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La lutte populaire des classes au cours des siècles

Classé dans : politique — 5 juin, 2012 @ 10:06

Je viens de lire un livre magnifique de Chris Harman (« Une histoire populaire de l’humanité », à la Découverte, plus de 700 pages pour 29,50 euros). On y découvre la lutte des classes au cours des siècles, vue du point de vue des exploités de tous les temps. Je ne vais pas faire un résumé de cet ouvrage passionnant, érudit et super riche. Je vais simplement en tirer la structure logique de l’exploitation et des révoltes ou révolutions périodiques quand le peuple est trop pressuré par les pseudo-élites.
Sans m’avancer de trop, je pense que l’auteur pense comme Gramsci : à chaque moment de l’histoire, il y a un « bloc historique » qui en fait forme une coalition d’intérêts pour le monopole du pouvoir et de la rente extorquée au peuple. Cette mafia de puissants combine l’exploitation économique, la domination politique et l’hégémonie culturelle ou idéologique. Proudhon l’avait déjà dit en analysant la réunion dominatrice « du coffre-fort, du trône et de l’autel », l’alliance du sabre, de l’argent et du goupillon. L’auteur reprend aussi l’analyse marxiste de la contradiction objective entre l’état des « forces productives » (le travail, la technologie, l’état des connaissances, la division du travail) et celui des rapports de production, à savoir la mainmise de fait ou non de certains sur la production (propriété de fait des moyens de production, sur le capital, sur l’échange, sur « la force de travail » (l’usage des travailleurs et de leur production comme simple marchandise vendus sur un marché). Un jour au l’autre, la privatisation des rapports de production (éventuellement avec le droit sous forme alors de rapports de propriété) assassine les forces productives, qui, elles, sont socialisées par la division du travail et l’interdépendance qui en résulte. Proudhon l’avait montré avec sa parabole de l’érection de l’obélisque de Louxor en 1830 sur la place de la Concorde. Il avait fallu 2 heures à 200 soldats pour ce faire avec force palans, poulies, treuils, organisation de la coopération des opérateurs, plan d’opération. Supposons que l’on ait employé un capitaliste privé pour mener ce travail collectif. Il aurait payé 400 heures de travail. Supposons qu’il ait employé un seul travailleur pendant 400 heures. Il aurait déboursé le même montant et l’obélisque serait resté à terre. Conclusion : le capitaliste ne paye que le travail individuel et nullement les « forces collectives ». La « prélibation « ou « l’aubaine » capitaliste consiste en ce que le propriétaire privé empoche la différence, à savoir la valeur ajoutée produite par l’effort collectif, la spécialisation, la coopération, les connaissances des opérateurs. Marx ajoute que la part de privatisation de cette valeur ajoutée dépend du taux d’exploitation du salariat, sous forme de surtravail : s’il faut 4 heures de travail pour que le travailleur reproduise sa « force de travail » (sa consommation et celle de sa famille) et que le capitaliste le fait turbiner 8 le taux d’exploitation est de 100 %. Cette possibilité du capitaliste de payer le travail bien moins cher qu’il ne rapporte provient de ce que le travail n’est qu’une marchandise achetée (nommée force de travail) sur le marché du travail libre. Cette marchandise est appropriée sur la base d’un contrat entre deux acteurs supposés égaux, libres, pareillement capables de défendre leurs intérêts. Cette fiction est contredite par le droit du travail lui-même car le salarié y est dans un lien de subordination.
Proudhon explique donc l’origine générale de la valeur ajoutée collectivement quel que soit le régime des rapports de production. La VA peut être confisquée par toute classe dominante (seule ou avec des associés) : les curetons du Tibet, la bureaucratie communiste, la technocratie mandarinale et politicarde française, etc. C’est ce point de vue que prend Harman. Marx ne fait que déterminer le taux d’extorsion des capitalistes à partir de la VA. Car pour extraire plus de jus d’un citron (surtravail), il faut encore qu’il en ait (valeur ajoutée). Marx explique l’exploitation du travail, dont le surtravail donne la plus-value absolue privatisée par la classe capitaliste ; à laquelle s’ajoute la plus-value relative provenant de la productivité différentielle des installations capitalistes. C’est du reste pour accroître la PV relative, qui leur donne un avantage comparatif (Ricardo) par rapport aux concurrents moins modernes dans leurs technologies, que les capitalistes se servent de la concurrence. Ricardo l’avait déjà dit avec la rente foncière : ceux qui ont une terre plus productive ont une rente par rapport aux terres plus ingrates car le prix de marché est fixé par le niveau des besoins alimentaires du populo. C’est pourquoi le sieur Ricardo avait préconisé que les Gibbies achètent leur bouffe à l’étranger afin de faire baisser le coût des subsistances nécessaires aux consommations prolétariennes, donc pour pouvoir baisser les salaires de subsistance. Evidemment, les landlords, très très gros propriétaires terriens, y étaient opposés. Rappelons que lesdits landlords étaient les héritiers des féodaux ayant taillé leur fief à coups d’épée et qu’ils avaient agrandi leurs terres en chassant les prolos des pâtures communales (enclosures). Ricardo avait bien vu que l’avantage comparatif de la Grande-Bretagne était dans son industrie à condition de prôner le libre-échange. List, au contraire, avait compris qu’il fallait protéger les industries naissantes contre la puissance établie de l’économie britannique qui avait déjà ruiné la production de tissus de coton de l’Inde ave les manufactures de Manchester en profitant de son statut de puissance coloniale.
L’analyse de Chris Harman est plus générale car Proudhon et Marx décrivent et analysent le système capitaliste de la propriété bourgeoise du capital, ce qui part des rapports de production propres à cette société. Lesquels sont fondés sur la liberté des échanges et surtout du travail. Les poules salariales doivent être libres de vendre leur force de travail aux renards capitalistes libres et proprios des moyens de production. Les rapports capitalistes de production impliquent qu’il n’y ait plus d’esclaves, de serfs, de convicts, de travail contraint au nom du libre contrat équilibré passé entre chaque prolo et chaque capitaliste, entre la poule (aux œufs d’or) et le renard. Marx et Proudhon en ont fait tout un fromage, hélas spécifique à une toute petite portion de l’histoire de l’exploitation des peuples producteurs.
Qu’elle est le leitmotiv de l’analyse d’Harman ? Dans un 1er temps, les gens vivaient en tant que chasseurs-cueilleurs de façon égalitaire, y compris pour les femmes dans une société « d’abondance ». Puis survint l’agriculture qui permit de dégager un surplus grâce aux techniques agricoles ; ce surplus pose le problème de sa propriété et de celle des terres. L’histoire constate que le surplus a permis de nourrir des puissants. D’abord des curetons de tout poil qui ont fait croire au populo qu’ils étaient en liaison avec les dieux et que leur astrologie permettait de prévoir les moments propices aux récoltes. Pour ce faire, il fallait entretenir la classe sacerdotale et construire des temples (plein de jeunes filles à disposition des prêtres). Pour payer lesdits temples et curetons, il fallait prélever sur le surplus agricole. Cela devenait dur en l’absence d’innovations de productivité dans l’agriculture. Les curetons eurent alors besoin de soldats, puis d’un roi fédérant la soldatesque, pour extorquer le surplus productif aux paysans. Rien de bien original ; c’est ce qui fit Staline en faisant payer l’industrialisation à marches forcées de l’URSS par la paysannerie. Dès lors, les religieux, peu doués pour le combat car attachés à leurs petits plaisirs, par exemple celui de se servir sexuellement des moinillons comme au Tibet, ou d’hétaïres comme en Grèce, se rendirent prisonniers de la force brute. Dès lors, le religieux et le pouvoir militaire puis royal-politique se trouvèrent ligués pour faire suer le burnous au peuple. S’y rajoutèrent des négociants et marchands enrichis par le commerce afin de pourvoir les excellences en biens de luxe payés par les prédations sur le peuple paysan. Si bien enrichis qu’ils pouvaient faire des prêts aux puissants. S’est donc mise en place progressivement la triple exploitation par les princes munis du pouvoir politique, disposant de la soldatesque pour réprimer les révoltes et voler la production et appuyés sur des féodaux féaux munis de terres, les religieux chargés de justifier l’ordre établi et les commerçants-capitalistes devant payer des redevances aux précédents. Tout ce beau monde vit sur la bête jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sauf si une invention permet d’augmenter le surplus en gardant les proportions de son partage. Peine perdue car les puissants se mettent alors à vouloir davantage que leur part. Et ainsi de suite jusqu‘à ce que ça pète.
Car il se trouve que pour défendre leur bout de gras, alors que les puissants recherchaient le Graal de l’exploitation sans limite pour financer leurs palais, leurs temples, leurs serviteurs ou soldats et leurs guerres contre les ambitieux aspirants à devenir calife à la place du calife, les agriculteurs innovèrent à plusieurs reprises, ce qui retarda le moment où les producteurs ne purent plus payer le surplus exigé par les puissants. Les forces productives étaient insuffisantes pour assumer les exigences des puissants maîtres des rapports de production et de propriété. D’où des jacqueries, des révoltes et mêmes des révolutions récurrentes. Cette contradiction explique facilement que quand les puissants furent envahis par des prédateurs externes les peuples laissèrent faire sans défendre leurs potentats. C’est ainsi que les Incas ou les Aztèques furent vaincus par Cortès ou Pizarro qui n’avaient que des moyens très limités. Que l’empire romain d’Occident succomba sous les invasions « barbares ». Que l’empire indien des Moghols fut phagocyté par les Rosbifs, que la Chine succomba aux Mongols puis eut tant et tant de dynasties prédatrices jusqu’à ce que des innovations permettent de nourrir la cour et ses curetons et ainsi de suite. C’est ainsi que la sublime porte turque fut éliminée par les Occidentaux, notamment en Egypte et en Algérie. C’est comme cela qu’est tombé l’empire soviétique. Partout et en tous temps, les exploités soit se révoltèrent, soit aidèrent les envahisseurs ou les concurrents. Car le surplus économique était si privatisé au détriment de la classe travailleuse que celle-ci s’est moquée des changements de régime. Et cela d’autant plus facilement que les nouveaux prédateurs apportaient en général des innovations qui amélioraient momentanément sa situation. Par exemple, les envahisseurs espagnols amenèrent en Amérique du Sud le fer, le cheval, le collier d’attelage (inventé en Chine), la roue, le moulin à eau puis à vent. La lutte n’est donc pas celle des classes nées dans le capitalisme mais celle, perpétuelle, entre les travailleurs exploités et asservis et les puissants coalisés pour maintenir leurs prédations en vue de leur bonne vie.
Evidemment, la configuration exploiteuse change au cours des temps. Mais sa logique reste la même : elle s’empare de la valeur ajoutée et accroit sa puissance en fonction des innovations augmentant le surplus privatisable. Jusqu’à ce que la corde pète quand il n’y a plus de surplus sauf à zigouiller le peuple producteur, lequel ne manque pas de se révolter. Ce qui nous amène à aujourd’hui. Quelle est la configuration, la structure de l’exploitation ?
Les curetons sont encore là et prennent ici ou là du poil de la bête, tant les gens, plus ou mains analphabètes ou croyants en un avenir meilleur au ciel, sont majoritaires. C’est ce qui explique le succès des islamistes et des curetons fondamentalistes, notamment aux USA. Les financiers ont les pleins pouvoirs et dirigent en sous-main les Etats, les multinationales font flèche de tout bois pour profiter des différentiels de législation en tous genres (de droit fiscal, social, environnemental) et des paradis fiscaux, les idéologues (think tanks, universités et profs libéraux, fondations, journaleux) propagent les saintes écritures libérales, les politicards ne songent qu’à se faire réélire et surfent sur la vague libérale en lui offrant tout ce qu’elle demande, d’un côté, et en faisant des moulinets sociaux, de l’autre. Ce « bloc historique » normalement ne tient plus la route depuis la crise de 2008. E pur si muove…
Mais ce monde-là, surtout si l’on prend en compte en plus la crise écologique, est comme le coyote des dessins animés : il ne tombe que quand il a pris conscience du précipice au-dessus duquel il est. Il est condamné et il est sûr que les peuples vont se révolter contre l’ordre socio-économique dominant, dont le plus ferme soutien est la Chine ! Laquelle risque aussi d’imploser : 28 % seulement du PIB consacré à la consommation (contre 60 ailleurs), 400 millions de « Mingongs » (travailleurs migrants sans droits), bulle immobilière en train d’éclater, baisse des exportations pour cause de récession ailleurs, corruption endémique, immoralité des membres du parti au moins au niveau local, pas de protection sociale, évolution démographique inquiétante par suite de la politique de l’enfant unique, homosexualité vertigineuse par suite de l’élimination des filles à la naissance ou comme fœtus (échographie), terrorisme d’Etat, totalitarisme et répression, etc. Ca va péter, à commencer dans les pays arabes qui se font voler leur printemps au profit des militaires et des curetons islamiques. Ca va péter en Chine et autres Etats compradores d’icelle. Cela casse déjà en Europe avec les « indignés ». L’Egypte ne supporte plus le vieux système des janissaires (soldats missionnés par le sultan truc et qui ont mis l’économie en coupe plus ou moins réglée) perpétué par l’armée qui détient en fait le pouvoir économique comme en Algérie. Pourquoi ? C’est parce que dans les faits tout est socialisé à cause, notamment, de la révolution de l’immatériel alors que le surplus et la productivité collective sont privatisés. A tel point que les peuples ne peuvent plus vivre convenablement compte tenu des possibilités des techniques modernes. Souvenons-nous que la part du travail dans la valeur ajoutée est descendue en moyenne dans l’OCDE de 67 % à 57 depuis 30 ans. Cela va rompre avec un taux moyen de chômage européen à 11 %, 25 % en Espagne, 10 % en France, 20 % en Grèce. Et pour les jeunes, c’est bien pire : 50 % en Espagne, 40 en Grèce, 23 en France. Oremus, mes bien chers frères.

Achtung, verboten

Classé dans : politique — 2 juin, 2012 @ 11:02

La grosse commission de Bruxelles vient de tirer un coup de semonce contre le président Hollande. Pour le rappeler à l’ordre libéral : la France montre trop de déficits, de dépenses publiques et sociales, a un système de retraites, dont la réforme est insuffisante surtout en revenant à 60 ans, inapproprié (comme dirait le phanérogame DSK), souffre d’un droit du travail trop rigide vis-à-vis des licenciements, manque de compétitivité par suite du coût du travail et a perdu 20 % de parts de marché à l’exportation. Bref il lui faut une politique de l’offre (tout pour le patronat, seul vrai producteur et créateur de demande) et d’austérité pour se conformer aux normes du libéralo-capitalisme. Décidemment, ces gens-là n’ont rien appris de la crise et de la récession que les politiques d’austérité ont amenée partout en Europe. On croirait lire les programmes « d’ajustement structurel » imposés par le FMI pour que les pays du Tiers Monde payent leurs dettes illégitimes !
Cela donne l’occasion de se pencher sur le traité intergouvernemental pondu par Merkozy et signé le 1er mars 2012 par 25 Etats de l’UE sur 27. Ce traité sur la « stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), décrit par le Monde Diplomatique, impose que :
*les budgets soient en équilibre et que le déficit structurel (hors crise et événements exceptionnels) ne dépasse pas 0,5 % du PIB. La France en est à 5 %… Descendre à 0,5 imposerait 87 milliards d’éconocroques ;
*les Etats inscrivent la « règle d’or » (d’équilibre budgétaire, la vieille antienne des moins de 3 % de déficit et de 60 de dette par rapport au PIB)) dans leur Constitution ; c’est alors un automatisme qui gouvernera et le parlement ne discutera plus du budget ; c’est le Conseil constitutionnel qui veillera au respect de la règle. Cela renifle fort l’ordo-libéralisme tudesque ou gouvernement par la règle ;
*que si la dette publique excède 60 % du PIB, les Etats résorbent le dépassement en 3 ans. La France étant à 87 %, il lui faudrait donc consentir un nouvel effort de 1,35 % de son PIB par an, soit 26 milliards et cela sans croissance. Rappelons que la dette est due aux cadeaux fiscaux depuis 2 000 (ce qui baisse les recettes de 100 milliards par an depuis 2010, à l’absence d’avances de la banque centrale à l’Etat depuis 1973, aux intérêts ;
*les Etats en déficit de plus de 3 % présentent un plan de réformes structurelles à la grosse Commission et au Conseil européen ;
*les pays soumettent à la commission leurs projets d’emprunts ; lorsque ladite commission juge un pays en infraction elle peut imposer des sanctions financières alors même qu’il est déjà dans la panade ;
*puisse être attaqué devant la cour de justice de l’UE (CJUE) par un autre pays l’Etat déficient et désigné par la commission.
Par ailleurs, le TSCG entrera en vigueur lorsque 12 des 25 Etats signataires l’auront ratifié. C’est proprement scandaleux car ce n’est même pas la majorité des pays. Or sur les 25, nombre de petits pays sont prêts à valider le traité dans l’espoir de recevoir des aides de l’UE ! Il se pourrait que les représentants politicards de 50 millions d’habitants contraignent donc à l’appliquer chez les 450 autres millions de citoyens de l’UE ! Si un parlement socialiste français ne ratifiait pas le traité, il serait quand même imposé au pays ! Voilà ce qu’avait concocté Tsarko ! On doit observer aussi que les parlements perdent le pouvoir essentiel de déterminer le budget, que la commission et la CJUE (d’obédience hyper libérale) prennent beaucoup plus de pouvoir, que les citoyens sont hors jeu. Belle démocratie ! Le TSCG est donc tout aussi venimeux que le TCE de 2005. On assiste à un véritable coup d’Etat juridique contre les peuples européens et en faveur de la finance. Félicitations aux Irlandais, pourtant sérieusement dans la mouise, qui viennent de ratifier ledit traité scélérat par référendum !
On doit aussi considérer les méfaits potentiels du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) qui doit remplacer le FESF en 2013 et créé en procédure simplifiée par le Conseil européen. Le MES, dirigé par un conseil des ministres des finances, est indépendant des parlements, y compris celui de l’UE. Il ne pourra pas faire l’objet de poursuites tel un vulgaire président français. La grosse commission examinera la pertinence des demandes de prêt. C’est en quoi le MES est subrepticement relié au TSCG. Le MES doit pouvoir prêter aux Etats en difficulté (la commission, assistée du FMI et de la BCE, décidera ou non d’aider !) ; à partir d’un capital de 700 milliards apporté par les Etats (dont 143 pour la France qui a déjà 1800 milliards de dette !) et en pouvant emprunter en son nom sur les marchés financiers mondiaux afin de jouer de l’effet de levier (avec un capital de 10, par exemple, pouvoir emprunter 100). Il est clair que si les emprunteurs font défaut la créance sera pour la pomme du MES, engageant ainsi les 143 milliards apportés par la France ! Et, tenez-vous bien, les banques, auxquelles la BCE prête jusqu’à 1 000 milliards sur 3 ans à 1 %, peuvent prêter au MES à un taux bien supérieur, lequel MES prêtera ensuite aux Etats à encore plus. On espère que ces taux n’atteindront pas 7 % comme les marchés le réclament aujourd’hui à l’Espagne malgré ses 25 % de chômeurs (50 % pour les jeunes).
Que faire ? Sortir de la zone euro et propulser une union fédérale des pays européens du Sud avec une monnaie commune, chacun gardant sa devise à l’intérieur de larges marges de fluctuation prédéfinies et ajustées périodiquement. Répudier la dette indue. Organiser une autarcie desdits pays qui, compte tenu de leur diversité et de leurs atouts, n’ont pas besoin des importations teutonnes ; construire une banque centrale commune faisant des avances aux Etats. Réserver l’épargne locale aux emprunts d’Etat et au financement d’un tiers secteur solidaire, social et hors compétition. Imposer aux importations des droits différentiels compensant la concurrence déloyale. Pendre haut et court les évadés fiscaux. Interdire la spéculation et ses méthodes, dispositifs, procédés.
En fait, la France est dans un merdier effroyable : 10 % de chômage, 87 % du PIB de dette publique, 5,5 % de déficit budgétaire, 75 milliards de déficit commercial, 10 % de consommation en plus par rapport à la production, 56 % de dépenses publiques, à peu près 44 % de taux de prélèvements obligatoires, 50 % de recettes par rapport au PIB. La différence de 4 points des recettes en regard des prélèvements s’explique par des impôts déguisés et des dividendes piqués aux participations de l’Etat dans les ex-entreprises publiques. Celle de 6 points entre dépenses et recettes vient largement des déficits. Il est difficile d’envisager qu’Hollande mette tout à plat. Les Français doivent s’attendre à bouffer de la batavia dans les salades qu’on va leur servir pour expliquer que le programme socialo n’est pas applicable. Par rapport à la catastrophe annoncée, il n’y a que 3 solutions. Continuer à jouer aux règles du jeu libéral. C’est ce que vont faire les socialos car il est dur de gagner si on ne les applique pas dans un monde où tous les pays rivalisent pour s’y conformer. Pourtant, à continuer dans un système général qui perd, on perdra tant notre niveau de vie que notre honneur. La 2ème solution est d’apporter des réformes correctrices audit système que lesdites réformettes conservent tout en procédant à des ajustements à la marge. C’est voué à l’échec. La 2ème est de faire des réformes structurelles qui font changer de système socio-économique. Ce serait l’objet d’un structuro-anarchisme fondé sur la justice, le mutuellisme, la coopération et le fédéralisme. Mais cela conduirait rapidement à l’autarcie. Autant y aller directement pour mettre en place les réformes structurelles dont les autres pays ne veulent pas au nom de leur libéralo-capitalisme.

C’est fichu, sauf si…

Classé dans : politique — 30 mai, 2012 @ 11:30

La crise s’aggrave rapidement : les banques ibères sont dans le rouge (il leur faudrait 53 milliards, dont les 23 réclamés par Bankia récemment nationalisée) par suite des défections des emprunteurs immobiliers ruinés par l’austérité et la chute des prix de vente des logements. La Grèce est encore en plus mauvais état que prévu et si la gauche passe aux nouvelles élections, il est probable qu’elle refusera les plans de la troïka (FMI, BCE, Bruxelles). Les Gibbies sont en récession accentuée malgré la dévaluation de la livre sterling et les prêts de leur banque centrale au gouvernement. La BCE a prêté 1 000 milliards sur 3 ans à 1 % (donc taux réel négatif à cause de l’inflation à plus de 2 dans la zone euro) aux banques européennes qui ainsi se refont des fonds et pourtant ne se prêtent plus entre elles ni à l’industrie. Ces banques préfèrent prêter à 6 % notamment à l’Italie ou à l’Espagne. Faute de demande, les industries n’investissent plus, craignant un matraquage fiscal ou le chômage, les ménages épargnent de plus en plus, notamment en Grande-Bretagne où l’inflation a grimpé à 4,5 %.
De plus en plus, le défaut de la Grèce sur sa dette devient probable. Cela coûterait entre 50 et 65 milliards à la France et 80 à la BCE et au FESF (fonds européenne de solidarité financière). Certaines banques engagées en Grèce (Crédit agricole notamment) accentueraient leurs pertes. Le plus grave est que ce défaut de paiement risquerait d’emporter l’euro. En effet, les spéculateurs s’en donneraient à cœur joie contre les maillons faibles : Espagne, Italie, France, et les taux d’intérêts des emprunts publics monteraient en flèche (la France pourrait passer de 3 % pour ses emprunts à 10 ans à 6 et ensuite de plus en plus).
La raison cachée bien que principale de la crise est que les pays européens, sauf l’Allemagne, ont laissé péricliter leur industrie. Par exemple, la France qui avait encore plus de 20 % d’industrie dans son PIB il y a 10 ans est descendue à 10/11. Du coup les déficits du commerce extérieur sont venus aggraver la dette, laquelle ne cessait d’augmenter car le pays se finançait à crédit depuis 30 ans. Les gouvernements successifs payaient la protection sociale et le déficit du budget en empruntant en liaison avec l’accroissement des déficits budgétaires. En arrière-pensée, ils se disaient que le jour où la fête serait finie ils pourraient alors sabrer dans les dépenses publiques et saborder les entreprises publiques, la protection sociale, le droit du travail « trop rigide et complexe ». Et cela au nom du fameux TINA (« there is no alternative ») de Madame Thatcher. L’idée était de pouvoir alors tout refiler au privé et de mettre la compétitivité du pays aux normes libérales, c’est-à-dire celles de la concurrence sauvage et du moins-disant en tous domaines : écologie, salaires, protection sociale, fiscalité, droit social et syndical. Le TINA est une formulation de ce que les économistes distingués (par leurs confrères libéraux, tout le monde s’auto-congratulant dans la propulsion du libéralisme) appellent « la contrainte extérieure ». Celle-ci a été organisée par la mise en place du tout-marché mondial et de la libre circulation des capitaux afin que la concurrence entre pays force à l’abaissement généralisé des coûts de production et des droits du travail. Au profit, si j’ose dire, de qui ? Des multinationales hyper productives ayant besoin d’étendre leurs marchés pour faire des économies d’échelle et d’abaisser leurs coûts de production pour être plus compétitives que la concurrence. Des financiers qui pouvaient prêter aux Etats moyennant de grosses commissions pour placer les emprunts et toucher des intérêts, qui pouvaient spéculer en fonction des occasions de rentabilité, qui pouvaient ordonnancer les fusions-acquisitions moyennant la rémunération de leurs services. Des capitalistes et rentiers (Etats pétroliers, profits des multinationales, rentes des riches ne payant plus d’impôts) débordant de capitaux et cherchant à les placer de façon sûre et juteuse. Les fonds de pension à l’américaine voulant placer l’argent économisé par les futurs retraités ; ces fonds, devant payer les retraites, réclamaient du 15 % de rendement car 5 % était imposés par les frais de gestion, 5 % par les commissions et la rémunération des organes financiers de placement, 5 % pour servir les retraites ; pour ce faire ils sont entrés en masse dans le capital des multinationales et, devenus ainsi gros actionnaires, ils ont exigé de « la valeur pour l’actionnaire » (dividendes et plus-values sur les actions par eux détenues). Ce qui a poussé les dirigeants des multinationales à renforcer leur stratégie décrite supra pour augmenter la capitalisation boursière de leur boîte (valeur des actions à la bourse). Des politicards qui empruntaient pour pas cher, reportaient aux calendes grecques les problèmes de déficit et de dette et comptaient se servir de la faillite de l’Etat pour imposer l’austérité et le capitalisme pur et dur.
La conséquence de cette forme de capitalisme a été la destruction des industries nationales et, donc, le chômage structurel, la flexibilité et la précarité du travail (temps partiel, CDD, intérim, multiplication des mauvais statuts de l’emploi), la baisse des salaires, la mise en danger de la protection sociale, les inégalités de revenu et de patrimoine, la pauvreté de beaucoup. Solution politicarde er financière ? Le crédit à tout va, genre subprimes et cartes bancaires revolving. Et l’achat à l’étranger de camelote low cost pour faire baisser les prix (mais sans répercuter toute la baisse sur les consommateurs afin d’augmenter les marges). Résultat : une illusion de maintien du pouvoir d’achat et un endettement privé massif jusqu’à ce que les emprunteurs ne puissent plus rembourser leurs crédits. Le pompon était détenu par les prêts immobiliers à taux variable fourgués aux plus pauvres des américains et « titrisés » ou transformés en « produits structurés » par les banques. On a vu ce que cela a donné en 2008 et on voit ce que cela produit en Espagne maintenant.
Au passage, l’industrie a donc été détruite. Cela a pris de multiples formes comme la délocalisation extérieure et la sous-traitance interne (ou externe), le dégraissage, le LBO, etc. Or la production manufacturière est le fer de lance de la valeur ajoutée d’un pays au plan interne des industries produisant pour le marché national ou vers l’extérieur pour les firmes exportatrices. C’est elle qui donne le la de la recherche et de l’innovation de même que des commandes aux fournisseurs. C’est pourquoi le fait qu’elles aient externalisé leurs activités internes de service (ménage, logistique, comptabilité, études informatiques, etc.) a augmenté le PIB des services et diminué d’autant celui de l’industrie. Avec une différence notable : les services internes contribuaient à la valeur ajoutée industrielle ; une fois externalisés, ils la diminuent car ce sont devenus des charges ou des intrants à déduire de celle-là. La valeur ajoutée exportée (par l’industrie, par les services, par les prestations financières, par le tourisme, par les produits culturels), moins celle importée comme intrants dans le PIB (matières premières, composants, sous-produits et, évidemment tout le reste des importations) donne le solde de la balance extérieure. Comme on l’a vu, s’il est négatif il s’ensuit un flux équivalent et de sens inverse de monnaie extérieure. Cela conduit normalement à une dévaluation de la monnaie pour rétablir l’équilibre. Sauf qu’avec l’euro le pays ne le peut pas pour le plus grand plaisir des dirigeants fridolins qui y exportent tout en refusant de combler son déficit extérieur, lequel aggrave celui du budget.
Ce n’est pas le plus grave. Il faut bien voir que le solde de la valeur ajoutée (notamment l’industrielle) est en même temps la source du revenu national, lequel est ventilé entre différents acteurs socio-économiques. Il y a la part salariale (en baisse de 7 à 10 points suivant les auteurs et les dates de référence), la part du capital, celle de l’Etat et des collectivités locales via les impôts et les cotisations sociales, celle des prédations de la finance via les taux d’intérêt, les grosses commissions et la facturation excessive de services indus. Si la valeur ajoutée différentielle (le solde extérieur) acquise par le pays diminue, alors la lutte des classes s’accentue, sachant que le capital, la banque, le pouvoir et son administration feront tout pour conserver le montant absolu de leur part même si la taille du gâteau diminue. Ce que les puissants visent, c’est de faire porter tout l’effort résultant de la perte de valeur ajoutée ou d’une insuffisance de la croissance pour payer les prestations sociales et les services publics sur le salariat et la population. Il en résulte une insuffisance de la demande.
Car Il faut aussi bien percevoir que c’est la valeur ajoutée, en quelque sorte primaire ou première, de l’industrie et de l’exportation en tout genre qui donne le revenu affectable à de la consommation de valeur ajoutée secondaire. Je m’explique : la somme dépensée au cinéma, ou chez le coiffeur ou pour tout service de deuxième rang par rapport à la production, vient du revenu primaire acquis dans la production première (manufactures plus activités immatérielles utilisées et effectuées en France ou exportées en solde positif). Et voilà pourquoi votre fille socialiste est muette et votre marâtre libérale prête à vous prostituer au service du capital et de la finance.
Que faire, dirait Lénine ? Il faut socialiser la banque, le crédit, la finance et l’assurance afin de retirer au privé sa principale « pompe à phynance » : ce que le capital eût bu, il le boirait encore. Il faut que ce nouveau secteur financier socialisé et mutualisé recueille l’épargne, partiellement en la prêtant au pouvoir politique, lui-même devenu fédératif décentralisé et socio-politico-économique. Celle-ci doit être affectée à la reconstitution des capacités industrielles du pays, principalement sous forme de coopératives de production et de consommation. Comme l’a montré LIST, les industries naissantes doivent être protégées contre les trusts puissants liés à la concentration du capital et extérieurs au pays. Parallèlement, les usines appartenant aux multinationales et sises sur le territoire seront socialisées. Pour pouvoir le faire, il faut que les intrants qu’elles y importent soient à nouveau produits localement ou échangés sur un mode loyal. Ce qui implique que le pays mette en place des droits compensateurs sur les importations en provenance des pays moins-disant en tout domaine et profitant ainsi d’une concurrence à armes très inégales. Il faut restaurer la justice fiscale en faisant payer les impôts en fonction de la capacité contributive de chacun. Partout, il faudra remplacer les services d’Etat par des services publics socialisés et, dans le domaine assurantiel de la santé, du grand âge et de la perte d’autonomie, de l’assistance à toute personne, par des mutuelles fédérées. Evidemment, il faudra interdire la spéculation et toutes ses combines ou dispositifs ou procédés. Et il faudra faire bien d’autres choses encore que j’ai traitées dans d’autres textes. L’idée générale est d’instaurer un structuro-anarchisme fédératif par des contre-structures dont la logique générale de pensée (la structure intellectuelle et de pratique, d’où le « structuro ») serait la recherche de la justice et de la coopération. Las, il est bien probable que le capital mondialisé se liguera contre une telle politique. Ce qui conduirait le pays à l’autarcie. Comme je l’ai montré ailleurs, c’est possible et le peuple n’y perdrait pas. Le capitalisme et ses alliés de la finance et de la politique, si.

Le gouvernement (pour 1 mois) est nommé, on est sauvé

Classé dans : politique — 21 mai, 2012 @ 9:27

Le gouvernement « resserré » contient 35 membres (dont 18 virils), c’est de bon augure. On disposera ainsi de tout le personnel nécessaire pour expédier les affaires courantes jusqu’au 17 juin, date du 2ème tour des législatives qui sont loin d’être gagnées. La droite dispose d’une garantie d’élection substantielle grâce à un superbe découpage des circonscriptions électorales concocté par le sieur Marleix, excellent artisan de la colle et des ciseaux et à cause de la création de 11 postes supplémentaires de députés pour représenter les Français de l’étranger. Il y a gros à parier que nombre d’UMP de la « droite libérale » passeront des accords avec le F-Haine pour éviter une triangulaire désastreuse pour eux. Il est possible que les « Franzoze » ne veuillent pas d’une concentration de tous les pouvoirs dans les mêmes paluches socialos : municipalités, départements, régions, sénat, chambre, présidence, Europe. Ils ont vu ce que cela a donné sous Tsarkowitch pour le seul échelon national. Ce serait amusant de voir Son Excellence Sérénissime Hollande en proie à la cohabitation. Vous me direz que cela ne changera pas grand-chose eu égard à l’état de la zone euro et de l’UE.
Car pendant l’intérim, les affaires courantes sont véloces comme une turista. La Grèce (343 milliards d’euros de dette) voit son déficit budgétaire et sa dette publique croître pour cause de plans d’austérité répétés sur injonction de la « troïka » (UE, FMI, BCE). Le chômage grimpe (21,5 % et 53 % pour les jeunes) et dépasse les sommets espagnols (20 % en moyenne, 50 % pour les jeunes) et la population abhorre les Tudesques et la grosse Commission de Bruxelles qui l’a mise dans les choux éponymes. On y est en panne du pouvoir par suite des récentes élections qui ont donné un pays ingouvernable. D’où de nouvelles élections pour le 17 juin. La sortie de la Grèce hors zone euro n’est plus improbable. Cela entraînerait de 60 à 80 milliards de perte pour l’Etat français (prêts à la Grèce et garantie du FSE à assumer). Les banques françaises ont déjà donné (abandon de 50 % de leurs créances publiques) et certaines ont des filiales en Grèce (le Crédit agricole par exemple). L’Espagne est dans le collimateur de la spéculation des marchés financiers car elle s’enfonce dans la crise ; son secteur immobilier est nase et a laissé d’énormes ardoises (340 milliards) à ses banques privées proches de la faillite (une d’entre d’elles vient d’être nationalisée pour garantir les dépôts), les collectivités locales sont hyper endettées, le pays est en récession comme la Grèce. En France, Tsarkozy et Hollande ont tablé sur une croissance inatteignable (1,7 % alors que Bruxelles annonce 1,3 pour 2013) alors que le premier trimestre 2012 affiche 0 %. Le déficit 2013 ne sera pas de 3 % mais de 4,7, dixit Bruxelles. Le « gap » de croissance du PIB sur 2012/2013 entraîne 25 milliards de trou à combler en 18 mois. Hollande prétend qu’il a prévu le coup. On peut en douter. L’Irlande vivote, l’Italie surnage pour l’instant, les Gibbies connaissent la récession.
Et cela parce que les libéraux, tout au service de la rente (surtout pas d’inflation qui fait fondre les créances des prêteurs et le capital des riches), ont appliqué dans ces pays la même médecine de Molière avec le Dr Purgon : hausse de la TVA (on en est à 23 % en moyenne dans ces pays), baisse des salaires des fonctionnaires (de 5 à 10 % et parfois 20), baisse des prestations sociales et du budget de la santé, baisse ou stagnation des retraites par non revalorisation en fonction des prix, « libération et flexibilisation » du marché du travail (comme en Espagne où on peut désormais licencier sans problème), etc. La pauvre Grèce a déjà perdu 20 % de son PIB en 3 ans et sa dette continue d’augmenter pas suite de déficits accrus. Les excités du marché financier appellent la Grèce à sortir de la zone euro. Cela entraînerait une formidable récession (PIB divisé par 2) et des dettes supplémentaires pour les autres Etats qui lui ont prêté via le FESF et la BCE. Certes, le retour à la drachme s’accompagnerait d’une dévaluation de 50 % vis-à-vis des autres devises ; mais cela ne corrigerait pas le problème de fond : même avec une dévaluation « compétitive », il faut encore avoir des choses à exporter (ou accueillir des touristes, ce qui faisait 15 % du PIB grec mais qui plonge comme le reste) et en outre les importations coûteraient le double. Malgré les élans de solidarité proclamée par les dirigeants européens, qui affirment vouloir aider ce pays et vouloir le conserver dans la zone euro, la situation fera que les promesses ne seront pas tenues et il faut s’attendre à une récession européenne ainsi qu’à une crise financière et de liquidités. Ce qui remettra la Teutonie à sa place car, alors, elle ne pourra plus exporter grand-chose dans l’UE (70 % de ses exportations et 40 dans la zone euro). Du reste le modèle prussien (qui y a porté le taux de pauvreté monétaire à 15,6 % en 2010, soit 3,4 points de plus en peu d’années), qui est le même que celui préconisé par les libéraux mais qui a été appliqué par le social-démocrate Schröder avec 10 ans d’avance, est fondé sur les remèdes vus ci-dessus. Il n’a donc pas d’avenir si tous les pays sont contraints de l’appliquer. Le seul résultat serait une déflation généralisée et une concurrence exacerbée sous l’égide du sauve-qui-peut. Une solution serait de se tourner vers les marchés émergents mais à condition d’avoir quelque chose à vendre et d’aligner les prix (donc les coûts de production) sur ceux de la Chine ou du meilleur moins-disant. Les « plans sociaux » ne sont donc pas terminés. Le gagnant serait le pays qui atteindra le premier les normes sociales de la Chine…
A moins que, même en conservant le modèle capitaliste ? Que l’Europe se fédère vraiment au lieu d’être une juxtaposition de gouvernements en lutte pour le leadership et la conservation jalouse de l’indépendance nationale (il n’en reste pourtant que des symboles et des oripeaux), que la BCE soit une vraie banque centrale faisant des avances et prêtant aux pays et soumise à la politique fédérale de croissance (devenue verte) plutôt qu’au dogme de la lutte contre l’inflation, que la Banque Européenne d’Investissement finance énormément d’investissements porteurs (recherche-développement, formation, énergies renouvelables, réseaux décentralisés par exemple d’informatique ou d’électricité, infrastructures ferroviaires et canaux, usines de nouvelles technologies, etc.) notamment en émettant des « euro-bonds » (obligations communes), que l’euro soit sérieusement dévalué, que les emprunts publics n’aient lieu qu’avec l’épargne européenne, qu’il y ait des droits compensateurs de l’inégale concurrence aux bornes de l’Europe (taxe sur les différentiels de taux de change, de coûts de production, de saccage des forêts et de l’environnement, d’émission de dioxyde de carbone, etc.), que la finance spéculative (y compris et surtout sur les matières premières et les produits agricoles) soit interdite, ainsi que ses procédés et méthodes (titrisation, produits dérivés, LBO, ventes à découvert, marchés de gré à gré, usage des paradis fiscaux, etc.), que les monnaies européennes hors zone euro soient progressivement liées audit euro avec un taux de change fixe mais révisable périodiquement (ce qui nous amènerait rapidement à une monnaie commune, chaque pays gardant sa devise, plutôt qu’a une monnaie unique).
Vaste programme comme disait le grand Charles à propos de l’élimination des cons. Le plat Hollande a du pain sur la planche à voix ; en effet, moult pays ont leur petit pré carré à préserver : la Gibbie, sa finance offshore (elle dispose d’un tas de paradis fiscaux, notamment en Europe même) et son industrie financière qui fait 10 % de son PIB ; le Luxembourg, sa finance d’optimisation fiscale ; l’Irlande, son taux d’imposition des bénéfices des sociétés à 12,5 % (25 en moyenne en Europe) ; la Hollande, ses faveurs pour les sièges sociaux étrangers (Servier, avec le concours du cabinet d’avocat d’affaires de Tsarko, avait transformé sa boîte en fondation de droit batave) ; la France, sa PAC et ses multinationales ; l’Espagne, sa production agricole chimique et ses saisonniers payés avec une fronde ; la Germanie, ses avantages compétitifs et ses PME exportatrices ; la Pologne sa production électrique au charbon de piètre qualité, etc. On peut donc s’attendre à voir ce programme repoussé aux « calendes grecques ». C’est ce qui devait arriver avec une Europe réduite à un marché unique et une monnaie unique malgré l’hétérogénéité des pays à tous points de vue. Car pour avoir une monnaie unique viable, il faut disposer : de fonds structurels communs d’aide et de transferts budgétaires vers les Etats en retard (les USA ont un budget fédéral de 20 % du PIB contre 1 % pour l’UE), d’une union politique (les Etats précèdent la monnaie ; on a fait la zone euro sans Etat commun fédéral !), d’une fiscalité commune ou à tout le moins harmonisée. Sinon, on ne peut avoir une « zone monétaire optimale » (Mundell).
C’est pourquoi les socialos n’ont fait aucun effort pour passer des accords électoraux pour les législatives 2012 avec le Front de gauche ou autres. Je subodore que les éléphants du PS (réélus, eux) menés par Babar, le nouveau président, ne seraient pas ennuyés par la victoire de l’UMP/FN qui devrait assumer le merdier actuel, fraise des bois restant tout à son plaisir de monarque sans pouvoir. Donc, les solutions modérées vus ci-dessus ne sont pas viables faute de majorité politique animée de la volonté de sortir du capitalisme. Las, il y faudrait la mise en place d’une démocratie participative réelle et une autre conception du monde et de son fonctionnement. Pourquoi pas celle du fédéralisme politique et du mutuellisme économique préconisée par Proudhon et mise sous l’étendard de la justice ?

Et maintenant, que va-t-on faire ?

Classé dans : politique — 14 mai, 2012 @ 10:20

Flanby a été élu ; tant mieux car on est débarrassé d’un individu dangereux pour les libertés publiques, le droit, la justice et même l’économie. Bling Bling est en effet depuis toujours, malgré ses appels aux mânes de Jaurès, de Blum, du grand Charles, etc. un indécrottable admirateur de la secte néolibérale. Celle-ci est un bien commun des gouvernants libéraux qui assassinent l’Europe à grands coups de stabilité budgétaire, d’austérité, de « règle d’or ». C’était emblématique du couple Merkozy, champions de la politique de « l’offre » qui consiste à restaurer les marges des entreprises en réduisant le salariat à zéro : salaires réduits, flexibilité totale, suppression du droit du travail, laminage des retraites et des droits sociaux, privatisation de ce qui reste de services publics ; dogme de la « concurrence libre et non faussée », des effets bienheureux de la libre circulation des marchandises et des capitaux, stéréotype des effets positifs de la spécialisation de chaque pays dans ses « avantages compétitifs », monétarisme, etc.
Guimauve le conquérant a gagné mais pas encore son parti qui peut redouter les législatives avec convergence du FN et de certains députés UMP de la « droite libérale ». Quel est le programme de fraise des bois ? Les 60 propositions du candidat de la rose sont modérées ; elles vont seulement mettre un peu de guimauve socialiste dans la forêt noire du libéralisme dont tous les processus et dispositifs ou règles sont conservés pieu-sement. Le supplice du pal socialiste sera agréable au début mais ne pourra que mal se terminer car le système libéralo-capitaliste, malgré sa faillite démontrée, va perdurer. Flanby sera coincé entre les écologistes, qui veulent à juste titre une économie sans carbone et sans nucléaire, sans pesticides, sans bagnoles avec économies d’énergie et énergies renouvelables, et le gauche de la gauche qui maintient les saintes écritures marxistes. Or la transition vers l’économie couterait les yeux de la tête en ces périodes d’endettement massif et exponentiel. Plus grave est que comme les pays concurrents ne feront rien (les échecs des conférences sur le climat l’ont montré) afin de conserver leur compétitivité dans la concurrence internationale la France sera isolée et mettra en danger ce qui reste de son industrie (13 % du PIB). Dans la crise actuelle, chaque pays joue en effet en solo, ce qu’avait tenté de contrer Tsarkowitch en s’alliant avec Merkel. C’était le baiser de la mort car l’euro ne profite qu’à la Germanie. Laquelle, bêtement afin de maintenir son avantage monétaire et commercial (40 % de ses exportations sont dans la zone euro et 70 au sein de l’UE), veut punir les cigales : la Grèce (à laquelle elle n’a pas fini de payer les réparations de guerre 39/45), l’Espagne, le Portugal. Ces pays n’en peuvent plus de l’austérité teutonne et ils ne sont pas les seuls dans la mouise : Grande-Bretagne, Irlande, Italie, France, pays Baltes, etc. Flanby se contentera d’un peu de pacte de croissance à l’intérieur du pacte de stabilité concocté en traité européen par Merkozy. Il obtiendra peut être un renforcement de la banque européenne d’investissement (BEI), quelques « euro-bonds » pour financer des investissements d’avenir, une taxation européenne sur les transactions financières, une légère réorientation des fonds structurels européens qui sont d’un médiocre niveau (car le budget de l’UE n’est que de 1 % de son PIB, contre 25 % de budget fédéral aux USA, et 45 % de ce maigre 1 % vont à la PAC). Il n’aura pas de mutualisation de la dette au niveau de la zone euro, ni d’avances ou de prêts de la BCE aux Etats en panne, ni de taxes aux frontières contre les exportateurs déloyaux, ni de réforme sérieuse du système financier, ni d’harmonisation de l’imposition des bénéfices des entreprises, etc. Et cela à cause du chacun pour soi et d’une UE non fédérée et restée une Europe des Etats.
Flanby étant l’héritier du socialisme social-démocrate qui dès 1983 s’est converti au néo-libéralisme, étant déformé par sa formation commercialo-énarchique comme la plupart de ses copains et des pseudo-élites françaises ne pourra ni ne voudra faire grand-chose pour le peuple. Par ailleurs, le reste du monde fera tout pour s’opposer à la fin du libéralo-capitalisme. Que faire alors, dirait Lénine ? Eh bien je préconise la création d’une fédération des pays de l’Europe du Sud ; comme cela, le monde anglo-saxon (utilitarisme, empirisme, égoïsme, individualisme et culs bénits, dollarophone), la dictature libérale chinoise, l’ordo-libéralisme tudesque, etc. auront le sud au cul.
Les Etats Fédérés du Sud Européen (EFSE) auront une monnaie commune, l’eurosud, pour leurs échanges entre eux, chaque pays conservant sa devise propre à l’intérieur d’un serpent monétaire commun permettant des variations des taux de change dans des limites préfixées et révisées tous les 3 mois afin de permettre aux pays les moins compétitifs de se refaire une santé en dévaluant leur monnaie. Cette monnaie sera gérée par une banque centrale faisant des avances aux différents pays et leur consentant des prêts. Les dettes seront mutualisées dans cette EFSE et celle-ci n’empruntera qu’à l’intérieur de ses frontières auprès de ses habitants admis à souscrire aux empruntes publics sans passer par les banques privées. Une grande banque publique et socialisée de financement de grands travaux d’infrastructure ou de transformations des outils de production ou de projets d’avenir (R-D et innovation) sera créée au niveau de l’EFSE. Elle fonctionnera comme la banque du peuple créée par Proudhon. Toutes les combines de la phynance ubuesque du privé seront interdites : LBO, produits dérivés, titrisation des dettes, private equities et hedge funds, opérations spéculatives à découvert, marchés boursiers de gré à gré, spéculation sur les matières premières et les denrées alimentaires ou produits agricoles, placements spéculatifs à court terme les obliger à rester 10 ans dans le pays de destination), usage des paradis fiscaux, etc. Les « évadés fiscaux » verront leurs biens confisqués et leur nationalité annulée ; les artistes expatriés seront interdits de production dans l’EFSE et leurs DVD, films et autres seront taxés comme des produits étrangers.
Au début, l’EFSE vivra en autarcie. Prenons l’exemple de la France. Pourquoi pas l’autarcie ? Y perdrait-on ? Cela dépend de qui serait concerné et de la nature de ce qui serait perdu. Certes, on y perdrait du faux argent en refusant l’idéologie de la seule valorisation monétaire et financière du PIB. Mais il nous resterait les quantités naturelles et objectives de la production sur notre territoire. La France a tout ce qu’il faut : quantités de bons vins et alcools, une énorme quantité de produits du terroir, une grande variété de fromages, des races bovines magnifiques (Aubrac, Charolais, Salers, blonde d’Aquitaine, etc.), des moutons pour la laine, une grande agriculture fournissant de tout, des forêts, des eaux territoriales pour la pêche (à condition de pourchasser par exemple les chalutiers espagnols qui y braconnent et ruinent la ressource), encore une industrie, de l’artisanat, des PME/PMI, etc.
Ce serait plus coûteux, moins productif et moins rentable nous diraient en cœur les libéraux et les économistes. Plus coûteux ? Pourquoi puisqu’on ne compterait que des quantités produites et échangées et non du fric, notamment en créant une monnaie d’échange établie sur la base du contenu de la production (exprimé en temps et en niveau de qualification) en travail incorporé dans les produits. Moins productif ? Et alors, pourquoi faudrait-il continuer à courir après la productivité en comprimant le travail et en stressant les travailleurs ? Certes, il nous manque du pétrole et du gaz, mais il y a la ressource inépuisable des énergies renouvelables et la possible utilisation des algues et de la biomasse pour faire des carburants et des matières transformables en équivalent plastique ou entrants chimiques ; il nous manque certains produits (électronique, électroménager, informatique) ; rien n’empêche d’en refaire chez nous car nous en avons les compétences. On ne les a perdus que pour des raisons de rentabilité et de productivité dans la concurrence internationale axée sur le profit. On perdrait le dynamisme de l’innovation propulsée par le marché et la concurrence ? Rien ne dit que cette fonction sociale ne pourrait pas être assurée par une recherche socialisée valorisant les savants et les chercheurs et libérée des contraintes du profit et des demandes étatiques en faveur du militaire, qui serait d’ailleurs supprimé. On peut honorer et motiver les chercheurs par des avantages en nature et un statut social reconnu comme, du reste, celui des enseignants. On n’aurait plus de produits exotiques ? Mais on en a déjà avec nos territoires tropicaux et on peut y produire (café, chocolat, fruits, etc.) si on laisse de côté la rentabilité exaspérée par la concurrence internationale et la division afférente du travail. On peut faire de très grosses économies de consommations. Par exemple, on peut remplacer le ciment et le béton par des habitations en paille, en pisé, voire en briques de terre (comme dans la splendide ville de Tombouctou), les toits en tuile par du chaume ou de l’ardoise. Les transports en voiture individuelle seront remplacés par les transports en commun dans les agglomérations et par des véhicules « gazogènes » (dont hydrogène par pile à combustible) ailleurs. Les prospectus publicitaires seront interdits et les journaux et livres deviendront électroniques afin d’économiser le papier et les forêts. Je signale qu’à l’heure actuelle la France exporte notre bois en Chine, laquelle nous réexpédie des meubles low cost qui ruinent la filière bois française ! On peut remplacer les textiles synthétiques par la laine, le lin et même le chanvre. On peut aussi miser sur la qualité et la durabilité des produits de façon à décourager le gaspillage et le zapping consumériste par la publicité, laquelle serait interdite. On sait qu’actuellement les industriels font que les produits aient une durée de vie limitée pour vendre ensuite leurs remplaçants. Une économie frugale et économe des ressources non renouvelables peut être mise en place contre l’hyper consommation ostentatoire propulsée par le néo-libéralisme.
En réalité, la question est de savoir qui gagnerait ou perdrait dans l’autarcie. Le peuple n’y perdrait rien si la richesse est exprimée en volume et si la monnaie est calée sur la production dont elle serait le reflet. Cet aspect est parfaitement établi par « l’abondancisme ». Les perdants seraient les spéculateurs, les rentiers, les banquiers, les PDG et autres managers, les assureurs, les journaleux, les experts médiatiques stipendiés, les politicards plus ou moins achetés et surtout vivant sur la bête de la fausse démocratie représentative, bref tous ceux qui bénéficient de la rente financière assise sur rien de concret et n’étant qu’une simple valorisation monétaire des prédations du capital, bref tous ceux qui profitent des inégalités de pouvoir et de situation patrimoniale. Soyons en sûrs, l’argent n’est pas la richesse, il n’en est qu’un signe particulièrement artificiel et manipulable. Il est l’unité de compte de la richesse monétaire qui n’a rien à voir avec celle des biens réels satisfaisant aux besoins des humains. La preuve en est que le PIB mondial n’était que de 60 000 milliards de dollars en 2007 alors que les produits financiers dérivés montaient à 10 fois plus. La valeur purement financière d‘empilement de dettes de dettes, de titres sur titres atteignait donc une somme fantastique mais imaginaire car dépourvue de toute garantie réelle. On peut sans passer et se concentrer sur des biens réels et utiles à tous. Par ailleurs, le PIB n’est qu’un calcul monétaire de la richesse et, en outre, il y compte les nuisances et les dégâts du capitalisme et il oublie les externalités positives apportées par les services et bien publics.
L’autarcie de l’EFSE serait mieux que celle de la seule France. En effet, on aurait alors la puissante industrie de l’Italie, la grande agriculture et la pêche espagnoles, les ressources agricoles et maritimes de la Grèce, les relations du Portugal (ou de l’Espagne) avec l’Amérique du Sud. L’Europe du Sud peut commencer en se suffisant à elle-même et, dans ce cadre, peut cependant installer des rapports privilégiés et coopératifs (au début sous forme de troc) avec le Maghreb, l’Afrique, l’Amérique du Sud, la Turquie, l’Asie (hors pays totalitaires sans Etat de droit, ce qui exclut aussi la Russie).
L’EFSE devrait n’être pas trop difficile à construire. En effet les pays du sud européen disposent de la même culture et sont complémentaires et moins hétérogènes que l’actuelle UE à 28 pays. L’EFSE prendra grand soin de se construire comme union politique fédérale et exclura ce qui a tué l’Europe, à savoir l’élargissement sans frein en vue seulement de la constitution d’un grand marché concurrentiel. L’EFSE est très riche de son patrimoine culturel, de ses sites naturels, de ses bâtiments historiques, de sa cuisine variée. C’est chez elle que la culture occidentale a été forgée, non pas chez les Gibbies ou les Teutons. Bref, l’EFSE est un monde pluriel et commun tout à la fois, monde qui n’a pas besoin des diktats prussiens, ni de l’utilitarisme écossais. Elle n’a pas besoin ni des Huns ni des autres. Ni d’Attila, ni d’Attali.

Dégagez M. Sarkozy de Nagy-Bocsa

Classé dans : politique — 14 avril, 2012 @ 10:50

L’élection du 22 avril va permettre de se débarrasser d’un individu nuisible à tous points de vue. Certes, Hollande n’offre rien de bien attrayant. C’est en effet un politicard blanchi sous le harnais depuis si longtemps. Mais surtout c’est un exemplaire membre du courant libéralo-capitalisto-financier (comme le compassionnel Bayrou de secours) qui a ruiné la planète. Il ne faut pas attendre de cet homme un changement de modèle socio-économique ou politique. Seulement, un peu plus de moralité publique. Mélenchon nous ramène aux illusions communistes et à 1981. On ne peut faire qu’un gros poutou à Poutou qui ranime la flamme trostskarde comme Arthaud. Etc. On a un gaulliste avec Dupont-Aignan, alors que le gaullisme est d’essence étatico-libérale. On n ‘a pas envie de cheminer avec Cheminade. L’écologie est hélas sur le reculoir car les urgences économiques l’on fait remiser au placard. Bref, on ne sait à quel saint se vouer. Mais il y a une chose sûre, c’est qu’il faut dégager TsarKo. Pourquoi ?
Cet individu a détruit les principes généraux du droit et a asservi la magistrature (hors quelques juges pugnaces comme Trévidic ou Van Ruynbecke) à son profit. Sa réélection entraînerait une fantastique progression de la magistrature « couchée » et une inflation de textes sécuritaires en général et en fonction des circonstances.
Cet individu est mouillé dans nombre d’affaires obscures. Il y a l’affaire Karachi à partir de la candidature Balladur en 1995 ; avant il était ministre du budget au nom duquel il a signé l’acte de création de la société offshore Heine au Luxembourg, société boite aux lettres chargée de recevoir et de faire circuler les grosses commissions, voire les rétro-commissions. Il est donc impliqué comme dans la blague sur les œufs au bacon : la poule est concernée, le cochon, lui, est impliqué.
Il est impliqué dans l’affaire Woerth-Bettencourt sur le volet financement occulte de l’UMP ; il est soupçonné de détournement de la loi sur le financement des partis avec la profusion de la création de micro-partis à son service. Il a aux fesses le financement de l’achat de son luxueux appartement de l’Ile de la Jatte à Nanterre. Il a été entouré d’intermédiaires douteux comme Takhiedine, Djouhri, Bourgi. Ce type n’est pas net du tout et le réélire reviendrait à reporter de 5 ans des poursuites judiciaires éventuelles. Il a de l’espoir ; Chiracos a tenu plus de 15 ans.
Cet individu est un spécialiste du discours à géométrie variable en fonction des auditoires et des circonstances. Voyez mes ailes, je suis anticapitaliste et anti-financier, voyez ma peau j’aide les banquiers à ne pas faire face à leurs turpitudes. Voyez mes ailes, je suis pour le peuple contre l’establishment ; voyez mes actes, j’ai favorisé la rente et la richesse. Voyez ma peau, je suis un perdreau de l’année qui n’a pas géré les affaires depuis 10 ans ; voyez mes ailes, je vais prendre un nouvel envol car j’ai changé comme je l’ai déjà promis en 2007. C’est un pro des promesses démagogiques comme pour me zéro SDF dans le rue ou la baisse d’un tiers de la pauvreté. Et il recommence avec le permis de conduire, la taxe sur les transactions financières, la baisse du prix de l’essence, etc. Sa politique est erratique et l’a conduit à se contredire avec notamment la suppression d’une part de sa loi TEPA de 2007. Bref, c’est un politicard clientéliste de la plus belle eau.
Il a accru la dette de 500 milliards tout en essayant de faire croire que c’était dû à la crise alors que celle-ci n’explique que 150 milliards (soit plus 650 milliards de dette) ; dette qui du reste a cru de façon pharaonique sous le gouvernement Chirac auquel il a participé. Et i a le culot de se présenter comme le protecteur de la nation, comme le rassembleur alors qu’il n’ a cessé de diviser en dressant les populations les unes contre les autres, notamment les salariés du privé contre les fonctionnaires.
Sa mentalité est hyper libérale même s’il a prononcé des discours nombreux en sens contraire pour s’attirer les grâces d’une partie de l’électorat. Avant la chute des subprimes en 2007 aux USA, il préconisait le même système d’accession à la propriété et au crédit revolving pour la France. Il ne jurait que par Bush II, il était américanophile comme le montre la réintégration du pays dans les forces de l’OTAN. Il est toujours un disciple d’Israël contre l’émancipation du peuple palestinien. C’était un VRP de la vente des armes françaises, avec réception de Kadhafi, d’Assad à Paris, c’était un soutien de Ben Ali et de Moubarak avant les révolutions arabes.
Normalement, un président élu est transcendé par sa fonction de représentant de l’intérêt général. Il n’a cessé de dégrader l’autorité de la fonction en s’affichant dans les médias avec ses affaires privées, en s’affichant avec ses riches amis, en employant un langage de corps de garde, en massacrant la langue française, en ne privilégiant que le mérite financier. Il n’a pas de dessein pour la France car c’est un libéral invétéré ; or le libéralisme fait tout reposer sur les forces impersonnelles et automatiques du marché, ce qui exclut la notion de projet ; il suffit d’attendre les résultats des forces économiques et financières. C’est de l’empirisme à la petite semaine et à la sauce anglo-saxonne et non du pragmatisme que résume la formule de Proudhon : « la théorie vient de l’action et retourne à l’action à peine de déchéance pour l’agent ».
Ce keum est un menteur pathologique ; par exemple, il a fait croire en 2007 pour les élections qu’il formait un bon couple avec Cécilia alors que celle-ci était déjà avec Attias. Il a eu le culot de se présenter au Pape bien que divorcé 2 fois, lequel pape, du reste, n’aurait jamais dû le recevoir pour cette raison. C’est un type sans ambition pour le pays car il n’a que des intérêts. Ce en quoi il est bien un libéral pur sucre car cette idéologie développe un utilitarisme individualiste généralisé. Dans ce cadre, il n’y a pas d’honneur, de dignité, de morale ; il n’y a que des intérêts. Ainsi, il se présente comme chrétien (le curé est supérieur à l’instituteur) alors que toute sa conduite piétine les valeurs catholiques. Il avait promis le dialogue social mais il n’a cessé de passer en force en violant la loi Larcher de janvier 2007.
Il pratique la fuite en avant, une loi de circonstance chassant l’autre, pour se présenter comme un réformateur alors qu’il fait du surplace avec des réformettes. Par exemple, sa réforme surprise des retraites en 2010 (l’échéance normale était 2013) n’a pas assuré la continuité du système puisque le nouveau régime n’est plus financé à partir de 2018. Il croit que l’agitation remplace la sérénité et le travail de long terme et les réflexions et négociations approfondies. C’est un ludion agité car il raisonne comme un avocat d’affaires : chaque affaire doit être traitée au coup par coup avant de passer à la suivante. C’est du « wait and see » permanent, sans continuité ni projet.
Il se représente comme ayant changé, ce qu’il avait déjà dit en 2007. C’est vrai, il change tout le temps au gré des circonstances et des clientèles électorales à séduire, surtout celle du Front National. Il fait trafiquer les chiffres du chômage et du pouvoir d’achat de l’INSEE dont il s’est emparé. D’ailleurs, il a mis en place un Etat UMP en nommant ses séides et amis à tous les postes de responsabilité de l’administration, à commencer par ceux du service public de l’audiovisuel ou ceux de la magistrature et de la police. C’est un bonapartiste sans scrupule.

Le partage du travail

Classé dans : politique — 20 mars, 2012 @ 12:29

Les socialistes ont inauguré le thème du partage du travail avec la loi sur les 25 heures moyennant 20 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales pour les entreprises. Celles-ci en ont profité pour rationaliser leurs méthodes de travail, pour ajuster les temps de production sur toute l’année en fonction des carnets de commande, pour augmenter les cadences et diminuer les temps morts. Des experts disent que cela aurait créé 300 000 emplois (ou permis de conserver)… De quelle nature ? Car en réalité et de façon bien plus large et profonde, le partage du travail (de l’emploi plutôt) ressortit à des facteurs bien différents.
Le 1er aspect de la chose est le partage entre travailleurs employés et chômeurs. Fin 2011, la France recensait 2,8 millions de chômeurs de catégorie 1 (disponibles aussitôt, n’ayant pas travaillé dans le mois précédent et demandeurs d’emplois inscrits ; on sait qu’il y a beaucoup de non-inscrits pour des tas de raison). Passé partout, avec les autres catégories, on obtient en gros plus de 4,5 millions de personnes en sous-emploi. Le chômage ou le sous-emploi sont la 1ère forme du partage du travail. Une 2ème forme réside dans la différence entre emplois stables, à temps complet, en CDI et emplois précaires (CDD, intérim) ou à temps partiel (17 %, essentiellement des femmes à 60 %). Ce ne sont pas les mêmes statuts d’emploi qui sont partagés ; la forme précaire ou à temps partiel (dont les emplois saisonniers) est celle qui entraîne quasiment automatiquement la pauvreté du travailleur (3 millions de travailleurs pauvres). Le modèle tudesque est soi-disant supérieur : il y a 5 millions de travailleurs disposant de « mini-jobs » (à 400 euros par mois, à 5 euros de l’heure voire 2 euros, étant entendu que la Teutonie ne dispose pas d un SMIC national et que le travailleur est forcé d’accepter ce type d’emploi sous peine de perdre l’indemnisation de 358 euros mensuels offerts au chômeur après un an de chômage ; à comparer au 458 de l’ASS française).
Une 3ème ligne de partage concerne la position des personnes en fonction de leur âge. C’est ainsi que les jeunes de moins de 25 ans arrivent à un taux de chômage de 24 % contre un peu moins de 10 pour l’ensemble de la population (il y a pire : 40 % et 20 % par exemple en Espagne). Ceux qui sont largement le plus en emploi sont les 25-55 ans. Au-delà de 55 ans on entre dans l’inactivité des salariés âgés dont le taux d’emploi (chômeurs sur ensemble de la population concernée) après 58 ans est d’environ 57 %. Il faut aussi prendre en considération les heureux bénéficiaires d’un emploi aidé ou en formation ; ils ont la chance de ne plus figurer dans les statistiques.
On peut aussi observer qu’il y a des travailleurs qui ont des heures-sup et non d’autres. Il est évident qu’il y a un partage du travail entre les « insiders » plus ou moins titulaires d’heures-sup et les « outsiders » au chômedu ; les premiers contribuent à refouler les seconds du marché du travail. Certes, les heures-sup apportent de la souplesse dans les plannings eu égard aux charges de travail mais ce n’est pas un raison pour les défiscaliser (loi TEPA de 2007) en partie au coût annuel de plus de 4 milliards d’euros. Nous avons aussi les travailleurs en chômage technique comme variante du temps partiel dans les boîtes en sous-activité. Ils sont indemnisés (par le patron et une aide étatique) à hauteur de 80 % du salaire plein en attendant la reprise du carnet de commandes. La France a consacré 600 millions à la chose et la Germanie 5 milliards en 2008. C’est qu’en Teutonie, les patrons négocient avec les syndicats pour sauver l’emploi. En France, lesdits patrons préfèrent reporter sur la collectivité le coût du chômage ou du sous-emploi.
Le partage du travail est aussi largement lié à l’état des technologies, à la division du travail et au degré de qualification des travailleurs. Il y a une séparation nette entre les agents bien formés et ceux qui n’ont pas de qualification ; or 150 000 jeunes sortent chaque année de l’Education nationale sans le moindre diplôme, lequel est le critère même de la méritocratie à la française. Ce qui se redouble du clivage entre ceux qui sont dans une boîte ou ont un statut collectif (notamment via les conventions collectives de branche) et ceux qui sont isolés, individualisés comme l’essentiel des emplois de service à la personne, emplois facilités par le chèque emploi-service universel (CESU) qui laisse le salarié seul face à plusieurs employeurs individuels éloignés les uns des autres et donnant des horaires entre lesquels le travailleur doit jongler pour essayer d’avoir un salaire raisonnable.
On a aussi le travail au noir notamment avec des clandestins surexploités, ou les « auto-entrepreneurs » qui assument tous les frais tout en étant souvent employés totalement par leur ancien patron qui les a virés pour faire des éconocroques. Le partage porte donc aussi bien sur les statuts des travailleurs que sur la durée de l’emploi. Cela va encore plus loin car il y a manifestement un partage entre les résidents nationaux et les travailleurs de l’étranger via les entreprises délocalisées. La division du travail est mondialisée en fonction de la spécialisation internationale des activités économiques.
En conclusion, tout cela montre bien que la vraie variable de lutte contre le partage inégalitaire du travail réside dans l’industrialisation du pays ou plutôt la ré-industrialisation. Ce n’est pas dans la croissance, surtout si elle est fondée sur la consommation… de produits importés. C’est dans le rééquilibrage de la balance commerciale en produisant dans le pays et en exportant. Le comment y parvenir est une autre question qu’on ne traitera pas ici. Elle passe aussi par une réforme totale des structures de formation de façon que chacun aille jusqu’au maximum de son potentiel (sans préjudice d’une formation générale) et dispose de plusieurs chances de requalification au cours de sa vie active et de ses périodes de chômage. C’est pourquoi très justement le gouvernement a réduit les moyens de l’AFPA…

On ne nous dit pas tout sur la dette

Classé dans : Non classé — 8 février, 2012 @ 12:04

Les mensonges ou omissions sur la dette sont légion de tous les cotés du spectre politique. La droite, parée des plumes de la gestion, ne dit pas que la dette publique était de 900 milliards en 2002, de 1267 en 2007 et de 1780 début 2012. On voit donc que la vertueuse droite en 10 ans a accru la dette publique de 880 milliards, dont plus de 500 sous Tsarkocescu. L’aggravation de la dette n’est pas due à un accroissement des dépenses de l’Etat qui ont diminué de 25 % du PIB en 1990 à 22 % en 2008. C’est dû aux exonérations fiscales…
Mais ce qui est le plus omis, ce sont les raisons profondes de l’accumulation des déficits budgétaires amenant l’empilement incessant des créances étrangères puisque la dette est détenue à 66 % par les non-résidents. C’est l’inverse en Italie. Au japon, ce sont les Japonais qui ne sont pas absents : ils détiennent 95 % de la dette de plus de 200 % du PIB de leur pays. Aux USA, les Ricains en ont 70 %. Les déficits proviennent en partie du caractère déficitaire de la balance commerciale (70 milliards en 2011 après 55 en 2010) qui a plongé sous Tsarkowitch. Car les déficits de la balance des paiements courants sont un appel à des flux compensatoires de fric, en sens inverse, en provenance de l’étranger.
En 2006, Galouzeau avait commandé un rapport sur l’endettement du pays au banquier ( ! BNP) Pébereau. Ce dernier avait chargé la barque en ajoutant à la dette de 1160 milliards le montant cumulé des retraites à verser par l’Etat aux fonctionnaires sur plus de 30 ans, soit 900 milliards. M. Pébereau combinait gentiment un stock à l’instant T avec un flux ! Cela, c’est du calcul sérieux à dire d’expert. Il omettait de soustraire de la dette le montant des actifs financiers de l’Etat, soit 650 milliards à l’époque, ni encore moins les actifs physiques (routes, écoles bâtiments, etc.). En les prenant en compte il se fait qu’en réalité la France a un solde positif de 6500 euros par personne et non une dette ; de surcroît, les Français ont aussi un patrimoine immobilier considérable. Pébereau négligeait l’endettement privé alors que c’est celui-ci qui a plombé l’Espagne et l’Irlande. En France, l’endettement privé est de 120 % du PIB (soit avec la dette publique 200 % de dette). Mais les USA ont 100 % de PIB de dette publique et 175 de dette privée, soit 275 %. La dette privée des GB est de 200 % à ajouter à la publique de 80. Pébereau ne parlait pas de l’épargne française (16 % du revenu) et des avoirs privés des Français ; par exemple 1400 milliards d’assurance-vie (hélas placés à 80 % dans des obligations étrangères) ou près de 400 de livret A. Evidemment car l’idée cachée était d’empêcher que l’Etat ne se tourne vers cette épargne pour se financer, ce qui aurait ôté aux banques le monopole de la chose et aurait nui à son exportation à l’étranger (considérable) ou à son utilisation par les banques pour spéculer. Il n’empêche : il y avait déjà alarme dont Rodotarin 1er n’a pas tenu compte.
Le discours de Duracell 1er consiste à s’exonérer de toute responsabilité au nom de la crise éclatée en 2008. C’est manifestement faux car sur les 500 milliards, seulement 110 sont dus à la crise ; la grosse part provient de l’accumulation des cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises : en gros 100 milliards par an. Le processus de limitation des impôts et d’exonération de charges sociales a démarré sous Jospin et a continué sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin (inventeur du bouclier fiscal et de nombreuses niches fiscales) ; il a été aggravé par Zébulon 1er avec la loi TEPA de 2007. On en est à 486 niches fiscales qui coûtent 73 milliards au budget, à 15 milliards de baisse de l’IRPP par an et à 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises. Les multinationales du CAC 40 ne paient que 8 % en moyenne d’impôts sur les sociétés (zéro pour Total) contre 23 pour les PME. En revanche, le peuple a vu augmenter constamment les taxes qui pèsent sur lui en contrepartie des cadeaux fiscaux faits aux riches. Rappelons que Raskoltignac avait promis de baisser les prélèvements obligatoires de 5 % sous sa présidence (on a eu en fait + 4 points sous sa présidence éclairée). Les socialos se font oublier en omettant de préciser que ce sont eux qui ont précipité la France dans la course à la mondialisation commerciale et à la libre circulation des capitaux. C’est le conseiller de Bérégovoy, le sieur Naouri, devenu PDG richissime, qui a lancé les mécanismes de la spéculation boursière en France. Flanby vient d’annoncer sans rire qu’il supprimerait les stock- options reprises en France par Fabius ou DSK.
Mais ne nous y trompons pas : cette baisse vertigineuse des recettes publiques a été voulue par tous les politicards ; son but caché est la « stratégie du chaos » ou la « politique de la caisse vide ». Elle consiste à assécher les sources de financement des services publics afin de pouvoir enfin les sabrer au profit du privé quand il n’y aura plus de fric pour les assurer. On les accusera alors de mauvaise gestion après leur avoir coupé les vivres. C’est pourquoi la crise est pour les libéraux « une divine surprise » : on va pouvoir enfin casser la fonction publique, les fonctionnaires, les hôpitaux, les écoles, etc. pour les faire assurer (dans les deux sens du terme) par le privé et l’argent des consommateurs enfin individualisés et responsabilisés.
Il faut aussi se souvenir des faveurs accordées aux banquiers sous Pompidur (ex-Rotschild) par Valéry Fiscard Déteint : suppression des avances de la banque de France au gouvernement, suppression aussi des prêts d’icelle. ; ensuite, on a accordé aux banques privées le monopole de la souscription-organisation des emprunts d’Etat (avant un quidam pouvait souscrire par exemple auprès des trésoreries générales). L’idée était que les marchés internationaux, bourrés de pétro-dollars et de fonds à placer, prêteraient moins cher qu’en France. Ce fut faux car, avant, l’inflation en France faisait que les taux d’intérêt réels étaient négatifs ou très faibles. C’est d’ailleurs avec les prêts de la Banque de France et une inflation de 8 % que le pays s’est redressé après 1945 et a connu les « 30 glorieuses ». A l’étranger, on était déjà dans la protection du patrimoine rentier sans inflation ou presque et avec des taux élevés (pour sauver le dollar victime de déficits budgétaires très élevés). Enfin la politique du franc fort (de Francfort car notre monnaie était alignée par les socialos sur le mark) fit monter le taux de change du franc puis de l’euro. Ce taux de change unique, en face de pays très différents, fait que l’euro est surévalué de 20 % pour la France et sous-évalué d’autant pour l’Allemagne. Résultat : les gouvernements ont payé très cher les emprunts, ce qui d’après certains économistes, a créé 900 milliards de dette depuis 1985, soit la moitié des 1800 de début 2012. Ce fut très bien pour les riches qui mieux munis par la grâce des baisses d’impôt souscrivaient aux emprunts et donc touchaient deux fois (moins d’impôt, plus de rente). Dans cette dette « odieuse », il faut enregistrer les stupéfiantes commissions que touchaient les banques pour placer les emprunts. Il faut savoir aussi que les banques empruntaient à très faible taux réel auprès de la banque centrale pour prêter bien plus cher ou spéculer avec effet de levier (en empruntant l’essentiel du montant de la spéculation). Vous voyez, c’est facile la finance quand le pouvoir facilite au maximum ses exactions par socialisation des pertes et privatisation des profits. Evidemment, Chamallow, dit aussi fraise des bois ou guimauve le conquérant, ne nous dit rien de ces merveilles et n’a pas dit qu’il y mettrait fin. Il n’a rien dit sur la suppression des LBO (achat d’entreprise par effet de levier) autorisés par DSK…
Une grosse part des déficits, donc de la dette, est liée à la mondialisation commerciale. D’une part, les multinationales ont beaucoup délocalisé dans les pays low cost pour augmenter leurs marges, d’autre part les distributeurs et les industriels sont allés se fournir dans ces pays. Résultat : une désindustrialisation du pays passé en 15 ans de 25 % de pays dans l’industrie à 14 aujourd’hui. Il en résulte un chômage structurel qui mine les comptes de la protection sociale et des aides d’Etat aux plus défavorisés et augmente donc les déficits des comptes sociaux. Notons cependant que les délocalisations ne sont directement responsables de pertes d’emploi que dans de faibles proportions. Mais il faut prendre en compte les volumineuses pertes indirectes : chez les sous-traitants, dans les activités de service associées, chez les producteurs locaux dont les produits ne peuvent concurrencer les marchandises et les produits agricoles importés. Le cumul des choses a été dévastateur pour l’emploi et la balance commerciale. A laquelle il faut ajouter la balance des paiements, ce qui prend en compte le solde des revenus financiers (par exemple, les sommes envoyées au pays par les immigrés ou les dividendes ou les royalties) et des flux financiers (sorties ou entrées de capitaux). Les socialos étaient en 1983 très contents d’emprunter à l’étranger notamment pour le programme nucléaire ; cela faisait des entrées de fric rendant positives la balance des paiements… mais à court terme car le service de la dette (intérêts et amortissements du principal) fonctionne en sens inverse. C’est la même astuce que pour les partenariats sarkozystes public/privé : on évite de payer l’investissement en le finançant par la dette mais on verse un loyer exorbitant et sur 30 ans qui grève les déficits annuels. En fait, cela coûte plus cher et ne fait que diluer la progression de la dette dans le temps.
Or, je ne le dirai jamais assez, c’est la valeur ajoutée de la production consommée en interne (notamment par les touristes) ou exportée et des autres exportations (de services financiers ou d’ingénierie, par exemple) qui permet de payer tout le reste : fonctionnaires, soins de santé, logement, coiffeur, cinéma, loisirs, alimentation, retraites, etc. Cela donne ce que j’appelle la production primaire source des autres revenus. Les loisirs, les services à la personne comme le petit commerce ou l’artisanat procurent la production et le revenu secondaires financés par le niveau primaire ou premier. Le PIB mélange donc des carottes et des lapins. La dette, d’ailleurs, devrait être rapportée au PIB primaire et non à sa totalité. Ce qui est important, c’est de voir que c’est le primaire qui origine les excédents de la balance commerciale et la part structurelle de la sacro-sainte croissance. Donc, tant que la capacité industrielle primaire du pays n’est pas restaurée, la dette ne peut que croître et embellir via la compensation des déficits commerciaux par des arrivées (d’emprunt) dans la balance des paiements. On attend que les gouvernants, seraient-ils socialistes, arrêtent cette sarabande.

Ah Ah Ah, plus de triple A

Classé dans : Non classé — 18 janvier, 2012 @ 12:27

On l’annonçait pour avant Noël, c’est fait et l’Association des Amis de l’Andouillette (de Troye : un cheval, une alouette) est contrite. Le Sarkopte (parasite acarien qui provoque la gale) avait tout misé sur la conservation du triple A et voyant la catastrophe arriver, malgré les n + 1 plans merkozyens de sauvetage de la zone euro, a eu le culot de dire que ce n’était pas important : Baroin a proclamé que c’était comme de passer de 20 à 19 pour les notes d’un écolier. Objections, M. Tsarko ; c’est le début de la fin pour la France « rance » ou « moisie » et la zone euro. Standard et Poors, le notateur, dit clairement que les plans de sauvetage et le fonds européen de stabilité financière (FESF) sont de la roupie de sansonnet ; par ailleurs, la Grèce replonge parce que les banques privées ne veulent pas abandonner 50 % de leur créances en obligations grecques comme cela était prévu par Merkozy. En prolongement avec le dernier accord de sauvetage, la BCE a largué 485 milliards d’euros à 1 % sur 3 ans auxdites banques européennes pour refaire leurs liquidités afin de financer l’économie ; savez-vous ce qu’elles en ont fait ? Elles les ont replacés à la BCE pour 0,25 % ! Car elles ne se font pas confiance entre elles (plus de crédit interbancaire à court terme) et ne veulent plus acheter des obligations étatiques. Mal creusé vieilles taupes, Angela et l’homme au top, Tsarkozy. Ainsi au 4ème top, la chouette de Minerve sortira. Mais ne nous y berlurons pas, la note n’est rien ; ce qui est gravissime, c’est la déréliction de la zone euro parce que les fondamentaux de moult pays européennes ne sont pas bons par suite des politiques d’austérité : croissance négative, chômage exponentiel, déficits commerciaux affolants, dette explosant, etc.
Le dernier emprunt de Sarkozy, le sarkome, s’est fait à 3,055 de taux d’intérêt soit 1,30 points de plus que pour la Teutonie (le spread, dit-on, ou écart de taux est de 130). L’Italie emprunte à 7 %, l’Espagne à 6, la Grèce en est à 30 ! Ces taux sont insoutenables. Par ailleurs, les politiques d’austérité minent la croissance de chaque pays et, par effet de système, celle de l’ensemble de la zone euro, ce qui fait que les déficits budgétaires vont s’accroître au lieu de diminuer, faute de rentrées fiscales par suite de récession économique. C’est ce que sanctionne Standard and Poors : les politiques d’austérité généralisées en zone euro amènent une récession sévère, accroissent les déficits et la dette qui devient non remboursable. Du reste, c’est déjà le cas de la Grèce qui est en dépression économique et dont la faillite est maintenant patente. Or cette faillite creusera des trous énormes dans les capitaux propres des banques (d’où la demande par le FMI qu’elles soient recapitalisées) par perte de valeur de la dette qu’elles détiennent et par le jeu des CDS (assurances sur la dette) qu’elles devront honorer ainsi que les compagnies d’assurance. En attendant le défaut du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie. Les fonds du FESF (440 milliards déjà bien mités par la Grèce, l’Irlande et le Portugal) sont d’ores et déjà très insuffisants pour faire face à de nouvelles difficultés de pays aussi gros que l’Italie et l’Espagne.
Or la France, avec l’Allemagne, est le principal garant du FESF, ce qui entraîne pour notre pays une dette supplémentaire d’au bas mot 20 milliards. C’est pourquoi la baisse de note de la France a amené celle du FESF. L’enjeu de la dégradation de la note française est que pour emprunter les 180 milliards nécessaires en 2012 (renouvellement des emprunts existants et nouveaux emprunts pour couvrir le déficit budgétaire récent) il faudrait payer plus de taux d’intérêt (ce que pourtant l’emprunt du 16 janvier à hauteur de 8,5 milliards n’a pas encore montré). On le verra tantôt puisque la France doit aussi lever 7 milliards le 19 janvier 2012. Or le taux de la dette publique gouverne les autres taux ce qui poussera les banques à augmenter les taux des crédits aux particuliers et aux entreprises et à raréfier le crédit en direction des emprunteurs les plus solvables ; d’où une baisse des investissements, de l’immobilier et de la consommation. Ce qui est une cause de récession au même titre que l’austérité gouvernementale. Par ailleurs, les banques vont voir leur fonds propres beaucoup baisser (elles détiennent beaucoup d’obligations de dette publique en Europe) au moment même où on exige d’elles un ratio de 9 % de ressources propres en regard de leurs engagements (mise en place des accords de Bâle III au 30 juin 2012) ; elles vont donc restreindre le crédit car elles se débarrassent des actifs toxiques (obligations pourries d’Etat), ce qui diminue leurs propres actifs eux-mêmes écornés par la chute de leur capitalisation boursière (valeur de leurs actions). C’est encore une raison de restriction des prêts. La situation s’est beaucoup aggravée depuis 2009 à cause des atermoiements et palinodies des politiciens européens : trop peu et trop tard, faute d’entente entre gouvernements malgré les multiples plans de sauvetage de la zone euro concoctés par Merkozy. Les gouvernants ne songent qu’à sauver l’euro et non pas les peuples qu’ils condamnent à la rigueur sans fin. Pourquoi cet entêtement dans l’erreur ?
C’est qu’ils n’ont en rien renoncé, en dépit de beaux discours contraires notamment de la part de notre menteur de chez menteur, aux vertus du libéralisme et du monétarisme ; ils ne veulent pas revenir sur la libre circulation mondialisée des capitaux et cela sans contrôle ni sur le libre-échange sans protections qui sont la doctrine de l’Europe, l’idée étant de créer une cage de fer commune dans laquelle chacun devait se disputer les marchés. Pour l’aspect monétariste, il s’agit de la croyance en la neutralité de la monnaie par rapport aux échanges et à la production, monnaie qui, en outre, n’évoluerait à la baisse que par suite de l’inflation des salaires et des prix des biens (d’où la surveillance du seul taux d’inflation par la BCE pour assurer la stabilité de l’euro ; aucune surveillance sur les actifs financiers et immobiliers, aucune prise en compte des dettes privées des banques, des promoteurs, des entreprises et des particuliers, dettes privées astronomiques en Espagne et en Irlande, aucune surveillance du crédit, qui pourtant est une création de monnaie en volume infiniment supérieur à celui créé par les banques centrales !). L’euro surévalué d’au moins 25 % par rapport au dollar (et aux monnaies indexées sur celui-ci) a aggravé les choses car une monnaie unique, alors que les structures économiques (et autres) des différents pays sont divergentes, n’a fait qu’accentuer lesdites divergences bien que les concepteurs de l’euro aient assuré qu’il pousserait à la convergence des économies. L’idée était qu’un taux de change unique faciliterait les transactions (pas de risque de change et baisse des coûts de transaction dans les échanges) et amènerait une heureuse spécialisation de chaque pays dans ses avantages compétitifs. Or les taux d’inflation nationale (la BCE interdisant plus de 2 % d’inflation pour la zone et non pour les Etats qui cependant devaient converger en la matière) étaient asymétriques. Par exemple, la France avec sa haute natalité a un taux structurel d’inflation supérieur à celui de la vieille Allemagne. Or la monnaie unique a offert la possibilité aux pays inflationnistes d’emprunter à bas taux, d’où l’endettement immobilier en Espagne et budgétaire en France. Or, si l’euro a cassé la spéculation sur le taux de change, en réalité celle-ci s’est reportée sur les taux d’intérêt des emprunts publics ce qui fait la crise actuelle des dettes publiques et qui entraine dans la foulée une crise de liquidité (chez les banques et pour le crédit).
Comme les économies étaient différentes, il aurait fallu une solidarité budgétaire entre pays avec des aides des riches aux pauvres et des transferts importants ; or le budget riquiqui de l’Europe (1% de son PIB contre 25 aux USA) interdisait ces transferts et par ailleurs les riches (l’Allemagne, les Pays-Bas…) ne voulaient pas payer pour les autres, de même que le Nord de l’Italie ne veut pas payer pour le Sud et les Hauts-de-Seine pour Sr-Denis. Qu’est-ce qu’une nation soi-disant unie si les régions aisées ne subventionnent pas les déshéritées ? C’est le problème numéro 1 : il n’y a pas de fédération européenne du tout et, du reste, les gouvernements européens ont tous joué la carte du nationalisme local au sein d’un conseil européen fonctionnant sur la base de l’unanimité pour les décisions essentielles. Du coup, chaque pays a essayé de jouer solo y compris contre les autres et a refusé toute harmonisation fiscale, sociale, budgétaire, industrielle, etc. Le pire a été l’Allemagne qui a en 2004 a mis en place une politique de désinflation compétitive (TVA sociale de 3 points, austérité salariale, lois anti chômeurs et anti protection sociale). Par ailleurs, elle a joué sur son ex lebens raum (les ex-pays de l’Est et de l’Europe centrale auxquels l’UE a été élargie sans approfondissement) en y délocalisant sa production et en y exportant sa technique très productive. Résultat : du « made by Germany » (et non in) à bas coût conjuguant une haute productivité avec de très bas frais de main d’œuvre. Du coup, l’Allemagne a piraté les marchés de ses voisins et a contribué à leur désindustrialisation accélérée (notamment la France passée en 10 ans de 23 % d’industrie dans son PIB à 14). Les Tudesques disent aux autres soyez vertueux comme nous et exportez ; idiotie car dans la zone euro tout le monde ne peut pas avoir une balance commerciale excédentaire en même temps. Il faudrait exporter à l’extérieur de la zone, ce qui est impossible compte tenu des différences de coûts de production (très faibles salaires ailleurs et productivité équivalente par suite de la délocalisation des techniques européennes).
Ce qui nous amène à la vraie raison de la crise, cause fondamentale ignorée par les gouvernants libéraux, Tsarko en tête. C’est l’absence de croissance due à un euro trop fort (de 25 à 30 %), aux différences de compétitivité par rapport aux pays émergents (énormes et ce n’est pas une TVA sociale à 3 points de plus qui compensera l’écart) et à la spécialisation internationale de la production qui a fait disparaître d’Europe un tas d’industries manufacturières par suite de la recherche de rentabilité maximale par les multinationales délocalisatrices et par les distributeurs achetant dans les pays low cost des produits bon marché mais vendus bien au dessus de leur prix (toutefois inférieur à celui des productions locales) pour dégager de la marge. C’est donc le début de la fin qu’annoncent les agences de notation et la hausse des taux d’intérêt. Est-ce que la zone euro tiendra jusqu’en avril 2012 ? Tsarko espère, in petto, que non car la crise une fois vraiment éclatée le transformera en sauveur de la nation. La France reconduirait alors à la magistrature suprême celui qui a aggravé notablement sa situation avec les cadeaux fiscaux faits aux riches dès 2007 ! Celui qui, aussi, a participé à la déréliction des fiances publiques sous la 2ème présidence Chirac dès 2002. Las, les socialos sont aussi des responsables majeurs de la fuite en avant française vers l’hyper libéralisme financier et commercial depuis 1983. Oremus, bien chers frères.

La société de défiance

Classé dans : Non classé — 27 décembre, 2011 @ 12:12

Les libéraux se targuent de prôner une « société de confiance » comme l’écrivit, years ago, le gaulliste Alain Peyrefitte; c’est amusant parce que toute leurs théories, de même que les faits, démontrent le contraire. Prenez, par exemple, les pratiques et les discours de Tsarkozescu. Tout y est fait pour encourager le conflit, l’opposition, la rivalité, la lutte des classes les unes contre les autres, la décomposition de la société en groupes hostiles les uns envers les autres. Ce n’est que de l’électoralisme consistant à se dire que, en cas de groupements en lutte, le prince est le sauveur, le pacificateur, le petit père de la nation. Actuellement, qui plus est exacerbée par Tsarkowitch, la défiance est partout : les jeunes contre les vieux, les pauvres contre les « assistés », les gagnants qui réussissent contre les perdants responsables de leur sort, les banlieusards contre les riches habitants du centre-ville, les « bons français » contre les immigrés, les « racailles » et les clandestins, les aisés des classes moyennes supérieures contre les prolos, les travailleurs ou les entrepreneurs contre les rentiers, les banquiers et les financiers, les politicards contre les citoyens, les avocaillons d’affaires contre les diplômés des grandes écoles, les Français contre l’Europe allemande et maintenant les Anglais, les Turcs contre les Arméniens, les PME contre les multinationales, les fonctionnaires contre les salariés du privé, les syndiqués contre les inorganisés, les juges contre les flics, les proviseurs contre les enseignants, les gestionnaires d’hôpitaux contre les soignants, l’Occident contre les autres cultures, etc. Ainsi, via cette politique et la crise, la méfiance est partout, à commencer chez les banquiers qui ne trouvent plus à se refinancer et qui soupçonnent les emprunteurs. Cependant la méfiance concerne au 1er chef les politicards et les « médiateux » qui, tous, bourrent le mou au peuple qui les répudie. Le taux d’abstention et de non-inscrits sur les listes électorales le confirmera tantôt.
Mais Tsarko n’est qu’un suiveur de la thèse dominante du libéralisme, à savoir celle de l’individualisme, de l’égoïsme et de l’utilitarisme foncier de la nature humaine ; cette prétendue constitution anthropologique des hommes, et par le mot homme j’embrasse toutes les femmes, contient la méfiance car dans les relations sociales chacun se demande quel est son intérêt à poursuivre égoïstement et prête le même dessein à son vis-à-vis. C’est pourquoi, le libéralisme postule des lois répressives et la police pour contenir les envies mutuelles, résoudre les conflits, punir les violents et les tricheurs. L’autre théorie libérale, ignorée et éliminée par les libéraux à la sauce Tsarko, est celle de la bienveillance, de la sympathie, de la réciprocité dans les relations intersubjectives (Rousseau, Smith, etc.). Ce qu’il y a d’étonnant c’est que le courant dominant du libéralisme continue de faire du contrat l’alpha et l’oméga des relations sociales rabattues sur les commerciales. Or le contrat suppose la confiance et la morale sinon pour acquérir ce que l’on veut la force suffirait, le vol serait préférable et plus rapide. C’est pourquoi la prison est la gardienne en dernière instance de la pacification de la société. La société libérale contient donc le conflit et la compétition comme la nuée l’orage. Alors se pose la question de ce qui peut encore permettre de faire société. C’est la notion de justice mais à la sauce libérale ; la justice consiste seulement en une égalité strictement juridique de considération ou de dignité à base de droit de faire ce que l’on veut si cela ne lèse pas le voisin (« liberté négative »). La justice ne va pas jusqu’à accorder des droits réels d’action, ce qui implique les moyens correspondants ; il n’y a que des possibilités juridiques à condition de se débrouiller tout seul avec ses propres moyens. Dans ce cadre, la justice consiste à récompenser le mérite par opposition au manque de qualité des perdants de la compétition sociale.
Mais qu’est-ce que le mérite ? Depuis longtemps chez les libéraux, c’est la réussite matérielle bien avant toute autre chose comme l’honneur, le dévouement à l’intérêt général ou à une noble cause, le respect des autres, le travail bien fait, la dignité de la conduite (le sentiment de honte a disparu, par exemple quand on voit des politicards condamnés pour des malversations revenir sans vergogne réoccuper le haut du pavé), etc. On a là un exemple des raisonnements circulaires qui caractérisent le libéralisme : j’ai réussi, donc je suis méritant ; je suis méritant donc je vais réussir. L’argent, la richesse, le patrimoine sont devenus les signes de la réussite. Celle-ci, méritée par construction, permet à la fois de culpabiliser les perdants et de justifier ma position sociale. Tant pis si la réussite a été acquise par des voies malhonnêtes ou immorales ; ce qui compte, c’est de pouvoir l’afficher. Du reste, n’avoir pas une Rolex à 50 ans est un signe manifeste d’échec et de nullité. M. Tsarko a même clairement dit que devenir président (sommet de la réussite politique) n’était pas son ambition dernière, laquelle est de devenir riche ultérieurement. Mériter, c’est pouvoir montrer en spectacle : yacht, superbe villa, montres de luxe, super autos, belle femme, maîtresses, nombreux amis de « classe de loisir », etc.
Et pour montrer combien le mérite est la 1ère vertu de son régime, Duracell 1er a quasiment supprimé les droits de succession ou de donation de telle sorte que désormais l’héritage fait la réussite personnelle. On revient au début du 19ème siècle où les inégalités de fortune étaient considérables à cause de l’absence d’un impôt progressif sur le revenu et de faibles droits de succession. C’est pourquoi la défiance envers les politicards de tout poil s’étend car les laissés pour compte ont bien vu que le respect qui leur est dû est négligé et que la justice, même cantonnée à l’égalité des chances, a été torpillée par le pouvoir, avec emballement de cette politique sous Tsarkowitch. Or le sentiment d’être traité avec une égale considération, ce qui est la base même du vrai libéralisme, est le ressort de la confiance, laquelle est elle-même la source de la coopération et de la solidarité entre acteurs sociaux. La coopération est interdite par la domination alors que celle-ci est le ressort même du tsarkozysme qui ne conçoit les relations sociales que sur le modèle de la hiérarchie, de la lèche par les féaux, de la soumission ou de l’éviction des infidèles, du flicage, de la répression législative et inflationniste ou policière.
La société de défiance, de jalousie, de rivalité est inéluctable en régime libéralo-capitaliste. En effet, cette configuration sociopolitique comporte l’inégalité, l’injustice, l’enrichissement sans cause pour certains en regard de la pauvreté et de la précarité des autres. Cela résulte de la mise en concurrence des pays et des travailleurs entre eux sous la trinité de l’idéologie du (faux)mérite, de la force du pouvoir en tant que fondé de pouvoir du capital, de l’absence de limites (physique, financière, économique, morale) du capitalisme d’accumulation incessante de production souvent inutile et de fric. L’avidité et la rapacité des laudateurs de ce système sont sans bornes et, d’ailleurs, cela a été théorisé : l’économie ne s’occupe pas de morale ; le pouvoir politique est neutre vis-à-vis de toutes les conceptions du bien et de la vie en société, hormis, évidemment celle que véhicule le libéralo-capitalisme : individualisme effréné, utilitarisme, égoïsme, valeur supérieure de la concurrence sur tout le reste.

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