les armes de la critique

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La spoliation perpétuelle des agriculteurs

Classé dans : politique — 30 octobre, 2012 @ 12:16

Voilà un bon livre de Walden Bello (« La fabrique de la famine ») qui montre comment les agriculteurs ont toujours (et sont toujours) volés par l’Etat et le capital. On sait que l’industrialisation de l’URSS et de la Chine s’est faite à partir du surplus agricole qui leur a été purement et simplement volé par la force et la violence des gouvernants. Cela est vrai aussi en Amérique du Sud ou aux Philippines où la coalition des latifundiaires avec les politicards a éliminé les péons de leurs maigres terres.
Bello démonte aussi le processus par lequel les colonies ont servi le capitalisme du colonisateur. Par exemple, elles été obligées de produire des produits agricoles pour nourrir à bas prix les prolétaires nationaux afin de faire baisser leur salaire de simple subsistance, ce qui permettait aux industriels de vendre moins cher à l’étranger au nom de la déjà très recherchée « compétitivité ». La petite agriculture des « convicts » (déportés et asservis pendant quelques années avant d’être libérés), par exemple, en Australie permettait la chose. La spoliation des terres des colonisés aussi car les petits agriculteurs, réduits à la possession d’un lopin nourricier, travaillaient pour des prunes vu qu’ils pouvaient manger sur leur maigre production vivrière tout en travaillant dans une grande plantation. Les gros propriétaires, aidés par une police corrompue ou aux ordres d’un pouvoir fascisant, pouvaient ôter leurs lopins aux petits, zigouiller les syndicalistes et les récalcitrants et cela d’autant plus facilement qu’il n’y avait pas de cadastre et de propriété privée (c’étaient souvent des terres communes détenues depuis des temps immémoriaux). C’est ainsi que la United Fruit (devenue « Chiquita » pour se refaire une bonne image) a aidé, avec la CIA, à installer Pinochet au Chili en 1972, afin de pouvoir agrandir ses terres et monopoliser le commerce. Au Brésil, encore maintenant, on a des latifundia de canne à sucre exploitant carrément des esclaves au nom de l’éthanol, biocarburant miracle. Pour se faire, on y brûle la forêt amazonienne et on s’empare des terres des Indiens et même de leur personne.
Quand les colonies ont disparu à partir des années soixante, les ex-colonisateurs ont poussé des dirigeants compradores à faire de la culture pour l’exportation : café, cacao, coton, produits exotiques comme la banane ou l’ananas (auquel on peut rajouter aujourd’hui l’huile de palme pourtant nocive pour la santé et obtenue par déforestation et en chassant les communautés villageoises de leurs terres), etc. Bien aimablement, les Occidentaux ont favorisé cette reconversion avec des prêts bancaires (essentiellement privés) pour construire des infrastructures facilitant l’exportation (routes, rails, ports, docks, usines de conditionnement). Ce fut une époque enchantée : les Occidentaux fourguaient à prix d’or leurs ingénieurs, leurs banques, leur matériel, leurs produits (car la spécialisation agricole supposait l’absence de décollage d’industries locales) pour construire des « éléphants blancs » ; les ex-colonisés vendaient leur production et abandonnaient leurs droits de douane sur les importations de produits manufacturés, de même que leurs cultures vivrières pour acheter des poulets élevé en batterie. Las, les Occidentaux n’avaient pas dit aux ex-colonisés qu’ils étaient mis en concurrence entre eux sur les mêmes produits. D’où un effondrement des cours et la ruine des pays producteurs, d’où la montée de la dette. La chose fut accélérée par les deux crises du pétrole (73 et 79) dont le prix quadrupla. Puis pour couronner le tout, la FED (réserve fédérale américaine ou banque centrale, en 1980 sous Volcker, vénérable conseiller actuel d’Obama) releva ses taux d’intérêt afin de rendre le dollar plus attractif. On eut alors simultanément une hausse du dollar, ce qui renchérissait les remboursements des emprunts faits dans cette monnaie, et une hausse des taux d’intérêt qui, comme par hasard étaient variables. Tout cela a abouti à la dette insupportable et illégitime du Tiers-Monde. Alors les rapaces du FMI et de la Banque mondiale débarquèrent avec des « plans d’ajustement structurel » pour leur faire rembourser la dette (essentiellement privée, rappelons-le) : suppression des droits de douane, du secteur public à privatiser, baisse du nombre de fonctionnaires, suppression du contrôle des prix et de leur maximum subventionné (pour la nourriture), ouverture des frontières, libre circulation des capitaux. Le résultat fut comme aujourd’hui en Grèce et en Espagne : l’accroissement des difficultés de remboursement et la récession. Entretemps, la sécurité alimentaire et les petits paysans de ces pays avait disparu.
Aujourd’hui des pays bienfaiteurs (Arabie saoudite, Chine, Corée du Sud, japon, etc.) achètent ou prennent à bail de très longue durée des terres en Afrique, à Madagascar, etc. afin d’y faire de la monoculture exportatrice ou y produire de quoi nourrir leur peuple. Les Chinois ont même le culot d’amener leurs propres paysans, par ailleurs enfermés dans des baraquements plus que rustiques pour empêcher tout contact avec la population et payés avec une fronde, et leurs propres produits pour ne rien acheter au commerce local. Comme toujours, les dirigeants aident à chasser les anciens occupants qui travaillent dans les nouvelles grandes propriétés devenues étrangères et cultivent leur lopin pour survivre avec des salaires d’autant plus bas que les agriculteurs peuvent subsister avec ledit lopin. Au passage, les surfaces cultivées consacrées aux cultures vivrières pour le pays n’augmentent pas alors même que pointe une énorme crise d’alimentation mondiale, surtout dans les pays du Sud, victimes de leur grande natalité. Car la population mondiale atteindra 9 milliards en 2050 alors que les surfaces cultivées pour la nourriture sont mangées par les cultures pour animaux (soja au Brésil et en Argentine, etc.) ou par la production de céréales de biocarburant (biodiesel) avec le maïs, de canne à sucre ou parfois betterave (éthanol) et que les rendements stagnent.
La fameuse « révolution verte » des années 1970 (production d’hybrides résistant à la sécheresse ou autre ennui) a fait long feu car la production industrielle à base de pesticides, engrais et autres produits chimiques phytosanitaires épuise les sols. La révolution « OGM » à la sauce Monsanto se révèle être une catastrophe, par exemple pour le coton en Inde. Par ailleurs, après une amélioration rapide mais momentanée des rendements, par exemple du coton OGM (conçu pour être défendu contre tel ou tel parasite avec un pesticide Monsanto), on assiste prestement à une régression (les parasites deviennent résistants aux pesticides-Monsanto vendus de force avec les semences Monsanto) des rendements et à la faillite des paysans qui se sont endettés pour planter du Monsanto et acheter semences et produits chimiques Monsanto. Ma reprise du nom Monsanto n’est, hélas, pas que du comique de répétition. Les paysans de l’Inde se suicident en masse, souvent pris à la gorge par des usuriers car les banques ne leur prêtent pas. On rappelle que les paysans sont obligés par des contrats léonins (en principe interdits par les lois du commerce international) de ne pas conserver de semences pour la prochaine récolte et d’en racheter à Monsanto ou Novartis ou consorts. Monsanto avait même imaginé un OGM se détruisant lui-même en matière de nouvelles graines (le projet « terminator » qui fut repoussé par suite des protestations mondiales d’ONG). Enfin, les catastrophes climatiques (par exemple, inondations au Pakistan et en Chine, sécheresse en Russie et aux USA) réduisent les récoltes. Par-dessus le marché, les spéculateurs s’en mêlent comme en 2008 où on eut des famines par suite de l’augmentation des prix du riz, du blé et du maïs. Une cargaison de 30 000 tonnes de blé pouvait être revendue 30 fois à la bourse de Chicago avant de débarquer à destination, laquelle changeait en fonction des cours de bourse.
Les productions locales par une « agriculture paysanne » et vivrière, afin d’assurer la sécurité alimentaire d’un pays (certaines ONG réclament plus : la souveraineté alimentaire, donc le droit de ne pas mettre les terres et les productions sur le marché mondial), ont été vampirisées par les subventions US et UE (la PAC coûte 47 milliards d’euros empochés par les gros propriétaires productivistes comme les poulets Doux, comme le prince Charles ou Albert de Monaco ou les céréaliers beaucerons soutenus par la FDSEA qui soutenait Tsarko). Elles tuent la production locale bien moins compétitive car non subventionnées et à moindre rendement. Et, plus chic, : l’aide alimentaire qui permet de fourguer les surplus américains ou européens afin de soutenir les cours en Occident.
La libéralisation du commerce des produits agricoles s’est faite en prétendant que les coûts des produits importés seraient bien plus faibles et les exportations bien plus rentables grâce à la spécialisation de chaque pays dans ses « avantages comparatifs ». La grosse agriculture, autre nom de la monoculture sur de grandes surfaces, était soi-disant bien plus productive et rentable. On sait maintenant que c’est faux. De la terre est non utilisée (gros écarts entre deux rangées pour faire passer les engins mécanisés) alors que le petit paysan fait de la pluri-culture entre les rangées et élève des animaux de ferme sur les surfaces ou parcelles non cultivées ; cela apporte des nutriments à la terre, cela fait de l’assolement, cela permet de nourrir du bétail. La grande culture est incapable de se réorienter rapidement en cas de maladie des plantes ou de problème climatique (ce qui bousille toute la plantation alors que la pluri-culture conserve de la diversité, donc des plantes non attaquées) ; elle consomme énormément d’eau, elle épuise les sols (d’où toujours plus d’engrais à y mettre alors que la petite culture vivrière s’en passe car les maladies ne se transmettent pas de récolte à récolte vu qu’il y a assolement). Elle est à la merci de la surproduction ou du retournement du marché (par exemple si l’UE réduit ses projets en matière de biocarburant au grand dam du Brésil). Et, évidemment, elle supplante les cultures vivrières. En fait, les chantres libéraux de la grande culture industrialisée et chimique ne calculent la rentabilité que sur la base des coûts directs à court terme (hors externalités et dépenses futures occasionnées par exemple par l’épuisement des sols). Ils se foutent des paysans, des coûts sociaux et des nuisances et ne raisonnent qu’en termes de fric à amasser, pouvant, du reste, être affecté en petite partie à la corruption des dirigeants politicards.
Le résultat du productivisme chimique peut être le « dust bowl » des années 30 aux USA (terres ruinées par la sécheresse et l’épuisement de la fertilité) si bien décrit dans « les raisins de la colère ». C’est aussi la « malbouffe » avec des produits chargés en pesticides ou OGM et même les deux, des produits agro-alimentaires standardisés, des tomates et des fraises sans goût et remplies d’eau, des poulets gélatineux, de la viande aux hormones et aux antibiotiques, des montagnes de lisier, des inondations (par suppression des haies et du bocage afin d’avoir des grandes surfaces d’un seul tenant et donc mécanisables, des transports à longue distance contribuant à émettre trop de dioxyde de carbone, etc. Et bientôt la famine mondiale pour les pauvres. Sans même parler de la disparition de la culture paysanne et des bonnes traditions de production. On attend avec impatience la politique agricole de Flanby 1er.

C C C P

Classé dans : politique — 23 octobre, 2012 @ 11:10

Contre les Crapules Capitalistes Pharisiennes
Proudhon nous a laissé un grand enseignement : ce n’est pas avec le kapital dans le cadre pourri de la démocratie bourgeoise que les travailleurs s’émanciperont. C’est en se séparant de ces ennemis et en s’abstenant de participer aux votes de simulacre de la démocratie représentative. La leçon a été reprise par le syndicalisme révolutionnaire d’action directe : voir la charte d’Amiens de 1906 qui refuse que le syndicalisme soit inféodé aux partis politiques. Proudhon a proposé une action autonome des travailleurs par la création d’anarcho-structures opposées à celles du capital (supprimant les « aubaines » du capitalisme (telles que la rente foncière, le fermage, les loyers, les agios et intérêts) et des politicards (le droit souverain de pouvoir voter n’importe quoi contre le peuple sous prétexte d’élection) et préfigurant la future société libertaire dans le cadre d’une stratégie dont le but est révolutionnaire et la méthode progressive et pacifique.
J’ai mis CCCP (sigle de l’URSS en alphabet cyrillique) car le « capitalisme monopoliste d’Etat » (invention des économistes cocos pour stigmatiser la technocratie gaullienne et pompidolienne, mais qui décrit très bien l’économie russe de l’époque) revient parfaitement au même : l’extraction du surplus social au profit d’une classe de domination, d’exploitation et d’aliénation (le « bloc historique » hégémonique de Gramsci). Il s’agit de construire une société libre, d’individus autonomes, mais solidaire, donc à l’opposé tant du socialisme collectiviste ou social-démocrate que du libéralisme individualiste et « fricophone ». Comment faire, ce qui consiste aussi à contrer l’Europe libérale d’aujourd’hui ?
Prenons les capitalistes au mot et supprimons toutes les charges sociales pesant sur les salaires et les profits. Le salariat n’a pas besoin de s’enfermer dans les structures du capital et de la fausse démocratie en acceptant les bases de ce qui finit par devenir une assistance et une dépendance. Au même instant, les salaires récupèrent l’intégralité de ces cotisations patronales et salariales. Personne n’y perd même si les pharisiens capitalistes visent bien plus que la suppression des charges ; ils veulent que les salaires tendent vers zéro et le temps de travail vers l’infini dans la même dialectique que le Zayrault et l’in-fini Flanby. Le salaire devient donc intégralement net, sans prélèvements sociaux. Evidemment, ensuite, le patronat cherchera à faire baisser ces salaires. Mais les salariés et leurs syndicats n’auront alors qu’à se raidir vers un seul objectif fondamental (cependant sans préjudice pour la défense des conditions et horaires de travail) : le maintien et la progression des salaires. Cet objectif clair devrait être bien plus mobilisateur que l’actuel salmigondis de défense de rien et de tout propagé par un syndicalisme réformiste (en fait intégré au système libéralo-capitaliste car subventionné par les politicards et huilé par des cadeaux patronaux, des avantages, des statuts).
Les institutions de retraite et de santé de la Sécu sont parallèlement démantelées. En effet ce sont des machins de collaboration de classe, de corruption, de gaspillage, de placement de notabilités dans des sinécures, etc. qui amputent le budget car toutes les excellences (politicards, syndicalistes, administrateurs, patrons) se servent sur la bête. Comment ? En supprimant le monopole de la sécu dans la collecte des cotisations et le versement des pensions et indemnités du régime général. Les salariés reprennent le droit d’assurer leur protection sociale comme ils le veulent avec leur argent. Ils veilleront à ne pas s’inscrire dans des assurances privées fonctionnant sur la logique capitaliste ou dans des fausses mutuelles telles celles que nous connaissons aujourd’hui. Il faut donc que dès l’opération de récupération des prélèvements sociaux les salariés trouvent les moyens de placer leur pognon dans des anarcho-structures anticapitalistes. Ce sera déjà la « Banque du Peuple » socialisée, dont j’ai souvent parlé. Ce sera aussi un système fédératif organisé de mutuelles de prévoyance en tout genre. Des mutuelles (des vraies) pourront être créées mais elles seront obligatoirement structurées et coiffées par une organisation socialisée, nationale et fédérative, laquelle concentrera les cotisations et les placera partiellement dans la banque du peuple. Les mutuelles de base et fédérées assurent les rentrées de cotisations, la gestion des ayants-droits mutuellistes, les versements ; elles sont dirigées par des représentants élus et bénévoles délégués directement par les mutuellistes dont lesdits mandataires font forcément partie.
Ce n’est pas tout. Les fonds assurant le versement des pensions et indemnités (de chômage, de maladie, etc.) seront placés de façon à financer la création de contre-structures faisant concurrence à celles du capital et surtout privant celui-ci de l’accès aux ressources placées par le peuple. Il faut bien sûr que les placements assurent que les revenus qui en découleront permettront de tout payer. Et c’est facile de trouver des lieux d’investissement convenables : la construction de logements sociaux (des loyers), de moyens collectifs de transport et de communication, la prise en charge socialisée de l’énergie et de l’eau, des hôpitaux (qui sont déjà financés par la Sécu mais gérés par des technocrates nommés par le pouvoir) et une médecine sociale organisée en réseau indépendant de la médecine libérale ; on financera ainsi des coopératives (notamment de consommation contre les grandes surfaces) et mutuelles, des entreprises d’insertion, de formation et de qualification des travailleurs à commencer par les victimes du chômage ; on aidera les PME qui souscriront à une charte de bonne conduite vis-à-vis de leurs salariés, de leurs fournisseurs, de leur environnement. Du reste, réfléchissons. De quoi se plaignent les capitalistes depuis des lustres ? Que l’épargne française (déjà de 16 % du revenu actuellement, avant récupération de l’intégralité des cotisations) ne va pas dans l’investissement en capital (car, en fait, il va dans la spéculation et les placements à l’étranger). Eh bien, nous sommes d’accord : les cotisations sont à mutualiser, centraliser, capitaliser et placer mais dans les contre-structures anarcho-libertaires.
Assez rapidement les pompes à fric pour le capital seront asséchées. Les prédations en tout genre, d’un montant astronomique (songez que, en 2008 avant le krach, la part de la finance représentait 40 % des profits US), ayant été éliminées (comme les rentes des pétroliers, distributeurs, banquiers, assureurs, notaires, pharmaciens, vendeurs de biens, syndicalistes, etc.) il s’ensuivra une forte baisse des coûts et des prix. Ainsi, la compétitivité-coûts sera restaurée pour le pays d’autant plus que les entreprises ne pourront plus se plaindre des charges sociales. On peut ensuite envisager, comme l’avait dit Proudhon, une baisse des salaires car la diminution des prix fera qu’ils pourront être baissés à pouvoir d’achat constant ou avec partage de ladite baisse des prix entre le pouvoir d’achat plus élevé et les diminutions de salaires ou de temps de travail. La baisse des coûts de production résultera aussi d’une meilleure productivité due à l’organisation coopérative du travail et à la motivation issue du respect enfin accordé à chacun comme associé et non commandé.
Certes, tout cela ne se fera pas en un instant. Pour ne pas se fâcher avec les pays capitalistes, il faudra rembourser la dette ; cela se fera par la disparition des déficits sociaux et par la diminution de certaines dépenses publiques : celles de l’armée qui doit être supprimée, celles de la police qui aura moins de boulot car la cohésion sociale sera raffermie, celles de l’éducation nationale d’Etat car l’apprentissage dans les coopératives vaudra qualification (associée à des cours extérieurs) et car l’apprenti en travaillant produira aussi, ce qui paiera une partie de sa formation ce qu’avait dit Proudhon en disant qu’il n’y avait pas d’éducation gratuite et que le travail pouvait en payer une part), celles des excellences représentatives par réforme des niveaux territoriaux [regroupement de communes, région, pays] et par diminution drastique de leur nombre et de leurs avantages (on a 577 « députains » et 343 sénateurs pour 65 millions d’habitants contre 435 et 100 aux USA pour 314 millions, celles des fausses agences, commissions, autorités, hauts conseils (plus de 800 !) dont les membres sont nommés par le pouvoir et truffés de représentants du capital camouflés en experts ; celles du fisc (simplification radicale de la fiscalité par fusion des impôts dans l’IRPP rendu progressif et taxant itou les revenus financiers et du travail), celles de l’administration dont les compétences sont à revoir entièrement, etc. il y aura aussi une grande diminution des frais de santé car le nouveau tissu de coopératives, mutuelles, PME, etc. se spécialisera dans le bio, le naturel, l’interdiction des produits dangereux pour les travailleurs et la santé. On sait que les frais de santé publique augmentent surtout à cause des conséquences de ces matières sur la santé de tous, ce que évidemment les industriels, la Sécu actuelle, les politicards attribuent à la surconsommation médicale. Parallèlement, les importations seront soumises aux mêmes normes de qualité, d’authenticité, de non-dangerosité (même potentielle) que la production française (ce que les Usa pratiquent avec bonheur tout en l’interdisant aux autres pays !). Et tant pis pour l’UE ; la France y mènera la politique de la chaise vide et mettra son veto partout tant que l’Europe ne progressera pas dans cette direction. Obstacles à la « concurrence libre et non faussée », éructera-t-elle. Pour ne pas la fausser, ne faudrait-il pas plutôt que les produits frelatés dangereux, trafiqués soient interdits ?
Parallèlement, la banque du peuple refera des avances au trésor public (comme la réserve fédérale US ou la Banque d’Angleterre) et le pays se dotera d’une monnaie interne (par exemple, le franc gagé sur la production, les stocks, les encours, les infrastructures et biens socialisés). Il faudra que le solde importations/exportations soit positif ; dès que négatif, les importations sont suspendues de façon à maintenir le franc convertible (pour rester dans la zone euro de monnaie unique devenant alors plutôt commune). Cependant, au départ, afin d’échapper à la monnaie unique (euro) impossible à dévaluer, le franc sera émis 30 % moins haut que l’euro (comme l’on fait les Tudesques lors de la réunification teutonne peu après 1991 en décidant qu’un mark de l’Est valait un mark de l’Ouest ; ce sera pareil mais avec 30 % de différence). La banque du peuple utilisera ses avoirs en dépôts pour consentir lesdites avances et placera les emprunts publics dans son réseau. Aujourd’hui, ce sont les banques privées qui ont le monopole des emprunts publics pour lesquels elles touchent de grosses commissions ; par ailleurs elles se les réservent largement pour palper des intérêts supérieurs à ceux des prêts à elles accordées par la BCE. Laquelle a accordé aux banques (justement pour ne pas prêter directement aux Etats, ce qui est interdit par la zone euro) 1 000 milliards d’euros sur 3 ans à 1 % pour qu’elles achètent des emprunts d’Etat !
Que manque-t-il à ce programme ? Une force coalisée d’innovateurs et coordonnateurs ; on pourrait les trouver dans l’association de la fédération des coopératives, des mutuelles, des syndicats, de la confédération paysanne, des altermondialistes qui devraient s’unir au lieu de se distinguer dans leur champ respectif d’action : ils ont tous le même ennemi et peuvent créer rapidement la banque du peuple et la fédération des mutuelles. Il y manque aussi une démocratie réelle à base fédérale, à la fois économique, sociale et politique. Mais c’est un autre problème que j’ai traité dans « Agir ensemble dans un monde partagé ».

De la productivité et de la compétitivité

Classé dans : politique — 18 octobre, 2012 @ 11:06

La productivité, c’est-à-dire le fait de produire bien plus d’unités de marchandises dans le même temps d’opération, résulte de bien de facteurs. Déjà, il y a la fameuse division du travail mise en évidence par Adam Smith à partir de la manufacture d’épingles (qui était en France à l’Aigles… au 17ème siècle). Il y a l’organisation du travail et sa coordination. On y trouve les technologies, les machines (y compris l’ordinateur et le réseau dans les services tout autant qu’ailleurs) et les connaissances (que les capitalistes s’approprient sous forme de brevets monopolisés) appliquées à l’industrie (ou à l’agriculture, évidemment). On peut y ajouter les procédures, les procédés administratifs et informatifs. On aura garde d’oublier les bienfaits de la coopération et de la motivation, choses que le capitalisme actuel détruit avec le stress productiviste, l’individualisation des récompenses et évaluations et la mise en concurrence des travailleurs au nom de la culture des performances et des résultats. Toutes ces manipulations de compétition entre salariés et de mise sous pression, y compris chez eux et pendant leurs loisirs avec force de portables (téléphones et ordinateurs), supprime la coopération entre travailleurs. On doit prendre en compte les « externalités positives » dont le capitaliste profite de plus en plus sans les payer : les infrastructures (routes, trains, institutions d’instruction et qualification, réseaux d’énergie et de communication, santé publique, etc.) et les situations de rencontre, de débat, d’échange que, par exemple, la ville offre ; elles permettent de se former, de s’informer, d’imaginer « en frottant sa cervelle contre celle d‘autrui » ; elles créent un climat d’échange et de confiance et suscitent l’innovation. c’est ce que Proudhon appelait « les forces collectives » et Marx « les forces productives », lesquelles sont socialisées par construction mais privatisées par les détenteurs des moyens de production en vue de l’extorsion du surplus collectif sous forme d’aubaine (Proudhon) ou de plus-value (Marx).
La productivité est sans cesse accrue à cause de la concurrence entre capitalistes pour agrandir leurs parts de marché au détriment de leurs concurrents. Il s’agit de diminuer les coûts de production pour vendre moins cher que les rivaux quand le marché est limité et que l’offre est supérieure à la demande. Comme le montre très bien Paul Jorion, la prétendue loi de l’offre et de la demande a deux aspects : en cas de surproduction (qui pousse à être plus productif pour piquer le marché des autres, ce qui du reste ne fait qu’accroître la surproduction), ce sont les offreurs qui sont en concurrence ; en cas d’excédents de demandeurs, ce sont eux, au contraire, qui sont en concurrence, ce qui fait monter les prix (d’où la tentation d’organiser la rareté que, justement, les moyens modernes de production permettraient d’évacuer ; or toute la théorie économique est fondée sur la pseudo-rareté…). Il ne s’agit pour le moment que de la fameuse « compétitivité par les coûts » dont la productivité est un des éléments essentiels.
La recherche concurrentielle de la productivité par chaque capitaliste finit par conduire à la concentration du capital pour faire « des économies d’échelle » (quand 2 boîtes fusionnent, il n’y a plus qu’un seul service comptable, administratif, commercial, de recherche, etc.) et obtenir des « rendements croissants » (démenti à une autre connerie de la théorie économique dominante bâtie sur des rendements décroissants ou constants). On sait qu’avec les moyens modernes, les coûts de production ne représentent que 10 à 15 % du prix du produit. Ce qui coûte très cher ce sont les frais de conception et de marketing (ou de brevets, etc.) ; ce sont des frais fixes à amortir. Plus le volume produit (et surtout vendu) est élevé, plus « le point mort » (niveau de production qui amortit les investissements et frais) est vite atteint. Alors, toute production supplémentaire vendue, même bradée (d’où le dumping), rapporte du fric. Le capitaliste (en situation de monopole ou d’oligopole dans un marché illimité ou en expansion) n’a donc aucun intérêt à limiter la production car ces ventes lui rapportent « de la marge », du profit. Par ailleurs, on ne peut plus calculer l’utilité marginale (autre ânerie de la théorie économique fondée sur le calcul marginal en fait le calcul différentiel inventé par Leibniz au 17ème siècle !) de la dernière unité produite car il n’y a plus de dernière unité : on peut et on doit toujours produire des unités supplémentaires car elles ne coûtent rien en plus. C’est pour cela que les rendements sont devenus croissants. Le problème est qu’il faut vendre. La leçon essentielle à retenir, c’est que la productivité implique aussi une baisse de la quantité de travail, donc de l’emploi, sauf à produire et à vendre davantage. Où ? Réponse, à l’étranger car les marchés nationaux sont trop limités pour absorber le volume possible de production ; sauf à la limiter à la taille du marché, ce qui a pour conséquence, puisqu’il faut amortir les frais fixes et les machines, de vendre plus cher. C’est ce que disent les libéraux : le libre-échange permet d’acheter moins cher et de vendre plus. Avec un léger problème : quid des pays qui n’ont rien à vendre ? Ou des travailleurs « inemployables », ou de la concurrence déloyale ou des taux de change trafiqués, etc. ?
La productivité n’est pas le seul élément des coûts de revient. Il y a bien sûr le niveau des salaires et de la protection sociale (si des cotisations sociales sont payées par le patronat). On parle de coût horaire du travail, salaires et charges compris. Le coût de revient est un mix de productivité et de coût horaire. Celui-ci est très divisé si la productivité est très élevée. Ce qui est le cas français. Mais dans ce mix on ne saurait attendre du pays qu’il batte les records du Bangla-Dèche, du Vietnam ou de la Chine : faible prix du travail, pas de cotisations et productivité de plus en plus élevée car ce sont les occidentaux qui y implantent des usines dernier cri dans leur politique de délocalisation vers les pays les moins-disant en toutes matières. En Europe, l’astuce consiste à ne pas faire supporter de charges sociales aux entreprises ou peu. C’est le cas en Fridolie ou en Rosbifie où les retraites publiques sont très faibles et où les salariés sont alors obligés de souscrire des complémentaires par capitalisation. Ce qui explique que la Teutonie, pays de vieux essaie de sauver la rente capitaliste afin de sauver les retraites par capitalisation et le patrimoine des vioques. La compétitivité par les coûts consiste donc aussi à baisser le prix du travail : par exemple par productivité « extensive » (en augmentant les horaires et le temps de travail journaliers, mensuels annuels et sur toute la vie avec la hausse de l’âge de départ en retraite ; le travail de Noirs clandestins au noir est une bonne solution), par baisse des charges en tout genre (notamment de suivi médical et de protection des salariés contre les risques et les maladies professionnelles, bref en dégradant les conditions et les sécurités du travail, en accroissant l’exploitation des travailleurs. Les boîtes peuvent encore pressurer leurs fournisseurs et sous-traitants (plus ou moins délocalisés dans les pays low cost (spécialité tudesque avec les PECOS ou des hypermarchés francaouis), acheter des intrants trafiqués ou copiés, recevoir des subventions publiques (spécialité US ou chinoise ou européenne pour les produits agricoles), bénéficier de faibles taux d’intérêt pour leurs emprunts d’investissement (comme en Prusse où les banques régionales financent les « performantes » PME ; ce qui explique que la Gross Angela refuse que la future supervision bancaire européenne y mette le nez alors qu’elles sont lourdement endettées), rejeter les cotisations sur les impôts ou les travailleurs, pratiquer « l’optimisation fiscale », spéculer avec leurs liquidités, etc. A tout cela, on doit rajouter la recherche de la compétitivité hors coûts afin de vendre.
Si on peut vendre toute la production, la « loi tendancielle de baisse du taux de profit » n’existe plus. Car on compense la baisse des coûts de revient capitalistiques par le volume des ventes (gros prix par petit nombre rapporte moins que petit prix multiplié par énorme quantité). On a déjà vu les stratégies consistant à absorber les concurrents en vue d’économies d’échelle sur le marché total des fusionnés. Qu’est-ce que la capitaliste a inventé pour tout vendre et de plus en plus ? D’abord le colonialisme (bien vu par Rosa Luxembourg), ensuite la publicité (plus marketing, design et packaging) pour créer de faux besoins en suscitant l’envie, l’ostentation, le gaspillage, la comparaison jalouse entre les signes de richesse des gens (bien vu par Veblen), publicité en fait payée par les acheteurs ! On a aussi la mode et « l’innovation » pour les marques, les logos, le dernier cri, la « brevétisation », la gadgétisation, « l’obsolescence programmée » (le produit est calibré, et même trafiqué, pour tomber en panne à un moment donné alors qu’il pourrait durer bien plus longtemps). On a donc toute une série de manœuvres qui visent à se procurer des monopoles au moins momentanés et à susciter de la fausse demande sans besoins. Les choses sont généralement camouflées sous le drapeau de la qualité (deutsche qualität) et de l’innovation en tant que « destruction créatrice ».
Compétitivté, coûts et hors coûts, ce sont les tables de la loi du libre-échange sans barrières. Sauf qu’à ce grand jeu, les gagnants accumulent les excédents commerciaux (balance commerciale) et les perdants les déficits. L’issue est programmée via les très grandes disparités entre pays, écarts soigneusement creusés au nom de la croissance et de l’emploi par les exportations. Cela crée des « dés équilibres structurels » dans les échanges. En Europe, la gagnante est la Germanie qui, au début des années 2 000, a sciemment fait « de la désinflation compétitive » (lois Hartz sous Schröder, puis TVA « sociale » de 3 points sous Angela)) au détriment des salariés, des chômeurs et des retraités afin de mieux exporter dans les autres pays de l’union (70 % de son commerce, 40 % avec la zone euro). A quoi la Teutonie a ajouté la politique de Francfort (BCE) qui consiste à avoir un euro fort car elle peut, elle, exporter et car, en outre, comme l’euro est fort, la valeur de ses intrants en provenance des PECOS à faible devise baisse d’autant plus que le taux de change dudit euro augmente. C’est pourquoi la Tudesquie veut le beurre (que les pays du « club Med ») payent leurs dettes et se fassent hara kiri économiquement et socialement) et l’argent du beurre, l’euro fort, ce qui empêche les pays en difficulté de retrouver de la compétitivité coûts par la baisse du taux de change (impossible pour la monnaie commune). Rendons grâce aux artistes de l’euro qui ont installé une monnaie commune sans respecter les critères donnés par Mundell pour une zone monétaire optimale : budget fédéral très consistant (1 % du PIB en Europe, 25 % aux USA) afin de permettre des transferts entre pays hétérogènes dans leur stade de développement, harmonisation fiscale et sociale, écarts économiques et sociaux entre pays limités. Au profit de qui cet euro à la con ? De la Teutonie. Pourquoi ? Pour forcer les peuples à se convertir au libéralisme et profiter des différentiels en tout genre afin de tout uniformiser par le bas, par le moins-disant et cela sans que les gouvernants en assument la responsabilité : ce n’est pas moi, c’est Bruxelles.
Finalement, c’est facile l’économie « la plus compétitive du monde » (traité de Lisbonne, sous Jospin, c’est simple de faire du profit quand les lois vous ont mâché le travail et vous permettent de faire n’importe quoi. C’est ce qu’on appelle l’ordo-libéralisme, inventé par les Doryphores : régner par la loi pour imposer l’ordre économique favorable au capital. Qui fait la loi ? Les faux démocrates représentatifs manipulés par le finance qui paye leurs campagnes électorales comme on le voit en ce moment aux USA.

Le chœur des pleureuses sans cœur

Classé dans : politique — 11 octobre, 2012 @ 11:00

Salades médiatiques.
Dans la plupart des médias on assiste à un concert de récriminations contre les hausses d’impôt décidées par Flanby en vue d’atteindre les 3 % de déficit du budget en 2013. Plus celles décidées sous Tsarko, maintenues sauf pour la TVA sociale. Soit, avec les 10 milliards d’économie un plan d’austérité de 40 milliards. Tout en maintenant des injustices flagrantes : non relèvement du barème des tranches de l’IRPP (sauf les 2 premières), toujours imposition des indemnités journalières pour accident du travail quasi suppression de la demi-part des veufs ou veuves isolés ayant élevé un enfant. Les dispositions actuelles sont conditionnées par l’atteinte d’une croissance de 0,8 % en 2013, chiffre très surestimé qui nous vaudra des ajustements budgétaires en cours de sortie de route. Sans préjudice de ce que la dette peut encore s’aggraver du fait des garanties accordées par la France aux emprunts des pays en difficulté via le Mécanisme Européen de Stabilité (MES, en piste aujourd’hui et remplaçant le fonds de stabilité). Le MES est une idée libérale géniale : il peut appeler des fonds et des garanties étatiques à tout moment sans que le gouvernement taxé puisse moufter. Il va prêter aux Etats impécunieux afin que les banques privées ne voient pas leurs créances sur eux dévalorisées ou impayées. Il va prêter aux banques pour qu’elles achètent des obligations publiques (déjà fait par la BCE avec les 1 000 milliards à elles prêtées sur 3 ans à 1 % de taux d’intérêt). Félicitations : c’est donc le contribuable européen qui va renflouer les banques privées.
Palinodies socialos.
Les socialos ont eu le grand tort de camoufler leurs intentions de montée des impôts pour tous et pas seulement pour 5 % des gens, soi-disant les plus riches. En réalité, tout le monde est frappé : ils ne mourraient pas tous mais tous étaient atteints. L’augmentation de la CSG de 0,15 puis 0,30 points pour les retraités imposables va toucher 9 millions de personnes. De plus, c’est toujours comme cela : on commence moderato puis c’est comme la petite bête qui grimpe qui grimpe ; exemple la CSG créée par Rocard d’Estaing est passée de 1 % à 7,5 (pour les actifs, 6,6 pour les retraités, plus la CRDS de 0,5 créée par Juppé). Le non-ajustement du barème de l’IRPP va impacter les contribuables dès la 3ème tranche au-delà de 12 000 euros, soit l’énorme majorité de ceux qui paient des impôts (15 millions). La disparition des exonérations de cotisations et d’impôt pour les heures.sup atteint déjà bien des smicards. Parallèlement, les collectivités locales appuient sur le champignon ; par exemple la taxe foncière à Sannois (95) a augmenté de 9 % (car plus 19 % pour le département). Les déremboursements de médocs vont se poursuivre en même temps. Etc. On observe aussi une non-déduction des emprunts des boîtes s’ils ne sont pas consacrés à l’investissement et seulement pour les grosses. Bonne mesure susceptible de s’opposer aux LBO (achat d’une boîte à 90 % de crédit, ce dernier étant payé par la maison rachetée !) ou rachat de ses propres actions pour en faire grimper le prix. Toit n’est pas nul chez Au Bonheur d’Edam même si c’est très insuffisant pour faire pièce à la spéculation et aux rentes indues. On avait aussi la taxation des plus-values de vente d’une « start up » au tarif IRPP salarié. Cela ne s’appliquait qu’aux ventes en dessous de 10 ans, ce que ne disent pas les « pigeons ».
Quelques infos vraies. Le gouvernement de Culbuto 1er a choisi d’augmenter les impôts bien plus que de réduire les dépenses (de 10 milliards). Ce que lui reproche la droite. Qui ne manque pas de culot car en 10 ans, depuis 2002, elle a fait filer la dette de 900 milliards (plus de la moitié) et a créé, à force de niches fiscales et sociales (bien exploitées dans « l’optimisation fiscale » et le recours aux paradis fiscaux) et d’exonérations des riches et des entreprises, un manque à gagner pour l’Etat de 100 milliards par an. Or les 4,5 % du PIB de déficit en 2012 font 90 milliards. On observe aussi que contrairement aux pleurnicheries droitières, les augmentations pour les riches sont modérées : tranche supplémentaire à 45 % pour l’IRPP (ne touche qu’au-delà d’un revenu par part de 100 000 euros), à 75 % pour 1 million (provisoirement et le futur bouclier fiscal interdit de monter l’ensemble des impôts au-dessus de 70 % du revenu, au lieu des 60 de Tsarko, et en enlevant la taxe foncière ou d’habitation qu’avaient inclus ledit bonhomme), limitation des niches à 10 000 euros par an (au lieu de 18 000 plus 4 % du revenu imposable). La grande mesure est celle qui astreint les revenus financiers et du patrimoine au même barème que les salaires. Il est alors vrai qu’un foyer utilisant des niches fiscales, muni d’un haut revenu, recevant dividendes et intérêts copieux va écoper assez sec. D’où le mur des lamentations, notamment celles de la musaraigne hyper libérale Minc. Les pleureurs, relayés ad nauseam par les médias, oublient que jusqu’à présent ils ont bénéficié de colossales réductions d’impôts malgré une hausse considérable des revenus des 1 % les plus riches (encore plus pour les 0,1). Les hausses actuelles ne sont qu’une médiocre reprise des avantages consentis aux riches et aux multinationales par les différents gouvernements depuis 20 ans. Signalons aussi que les jérémiades avaient curieusement épargné Tsarko. En effet les augmentations d’impôt ou taxes sur les années 2011, 12, 13 sont de 64 milliards dont la moitié sous le règne finissant de Rodortarinraskoltignac 1er.
Il n’y a plus de honte.
N’est-il pas écrit dans la Constitution que chacun doit contribuer à hauteur de ses capacités contributives ? C’est du reste de cela que se sert le Conseil Constitutionnel (10 membres de droite sur 11 si on enlève Chiracos qui ne siège plus pour cause de gâtisme), en inversant la doctrine qui a été énoncée pour éviter de taxer les pauvres, pour empêcher que les impôts soient « confiscatoires », c’est-à-dire pour épargner les riches. L’action socialo n’est donc qu’un timide retour des choses, non une spoliation. Les riches n’ont plus de vergogne car : ils sont entre eux dans des résidences isolées et parfois fortifiées, car ils ont un esprit de caste sucé à la mamelle de leur éducation et de leur entre-soi, car ils sont exonérés de toute responsabilité morale par le libéralisme qui énonce qu’ils créent des emplois par « ruissellement », car ils investissent leur épargne et achètent des produits de luxe, car ils sont méritants en tant que self made men, car ils vivent dans le court terme au nom de leur l’individualisme narcissique et de la parole : « après moi le déluge », etc. Or les études sérieuses montrent qu’ils n’investissent pas mais spéculent, que les emplois crées sont très inférieurs en nombre aux détruits par le libéralisme mondialisé, qu’ils ne sont que des héritiers ou des gus dont la fortune vient des aides ou des combines publiques (l’arnaqueur Tapie avec le Crédit Lyonnais alors nationalisé, le janséniste Arnault avec LVMH, etc.). Les riches doivent leur fortune à la dérégulation financière, à la mondialisation commerciale décidées par les législateurs gouvernementaux à leur service. Cela met les pays en concurrence sauvage en vue de diminuer les salaires et les retraites et éradiquer les services publics et les syndicats.
Jérémiades.
Ce qui fait pleurer Minc et consorts, c’est donc surtout l’alignement des taux d’imposition des revenus du capital sur ceux du travail. Au nom des vérités libérales (trop d’impôt tue l’impôt ou « loi de Laffer »), les attristés, au contraire des indignés, promettent une fuite des contribuables, des capitaux et des « entrepreneurs » qui se sont faits eux-mêmes et qui sont spoliés des résultats de leurs efforts. D’où le mouvement des « pigeons » (essentiellement créateurs de boîtes sur le net) contre la taxation des plus-values de vente de leurs boîtes à 45 % (si la vente produit évidemment l’atteinte du taux marginal et maximal d’imposition, ce que ne disent pas les pleureurs ; à quoi s’ajoute les 15,5 % de taxes sociales sur les intérêts, les dividendes et les plus-values. Soulignons que c’est Tsarko qui avait fait passer ces taxes de 11 à 15 ,5). Le 45 % plus 15,5 ne s’applique donc pas à tout le revenu mais à celui du seuil de la tranche maximale de l’IRPP. Je rappelle aussi, ce qu’oublient de dire les pigeons, que les revenus exceptionnels peuvent être lissés sur 5 ans. Supposons une plus-value de 500 000 euros ; elle pourra être saucissonnée en 5 tranches annuelles de 100 000 à ajouter aux autres revenus. Effrayé, Chamallow 1er a fait machine arrière de telle sorte que les pigeons l’ont plumé en obtenant illico des amendements au projet. En plus, comme déjà dit, la taxation ne joue qu’en dessous de 10 ans d’existence avant vente.
Les combines de guimauve le concurrent. L’Ami-Mollet communie avec les diktats de la Gross Angela pour installer l’austérité via la limitation du budget et du déficit et pour servir les banques et la finance. En effet, l’Europe les aide avant tout ; notamment elle fait prêter aux banques par la BCE à presque 0 % en termes réels (BCE qui a interdiction de prêter aux Etats ou de mutualiser les dettes publiques) pour qu’elles rachètent des obligations publiques sur le marché secondaire rapportant plus de 6. La régulation bancaire n’est pas en vue car les Gibbies s’y opposent comme le Luxembourg. Pays qui s’opposent aussi à la taxation des transactions financières que 11 pays ont décidé d’adopter. Les paradis fiscaux sont toujours en place (la City de Londres et ses dépendances exotiques, les îles anglo-normandes, Monaco le Luxembourg, Andorre, etc.). Les gouvernants européens privilégient encore la finance alors qu’elle a fait la preuve de sa nocivité. Ils font tout pour préserver la rente, le patrimoine, le capital. Or, on sait par de multiples études que l’austérité va tuer la déjà maigre croissance et que les pays qui sont les plus compétitifs sont ceux où la dépense publique est la plus forte et où les inégalités sont les plus faibles. Pourquoi cette application ne varietur d’une idéologie libérale qui a échoué ? Elémentaire, my dear Watson : il s’agit de profiter de la crise pour réduire à rien le salariat et les services publics ou sociaux afin d’augmenter les profits et de donner au privé la mainmise sur les activités socialisées comme sources de nouvelles occasions de profit. C’est donc pour défendre le capital et la capitalisation. Ce qui se comprend très bien dans le cas de la Teutonie, pays de vieux dont une bonne part des retraites est capitalisée et qui escompte survivre malgré la baisse de sa natalité et de sa démographie (en 2050, la France et la Tudesquie auront la même population de 75 millions d’habitants). On voit donc que notre andouille de président, Flanby 1er, ne vire pas : il cautionne la politique de la Germanie en particulier et du libéralisme en général. Poussah 1er apporte momentanément des rustines à la catastrophe libérale sans même voir leurs implications à long terme.
Pour le roi de Prusse et la finance.
La teutonne Angela s’est félicitée que le traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG, voté hier par l’assemblée nationale francaoui) soit éternel. Cela nous rappelle le Reich de 1 000 ans, de même que l’installation d’un oberführer de la grosse Commission de Bruxelles pour surveiller les réformes grecques. M. Hollandemou serait-il devenu, grosso mollo, un gauleiter sans s’en apercevoir ? Décidemment, Hitler était en avance sur son temps sauf qu’il a voulu gouverné l’Europe par la force et la violence. Aujourd’hui, c’est plus soft ; c’est la finance qui gouverne via la loi. Vive l’ordo-libéralisme tudesque. C’est là, notamment, qu’on voit que le libéralisme est un totalitarisme propulsé par la technocratie bruxelloise et les gouvernements libéraux très majoritaires en Europe. Je me demandais pourquoi les gouvernements avaient fait échouer les conférences internationales sur le changement climatique. Alors que lutter contre créerait des activités et des profits (la pseudo-économie verte) et des emplois, ce qui abaisserait les tensions sociales en passe de faire exploser le système. Ce qui permettrait d’éviter les futures famines issues des catastrophes climatiques et de la spéculation ; famines causes de conflits et de guerre à venir, notamment pour la propriété de l’eau et des terres. Catastrophes porteuses de maladies et d’épidémies dévastatrices. La réponse est à trouver dans l’ordre libéral, ce que montre Susan George dans son dernier livre (le rapport Lugano II) : ces catastrophes élimineront les inutiles, les malades, les affamés, les assoiffés, les envieux, les révolutionnaires, ce qui éliminera les ennemis ou les dangers du système libéralo-financier. Ses tenants pensent échapper auxdites catastrophes : ils auront du fric pour acheter ce qui restera de la production agricole, pour s’enfermer dans des résidences protégées, pour payer des milices, pour se soigner… plutôt laisser ou faire crever les pauvres que de supprimer le système qui leur profite tant.

La république

Classé dans : politique — 5 octobre, 2012 @ 9:20

On a accoutumé en France d’associer la « gauche » à la République. Le dernier livre de Jacques Julliard (« les gauches en France de 1762 à 2012) permet de démentir la chose. A son corps défendant car il développe une conception bien trop extensive de la gauche. Il part des Lumières (1762 est la date de parution du Contrat social de Rousseau) et de la Révolution française. Or celle-ci est avant tout libérale et individualiste avant de sombrer dans la Terreur. Elle n’est que politicarde et a ignoré toutes les questions économiques et sociales. Elle a supprimé tous les corps intermédiaires entre le citoyen et la représentation nationale, à commencer par les institutions de défense du monde ouvrier (corporations, droit d’association, de grève avec le fameux décret d’Allarde et la loi le Chapelier), ce qui a laissé les mains libres au capital et à la propriété. La Révolution est rapportée à la gauche (Julliard dixit) parce qu’elle aurait lancé deux idéaux : le progrès et la justice. Julliard montre bien que les républicains se sont comportés comme des salauds vis-à-vis du peuple. Rappelons-nous l’abominable Adolf Thiers, le boucher de la Commune en 1871, de la rue Transnonain, des journées de Juin 1848 avec les ratonnades du général Cavaignac ; rappelons que M. Hugo (dont le grand titre de gloire est en fait d’avoir légué 50 000 francs-or au peuple) a stigmatisé ladite commune. Sachons que Clémenceau est le père de la victoire sur les ouvriers à Draveil et Villeneuve-St-Georges (1908) et sur les vignerons du Languedoc en 1907. La prétendue « gauche » du 19ème siècle s’est surtout illustrée par son refus du suffrage universel, obtenu en 1848 mais sous la pression de la révolution de février (avant les massacres de juin à la suite de la révolte du peuple parisien due à la suppression des « Ateliers nationaux » de Louis Blanc). Soulignons que les « républicains de gauche » ne se sont guère émus de la question sociale et de la condition ouvrière. Elle n’est apparue qu’avec le socialisme « utopique » (dixit Marx : Cabet, Leroux, Proudhon, etc.). Comme l’a dit Proudhon, ils ne songeaient qu’à la politique et aux postes de pouvoir (une « cohue d’avocats » et de « gens de lettres » sans la moindre idée économique).
Cette « gauche » très individualiste et attachée aux libertés formelles était en même temps le plus souvent favorable à « une religion civile » susceptible de faire tenir le peuple en laisse ; le peuple n’avait pas à choisir librement sa religion civile imprégnée de « moraline » bourgeoise et patriotarde. Ce n’est que tardivement qu’elle se convertit à la laïcité, en réalité pour empêcher la réaction catholique de revenir en politique. C’est pourquoi les anarcho-syndicalistes et les syndicalistes révolutionnaires firent adopter la charte d’Amiens en 1906 visant à la séparation entre les partis politiques et le mouvement syndical. Car la « gauche républicaine », devenue rad.soc ne songeait qu’à conserver la propriété et le système capitaliste en accordant fort peu et fort lentement des droits à la classe travailleuse sous forme de « solidarisme ». La « gauche républicaine » visa aussi, sous la houlette de Jules Ferry et consorts, à faire de l’éducation « nationale » un véhicule de la propagande républicaine et même de la politique colonialiste et militariste. Cette gauche, encore, se montra patriotarde au non de l’unité de la nation malgré les inégalités fantastiques entre ses citoyens. Elle lança le peuple dans la boucherie guerre de 14/18, la fleur au fusil. Bref, cette gauche-là n’est pas républicaine et cette république-là n’est pas de gauche, ni généralement pas socialiste. Son palmarès explique que les Français aient eu droit d’être associés à la politique sans l’être à la question sociale, car la grande idée républicaine était que la démocratie, accompagnée de l’éducation bien formatée, amènerait la révolution sociale. C’est l’inverse de la Germanie où Bismarck accorda des droits sociaux et refusa les droits politiques réservés aux Junkers. Cela explique aussi que le salariat en France soit viscéralement suspicieux à l’égard des politicards, des partis et de la politique.
Car qu’est que la gauche républicaine devrait être ou serait ? Est-ce que la république se réduit aux libertés (formelles) de presse (1881), d’association syndicale (1884), de droit de réunion (celui de coalition ou grève ayant été accordé par Napoléon le petit en 1864), de suffrage universel, de propriété ? A la démocratie représentative avec souveraineté absolue et indivisible de l’assemblée nationale ? Julliard énonce, textes à l’appui, que ce qui rassemble la gauche, c’est le progrès et la justice. A quoi, s’adjoindra la démocratie en 1848. la démocratie. Or, elle n’a guère favorisé le progrès moral (sauf sous forme « d’instruction civique et morale » dans les écoles primaires), l’instruction populaire étant d’ailleurs limitée à l’obtention du brevet. Elle lui a préféré le progrès scientifique et technique au point d’en faire une quasi religion des temps modernes. L’égalité et la justice ont été oubliées sans désemparer. La démocratie ne fut qu’une démocrassouille-cassoulet, une aristocratie représentative (c’est un oxymore qui dit la réalité de la démocratie bourgeoise et formelle). Le but était de sauver les apparences de la démocratie grâce à une légitimité élective (en fait une simple légalité) tout en se réservant le pouvoir et les privilèges y associés. Une vraie démocratie républicaine commencerait déjà par disposer d’instances de contrôle indépendantes de l’Etat et des puissances d’argent, d’une presse libre (tous médias), d’une éducation socialisée et non étatisée, d’une justice indépendante du pouvoir, d’une représentation de tous les acteurs, de structures et de processus de négociation ex ante avec des corps intermédiaires reconnus. On en est encore très loin malgré la « gauche » ou plutôt à cause d’elle.
L’idée de gauche développée par Julliard est bien trop relâchée. En gros, elle y met la défense de la laïcité, l’individualisme forcené des premiers républicains de même que son parlementarisme effréné et ultérieur et sa propension à se rallier au centre-droit contre les intérêts du peuple. C’est un amalgame dû à une fresque historique fort longue que notre auteur brosse très bien. Car son livre est intéressant, érudit et fort honnête au point même qu’il se donne des verges pour se faire battre. Le socialisme se distingue de la gauche républicaine par son anti-individualisme ; la liberté n’est qu’un thème commun à la droite et à la gauche. C’est pourquoi les premiers socialistes furent en même temps des sociologues (la science sociale chère à Proudhon). C’est pourquoi il convient de séparer un anarchisme libertarien super individualiste d’un anarchisme sociétaire ou d’un socialisme libertaire. Le socialisme ne peut être que lié au primat du collectif tout en respectant les individus et leurs libertés. Le socialisme n’est pas le laisser-faire libéral ou républicain de « gauche » ou socialo-libéral actuel. Il ne répudie pas l’intervention du pouvoir politique dans l’économie à condition qu’il soit un pouvoir socialisé et démocratique. Cependant, il y a, et toujours, 2 courants socialistes : le collectiviste, autoritaire, étatisateur, dirigiste, monopoliste de l’intérêt général, fort peu démocratique y compris dans ses instances internes et le démocratique attaché aux droits privés. On reconnait là la scission de 1920 au congrès de Tours avec la coupure entre la SFIC (section française de l’internationale communiste dirigée en fait par l’URSS et devenue ensuite le PCF) et la « vieille maison » (SFIO, dirigée par Blum, devenue le PS). Mais ces deux courants ne sont pas libertaires ; cependant le socialisme libertaire ne fut en fait porté que par le syndicalisme révolutionnaire et le mouvement ouvrier fort suspicieux à l’égard du politique et soucieux de garder son autonomie d’action directe et d’autoformation du salariat (Pelloutier).
A notre sens il n’y a de gauche que socialiste et libertaire : libertés en tout domaine et pour tout acteur social ou personnel, justice, égalisation des conditions, instruction gratuite de tous jusqu’au maximum de ses capacités, socialisation des moyens de production et de circulation (banque, usines, terre, distribution, assurance, sécurité sociale), démocratie décentralisée, fédérative, participative associant tous les acteurs et corps intermédiaires (syndicats, associations, collectivités), neutralité totale du politique vis-à-vis du religieux et des conceptions du monde (liberté mais pas un sou), internationalisme et humanisme (droits de l’homme mais réels). Cela restreint beaucoup le champ de la « gauche » et du socialisme ; mais c’est idéologiquement bien plus juste que les sinuosités historiques. Le livre de Julliard montre excellemment que la république n’est pas la démocratie et que celle-ci n’est pas la république. La démocratie se contente trop facilement des libertés politiques en oubliant la justice sociale ; la république est normalement égalitaire mais elle méprise trop les libertés et le partage du pouvoir politique et des pouvoirs socio-économiques. La république ne peut être que juste et démocratique. Mais quelle démocratie ? Certainement pas la forme bâtarde et molle, bourgeoise et représentative de la seule élite élue de dirigeants séparés des dirigés que nous connaissons.
La différence essentielle entre république et démocratie réside dans la conception et le rôle de l’intérêt général (IG). La république part du principe de la primauté du grand Tout sociétal sur les individus et veut que ledit Tout soit représenté en tant que tel car l’IG ne peut pas résulter seulement de la congruence des intérêts particuliers. Rousseau l’avait dit : la volonté générale, celle du peuple tout entier, n’est pas la volonté de tous ou majorité électorale. La république doit donc faire coexister et concilier les intérêts privés et collectifs ou globaux et l’être collectif qu’est le peuple avec les personnes. Ce que ne respecte pas le socialisme collectiviste ni le vieux jacobinisme qui s’est montré à l’œuvre lors des étatisations de 1945/46 ou avec le dirigisme et la technocratie gaulliste. La république peut verser facilement dans le totalitarisme car en son nom les représentants abusent du caractère absolu et indivisible de la souveraineté qu’ils confisquent au peuple. La démocratie sincère, elle, partage le pouvoir, répudie la souveraineté absolue et indivisible et fait apparaître l’IG à partir du débat public entre acteurs sociaux et dans les instances parlementaires. Mais il y a 2 démocraties : celle qui fait de l’IG la simple résultante des compromis entre intérêts particuliers (genre US) et celle qui prend en compte, comme la république, les intérêts collectifs et communs de la « communauté majeure » en tant que système devant être représenté en lui-même et pas seulement comme collection d’individus atomisés.
Seule cette seconde démocratie (de moins en moins réalisée) est en même temps républicaine. Et cette forme de démocratie na été définie et prônée que par l’anarchisme sociétaire et fédéraliste. Las, la république anarchiste n’a guère eu de succès ; on ne la trouve que lors du conseillisme de 1920 (en Autriche ou Hongrie) ou lors de la guerre d’Espagne dans les communautés anarchistes, principalement de Catalogne ou ors de la Commune de Paris. Mais le mouvement libertaire est loin d’être mort ; déjà mai 68 a montré sa persistance toujours actuelle. M. Julliard ne donne qu’une assez maigre place au mouvement libertaire et à l’anarcho-syndicalisme. On livre nous présente des personnages tels Gambetta, Blanqui, Poincaré, Blum, Thiers, etc. On y voit un peu Proudhon et Pelloutier dans leur importance. Il est vrai qu’ils n’ont pas exercé le pouvoir « de gauche ». Et, horresco referens, Proudhon, malgré un portrait globalement assez juste, y est qualifié d’individualiste forcené, lui le penseur des représentations et de la conscience collectives, lui un des fondateurs de la sociologie et si préoccupé par la question sociale et la solidarité !
Il y est réduit au mutuellisme sans fédéralisme et sans organisation globale du système mutuel et coopératif ! M. Julliard appartient sans doute à la 2ème gauche fondée par « Rocard d’Estaing » ; c’est un républicain, démocrate, socialiste, justicialiste. Ce n’est pas si mal comparé au Grand Méchant Mou 1er. Cela ne doit pas empêcher de lire la somme de Julliard qui est si riche d’enseignements. Elle montre bien les ruptures, les fractures, les oppositions de fond entre courants et écoles ; elle met en relief les contradictoires tant dans la pensée (par exemple, réforme ou révolution, individu ou société, liberté ou autorité, centralisation ou non, etc.) que dans la pratique. C’est à lire pour être éclairé sur des enjeux toujours actuels et ne rien perdre des sinistres palinodies de la « gauche ». L’Ami-MOLLET devrait le lire.

Le Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) ; on ne nous dit pas tout

Classé dans : politique — 30 septembre, 2012 @ 10:16

J’en ai déjà causé. Je rappelle que Flanby fait d’abord voter le parlement sur l’adoption du traité, ce qui lui vaut une opposition des verts, lesquels s’apprêtent par ailleurs et en toute logique à voter le budget 2013 qui s’en inspire fortement. Ensuite, Guimauve le Concurrent fera voter une loi organique pour l’inscrire en France dans le stuc ((le marbre aurait demandé une réforme de la Constitution par les deux chambres à une majorité des 3/5 cinquièmes). Grâce au renfort de l’UMP, le parlement va voter l’adoption du traité. Essayons de gratter sous les palinodies et la rhétorique socialos encore illustrées hier à la téloche par le 1er sinistre, M. Zayrault. Si l’on reste dans le cadre de la pensée libérale, celle-là même qui exige l’austérité et le retour à l’équilibre des comptes publics, qui veut restaurer la compétitivité en pressurant le salariat, la situation est bien plus catastrophique qu’annoncée par Le Bonheur d’Edam 1er.
Le déficit prévu pour 2012 (avec une 1ère ponction fiscale de 14 milliards organisée par le Grand méchant Mou sitôt son intronisation) est de 4,5 % du PIB (90 milliards) ; descendre à 3 % en 2013 (moins 1,5 points) exige bien 30 milliards d’économies ou de recettes supplémentaires. Mais voilà déjà 2 trimestres que la croissance est égale à zéro alors que le budget 2013 est fondé sur 0,8 %, chiffre que les experts trouvent bien trop élevé (gare au grain). Le TSCG demande de réduire le déficit structurel des budgets publics (Etat, SS, Collectivités, organes publics) à 0,5. On considère le plus souvent que le déficit structurel francaoui est de 4,5 %. Donc, descendre à 0,5 à partir de 3, soit 2,5 points de moins, réclamera dès 2014 de continuer l’effort pour 50 milliards.
Mais ce n’est pas tout. Le TSCG exige, ce sur quoi L’Ami-Mollet (e) n’insiste pas, que la dette soit ramenée ensuite (quand on aura atteint les 0,5) à 60 % du PIB par vingtième annuellement. Or la France en sera (car les déficits s’additionnent entretemps ; on en est déjà à 1700 milliards plus les 90 de 2012 plus les 60 de 2013 et ainsi de suite), disons à 2 000 milliards, soit 100 % du PIB. Il faudra donc effacer 100 moins 60 égale 40 par vingtième, soit 2 % par an, soit 40 milliards, soit 800 sur 20 ans ! Il va y avoir de l’austérité sur la planche à pain pendant 20 ans après le retour à 0,5. En gros, il ne faudra pas revenir à des 3 % de déficit, soit 60 milliards à économiser ou trouver plus les 40 d’effacement de la dette, soit 100 milliards par an pendant 20 ans. Rappelons que les pays qui ne tiendront pas leurs engagements seront mis sous tutelle de la grosse Commission de Bruxelles et que les autres pays pourront porter le pet devant la Cour de Justice de la Communauté Européenne (CJCE), organe hyper libéral, qui pourra sanctionner les manquements par une énorme amende. C’est du reste la raison pour laquelle le gouvernement de l’Ibère-nation, déjà en hibernation économique, ne veut pas demander l’aide proposée pour ses banques.
Comment Chamallow 1er compte-t-il laisser le pays en 2017 ? Mystère et boule de gomme car il annonce urbi et orbi qu’il n’y aura que 2 ans d’austérité, ce que les chiffres ci-dessus montrent être déjà une blague. Peut-on enfin faire payer à nouveau des impôts aux riches et aux grosses boîtes ? On sait que les exonérations ou diminutions des dernières années, plus l’évasion fiscale annuelle des multinationales (40 milliards) ou des rupins (20 milliards), ont amputé le budget de l’Etat d’environ 100 milliards par an. Peut-on leur faire rendre gorge ? Non, car il faudrait des accords internationaux pour lutter contre le dumping en tout genre et les paradis fiscaux. Déjà, l’UE s’en montre incapable et le fédéralisme que demande la teutonne Angela n’est que celui de l’union bancaire et de la mise sous bonne garde de l’économie et de la monnaie. Barro-Sot réclame, lui, une fédération des Etats-Nations sans se rendre compte que la chose s’appelle en fait une confédération (simple union d’Etats indépendants pour certains objectifs communs). Ce qui m’a toujours frappé le plus chez nos gouvernants, c’est leur ignorance encyclopédique.
Mais le problème le plus grave de la pauvre France réside dans le déficit de la balance commerciale (70 milliards en 2011). Car le pays est passé en gros de 25 % de son PIB dans l’industrie il y a 20 ans à 12/13 %. Cela signifie un flux de capitaux en sens inverse soit pour le privé (dette privée) soit pour l’Etat (dette publique). Rien ne dit non plus que les taux d’intérêt de la dette publique (actuellement dans les 1,75 %, ce qui en fait un taux nul voire négatif compte tenu de l’inflation) resteront longtemps aussi bas ; ce qui signifiera une augmentation de la charge de la dette qui est aujourd’hui de 48 milliards par an et sachant que la France doit emprunter 180 milliards pour rembourser les dettes antérieures venues à échéance et emprunter en outre pour couvrir les nouveaux déficits. Ce qui veut dire que le pays devrait dégager un excédent structurel de 48 milliards rien que pour servir les intérêts de la dette. Le déficit commercial vient de la désindustrialisation : achats low cost à l’étranger par les distributeurs et les multinationales, délocalisations, investissements à l’étranger le moins-disant possible en toutes matières ; cette logique provient à la fois de la libre circulation des capitaux et des marchandises. Les capitaux vont là où c’est le plus rentable et leur libre usage fait qu’on peut racheter une boîte pour lui piquer ses brevets, ses procédés, ses clients (cela a été le cas pour les prédations de Mittal sur Arcilor/Sacilor, pour l’absorption de Péchiney par les Canadiens, de Molex par les Yankees, de l’Entreprise Européenne de Produits de beauté par Revlon (US), etc. ; c’est le cas des achats par LBO). De plus, les privatisations ont permis à l’étranger de détenir en moyenne 45 % du capital des grosses boîtes françaises du CAC 40 ; ainsi GDF/SUEZ, où l’Etat est minoritaire et sans golden share, exige la liberté de ses tarifs afin d’engraisser ses actionnaires. Quand GDF était public, c’est l’Etat qui fixait leur évolution. Total, privatisée, peut abandonner ses raffineries pour arrondir ses profits déjà à 12 milliards par an ! Mais M. Montebourg-Pif ne peut plus rien contre Mittal.
Il n’y a pas 36 solutions devant les conséquences de 30 ans de politique idiote (dette, désindustrialisation, déficits permanents). Soit la ré-industrialisation à marche forcée tout en restant dans le cadre libéral : banque socialisée de financement des PME/PMI et de l’économie sociale (coopératives de production et de consommation, mutuelles d’assurance ou de banque, entreprises d’insertion, ONG à vocation sociale, etc.) ; déduction à l’exportation des cotisations sociales (employés et patrons), droits compensatoires sur les importations en provenance des pays moins-disant (en fiscalité, environnement, droit du travail, droit social, etc.) ou truqueurs (comme la Teutonie qui met « made in Germany » sur des assemblages de produits fabriqués dans les ex-pays de l’est) ; création d’une monnaie interne au pays, l’euro n’étant plus utilisé que pour couvrir le solde des échanges ; droit de la banque nationale socialisée de prêter à l’Etat ; lourde taxation des bénéfices non réinvestis, golden share étatique dans toutes les grosses boîtes (elle donne un droit de veto) ; reprise obligatoire par des SCOP (RES, reprise d’entreprises par les salariés ; projet annoncé par les socialos mais en voie d’abandon) financées par la banque socialisée de toutes les usines abandonnées par le capital (cas de Lipton ou d’Arcelor-Mittal) ; contrôle des circulations de capitaux ; interdiction des LBO et de tous les dérivés financiers, non-déductibilté des intérêts d’emprunts pour ce qui n’est pas un investissement (par exemple ceux pour acheter ses propres titres ou absorber un concurrent) ; TVA à 30 % sur les produits de luxe ; mise en concurrence par des organismes socialisés de toutes les professions protégées ou prédatrices (supermarchés, promoteurs, bétonneurs, pharmacies, notaires, vendeurs de biens, taxis, syndics d’immeubles ou de faillites, compagnies des eaux, producteurs de cinoche ou de moyens audiovisuels de culture, etc.) ; resocialisation des Etablissements publics à caractère industriel et commercial (ou des activités de réseau donnant un « monopole naturel » comme les boîtes d’eau ou de téléphonie) comme GDF, and so on. Ces mesures sont réformistes et ne sont que des exemples des possibilités d’un vrai gouvernement social-démocrate. Evidemment, la grosse commission, les organes internationaux vont tomber à bras raccourcix sur le pays. Rien à cirer : on peut menacer de fiche le camp de l’UE et on peut prendre la tête d’une fédération des pays du Sud laminés par la suprématie tudesque. On peut tout bloquer tant que l’Ue ne reviendra pas à une saine politique non-libérale (monnaie et dépendance de la BCE, protection économique de la zone, fiscalité harmonisée, droit social, protection de l’environnement, etc.).
La 2ème solution, déjà examinée dans un texte précédent, est l’autarcie pour changer de système socio-économique en instaurant le régime fédéraliste des mutuelles et coopératives autogérées dans tous les secteurs. En commençant par le refus d’honorer les dettes « illégitimes », notamment les 500 milliards d’accroissement sous le régime Tsarkozy et les 400 autres sous Chiracos. On n’y perdrait pas grand-chose en termes réels et de valeurs d’usage. On n’y perdrait qu’en termes de fausse valorisation monétaire. Et les grands perdants seront tous les profiteurs du système libéralo-capitaliste : banquiers, assureurs, politicards, journaleux inféodés au capital ou au pouvoir, multinationales et leur PDG, hauts fonctionnaires compradores et libéraux, agriculteurs productivistes, pétroliers, bétonneurs, marchands d’armes, spoliateurs des tribunaux de commerce, agences immobilières, etc. cela passe naturellement par la mise en place d’une authentique démocratie dans le cadre d’un fédéralisme tout à la fois économique, politique, juridique, social. A la place de la fausse démocratie représentative bourgeoise et socialo et du fédéralisme purement politique chers aux Etats fédéraux actuels de type « hamiltonien » (USA, Suisse, Canada, Tudesquie). L’autarcie n’interdit pas les relations extérieures ; à cet effet le pays fera tout pour organiser une zone fédérée des pays riverains de la Méditerranée et des pays du Sud sur la base de rapports de troc et d’aides mutuelles ; la Prussie ira voir chez ses copains de son ex-hinterland ou « lebens raum » de l’Est ; la G-B restera dans le giron US

l’importance cruciale de la production pour financer le reste

Classé dans : politique — 30 septembre, 2012 @ 10:15

Bernard Friot, spécialiste de la protection sociale, a sorti un article dans le Sarkophage pour nous expliquer que celle-ci, comme les dépenses publiques, étaient largement à l’origine du PIB. Je conteste formellement cette assertion qui n’a un semblant de vérité que parce que le PIB, norme internationale de comptabilité publique, est un instrument de mesure à la fois tronqué, trompeur et construit aux fins du capitalisme exploiteur et de l’Etat prédateur. Déjà, le PIB, à la différence du PNB, ne tient pas compte du solde des échanges extérieurs ; ce n’est pas par hasard que le PNB qui enregistre les résultats du commerce extérieur a été remplacé par le PIB concentré sur l’économie du territoire ; cela permet d’ignorer que la perte d’emplois en France et ailleurs est partiellement liée au déficit de la balance commerciale du pays (70 milliards en 2011, ce qui est atténué par le solde des échanges de services et celui des paiements ; mais la balance commerciale des échanges de produits en dit bien plus long sur le niveau de l’emploi industriel). Cela permet de glisser sur une des causes principales de la crise, à savoir le déséquilibre structurel des échanges, par exemple entre la Teutonie et la zone euro. On sait aussi que le calcul du PIB, purement monétaire et quantitatif, enregistre comme production valorisée celle qui compense les dégâts en tout genre : par exemple, une recrudescence d’accidents de la route augmenterait le PIB en englobant les frais de réparation et les ventes de voitures de remplacement. Il ne tient pas compte des nuisances et pollutions autrement que pour les activités correctrices avec ce résultat que le capitalisme destructeur est en outre payé pour réparer les conséquences de ces destructions ; il ne tient aucunement compte des aspects qualitatifs des choses ; il ignore l’économie du don, du troc car ce n’est pas un échange monétaire ; il ne tient pas compte du travail domestique ou bénévole, du travail au noir, des activités des mafias, etc. Il ne fait considérer comme richesse que ce qui est calculable en espèces sonnantes et trébuchantes ; par exemple la beauté d’un site ne vaut rien sauf pour ce qui est exploité par le tourisme. On aurait donc bien tort de prendre comme instrument de mesure des contributions à la richesse nationale un moyen pervers et trompeur.
Car je maintiens que c’est la base productive d’un pays, industrielle et agricole, qui est à la source de toute valeur quantifiable et de tout revenu et emploi. La valeur de la production, que l’on pourrait calculer en équivalent temps de travail (somme totale des heures de travail avec péréquation par la nature des travaux ; cette somme varie évidemment avec les technologies employées, source de productivité entraînant moins d’usage de travail pour une même production, et les niveaux de formation utilisés) donne ce que j’appellerai le niveau primaire de l’économie. Ou un produit industriel brut (PIndB) à ne pas confondre avec le Produit Intérieur Brut (PIntB ou PIB dans la novlangue technocratique) qui enregistre aussi la consommation, ce qui amène à penser que la croissance repose sur ladite consommation alors qu’elle consiste aujourd’hui à bouziller la balance commerciale par des importations. Il va de soi que les fournitures intermédiaires sont prises en compte dans le PIndB (amortissements, produits, matières, intrants, services indispensables au bon fonctionnement des industries, qui étaient autrefois internes)) afin d’éviter les doublons dans les calculs ; c’est pourquoi on raisonne en valeur ajoutée par chaque producteur et on additionne l’ensemble des VA. Cette valeur primaire ainsi dégagée est ventilée, répartie, distribuée en différents usages secondaires qui n’existent que parce qu’il y a eu d’abord l’activité primaire et son revenu exprimable comme valeur ajoutée elle-même primaire. Par exemple, quand un travailleur de l’industrie va chez le coiffeur ou au cinéma c’est qu’il consacre une partie de son revenu à ces services ou activités. Un travailleur des services ou de l’Etat aussi, me direz-vous. Certes, mais leurs services sont eux-mêmes payés par la valeur ajoutée primaire. Qui est en même temps le revenu national primaire si l’on ne tient pas compte, pour la clarté de l’exposé, des échanges extérieurs en se contentant de travailler sur la seule production intérieure. Par pure hypothèse pédagogique, faisons comme si la VA primaire était répartie avant tout prélèvement par quel qu’acteur que ce soit. Considérons que ce partage est à peu près celui d’aujourd’hui (calculé bien autrement), soit 65 % qui vont aux travailleurs et 35 aux capitalistes (partage actuel de la valeur ajoutée, lequel a vu une perte de 6 points en moyenne ces dernières années en faveur du capital ; 10 si l’on prend comme référence l’apogée en faveur du travail des années 79/80). Ces revenus sont bruts, c’est-à-dire hors taxes, cotisations, prélèvements, impôts. C’est en quelque sorte un résultat brut d’exploitation, duquel on aurait enlevé pour la part du capital, les salaires bruts. Enlevons donc maintenant les « prélèvements obligatoires » (PO) tant du revenu du capitaliste que de celui du travail. Pour simplifier, prenons les 44 % actuels de PO arrondis à 50 et appliqués aux deux acteurs à égale part (ce qui est très faux dans la réalité libéralo-capitaliste). Le capital gardera donc 17,5 % net et le travail 32,5 du revenu national.
Le terme PO est fait pour tromper. Car il s’agit en fait de contributions au financement de fonctions utiles pour la société, prélèvements que l’on devrait considérer comme volontaires chez les citoyens et les patrons conscients de vivre (et de faire vivre) un pays dans la solidarité et l’efficacité. PO fait surtout penser à prélèvement et obligation imposée par la force de l’Etat. Cela fait oublier l’utilité sociale des contributions et stigmatiser la puissance publique. C’est donc un langage parfaitement adéquat à l’idéologie libérale de l’inutilité du secteur social et public et au refus des contraintes étatiques. Il vaut mieux parler de prélèvements oblatifs utiles : les POU(x). Hélas l’évolution idéologique est bien lente pour revaloriser les POUX. Et on constate qu’employer la langue libérale conduit à persister dans les errements. Par exemple, les cotisations retraites n’amènent pas à verser un salaire différé (doxa FO) ou indirect mais sont bel et bien un prélèvement sur le revenu primaire ou PIndB, prélèvement évidemment nécessaire et utile. Les prélèvements sont comme Janus : utiles et désagréables, et les deux faces de la chose sont indissociables.
Les fonctions publiques ou sociales reçoivent donc 50 % du PIndB primaire. C’est avec cela que l’Etat, les collectivités locales, les organismes de sécurité et de protection sociale payent leurs dépenses et prestations, donc rémunèrent les fonctionnaires et personnels associés. Il est clair que si une part de la production nationale est exportée, le volume total du PIndB croît en proportion, de même que les POUX. En sens inverse si le pays importe plus qu’il ne produit, si sa production industrielle est insuffisante, alors ledit PIndB diminue. En outre, le pays peut vendre des services à l’extérieur, en général des machins informatiques, du conseil en organisation et en gestion avec les logiciels associés, des prestations financières et bancaires. Alors les prélèvements étatiques peuvent rester plus hauts car la TVA et les droits de douane ou les impôts sur les bénéfices extérieurs s’appliquent aux importations. On voit donc là que les gouvernements libéralo-capitalistes ne sont pas incités à préserver l’industrie car ils touchent quand même. Mais ces abrutis se sont lancés dans le libre-échange sans frein, sans protéger l’industrie ou toute production du territoire. Dès lors, apparaît un seuil ou un point de rupture dans lequel la production intérieure est loin de compenser les importations. Alors les politicards et le MEDEF, plus les économistes et journaleux libéraux, hurlent qu’il faut rétablir la compétitivité pour exporter ; comment ? En baissant le coût du travail : baisse des salaires, de la protection sociale, dont les retraites, augmentation du temps passé au turbin, etc. Il s’agit donc de diminuer la part du travail dans la VA notamment en sabrant dans les services publics et les dépenses sociales. Cette belle stratégie, qui n’est qu’un autre nom pour la lutte des classes autour des salaires, du temps de travail, du partage et de la redistribution du revenu, est largement dissimulée par le mode de calcul actuel du PIntB ou PIB. Comme on l’a vu, il ne reste que 17,5 % aux producteurs pour payer diverses choses : les investissements en plus des amortissements par une épargne mise en réserve (autofinancement), les intérêts des emprunts et les dividendes des actionnaires. On conçoit donc aisément que le patronat veuille augmenter le plus possible ces 17,5 % soit par réduction de ses 50 % de ses POUX soit par la baisse des salaires.
Reste le travail et ses 32,5 %. Eh bien figurez-vous qu’il dépense. L’homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau dépensant. Il achète des produits alimentaires et est alors rançonné par les grands distributeurs qui empochent une double marge : en taxant les acheteurs et en pressurant les producteurs. Il achète des services de proximité, lesquels ont l’avantage de n’être pas mis en concurrence avec l’extérieur : coiffeur, garagiste, femmes de ménage (qui dans les entreprises reçoivent le doux nom de « techniciennes de surface »), aides à la personne (dont enfants et vieillards), etc. il achète des biens durables (de plus en plus importés comme les produits « blancs », l’audiovisuel, les bagnoles, des moyens de communication, etc.) et des textiles low cost pour l’essentiel. Il investit, quand il le peut, pour ses vieux jours et ses enfants (appartement, assurance-vie, titres, etc.) ; il paye des intérêts aux banquiers, qui, évidemment l’exploitent à fond, quand il emprunte et des charges pour ses opérations bancaires. Il paye très souvent un loyer aux rapaces de l’immobilier. Il achète des moyens de culture (livres, journaux, DVD, cinoche, etc.). Il consomme de l’énergie dont le prix brut (hors POUX puisqu’ici je parle de leur part dans le PIndB)) devient astronomique. Il s’assure et paye du « reste à charge » pour se soigner. ETC. Il appert bien, présenté ainsi, que les 32,5 % de revenu net (après POUX) permettent de payer des achats et aussi des rentes et des prédations à d’autres acteurs économiques que le PIB assimile largement à des producteurs primaires de biens ou de services. L’argent reçu par les banquiers, les assureurs, les distributeurs, les prestataires de services, etc. n’est donc jamais qu’une acquisition de la plus grosse part nette du revenu du salariat. On conçoit alors que le salariat lutte pour ne pas être spolié par ses fournisseurs après avoir été exploité par ses patrons, lutte que les politicards ne mènent pas sauf s’ils sont menacés de non-réélection. Car lesdits fournisseurs dominent l’information, les médias susceptibles de briser leur réputation et car ils les aident financièrement pour leurs campagnes et leurs corruptions diverses et variées. N’oublions pas cependant que le salariat reçoit aussi en retour environ 45 % des POUX sous forme de prestations, allocations, retraites. Ce qui met en évidence les luttes structurelles entre les vieux et les jeunes pour leur part du PIndB et entre « les assistés » et les payeurs. Je propose évidemment de supprimer tout retour de POUX vers le capital pat exemple sous forme de subventions ou de détaxations qui diminuent leur montant.
L’actuel PIB est un calcul de résultat ; il mélange tout : production et consommation, public et privé (marchand et non marchand), types d’activités (primaire, secondaire, tertiaire). C’est un abandon de la réalité des choses car il faut raisonner en termes de flux de valeurs entre acteurs sociaux dans les rapports sociaux conflictuels, car il faut penser en termes de circuit de circulation des valeurs. C’est ce qu’avait le physiocrate Quesnay : un tableau de circulation de la valeur entre protagonistes et classes sociales. Saut que Quesnay attribuait l’origine de la valeur primaire à dame nature, seule la terre étant productive. Maintenant, c’est l’industrie et l’agrico-alimentaire. La disparition du circuit économique n’est pas innocente ; elle signifie celle de la lutte des classes autour du partage du PIndB et des POUX.
Cette analyse peu conventionnelle eu égard aux standards de la « science normale » (celle qui domine dans les milieux scientifiques, ici économiques), montre qu’il y a des marges de manœuvre, y compris pour les libéro-socialos, et en restant dans leur doxa pour lutter contre la désindustrialisation du pays. Car c’est le problème majeur du financement de toutes les fonctions sociales. Pour redéployer l’industrie, déjà, on peut échapper à la loi des banquiers en créant contre eux et en concurrence avec eux une Banque du Peuple socialisée fondée sur une monnaie de crédit elle-même reposant sur les stocks, les encours, les échanges. Cette banque reçoit des dépôts rémunérés et facture ses aides au prix coutant. Elle fait partie de ce que j’ai appelé un anarcho-structuralisme qui consiste à créer partout des contre-structures fonctionnant en dehors des normes capitalistes. Cette banque peut prêter à l’Etat et lui faire des avances de trésorerie. Sa monnaie est interne mais convertible car elle amasse des avoirs susceptibles de couvrir les soldes, et uniquement les soldes, des échanges extérieurs. Elle finance l’économie sociale (coopératives de production et de consommation, entreprises d’insertion, associations économiques) et des PME pour créer des concurrents bénévolents et non-rentabilistes à l’économie privée. Les cotisations sociales des entreprises et des travailleurs des secteurs exportateurs sont déductibles à l’exportation et les importations sont taxées de leur montant (en déduisant ce qui existe en la matière chez les pays exportateurs). En outre des droits compensateurs des différentiels de législation (sociale, environnementale, fiscale, monétaire sur les taux de change) sont installés pour lutter contre la concurrence déloyale y compris au sein de l’UE. Les circulations de capitaux sont taxées et contrôlées (contrôle des changes restauré). Cela n’est qu’une liste limitative de ce qui peut être fait pour sauver l’indsutrie tout en restant dans le libéralisme. Ou, ce qui est mon choix, il faut en sortir radicalement.

Le politique et le religieux

Classé dans : politique — 22 septembre, 2012 @ 11:09

Les événements (le film islamophobe, les émeutes plus ou moins salafistes, le numéro de Charlie hebdo) amènent à réfléchir aux liens que le politique entretient avec le sacré et le religieux, relations qu’à l’évidence les politicards ignorent. Comme l’avait génialement vu Spinoza dans son traité théologico-politique ou Proudhon dans Misère de la philosophie, le politique est intrinsèquement fondé sur une base théologique, sur une transcendance. Car le politique est ce qui unit les membres d’une communauté de destin par delà les différences et les divergences entre ses membres. Par définition, ce qui se trouve au-dessus des individus et des groupements transcende, dépasse, surpasse les collectivités et leurs actions particulières. Mais pour que la communauté politique soit solide et pérenne, il faut un liant que tout le monde (individu ou groupe) peut admettre tout en conservant ses conceptions singulières dans sa vie pratique. Ce lien a été d’abord religieux et par voie de conséquence culturel, sachant qu’alors la religion donnait l’essentiel du contenu culturel des rapports sociaux. Tous les prétendants à la domination politique (monarques) ou idéologique (curetons) sur le peuple ont pu se camoufler derrière les oripeaux religieux pour justifier leur pouvoir. Evidemment ces exigences étaient pro domo car détenir du pouvoir sur les esprits ou les corps procure bien des avantages. L’Iran actuel en est un bel exemple en tant que théocratie.
L’ordre social hiérarchique et inégalitaire a été justifié par la volonté des dieux ou de Dieu en tant qu’ordre divin que les faibles créatures humaines ne sauraient contester à partir de leur petitesse et de leur ignorance. Heureusement que les prêtres, les savants de l’époque, eux, pouvaient connaître le dessein divin (théorie encore à la mode chez les Américains qui nient l’évolution chère à Darwin et la science moderne). Mais deux précautions valent mieux qu’une : les despotes avaient aussi les guerriers pour faire régner l’ordre expliqué par les curetons de tout poil ; de cette façon, pris entre les croyances propagées par les prêtres, la violence des soldats, la domination du monarque, les prolos n’avaient qu’à se concentrer sur les taches matérielles d’entretien des puissants et des riches et à se soumettre aux prélèvements fiscaux qui finançaient le luxe des palais et des temples de même que la soldatesque chargée de les faire obéir et payer ou fournir en nature les biens désirés par les puissants. On reconnait là l’idéologie des trois fonctions (le cœur, la tête et le ventre) opportunément ancrées chez les catégories d’hommes par prédestination : c’est par nature innée, si j’ose dire, que certains avaient reçu le courage et devenaient guerriers, que d’autres avaient un bon cerveau et étaient prêtres et idéologues, que les derniers dans l’échelle socio-divine étaient des producteurs, des paysans, des artisans. C’est allé jusqu’à l’abominable thèse des castes hindoues, avec les brahmanes en haut de la hiérarchie sociale. Comme tout cela relevait de la « providence divine », du droit divin, en Europe, les rois étaient sacrés par les papes et dans l’islam turc les califes étaient en même temps les gardiens de la foi. Alors, les liens entre le politique et le religieux, le roi et le peuple étaient directs et soumis à la transcendance de Dieu.
Il est clair que certaines cultures n’ont pas abandonné cette fusion entre le politique et le religieux ; d’où la réclamation que le code religieux de conduite (la charia ou la halakha, par exemple) soit aussi le contenu de la loi civile. Cela marche partout ; totalement dans les pays sans séparation entre le politique et la religion ; partiellement en Occident où les religions minoritaires réclament que la loi générale fasse des exceptions pour respecter leurs coutumes. L’enjeu est fondamental car si on laisse faire les fondamentalistes de la réinstallation du primat du religieux sur le sociopolitique on scindera le pays en une multiplicité de chapelles comme la secte des violeurs de femmes de chambre à l’instar de DSK. Le multiculturalisme sans universel commun mène assez rapidement au communautarisme de séparation des communautés qui coexistent sur le territoire sans avoir de relations autres qu’économiques ; le communautarisme alimente et durcit les accusations réciproques de racisme, par exemple des Noirs contre « les souchiens » et des Français de « souche » contre les indigènes et les religions y associées. Ces oppositions sont évidemment exploitées, voire suscitées, par les politicards dans un but de formation d’une majorité électorale. Ainsi, la gauche « bobo » abandonne la lutte contre les inégalités sociales au profit de l’antiracisme, du droit à la différence, de l’exclusion culturelle ou ethnique, etc. En revanche, UMP et FN surenchérissent dans l’exclusion sociopolitique des « métèques » et encouragent la réaction des « petits blancs ». C’est pourquoi il faut maintenir contre vents et marées l’universel républicain qui laisse libre les cultures et les individus : laïcité (neutralité de l’Etat), égalité de traitement et de dignité, justice sociale, démocratie authentique. Cela permettra de rallier les déçus de la république capitaliste qui, par ses processus d’exclusion sociale et de paupérisation, les encourage à se réfugier dans l’identitaire plus ou moins coloré de religion. Quand on est un exclu, un pauvre, un laissé pour compte, souvent il ne reste que la religion pour regagner une identité et un espoir. Cela est parfaitement exploité par les fondamentalistes qui appuient le message religieux sur le charité compensant les abandons de la puissance publique.
Mais revenons à un peu d’histoire. Las, des disputes sont apparues en Occident ; le pape réclamait le pouvoir spirituel comme supérieur au pouvoir temporel du roi, lequel du reste était sacré par la religion et son chef. Un pape (Gélase 1er) alla même exiger la prééminence dans les deux pouvoirs ; il se parait de la « plenitudo potestatis », la totalité du pouvoir alors que le roi restait sur sa « potestas » (puissance) et ne reconnaissait aux curetons que « l’auctoritas ». On eut donc des guerres entre le pape et l’empereur au nom du partage du pouvoir. Puis la situation se compliqua quand apparurent les religions réformées de Luther et Calvin. Ces religions estimaient qu’une fois le pape ôté on pourrait papoter de religion chez soi sans curés pour être soumis à une seule interprétation. Evidemment, la contre-réforme ne supporta pas que le message divin ne soit pas le monopole catholique. D’où des guerres dont résulta le principe : un roi, une religion, la foi du roi est celle du peuple. Pour le plus grand bien des princes teutons pour lesquels Luther demanda au peuple de se soumettre après avoir fait zigouiller Thomas Münzer qui soutenait une révolte paysanne (et Calvin fit exécuter Jean Servet ; et la catho en France obtint l’exécution sordide du chevalier de la Barre pour blasphème). Le bon germain devait respecter le pouvoir temporel et se contenter de se former lui-même (la « bildung »). La conséquence de la pluralité des religions en Europe et de l’interprétation individuelle fut que les esprits se mirent à turbiner jusqu’à inventer la liberté de conscience et le pouvoir du peuple sur lui-même. Les Lumières naquirent et on avança vers un monde sociopolitique profane, sans transcendance divine ou sacrée. Une autre avancée fut décisive quoique réalisée bien après : la séparation du religieux et du politique transformée en séparation de l’Eglise et de l’Etat ; ce qui est à retenir c’est que le pouvoir politique doit être neutre, comme la législation, vis-à-vis des croyances, fois, convictions, calotineries en tout genre. L’enjeu est crucial pour le développement de l’indépendance d’esprit car les curetons ont une façon astucieuse d’asseoir leur sujétion : ils prescrivent, ordonnent, interdisent au nom des dogmes et des codes religieux (qu’ils ont eux-mêmes pondus à partir d’une soi-disant révélation divine) tout en mettant en place les occasions de pêcher. Par exemple, le célibat des curés les amène à fauter (notamment pédophilie apostolique, catholique et romaine ; l’exigence de virginité au mariage suscite des pratiques défendues, la polygamie dans certaines religions conduit les laissés pour compte à se retrouver entre eux, d’où des tentations, etc. Alors, le cureton peut intervenir pour réprouver ces désordres, ce qui culpabilise le fautif et le maintient dans la crainte de Dieu et surtout des foudres des religieux ; dès lors le pouvoir de ces derniers peut se perpétuer. Bien creusé vieille taupe cléricale. Il importe donc aux pouvoirs publics d’interdire aux religions de monopoliser l’espace public et d’offrir une formation qui libère les esprits de leur tutelle.
Mais comment assurer l’unité de la multitude sans croyance en Dieu et en ordre naturel divin ? Le premier mouvement fut de faire croire qu’il y avait un ordre naturel éternel (idée aujourd’hui absurde mais que les économistes maintiennent) et a-topique d’où résultait le « contrat social » lié à la nature sensée des hommes soucieux de contenir leurs passions, elles aussi naturelles. Il fallait donc trouver une autre transcendance, un autre universel que sacré. Chez Locke, la nature commande de respecter l’individu et sa propriété. Chez Hobbes, elle demande que les sujets obéissent à un pouvoir absolu, seul capable d’apporter la paix en tant qu’extérieur aux parties en lutte pour la vie. Ce fut, aussi, le chef d’œuvre de Rousseau d’inventer un autre universel transcendant les individus, à savoir la volonté générale possédée par le peuple souverain sans intermédiaires. Car, ne l’oublions pas, le dégagement d’une majorité représentative par l’élection de délégués, ne donne pas la volonté générale mais seulement « la volonté de tous ». L’astuce politicarde de la révolution française consista à faire croire que le distinguo n’avait pas lieu d’être et donc de substituer la loi de la majorité à la souveraineté du peuple. Tout en conservant son caractère absolu et indivisible. On eut donc la transcendance laïque de la souveraineté. Ce n’était pas mieux que la monarchie car, comme le fit observer Proudhon, un roi peut avoir un cœur et une assemblée, non, et car l’absolutisme était conservé quoique devenu profane. Du coup, le pouvoir politique continuait d’être extérieur et supérieur à la société civile et devenait une transcendance justifiant les pleins pouvoirs des politicards élus. Dieu avait été éliminé du politique tout en conservant sa transcendance au-dessus du peuple. On continuait sans le théologico-politique sauf que ce qui était sacré c’était le peuple dans le temps même où sa souveraineté lui était ôtée. Conception du pouvoir en surplomb dont l’inanité a été démontrée par les sciences sociales sans que les politicards ne s’en aperçoivent.
En réalité, les différents domaines sociétaux sont de même niveau, jouent en même temps, sont solidaires et interpénétrés, forment système. Ces domaines sont le social, le culturel, l’économique, le politique, le juridique et le politique n’a pas de préséance ; il n’est qu’une des variables d’action, il n’est qu’un élément du tout sociétal. Tout ce que l’on peut concéder, comme Proudhon, c’est que le politique a une fonction particulière de coordination, d’animation, de pacification et de cohésion de la société. Il en résulte que les pouvoirs sont répartis et que leurs détenteurs doivent être tous représentés politiquement dans un système fédératif tout à la fois politique, économique, social et juridique. Il s’ensuit que le corps social n’est pas régi par l’unité mais par la pluralité des acteurs, que l’union ne peut être imposée par un pouvoir monopoliste du politique, fût-il élu, que l’intérêt général n’est pas défini a priori ni de l’extérieur par les politicards mais résulte de la négociation entre acteurs et de la participation et de l’expression de tous pour la prise en charge de la res publica, la chose publique. Il n’y a plus de transcendance chez Proudhon mais l’immanence, ici et maintenant, des rapports sociaux, fussent-ils conflictuels. La seule transcendance est l’existence de la société dont l’essence est la relation entre parties et la négociation.
Las, la thèse proudhonienne est toujours présentée comme une ineptie par les puissants d’aujourd’hui. Ces derniers ne cherchent qu’à maintenir leur pouvoir et leurs privilèges. Mais comme il n’y a plus de sacré ni d’intérêt général a priori, les politicards soignent les segments de population pouvant leur assurer une majorité arithmétique. Les bobos socialos s’appuient sur la diversité, le multiculturalisme, l’exclusion ethnique ; ils font des entorses au pacte républicain de neutralité de l’Etat et à l’universalité de la loi en autorisant peu à peu ce qu’ils interdisent : les repas casher ou hallal ou végétalien rendent les cuistots scolaires schizophréniques, les proviseurs autorisent les absences le samedi ou le vendredi et le port du voile, les responsables de piscines doivent gérer des horaires différents à l’instar de ceux des hammams, les profs ne peuvent plus parler de l’histoire coloniale et des religions, les prières dans la rue sont tolérées, les lieux de culte sont financés par les collectivités locales, les exciseurs ne sont guère condamnés, ni poursuivis, les crimes d’honneur finissent en eau de boudin, les tabassages de sœurs par les frères ou les mariages forcés ne sont guère sanctionnés, l’égalité homme/femme est foulée au pied, etc. Comme il a déjà été écrit, il faut en revenir aux universels républicains et restaurer la justice sociale. Il y a du taf ; n’est-ce pas l’ami Mollet(e) ( prononcez le T comme dans le Midi) ?

Comment on est rançonné par les gouvernements

Classé dans : Non classé — 17 septembre, 2012 @ 10:39

Proudhon avait très bien décrit comment l’Etat asservit et exploite les citoyens. Cela n’a pas changé. L’Ami-mollet(e), au pouvoir depuis 4 mois, propose de ne pas revoir le barème de l’IRPP en fonction de l’inflation sauf pour les 2 premières tranches (0 à 6 000,0 %, et 6 000 à 12 000 euros, 5,5%, par an pour une part de revenu imposable, donc moins les 10 % d’abattement à la base pour les salariés et retraités à partir du revenu net déclaré). C’est fantastique car le revenu mensuel net d’un smicard est de 1187 euros, soit 14244 euros par an, soit 12820 de revenu imposable. On voit donc qu’un smicard paye des impôts sur le revenu (375 euros) alors même que le SMIC est un salaire de survie ! La moindre justice ou morale voudrait qu’en dessous du smic on ne paye pas d’impôt sur le revenu. On sait aussi que le smicard dépense tout pour survivre et qu’il paye la TVA, la TIPP (60 % sur l’essence), les taxes sur l’électricité (près de 40 % à Paris et en Ile de France), la taxe d’habitation, la redevance télé, les taxes sur l’eau, la CSG/RDS, etc. On sait que les loyers dans le privé ont connu une croissance exponentielle comme les « dépenses contraintes » telles les assurances. Passé partout, on arrive à 44 % de prélèvements obligatoires par rapport au PIB en 2011 en France.
Or, le pays dépense 56 % du PIB et touche 50 % en recettes, soit 6 points de plus que les prélèvements. D’où vient ce miracle ? C’est que l’Etat dispose de recettes de poche comme par exemple les dividendes qu’il perçoit après avoir privatisé les entreprises publiques. Je me souviens d’une très belle opération comptable du voleur Balladur qui avait donné à EDF la propriété du réseau de transport contre des dividendes alors que ledit réseau RAG (réseau d’alimentation générale) appartenait déjà au service public vu que c’était lui qui l’avait construit et payé, du reste comme la plupart des centrales. Dans les recettes on compte aussi les ventes de biens immobiliers de l’Etat ou de participations comme quand Fillon a fini de vendre (c’est Jospin qui avait initialisé la vente) les autoroutes au privé et cela pour une bouchée de pain, se privant ainsi des recettes de péage. L’Etat pique aussi du pognon à la CDC et à la Poste, etc. L’Etat perçoit le fruit des contredanses (500 millions par an) dont le tarif a bien augmenté ainsi que le nombre grâce aux radars. Ainsi on est taxé de 135 euros pour un excès de vitesse de 3 km au-dessus de la limite. Donc un smicard chauffeur-livreur pressuré par son employeur peut perdre son salaire mensuel au bout de 5 infractions. On a des « droits d’inscription à l’Université » ; en démocratie républicaine s’inscrire est un droit mais payer pour ce faire est une obligation. La notion de droits d’inscription est donc un oxymore qui montre comment le langage est utilisé par le pouvoir pour changer le sens réel des choses. Itou pour « les droits de mutation » quand vous vendez votre appart ; impôt inique qui empêche la mobilité des travailleurs obligé de vendre pour déménager. Il y a les frais de justice, notamment les 32 euros qu’il faut maintenant payer pour ester en justice !
Mais il a aussi des ressources camouflées, comme les 70 euros que l’Etat touche pour calculer les feuilles de taxe foncière ou d’habitation à la place des municipalités, calcul qui ne coûte pas plus de 5 euros avec les moyens informatiques modernes. Les redevances ou taxes (d’où les hésitations du langage administratif pour les taxes locales en même temps impôts locaux, ce qui est plus vrai) ne sont pas comptées comme impôt parce qu’elles sont la contrepartie d’un service rendu. Quel est ce service pour la redevance télé ? Celui d’avoir établi un monopole indu sur les fréquences et les ondes ! Il y a donc aussi des impôts camouflés sous ce prétexte comme de multiples taxes, par exemple les droits de levée d’hypothèque. Mais l’essentiel est la différence entre les recettes et les dépenses, soit 6 points aussi. Là, c’est le service de la dette publique (48 milliards en 2011 pour plus de 1 750 de dette) qui explique le plus gros de la différence.
Opportunément, vient de sortir un rapport de l’Inspection des finances sur les « agences ». Il y a 1244 agences, hauts comités, commissariats, commissions de « régulation », etc. Cela bouffe 50 milliards par an et emploie 450 000 personnes, qui plus est en hausse constante et accélérée. Quand les effectifs de l’Etat baissent, c’est compensé par l’augmentation de ceux des agences, souvent avec des personnels sous contrat de droit privé (hors statut de la fonction publique et avec parfois des super rémunérations pour les chefs). Ces « organes » disposent de 2 milliards de fonds de roulement (réserves). L’affaire est apparue dans « Le Parisien » qui, évidemment, ne dit rien du sens de la manœuvre. Déjà, les « commissions » permettent d’introduire des intérêts privés dans les problèmes publics, notamment par le personnel employé et dans les conseils d’administration. Les « machins » permettent aux gouvernants de se dédouaner de leurs responsabilités en les reportant sur ces organes paraétatiques qui s’expriment « à dire d’expert » neutre. CQFD. Ils sont truffés de sinécures grassement payées pour des hauts fonctionnaires, des copains politiques, des politicards renvoyés par le suffrage. Ils forment des réseaux puissants capables de saboter les politiques élaborées dans les ministères, dont d’ailleurs ils doublent souvent les structures. Ils facilitent les échappatoires aux appels d’offre dans les marchés publics, sans doute avec commissions occultes et corruption. Ils ne sont pas contrôlés (1100 agents de l’Etat pour 1244 organes). Et à la fois ils gaspillent l’argent public et sont assez inefficaces. Enfin, ces organes pompent 10 milliards de taxes diverses et plus ou moins occultes ou occultées ; par exemple les taxes pour financer le Centre National du Cinéma, taxes qu’on retrouve naturellement dans le prix des billets. C’est aussi comme cela qu’il faut interpréter l’incroyable millefeuille administratif français (36 000 communes, régions, départements, communautés d’agglomération) : postes d’élus, voitures et logements de fonction, passe-droits, emplois pour les proches et les copains, indemnités, réseaux de pouvoir et influence, etc. Tant pis si c’est le contribuable qui paie toutes ces excellences et les doublons de compétences.
On apprend que le pouvoir socialo se prépare à taxer les retraités ; les « aisés » au départ mais on sait que ce n’est qu’un début car quand le filon est découvert il est toujours creusé. On commencera par exonérer les retraités pauvres en cassant un principe républicain, celui de l’égalité devant l’impôt. La bonne méthode serait de rendre la CSG progressive. Rappelez-moi qui a promis de fusionner l’IRPP et la CSG/RDS ? Bon appétit, Messieurs, ô ministres intègres ! Ce qu’il y a d’amusant, c’est que les socialos font semblant de découvrir le problème, de même qu’ils voient désormais l’importance de la crise. Comme disait Ravachol, celui qui prend un bulletin de vote ressemble à l’enfant qui va ramasser des verges pour se faire battre.

Le prix de l’inégalité (livre très récent de Joseph Stiglitz)

Classé dans : politique — 15 septembre, 2012 @ 11:02

Les économistes ne sont pas tous des sectaires de l’idéologie propagée par la théorie de l’équilibre général ; de l’économie de l’offre, du monétarisme. Quoique demeurant des partisans de l’économie de marché, comme Krugman, Stiglitz, James Galbraith, etc., ils mettent en évidence les mensonges proférés par les dogmatiques en faveur des 1 % de riches qui prélèvent une énorme rente au détriment des 99 % de la population.
Le dernier livre de Stiglitz est une somme d’érudition, de données, d’exemples concrets des prédations opérées par les puissants et leurs alliés, les politicards. Il ne fait pas pourtant de cadeaux théoriques car il démontre, exemples à l’appui, la fausseté des thèses libérales qui ont conduit à la catastrophe de 2008 et qui continuent d’inspirer les gouvernants, la grosse Commission de Bruxelles, l’OCDE, le FMI, les hauts fonctionnaires, etc. Sans parler, évidemment des banksters, des financiers, des PDG, des journaleux, des publicitaires et « communicants » qui ont intérêt à ce que rien ne change. En outre ce livre savant est parfaitement lisible, clair, démonstratif. J’essaie ici d’en rendre compte.
La 1ère chose qui me frappe est que Stiglitz prouve que ceux qui ont le pouvoir « de donner et de casser la loi » (1ère fonction du souverain chez Jean Bodin dans les 6 livres de « la République », 1576) peuvent s’en servir pour favoriser (subventions, fiscalité régressive sur le capital et les revenus les plus élevés, droits de succession ou de donation, concessions de biens publics, règles de protection contre la concurrence comme les droits de douane, les normes techniques, les brevets, les appels d’offre, etc.) leurs amis qui financent leurs campagnes électorales. La liste entre parenthèse présente évidemment des analogies avec les mesures tsarkozystes de 2007, mais ce sont les socialistes, dès 1983, qui ont commencé le massacre de la dérégulation financière et de la globalisation commerciale. Cette idée que celui qui détient le pouvoir en abuse au profit de ses intérêts et de ses copains est amplement démontrée ; ce n’est pas une surprise car il y a longtemps que je montre que c’est le pouvoir, socialos en tête, qui a installé le chaos actuel sur la base du système intrinsèquement pervers qu’est le capitalisme et grâce à la fausse démocratie représentative qui confère aux gouvernants une apparence de légitimité.
Stiglitz prouve que les prétendues lois de l’économie libérale sont des âneries controuvées par les faits. Il n’y a pas de marchés au sens libéral d’une infinité d’offreurs face à une multitude de demandeurs. En fait, l’offre est grumeleuse et concentrée, notamment avec les multinationales, les grands distributeurs, les banques dominantes et les trusts en tout genre. La demande, elle, est atomisée. Par ailleurs la concurrence conduit inexorablement à la concentration par élimination des acteurs les moins compétitifs. Les soi-disant marchés ne sont pas efficients pour l’allocation des ressources et la détermination des prix ; par exemple la prétendue loi de l’offre et de la demande postule que la demande baisse quand les prix montent. Or, c’est manifestement faux au moins dans deux domaines : l’immobilier et les titres, choses, justement, que la BCE ne surveille pas préférant se concentrer sur les prix, notamment celui du travail. L’information n’est pas transparente et gratuite (asymétries d’information). La rationalité (homo œconomicus de la théorie libérale) n’existe pas dans la réalité où les croyances, les préjugés, les stéréotypes, les idéologies influencent les comportements. Les passions jouent un rôle dans toute décision (par exemple, celle de la puissance ou de l’argent pour les PDG ; celle de la solidarité pour les gens ordinaires). Les préférences ne sont ni analogues ni stables comme le présume la théorie libérale ; les libéraux devraient le savoir puisqu’ils encouragent la publicité qui a pour but de les modifier. La concurrence pure et parfaite est une blague quand elle est distordue par tout un tas de procédés visant à la monopolisation et aux privilèges accordés par les gouvernants sous la pression des lobbys. L’investissement en capital n’est pas réversible et intemporel contrairement à la théorie : le capital, sauf le purement financier (grâce aux lois qui l’ont libéré de toute contrainte de circulation, par exemple le contrôle des changes), est fixe et soit il est abandonné en cas d’échec, soit il est perdu.
Ce n’est pas l’offre qui détermine la demande ; elle ne fait que la restreindre à ce qui est proposé par les grosses firmes et la publicité. Mais le volume des ventes, lui, dépend des moyens des demandeurs car le capitalisme de marché ne s’adresse qu’à la demande solvable. La crise vient d’une insuffisance de la demande finale (de tous les agents économiques, y compris l’Etat) qui a été compensée par le crédit à outrance et les importations ou productions low cost. La thèse de la neutralité de la monnaie, qui ne serait qu’un voile couvrant l’augmentation des prix (tous bougent en même temps dans leur expression monétaire) et de l’activité par élasticité de la mesure monétaire, est totalement fausse. C’est une puissance permettant d’assassiner les demandeurs de prêts et d’acheter les gouvernants, les journaux (pour fausser l’information), les fondations universitaires semant la bonne parole, etc. et d’accumuler sans fin du capital-argent en dehors de toute réalité productive. La spécialisation dans la division internationale du travail sous l’aiguillon de la concurrence totalement ouverte entre tous les pays ne conduit pas au développement de la plupart des pays car, par exemple, les termes de l’échange entre pays agricoles ou miniers et pays industriels ne cessaient de se dégrader (sauf que maintenant les pays jusqu’alors sordidement exploités, se rebiffent et que la rareté, par épuisement des ressources, augmente très vite ce qui fait grimper les prix (pétrole, notamment ou minerais rares). Aucun pays n’a intérêt à être spécialisé dans quelques productions ; au contraire c’est sa diversification qui lui permet de rejoindre le peloton des pays développés et d’avoir une balance commerciale équilibrée. L’Allemagne le montre à l’envi contre la France qui a perdu la plupart de ses industries manufacturières. La mondialisation du commerce et des capitaux n’a pas fait que des gagnants, loin de là, contrairement à la doxa libérale.
La thèse monétariste de Friedman (trop de monnaie créée par l’Etat amène l’inflation qui ronge les patrimoines) est pro domo, en faveur des rentiers. Un peu d’inflation (4 %) est très utile pour la croissance et ne déstabilise pas l’économie comme les prédations des rentiers et privilégiés. L’inflation, au nom de la lutte contre laquelle on a rendu les banques centrales indépendantes, n’est pas si nocive quand elle est modérée. Contre la peur de l’inflation, les banques centrales font la chasse aux déficits et à la dette publique, ce qui développe le chômage par diminution de la croissance et favorise les avoirs et les spéculations. La dette est bonne quand elle donne des investissements structurels pour l’avenir, lesquels vont profiter à tous, pas comme les abaissements d’impôts consentis aux riches ou le sabrage de la protection sociale.
L’Etat et les fonctions publiques ne sont pas du gaspillage. Déjà il y a des biens publics dont le marché ne s’occupe pas faute de rentabilité individuelle pour un propriétaire privé (un phare par exemple). Le public procure des « externalités » positives, par exemple des routes, des infrastructures utiles à tous et dont la consommation par quiconque n’entraîne pas la disparition pour les autres (biens sans exclusive et sans rivalité). Il y a des monopoles publics naturels (par exemple les réseaux dont personne n’a intérêt à les doubler). Il y a des « biens communs » qui sont un patrimoine (air, eau, nature, etc.) pour tous et qui doivent être respectés, ce que la loi du profit élimine (exemple : l’exploitation des gaz de schiste ou la pollution de la grande barrière de corail en Australie par des activités portuaires et minières). Le consommateur et le peuple doivent être protégés contre les produits chimiques, les nuisances, les pollutions, ce que le marché ne fait pas et ce qui demande donc une réglementation publique. L’émission de règles est une fonction publique que les intérêts privés ont phagocytée. Le secteur public n’est pas plus prédateur que le privé avec ses voleurs bien connus (Goldman Sachs, Enron, etc.).
Si l’Etat était inefficace pourquoi les libéraux ne le suppriment-ils pas ? Parce qu’ils se servent de sa puissance législative, judiciaire et policière pour imposer leurs prédations. L’Etat est en fait plus puissant que jamais mais sous une forme différente : plus d’intervention publique dans l’économie mais fixation des règles du jeu pour les riches et contre le peuple. Le privé ne cherche que le profit contre l’environnement (plateforme Deep Water dans le golfe du Mexique), contre la santé (médiator, amiante, glycols, vache folle, etc.), contre les économies et les revenus des pauvres (crédit revolving et usuraire, coût des médicaments et de l’assurance-maladie aux USA, subprimes), contre les bas prix (monopoles sur l’eau, manipulations sur la téléphonie mobile, marges des supermarchés, etc.). Le privé organise des catastrophes comme Bhopal en Inde, comme les chemins de fer britanniques privatisés, comme Tepco au Japon avec le tsunami sur les centrales nucléaires, comme AZF, etc. Le véritable but de l’attaque libérale, soi-disant prouvée, contre les services publics est qu’il faut annuler les prestations et interventions publiques pour les offrir comme marchés juteux au privé. Les suppressions d’emplois de fonctionnaires qui en résulteraient rapporteraient infiniment moins que ne coûteront les surtaxes et surprix du privé. Comparée au coût des prédations et des rentes pour les firmes et les riches, celui de la réglementation, soi-disant exorbitant, est très faible. L’absence de réglementation multiplie les nuisances qui, ô miracle, sont comptées positivement dans le PIB alors que leur coût devrait en être déduit. Donc il est vrai que les dégâts augmentent le PIB mais c’est parce que la mesure de celui-ci, purement monétaire et quantitative, est fausse et cela est fait exprès par les pouvoirs publics pour le profit des puissants. C’est dans le même esprit que le PNB (le PIB, production intérieure plus solde des exportations/importations ; donc la production interne plus les échanges extérieurs) a été remplacé dans les statistiques internationales par le PIB. En effet, cela permet de cacher les effets des délocalisations réimportées dans le pays ou des achats low cost à l’étranger.
Autre blague libérale : les inégalités sont efficaces et profitent à tous. Elles sont des incitations à se démener au mieux (faux, des tas de gens s’activent sans fric comme les savants, les enseignants, les chercheurs). Du reste les incitations des PDG (stock options) ont eu des effets pervers : court-termisme, trucages pour faire grimper la valeur des actions, inégalités astronomiques et décourageantes pour les autres salariés, émissions de titres donnés, ce qui fait baisser la valeur des autres et des dividendes à répartir sur davantage de titres (les actionnaires sont floués par les distributions de stock options). Les inégalités produisent des riches qui épargnent et investissent, ce qui crée de l’emploi par « ruissellement ». Faux : le fric va dans les spéculations financières et à l’étranger au lieu de créer de la production locale. Des études nombreuses prouvent que les pays les moins inégalitaires (Nord de l’Europe) sont aussi les plus productifs, ce qui invalide totalement le discours sur les apports des injustices à la compétitivité et à l’efficacité économiques. Le vrai but de la flexibilité du travail est de faire monter le sous-emploi et le chômage de façon à pouvoir faire baisser les salaires directs et indirects. En Grèce il y a déjà plus de 20 % de chômeurs (25 en Espagne) et les « experts » préconisent de passer à la semaine de 6 jours et 45 heures ; le résultat sera non l’emploi mais la pauvreté. L’expérience prouve que les salaires ne sont pas uniquement liés à la productivité marginale des agents ; si c’était le cas quelle est l’explication de la montée exponentielle des rémunérations des PDG ? Les brevets ont été conçus pour favoriser des monopoles au lieu de profiter à tous.
Et beaucoup d’autres choses montrées par notre auteur mais qui amènerait à le paraphraser. Ce qui est important maintenant c’est d’analyser la mécanique et la logique qui ont conduit à tant d’inégalités tant entre pays qu’entre habitants d’un même pays. C’est l’effet d’un terrible ciseau que les libéraux ont fait installer par des gouvernants inféodés ou inconscients des conséquences à long terme de leur politique libéralo-capitaliste. La 1ère branche du ciseau est la libéralisation totale de la circulation des capitaux et la dérégulation financière. Cela permet aux investisseurs de menacer un pays du retrait de leurs capitaux s’il ne marche pas dans les clous de l’austérité et du sabordage des services publics ou sociaux, cela étant accéléré par les agences de notation. Par ailleurs, le capital va là où il est le plus rentable, soit des spéculations (par exemple sur le blé, le maïs et le riz), soit dans des délocalisations chez les pays les moins-disant en tout domaine (fiscal, salarial, juridique, environnemental). La 2ème branche du ciseau se trouve être la libéralisation totale des échanges et la mise en concurrence des pays sur toute la planète. Il faut bien dire que l’extension de l’UE à 28 pays participe clairement de ce ciseau en mettant en concurrence le low cost de l’ex-Europe de l’Est et les vieux pays industrialisés. Lesquels, dans la zone euro, ne peuvent pas dévaluer pour retrouver de la compétitivité et sont amoindris par le haut niveau de la monnaie commune. Ad majorem Teutonia gloria. C’est pourquoi les Tudesques viennent enfin d’accepter d’aider les cigales et leurs banques ; buts : laisser l’euro remonter (ce qui baisse le change des monnaies des pays où la Germanie a délocalisé la production des pièces ; elle se garde le montage et applique dessus made in Germany), mettre les dépensiers sous tutelle et dans l’austérité et garantir que les étrangers, comme leurs banques, payeront leurs dettes car les banques teutonnes sont truffées d’emprunts douteux. Un krach des banques étrangères européennes et un « défaut de crédit » des pays endettés entraineraient la faillite des banques germaines et la perte des garanties allemandes apportées au FESF. Enfin la faillite des cigales annuleraient les exportations fridolines chez elles. C’est tout ce que l’ami-Mollet(e) a obtenu : sauver le système des Doryphores en particulier et la capitalisme en général.

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