jeunes.

Sur le plan moral, on résout une difficulté. Pourquoi les vieux peuvent-ils envoyer les jeunes encore pleins d’avenir au casse-pipe tout en restant peinards chez eux, bien calés devant leur télévision où ils peuvent voir en direct la mort de certains de leurs enfants et descendants ? Que les décideurs soient les payeurs (au nom de la responsabilité individuelle si bien portée à droite et à gauche) et puisque les vieux sont devenus risquophiles, alors qu’ils soient mis face au danger au lieu de le faire par procuration. Notamment, on interdira tout mandat de président, de député ou de sénateur, etc. au-delà de 60 ans et, donc, ces gens-là pourront eux aussi faire leur devoir patriotique au lieu de toucher de gras émoluments ou retraites. Et sur le plan de l’honneur n’est-il pas bien plus satisfaisant et glorieux de mourir pour la patrie que d’un cancer de la prostate ou du sein ?

Ainsi, notre beau pays retrouvera de la compétitivité par les prix puisque ses charges générales diminueront. Mais il y a aussi des enjeux politiques. Il s’agit de restaurer plus de démocratie, cette dernière étant le principe suprême du libéralisme. Comme on le voit toujours lors des élections, les vieux votent à droite ; de plus ils s’accrochent au pouvoir comme Pasqua au Sénat à 82 ans ou Rocard à 79. Avec la limitation des mandats à 60 ans et le vote plus à gauche des jeunes, on pourra renouveler le parlement (et toutes les instances locales ou régionales de représentation)  de façon plus démocratique car la composition de celui-ci sera plus représentative des classes d’âge et car les mandats à vie disparaitront. Le seul problème est alors que les jeunes risquent de voter pour la guerre afin de toucher leur héritage plus tôt, de même que pour accéder aux logements et aux emplois. Las, on ne fait pas d’hommelettes sans casser les œufs et, justement, la poursuite perpétuelle de la guerre est le gage de la prospérité du pays.

In fine, ma solution n’est-elle pas plus clairvoyante que celle de notre  Nicktalope, l’obscurvoyant si  chouette qui m’innerve ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                           

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